Communauté magyare de Roumanie

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Communauté magyare de Roumanie
(ro) Maghiarii din România
(hu) Romániai magyarok
Drapeau
Image illustrative de l'article Communauté magyare de Roumanie
Un székelykapu.
Représentation institutionnelle
Pays Roumanie Roumanie
Rang national
Démographie
Population totale 1 227 623 (2011)
Autre

Selon le recensement de 2011, la communauté magyare de Roumanie (en roumain : Maghiarii din România ; en hongrois : Romániai magyarok) est, après les Roumains, la plus grande communauté ethnique de Roumanie, représentant 1 227 623 personnes, soit 6,5 % de la population totale du pays[1]. Le terme roumain maghiar désigne une communauté ethno-linguistique habitant dans plusieurs pays, tandis que ungur fait référence aux habitants de la Hongrie. Cependant, dans le langage courant, ces termes sont parfois confondus. En hongrois, il n'y a pas de distinction : le mot magyar est utilisé dans les deux cas.

La communauté magyare de Roumanie se concentre essentiellement en Transylvanie à la frontière avec la Hongrie (ancien Pártium), dans les grandes villes de la plaine de Transylvanie (Cluj-Napoca, Oradea, Arad, Satu Mare) et dans le pays Sicule. Il existe également une communauté magyarophone à Bucarest. Les populations de langue hongroise vivant en Moldavie roumaine désigné sous l'ethnonyme Csángó bénéficient d'une reconnaissance officielle spécifique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Magyars.

Originaires de l'Oural, les Magyars, d'origine finno-ougrienne, sont arrivés dans le bassin des Carpates à la fin du IXe siècle poussés par des mouvements de populations générés principalement par l'avancée des Pétchénègues. Une fois sédentarisés, ils absorbent les populations locales slaves, germaniques ou latines, se convertissent au catholicisme et fondent un grand royaume en union personnelle avec la Croatie[2].

Les Magyars de Transylvanie des origines au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Maison natale de du roi magyar d'origine roumaine Matthias Corvin à Cluj[3].

Les Magyars proprement-dits (environ 350 000), sont présents en proportions diverses dans la plupart des județe de la Transylvanie ; ils forment la moitié des habitants du județ du Mureş et vivent aussi en moindre nombre dans les principales villes du pays (voir le tableau ci-dessous).

Le Royaume de Hongrie fondé au XIe siècle est dès l'origine suzerain du voïvodat de Transylvanie qui apparaît en même temps. Il semble que les latinophones, les slavophones et les magyars ont longuement vécu étroitement mêlés sur un territoire bien plus vaste que la Transylvanie, allant de l'Adriatique à la Mer Noire et de l'actuelle Slovaquie à l'actuelle Moldavie. En effet, selon les données toponymiques et linguistiques, les latinophones étaient, à la manière des Romanches, des Ladins, des Frioulans, des Istriens et des Dalmates, localement majoritaires autour de certains massifs montagneux tels que les chaînes Dinariques, le Pinde, les Balkans occidentaux, le massif du Bihor, les Carpates et le Macin. Dans les plaines entourant ces massifs, la population était majoritairement slave et hongroise. Par exemple, la bourgade de Săvădisla/Szent-László vient du slave Sveti Vladislav (saint Ladislas), tandis que le pays de Târnava a en roumain un nom slave et en hongrois un nom d'origine finno-ougrienne (Küküllő) (signifiant respectivement « épineux » et « prunier »). Les noms des montagnes (Pietrosu, Găina, Codru, Pleșu, Căpățâna, etc.) sont presque tous d'origine latine, comme la rivière Arieș (en hongrois Aranyos) qui tire son nom du latin Aureus : orpailleur ; les noms de beaucoup d'autres rivières sont hérités de l'antiquité. Néanmoins, les noms finno-ougriens dominent le long de ces mêmes fleuves et dans les plaines, ce qui montre que les populations magyares étaient préférentiellement implantées le long des cours d'eau et dans les zones de végétation ouverte. De leur côté les Valaques (comme on appelait alors les latinophones) dominaient sur les piémonts (dans les romanies populaires de Marmatie, Oaș, Crasna, Sălaj, Lăpuș, Năsăud, Gurghiu, Toplița, Vlăhița, Bihor, Zărand, Moților, Caraș, Vâlcu, Montana, Hațeg, Petroșani, Amlaș, Cibin, Făgăraș et Bârsa) où ils s'adonnaient à l'élevage extensif, surtout ovin (c'était encore le mode de vie traditionnel de la plupart des Roumains transylvains au XIXe siècle)[4].

