Commune d'Italie

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En Italie, la commune (en italien comune, pluriel comuni) est la collectivité locale de base dans l’organisation administrative du pays, conformément à l’article 114 de la constitution italienne qui prévoit que « La République se répartit en régions, provinces et communes ». En 2010, l’Italie compte 8 094 communes.

L'organisation de la commune[modifier | modifier le code]

Les communes italiennes sont souvent plus grandes et plus peuplées que les communes françaises car elles ont été largement fusionnées au cours des cent dernières années afin de leur permettre d’atteindre une taille critique et pour rationaliser les moyens. Malgré ceci, il existe encore des communes de moins de 10 000 habitants.

Pour faciliter les rapports de la population avec l’administration communale ou pour tenir compte des particularismes économiques, culturels ou sociaux de certaines zones :

  • les communes de petite et moyenne taille peuvent organiser leur territoire en frazioni (en Vallée d'Aoste, en fr., hameaux) qui n’ont aucun organe propre (ni maire, ni assemblée locale) ;
  • les grandes communes peuvent être dotées de Circoscrizione (équivalent des arrondissements municipaux en France). Ces circonscriptions sont apparues dans, les faits, au cours des années 1960 afin de favoriser la démocratie locale et la loi de 1976 sur la décentralisation administrative a expressément prévu leur existence. Leur création est obligatoire dans les communes de plus de 250 000 habitants et facultative dans celles de 100 000 à 250 000 habitants. Chaque conseil communal décide du découpage en circonscriptions mais aucune d’entre elles ne peut avoir moins 30 000 habitants. Ces circonscriptions ont un rôle consultatif et le conseil communal peut décider de leur déléguer des pouvoirs (souvent la gestion des crèches et écoles primaires, des services sociaux et la collecte des déchets ménagers). Les organes de la commune sont :
  • le Conseil communal (Consiglio Comunale) de 12 à 60 membres (suivant le nombre de la population), est l’organe délibérant de la commune ;
  • la Junte communale (Giunta Comunale) est l’organe exécutif de la commune. Elle est présidée et dirigée par le maire et comprend les adjoints (Assessori, en Vallée d'Aoste, en fr., Assesseurs) que celui-ci s’est choisi au sein du Conseil municipal ;
  • le Maire (Sindaco ; sauf que pour la Vallée d'Aoste, en fr., Syndic).

Les compétences de la commune[modifier | modifier le code]

Les communes sont chargées des jardins d’enfants et des écoles primaires, de l’action sociale, de la propreté des voies publiques et de la collecte des ordures. De nombreuses communes se sont dotées d’une police municipale (Polizia Municipale) qui est surtout chargée de missions de proximité (contrôle de la circulation, contrôle des magasins et établissements commerciaux surtout en ce qui concerne les autorisations d’ouverture et le respect des horaires d’ouverture et de fermeture).

Une commune ne peut faire partie que d’une seule province (équivalent du département en France), mais elle entretient des relations directes avec les niveaux d’administration supérieurs (région et État italien).

Les communes à statut particulier[modifier | modifier le code]

Les Villes[modifier | modifier le code]

Les communes peuvent se prévaloir du titre de « Ville » si celui-ci leur a été conféré par décret du Président de la République, pris en Conseil des ministres, soit à l’initiative du Président, soit sur proposition du gouvernement, soit à la demande de la commune intéressée.

La titre de « Ville » est essentiellement honorifique ; il permet à la commune d’arborer un blason particulier.

Les communes dans les zones bilingues ou trilingues[modifier | modifier le code]

Les communes de la région autonome Vallée d’Aoste ont un nom unique en français (abandon de la traduction en italien des anciens noms intervenue sous le régime fasciste) y compris dans les actes officiels en langue italienne (dans lesquels elles sont désignées comme « comune di » et comme « commune de »). La commune d’Aoste jouit de l’appellation de ville et représente la seule commune de la région ayant une variante de son nom en italien aussi : « Città di Aosta » - « Ville d’Aoste ».

Les trois communes walser germanophones de la haute vallée du Lys, Gressoney-Saint-Jean, Gressoney-La-Trinité et Issime, bénéficient d’une triple appellation, en raison du statut officiel que l’allemand jouit au niveau municipal. Les deux Gressoney peuvent être définis « Comune », « Commune » et « Gemeinde », tandis que pour Issime est prévu la dénomination « Gemeindeverwaltung » (en français, Municipalité). La seule variante officielle des noms de ces trois communes est celle en français.

Les communes de la province autonome de Bolzano ont une double appellation, en allemand et en italien, outre celle en ladin dans le cas où cette dernière langue est également prévue. « Commune » se traduit en ladin par « chemun », en allemand par « Gemeinde » (ou « Stadtgemeinde » pour celle qui ont le titre de ville et « Marktgemeinde » pour celles qui bénéficiaient déjà du titre de « Markt » avant le rattachement du Haut-Adige à l’Italie en 1919.

Dans la (région autonome Frioul-Vénétie Julienne, certaines communes des provinces de Trieste, de Gorizia et d'Udine jouissent d'un statut de bilinguisme et d'une double appellation, en italien et en slovène, aussi bien concernant la toponymie (la seule variante officielle en dehors du domaine local demeurant, toutefois, celle en italien) que la dénomination (it., « Comune di » ; slo., « Občina »).

Des communes aux caractéristiques très disparates[modifier | modifier le code]

Les communes italiennes présentent des disparités sensibles bien qu’elles soient plus de quatre fois moins nombreuses que les communes françaises. Par exemple, la superficie de la commune de Rome est de 1 285,30 km2 et sa population est de 2 546 804 habitants ; elle est la plus vaste, la plus peuplée et la plus densément peuplée d’Italie. La commune la plus petite est celle de Fiera di Primiero (Trentin-Haut-Adige) avec 0,15 km2. La moins peuplée est celle de Pedesina (Lombardie) avec 33 habitants.

La densité de la population des communes varie également de manière sensible : dans la Province de Bari, la densité moyenne est de 32 000 habitants par commune alors que dans le Val d’Aoste elle est de 1 630.

La faible taille de certaines communes entraine des incapacités à agir ainsi que des pertes d’efficacité. De ce fait, un souhait d’optimiser la taille des communes, en fusionnant les plus petites, est apparu depuis plusieurs années. Toutefois, cette volonté se heurte aux résistances locales dues à l’histoire - souvent ancienne - de certaines communes ainsi qu’à la volonté des élus de conserver leurs fonctions.

Liste des communes de plus de 300 000 habitants[1][modifier | modifier le code]

Rang Commune Région Province Habitants
1 Rome Flag of Lazio.svg Latium Rome 2 751 103
2 Milan Flag of Lombardy.svg Lombardie Milan 1 312 190
3 Naples Flag of Campania.svg Campanie Provincia di Napoli-Stemma.svg Naples 960 247
4 Turin Flag of Piedmont.svg Piémont Provincia di Torino-Stemma.svg Turin 908 700
5 Palerme Flag of Sicily (revised).svg Sicile Palerme 656 288
6 Gênes Flag of Liguria.svg Ligurie Gênes 608 959
7 Bologne Regione-Emilia-Romagna-Stemma.svg Émilie-Romagne Bologne 379 349
8 Florence Flag of Tuscany.svg Toscane Provincia di Firenze-Stemma.svg Florence 369 279
9 Bari Flag of Apulia.svg Pouilles Provincia di Bari-Stemma.png Bari 320 034

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bilan démographique mensuel ajourné au 31-05-2010 (DONNÉES ISTAT)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]