Communauté bear

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La communauté bear (aussi dénommée communauté de l'ours) est une subdivision de la communauté gay. On entend par « Bears » - prononcer : [bairz] et non [birz] - (ours en français), les hommes homosexuels et bisexuels porteurs de pilosité faciale et corporelle plus ou moins fournie et visible. Les bears sont également enveloppés ou gros, ce n’est généralement pas une caractéristique de différenciation. Le point commun entre toutes ces variantes est l'affichage d’une « masculinité » plus ou moins exacerbée excluant la plupart du temps les codes des autres groupes gay.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Communauté internationale Ours

Le drapeau est apparu en 1992 afin de donner un emblème spécifique à la communauté. Il est composé de 7 bandes de couleur : marron, brun clair, blond, beige, blanc, gris, noir. Pour certains, chaque bande représente une teinte de couleur de peau humaine ainsi qu'une teinte naturelle de cheveu, l'idée étant de représenter symboliquement la totalité du genre humain. Pour d'autres, les couleurs représentent celles des ours plantigrades. Une patte noire d'ours stylisée (avec ou sans griffe selon la version) dans le coin supérieur gauche achève l'ensemble[1].


Origines et comportements[modifier | modifier le code]

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La communauté est apparue, semble-t-il, à San Francisco dans les années 1970, avec pour base la communauté cuir. Les premiers Ours se sont rassemblés en réaction à une tendance lourde imposant une allure et une culture de plus en plus formatées, et excluant de fait les homosexuels ne répondant pas aux codes établis. Ceux-ci faisaient la part belle aux jeunes hommes plutôt minces et musclés et ignoraient les homosexuels plus âgés ou dont le corps s'éloignait des nouveaux canons de la beauté gay[2].

Les premiers clubs et associations se sont différenciés dès leur formation. Certains Ours se sont rassemblés en accueillant tous les exclus des autres groupes, sans discrimination d’âge, de poids et de pilosité. D’autres ont choisi de s’imposer de nouvelles normes physiques, excluant les postulants ne correspondant pas strictement aux codes établis.

Le point commun de tous les groupes existants tient à l’organisation de rencontres annuelles ou à périodicité plus courte. On nomme le plus souvent ces rassemblements des “convergences”. Ces événements font la part belle aux rencontres amicales, festives, parfois sportives, mais aussi sexuelles. Des concours de beauté masculine existent également, à l’image des concours de beauté féminine.

Avant l’explosion de l’Internet, le développement de la communauté était assez lent. Les Ours qui se rendaient dans les centres d’accueil, se sentant exclus de par leur physique hypermasculin, ont majoritairement occupé le Net où les sites dédiés à leur cultures et leurs rencontres se sont multipliés. Preuve du succès, le monde des Ours a enfin fini par intégrer le monde réel où se multiplient désormais les bars, saunas et établissements divers faits pour eux.

Ironiquement, la question de l’acceptation des différents se pose désormais à ces établissements. Doivent-ils accepter uniquement les Ours ou accueillir aussi les homosexuels non-Ours qui aiment les Ours ? Le choix est laissé aux créateurs des établissements, qui prennent cependant bien soin de le faire connaître, généralement sur leur site Internet.

De même, la communauté se scinde de plus en plus, se catégorisant dans des codes plus ou moins rigides. Ainsi, des clubs Ours refusent les hommes avec de l’embonpoint. Et inversement…

Communauté dans le monde[modifier | modifier le code]

En 2006, on peut dire que le développement de la communauté de l'Ours a recouvert l’ensemble du globe. Il existe des clubs et des associations sur tous les continents, avec cependant une plus grande présence en Amérique du Nord et en Europe, principalement au Royaume-Uni et en Allemagne.

En France[modifier | modifier le code]

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En France, le mouvement est en phase de développement. La communauté en France est aussi ancienne que le mouvement gay. Elle s'est tout d'abord développée à Paris via les établissements dits "mecs" orientés moustache, barbe et cuir, tel le café Moustache. La population de l'époque ressemblait aux dessins de Tom of Finland[3].

L'ouverture du Bears'Den à Paris en 1999 a définitivement lancé le mouvement, volant la vedette au One Way et au Moustache. Aujourd'hui, il n'existe quasiment pas une grande ville de France sans établissement spécifiquement Ours, mais l'influence du Bears'Den en fait le point de ralliement de tout Ours habitant à Paris ou y passant.