Toutefois, il n'y a avant la fin du XVIIIe siècle aucune statistique ethnique en Transylvanie, seules des données religieuses fragmentaires existent. On ne peut donc pas savoir quelle communauté linguistique était majoritaire à telle ou telle époque, on sait seulement que toutes sont là depuis très longtemps et que la communauté magyare y a laissé de nombreux noms de lieux, surtout en plaine. Elle est aujourd'hui présente dans tous les départements de la Transylvanie, dans des proportions diverses allant de 4 %, à la majorité (dans deux départements : Covasna et Harghita).

Sur le plan social, ces communautés n'ont pas toujours été égales. En tant que conquérants et guerriers, beaucoup de Magyars dont les Sicules, étaient des hommes libres, de même que les Saxons établis ici à l'initiative de la couronne hongroise. Initialement, tous étaient catholiques romains. C’est parmi eux que se recrutaient les aristocrates, tandis que les serfs étaient fort rares. À l’inverse, la grande majorité des orthodoxes, dont les Roumains, étaient réduits au servage, soit qu'ils aient été conquis (thèse roumaine), soit qu’ils soient venus d’ailleurs mais sans avoir été invités par la Couronne (thèse hongroise). En fait à l’origine (XIe siècle / XIVe siècle), les documents fonciers ou juridiques et les édits royaux mentionnent aussi des joupans et des boyards orthodoxes, avec des noms slaves et roumains (et parfois d'origine coumane), mais ils se raréfient ensuite, pour disparaître complètement au XVe siècle par intégration à la noblesse hongroise (cas de Iancu de Hunedoara/Hunyadi János), par émigration vers la Moldavie et la Valachie, ou par perte de leurs privilèges. Après les révoltes de Bobâlna en 1437[5] le raidissement des Ordres privilégiés aboutit en 1438 à la constitution de l’« Union des Trois Nations », charte qui enlève aux Roumains leurs dernières franchises et fige la société transylvaine dans un ordre social où seuls les catholiques (Magyars, Sicules et Saxons) sont reconnus comme « nations », et qui était visible dans l’habitat traditionnel[6].

Cet habitat était centré sur un manoir fortifié, voire un château magyar ou saxon (souvent aux pieds d’une citadelle), proche d'une église catholique (ou, plus tard, protestante) elle aussi fortifiée, entourés de quelques grosses maisons en pierre d'artisans, de marchands, de fermiers ou de guerriers eux aussi magyars ou saxons, elles-mêmes dominant une foule de maisonnettes en bois et pisé, aux toits de chaume ou aux tuiles en bois, avec une église également en bois, égrenées vers les forêts ou les cultures environnantes et habitées par des serfs en majorité roumains, paysans, bûcherons ou bergers illettrés, paroissiens, pour la plupart, d'un pope sachant juste lire les caractères gréco-cyrilliques de la liturgie orthodoxe. Les grosses villes étaient presqu'exclusivement magyares ou saxonnes, tandis que les villages isolés de la montagne étaient presqu'exclusivement roumains. La jacquerie de Gheorghe Doja/Dózsa György en 1514 ne parvient pas à ébranler cet ordre, qui perdurera jusqu'au XVIIIe siècle et à la Révolution transylvaine de 1784. Les Trois Nations restent, en Transylvanie, maîtresses de la terre, de l'économie et du pouvoir politique jusqu'en 1918, y compris durant la période d'indépendance de la Transylvanie (1525-1699)[7].

En conclusion, la communauté magyare de Roumanie, en tout cas de Transylvanie, a un riche passé qui fait partie de son identité et dont elle est fière, car elle se situait, pour beaucoup de ses membres, au sommet de la pyramide sociale et culturelle. Mais sans doute a-t-elle intégré au fil des siècles bien des Roumains, car l’« ascenseur social » médiéval menait à l’embourgeoisement ou à l’anoblissement en passant par l’adoption de la langue et des coutumes magyares ou saxonnes, et par la conversion au catholicisme ou, plus tard, à la Réforme (à laquelle on doit, d’ailleurs, les premiers textes -bibliques- en roumain)[6].

Les Sicules[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sicules (Roumanie).

Les Sicules (environ 825 000), sont majoritaires dans les départements transylvains de Covasna et Harghita, mais présents aussi ailleurs : parmi les Hongrois de Roumanie, ce sont les plus nombreux.

Dans l'est du voïvodat de Transylvanie, comme dans certaines zones de l'actuelle Slovaquie, s'établissent des Sicules (en magyar székelyek: « établis »), de langue magyare, mais peut-être d'origine turcophone. Au XIIIe siècle arrivent enfin les Saxons germanophones, dont un important groupe s'établit dans le sud de la Transylvanie. Dans le centre de la Hongrie, s'installent en outre des Iasses (dans l'actuel comté hongrois de Jász-Nagykun-Szolnok, qui garde leur nom), des Coumans (dans les actuels comtés de Jász-Nagykun-Szolnok et de Bács-Kiskun, appellations où leur nom est présent) et des Pétchénègues. Ancêtres des Roumains, les "Valaques" (en magyar oláhok) qui n'ont pas été assimilés et sont restés orthodoxes, sont asservis. Encore aujourd'hui, la majorité des roumanophones sont orthodoxes ; toutefois une partie d'entre eux est passée dans l'obédience de Rome par le synode de 1698.

En 1438, les Sicules ont été membres de l'Union des Trois Nations. Au siècle suivant, la Réforme séduit la moitié des Sicules (ceux d'Udvarhély, moitié ouest du Hargita, tandis que ceux du Csik, moitié est du Hargita, et ceux du Haromszék sont restés catholiques) : encore aujourd'hui, les Sicules forment le gros de la communauté protestante de Roumanie. Deux tiers sont calvinistes, un tiers catholiques.

Les Magyars de Transylvanie du XVIIIe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transylvanie austro-hongroise.

Avec la Révolution transylvaine de 1784 et l'émergence du nationalisme romantique au XIXe siècle, les relations se tendent entre les nationalités de Transylvanie. Les privilèges de l'aristocratie hongroise sont contestées, y compris parmi les magyars. Mais en 1848, la révolution magyare et la révolution roumaine s'affrontent l'une contre l'autre, ce qui précipite leur échec et la victoire des conservateurs.

Lors du compromis de 1867 qui transforme l'Empire d'Autriche en Autriche-Hongrie, la noblesse et les jacobins hongrois se trouvent sur une position commune et obtiennent satisfaction : l'autonomie de la Transylvanie est supprimée et le pays est directement rattaché à la Hongrie. Cela inaugure une politique de magyarisation forcée qui dresse les Roumains de Transylvanie contre leurs voisins Hongrois, et « refroidit » les relations de ces derniers avec les Saxons.

Aussi la proclamation par les Roumains de l'union de la Transylvanie à la Roumanie le 1er décembre 1918, à l'issue de la Première Guerre mondiale, ne rencontre-t-elle guère d'opposition. Il faut attendre l'instauration d'un pouvoir bolchévik en Hongrie en 1919, pour qu'un gouvernement hongrois tente (vainement) de reprendre la Transylvanie. Pour l'aristocratie magyare, les réformes constitutionnelle et agraire roumaines de 1921-1923 sont une catastrophe: la paysannerie reçoit le droit de vote (femmes incluses) et la terre est partagée entre les paysans roumains, qui deviennent fermiers. Beaucoup de nobles s'expatrient ; certains, tels Nopcsa Ferenc, se suicident. Sous la monarchie roumaine, les Hongrois de Transylvanie s'organisent en associations et partis politiques ; ils parviennent à sauver leurs écoles, journaux, théâtres et université, mais sont désormais une minorité dépourvue de tout privilège.

En 1940, l’Arbitrage de Vienne rend à la Hongrie la moitié nord-est de la Transylvanie avec le Pays sicule, où les Hongrois sont les plus nombreux. De toutes ses pertes territoriales de 1940, la Roumanie ne récupère au traité de paix de Paris de 1947 que cette Transylvanie septentrionale, en raison de l’engagement roumain auprès des Alliés en 1944-1945, et parce que le régime Szálasi a maintenu la Hongrie aux côtés de l’Allemagne jusqu’au bout.

Répartition des peuples de Transylvanie par județ, selon le recensement de 1966, avant les vagues d'émigration ultérieures. Les Hongrois en noir.