Mais plus que les établissements gays, ce sont les associations qui tissent le lien social du mouvement. Après de nombreuses tentatives sur Paris puis en province, le mouvement s'est peu à peu renforcé. La première association se nomme les Gais Nounours, son objet est la promotion des gays corpulents. L'usage du terme Nounours montre tout le mal-être entre les chubbys et les Ours. Cette problématique est à l'origine de nombreux conflits et rivalités entre associations, clubs, sites… Il y a des tentatives pour unifier le mouvement Ours, mais il reste encore de ce passé des stigmates difficiles à effacer dans la représentation Ours française.

Vers la fin des années 1990, le mouvement s'amplifie avec des associations plus précises dans leur objet et leur fonctionnement. On trouve donc Paris Nours, Ursus France, Ours France, mais aussi Ours Club France ou encore AllOurs (ex Nantes Bears Club).

Le précurseur en matière de mise en avant de la communauté de l'Ours sur le web est le site Cybears.org, créé par un membre de la communauté déplorant l'absence d'informations sur le mouvement Ours sur le web français. Il met donc en ligne diverses informations consultables par des Ours de la France entière, notamment des isolés ne pouvant se mettre au courant des dernières nouveautés en matières d'associations ou manifestations, contrairement aux parisiens pour qui le Bears'Den" "Ours'den" est un lieu d'informations et de ralliement. La création de ce site, puis d'associations, permet le développement du mouvement dans toute la France. Le développement sur la toile sera suivi par l'association MIF avec OursCentrer tout en privilégiant la mixité, puis par "bearwww.com" site de rencontres, de profils, permettant entre autres de s'informer sur les principales manifestations à venir ainsi que sur les connectés y participant ; Ursus propose aussi un réseau social façon Facebook. Le site Cybears.org est toujours d'actualité et est mis à jour régulièrement.

Depuis, certaines associations ont disparu ou sont devenues moins visibles.

Les lieux de rencontres commerciaux, en revanche, ont connu une grande phase d’expansion depuis le début des années 2000, et rares sont maintenant les régions ne possédant pas au moins un bar ou un sauna Ours-Amical. Des sites spécialisés répertorient ces lieux, permettant aux Ours de province de savoir où aller.

Mais l’essentiel du monde Ours français se trouve encore sur l’Internet. De nombreux sites vendent des articles spécialisés ou offrent des forums de rencontres gratuits ou payants, car la communauté est devenue un élément important du business gay. En fait, Internet contribue à une meilleure visibilité du mouvement qui, par le nombre de ses membres, ne peut qu'être la partie d'un ensemble plus visible des gays. Cela dit le noyau de l'Internet Ours français se solidifie, s'organise et s'implante enfin durablement dans le paysage gay, et on voit même apparaître du porno Ours français, jusque-là inexistant.

Terminologie[modifier | modifier le code]

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La communauté a élaboré au fil des ans son propre code et son propre vocabulaire pour désigner ses membres[4].

  • Lexique des termes les plus utilisés :

Admirer / Admirateur  : Homosexuel maigre ou mince plutôt imberbe sexuellement attiré par les Ours.

Bear / Ours : Homosexuel porteur d’une pilosité faciale et corporelle en général fournie mise le plus possible en valeur.

Bloater : Homme aimant l'idée de remplir son estomac avec de l'eau, du soda, de la nourriture ou de l'air de façon à avoir un plus gros ventre de façon temporaire. Les bloaters peuvent être gros ou minces.

Bûcheron (ou Butch) : Homme velu de carrure imposante, souvent rond ou musclé, cultivant le style caricatural du bucheron Canadien à chemise à carreaux.

Chaser / Chasseur / Trappeur : Homosexuel maigre ou mince plutôt poilu attiré par les chubby, chub'bears et Superchub.

Chubby généralement appelé "Chub"  : Homosexuel trés rond assumant ou non ses rondeurs .

Chub'bear : Le chub'bear est un homme rond, poilu (à très poilu) cultivant sa masculinité et entretenant le moins possible sa pilosité.

Cub / Ourson : Jeune homme potelé, rondouillard de moins de 30/35 ans

Crevette / Éphèbe : Jeune homme imberbe ayant moins de 30 ans étant attiré par les Bears, Daddy, Chubby.