Sous le régime communiste, les Hongrois de Transylvanie, sur le modèle soviétique, bénéficient d'une Région autonome magyare dotée d'institutions propres, où la langue officielle est le magyar. Elle correspond grosso modo au Pays sicule. Mais le régime Ceaușescu y met fin en 1968, puis commence à supprimer les unes après les autres les écoles, sociétés et facultés hongroises. Dans les années 1970-1980, Amnesty International prend fait et cause pour les Hongrois de Transylvanie.

La libération de 1989 et le rétablissement de la démocratie (après 51 ans d'éclipse) permet aux Hongrois de Transylvanie (à l'exception des aristocrates dépossédés en 1921-1923) de revendiquer la restitution de leurs biens, la réouverture de leurs institutions et établissements d'enseignement, une autonomie culturelle. Ils forment pour cela des partis politiques, dont le plus ancien est l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) qui a joué un rôle important sur la scène politique roumaine après la chute du communisme, et a souvent affronté le régime de l'ex-communiste Iliescu. Assez souvent depuis 1996, l'UDMR a fait partie du Gouvernement de la Roumanie, pesant à chaque fois du côté occidental, favorable à l'intégration dans l'OTAN et l'UE. Grâce à la forte présence de l'UDMR dans la politique roumaine contemporaine, les Magyars sont représentés de façon permanente par un groupe de députés et de sénateurs dans le Parlement roumain.

Socio-démographie[modifier | modifier le code]

Les groupes ethniques de Roumanie et du voisinage.

C'est la déclaration aux agents du recensement roumain qui détermine les très précis chiffres officielles. En réalité les "marges" de la communauté sont plus floues, car il existe de nombreux couples mixtes et personnes bilingues. Dans ces cas de bilinguisme, ce sont les chiffres publiés par les instances cléricales de chaque confession qui complètent les statistiques, les Hongrois étant de tradition catholique romaine ou parfois protestante, tandis que les Roumains sont de tradition orthodoxe ou parfois catholique grecque. Enfin, cette proportion pourrait être moins importante, des dizaines de milliers de Roms de Transylvanie se déclarant Hongrois à l'occasion des recensements.

Selon les données du recensement de 2011, 1 227 623 personnes déclarent appartenir à la minorité nationale hongroise, constituant 6,5 % de la population du pays et 18 % de la population de la Transylvanie.

Évolution de la population hongroise[modifier | modifier le code]

Année Hongrois Personnes de langue maternelle hongroise
Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage
1930[8] 1 425 507 7,9 % 1 552 563 10,9 %
1948[9] 1 499 851 9,4 %
1956[9] 1 587 675 9,1 % 1 653 700 9,5 %
1966[9] 1 619 592 8,5 % 1 651 873 8,6 %
1977[9] 1 713 928 7,9 % 1 720 680 8,0 %
1992[9] 1 624 959 7,1 % 1 639 135 7,1 %
2002[10][11] 1 431 807 6,6 % 1 443 970 6,6 %
2011[1] 1 227 623 6,5 % 1 259 914 6,7 %

Population hongroise par județ[modifier | modifier le code]

Département Magyars Personnes de langue maternelle magyare
Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage
Harghita 257 707 85,21 261 417 86,43
Covasna 150 468 73,74 153 728 75,33
Mureș 200 858 38,09 206 412 39,14
Satu Mare 112 588 34,65 129 887 39,96
Bihor 138 213 25,27 144 377 26,40
Sălaj 50 177 23,35 50 928 23,69
Cluj 103 591 15,93 102 966 15,82
Arad 36 568 9,03 36 904 9,11
Brașov 39 661 7,69 39 699 7,70
Maramureș 32 618 7,22 32 199 7,13
Timiș 35 295 5,57 33 944 5,35
Bistrița-Năsăud 14 350 5,53 13 777 5,02
Alba 14 849 4,61 14 478 4,50
Hunedoara 15 900 4,04 15 300 3,89
Sibiu 10 893 2,93 9 979 2,68
Caraș-Severin 3 276 1,19 2 628 0,97
Bacău 4 373 0,75 5 062 0,87
Bucarest 3 463 0,21 3 308 0,20

Le nombre des Magyars de Roumanie a diminué de 200 000 environ entre les recensements 1992 et de 2002, sans que l'on puisse savoir s'il s'agit d'une diminution réelle de la communauté (on ne peut pas croiser les statistiques de l'émigration des citoyens roumains, avec les statistiques ethniques, car l'origine ethnique ne figure pas sur le passeport et les documents d'identité roumains), ou de variations dans les déclarations des personnes recensées (de plus en plus déclarent simplement leur citoyenneté).

Culture, langue, affaires publiques[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2001, 98,3 % des personnes s'identifiant comme hongroises ont le hongrois comme langue maternelle et 1,7 % le roumain. De plus, 14,6 % des personnes s'identifiant comme allemandes, 5,3 % de celles s'identifiant comme roms, 11,6 % de celles s'identifiant comme juives, et seulement 0,1 % de celles s'identifiant comme roumaines, ont le hongrois comme langue maternelle[12].

Administration[modifier | modifier le code]

Dans les localités où la communauté hongroise représentent plus de 20 % de la population, les personnes concernées ont le droit de s'adresser aux autorités en hongrois. Dans ces localités, les inscriptions publiques peuvent être et sont pour la plupart bilingues (roumain/hongrois).

Éducation[modifier | modifier le code]

À la suite de l'adoption de la Réforme protestante qui encourageait les fidèles à lire et à interpréter eux-mêmes la parole de Dieu, un nombre croissant de Magyars ont eu accès à l'éducation à partir du XVIe siècle. Après la révolution de 1848 et notamment à la suite des nouvelles politiques éducatives de l'Empire d'Autriche-Hongrie, le pourcentage d'individus alphabétisés s'accrut de façon significative. Ainsi, au tournant du siècle, le taux d'alphabétisation en Transylvanie était comparable à celui qu'on trouvait dans les pays de l'Europe de l'Ouest[13].

Conformément aux lois roumaines, les Magyars de Roumanie peuvent suivre le parcours éducatif dans leur langue maternelle. Dans les localités où ils représentent plus de 20 % de la population, ils ont le droit de s'adresser aux autorités en hongrois. D'après le recensement de 1992, 98 % des Magyars au-dessus de l'âge de 12 ans avaient suivi un parcours éducatif. Par ailleurs, plus de 30 % des cours proposés par l'université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, la plus grande université du pays, sont donnés en hongrois.

Médias[modifier | modifier le code]

Les Hongrois ont marqué profondément la culture de la Transylvanie.

À présent il y a plus de 300 institutions, associations et organisations culturelles hongroises en Roumanie, dont quelques-unes, telles que les théâtres de Cluj-Napoca, de Târgu Mureș ou de Timișoara, se sont forgés une réputation internationale.

La communauté hongroise dispose aussi d'un réseau de maisons d'édition et de journaux (magazines culturels y compris) en hongrois. En outre, on trouve des livres en hongrois dans toutes les librairies et dans toutes les bibliothèques des zones habitées par les Hongrois.

Deux chaînes de la télévision nationales ainsi que plusieurs chaînes privées proposent des émissions en hongrois. Il y a aussi des stations de radio qui émettent en hongrois.

Arts et littérature[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux artistes hongrois transylvains ou d'origine transylvaine, rappelons l'écrivain Attila Bartis et le metteur en scène Gábor Tompa.

Sciences[modifier | modifier le code]

Les Hongrois se sont illustrés en plusieurs domaines scientifiques. Certains chercheurs, tels que János Bolyai, ont contribué d'une manière décisive au développement des sciences.

Folklore et traditions[modifier | modifier le code]

Institutions minoritaires[modifier | modifier le code]

La législation roumaine distingue la citoyenneté (cetăţenie) selon le Droit du sol, de l'appartenance ethnique (naţionalitate) selon le Droit du sang. Selon la notion de cetăţenie, tous les citoyens roumains sont égaux en droits et leur appartenance ethnique relève de la sphère privée, ne doit figurer sur aucun document d'identité, et toute discrimination (embauche, logement...) est punie par la loi ; mais d'un autre côté, selon la notion de naţionalitate, 20 communautés ethniques (comunităţi naţionale) sont officiellement reconnues par la loi en Roumanie, et tout citoyen peut se revendiquer de l'une d'elles, au moment du recensement, pour l'utilisation de sa langue dans certaines sphères culturelles et éducatives, ou pour former un parti politique ethnique.

Représentation politique[modifier | modifier le code]

Les Hongrois de Roumanie disposent de trois partis ethniques représentant leurs intérêts :

L'UDMR qui a joué un rôle important sur la scène politique roumaine depuis la chute du communisme, alors que le PCM, fondé en 2008, et le PPMT, fondé en 2011, ne sont représentés ni à la Chambre des députés ni au Sénat.

À plusieurs reprises depuis 1989, l'UDMR a fait partie du gouvernement de la Roumanie. À la suite des élections de 1996, l'UDMR a fait partie de la coalition de gouvernement, ayant deux portefeuilles ministériels. Au cours de la législature 2004-2008, l'UDMR a occupé 10 places dans le Sénat (soit 6,23 % du total) et 22 places dans la Chambre des députés (soit 6,17 % du total). En tant que membre de la coalition de gouvernement, l'UDMR a eu quatre portefeuilles ministériels, alors que Béla Markó, le président de l'UDMR, a été le vice-Premier ministre de la Roumanie. Entre 2009 et 2012, l'UDMR a également participé aux gouvernements Boc II et Gouvernement Ungureanu. Depuis 2014, elle participe au gouvernement Ponta III, où elle son président, Hunor Kelemen détient le poste de vice-premier ministre et de ministre de la culture, et Attila Korodi, celui de la santé. Gabriela Szabó, médaillée olympique de fond et ministre des sports n'appartient pas à l'UDMR.

Institutions religieuses[modifier | modifier le code]

En 2011, les Hongrois de Roumanie étaient réformés à 45,9 %, catholiques à 40,8 %, unitariens à 4,5 % et 2,1 % orthodoxes[14].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Dessin humoristique inspiré par les élèves de 6-ème de la "Şcoala Generală no 2" de Brașov, pour illustrer la cohabitation des cultures en Transylvanie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.recensamantromania.ro/rezultate-2/
  2. Jean Nouzille, La Transylvanie, Strasbourg, Revue d’Europe Centrale, 1993.
  3. Il semble que les Corvinides, comme une bonne partie de l'aristocratie roumaine des XIe siècle / XIVe siècle, étaient d'origine coumane.
  4. Béla Köpeczi (dir.), History of Transylvania, 3 vol., Boulder, East European Monographs, 2001-2002. (Traduction anglaise d'un ouvrage documenté et précis mais contesté en raison de son POV "hongrois" sur la question: version abrégée en français disponible sur internet : Histoire de la Transylvanie, Budapest, Akademiai Kiadó, 1992).
  5. La "Jacquerie de Bobâlna" est une révolte paysanne qui a eu lieu en Transylvanie, sous l’influence des Hussites, contre l’Église et les nobles, sous la conduite d’Antal Budai Nagy. Appuyés par la bourgeoisie urbaine et la petite noblesse, les insurgés reprochent à l’Église ses richesses (elle possède 12 % du territoire transylvain) et déplorent sa perte de prestige à la suite du Grand Schisme d'Occident (1378-1417). Vainqueurs à Bobâlna en juin 1437, les révoltés obtiennent d’importantes concessions. La noblesse fait bloc contre les révoltés. Elle convoque les représentants des Saxons et de Szeklers qui proclament à Căpâlna une « Union fraternelle », appelée l’« Union des Trois Nations » le 16 septembre. La ville de Kolozsvár (Cluj), qui avait pris parti pour les insurgés, est prise d’assaut en 1438. Les chefs de la jacquerie sont mis à mort et les paysans Valaques, qui formaient jusqu'alors l'un des états ("nations") du voévodat de Transylvanie (Universitas valachorum) perdent leurs droits et sont ravalés au rang de serfs. Le caractère dynastique de la Transylvanie s'en trouve renforcé, au bénéfice des dynasties aristocratiques magyares: voir sur Historia urbana
  6. a et b Jean Nouzille, op. cit.
  7. Lajos Demény , Parasztfelkelés Erdélyben 1437–1438, éd. Gondolat Budapest, 1987.
  8. Recensământul general al populației României din 29 decemvrie 1930, Vol. II, pag. XXIV
  9. a, b, c, d et e « Hungarians in Transylvania between 1870 and 1995 » (consulté le 15/11/2014)
  10. http://www.insse.ro/cms/files/rpl2002rezgen1/14.pdf
  11. http://www.insse.ro/cms/files/rpl2002rezgen1/17.pdf
  12. Tab11. Populaţia stabilă după etnie şi limba maternă, pe categorii de localităţi, recensement de 2011
  13. Henri-Jean Martin : Histoire et pouvoirs de l'écrit, Albin Michel, Paris, 1996.
  14. Tab14. Populaţia stabilă după etnie şi religie – categorii de localităţi, Recensement de 2011