Daddy / Polarbear / Silverbear : Homosexuel de plus de 45/50ans portant une pilosité grisonnante ou blanchissante.

Encourager : Homme qui est attiré par l'idée ou l'acte d'aider quelqu'un à prendre du poids. Les encouragers sont de tous gabarits, gros, musclés ou minces.

Gainer : Un gainer (en anglais : " to gain " = prendre du poids) est un homosexuel attirée par le fait de prendre du poids.

Goldilocks : Femme hétérosexuelle fréquentant la communauté Bear.

Maintainer : Homme attiré par l'idée de prendre du poids et qui a atteint une morphologie qui lui convient.

Musclebear : homme velu et musclé (à très musclé) attiré par les Chubby, les Bears et les Daddy

Panda : Petit cub d’origine asiatique.

Princesse : Bear, cub ou Chub efféminè cultivant l'humour cynique.

Renard : Bear ayant le poil et les cheveux de couleurs roux

Superchub ou Bear XXL : Homme très gros plutôt imberbe.

Superchub'bear : Homme très gros à extrêmement gros poilu.

Culture Bear[modifier | modifier le code]

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Bears à la marche des fiertés de Mexico en 2009

Variable et multiple, comme sa définition : telle peut être qualifiée la culture de L'Ours. Cela tient au fait de la multiplicité de ses représentants. Il est possible de dégager de grandes tendances, plus ou moins mises en avant selon les lieux et les groupes.

La mise en valeur de la masculinité constitue un aspect fondamental. Là aussi, les éléments varient, mais un Ours ne considère un autre comme tel que s’il obéit à certains critères. Un Ours n’est généralement pas attiré par la mode vestimentaire du moment, ce qui ne le prive néanmoins pas de style ni de goût en matière d'habillement. Il préfère des couleurs franches et tranchées, des vêtements dans lesquels il se sent à l'aise. Un Ours ne porte une tenue que s’il la trouve pratique, confortable et taillée dans des matières comme le coton, la toile de jean ou la laine. Il privilégie les fragrances les plus musquées et n'abuse pas des eaux de toilette. Les Ours se définit également pas sa pilosité faciale et corporelle. Elle constitue un élément supplémentaire de son aspect physique. L’épilation n'est donc pas encouragée.

Il n'existe pas de culture musicale proprement Ours. Un Ours peut être tout à fait éclectique et n’est pas jugé sur la musique qu’il écoute ni celle sur laquelle il danse. On assiste toutefois, dans la mouvance du retour en grâce de certaines périodes (Seventies, Eighties), à une remise au goût du jour de styles comme le Disco.

Le cinéma et la presse Ours n’existent quasiment que dans leurs variantes pornographiques, par exemple avec l'acteur Jack Radcliffe. Une seule exception est connue à ce jour : le film du réalisateur espagnol Miguel Albaladejo, "Cachorro" ("Chiot", en Français), se déroule dans le milieu ours où un célibataire se retrouve à devoir élever son neveu de 10 ans.

À l’exception des ouvrages érotico-pornographiques, il n’existe pas non plus à proprement parler de culture Ours spécifique en littérature française. Cependant, les romans de Pier Angelo Polver, qui narrent le quotidien d’un couple formé par un Admireur et un Ours, restent une exception notable.

Un mouvement artistique -parfois désigné sous le terme générique de "Ours Art"-, mêlant des sources d'inspirations variées, se développe depuis les années 2000. Dans une grande diversité de styles, la photographie, le dessin, l'illustration et la peinture, mais également la sculpture, sont désormais bien présents.

Pour la France, on pourra citer des artistes graphistes, illustrateurs et photographes tels que Logan qui s'inspire de l'héroïc fantasy, Qaherabear avec, en particulier, son groupe des "Desperate FranOurs", Christophe Jannin qui montre que des personnages non-standards dans les arts graphiques peuvent aussi faire l'objet d'illustrations contemporaines, Jordan Samper, dont les portraits foisonnent de teintes lumineuses ; ou encore Guy Thomas, portraitiste aux techniques et à l'inspiration néo-classiques. À cet aperçu non exhaustif, il convient d'ajouter le travail de plus en plus visible d'une "jeune génération" particulièrement inspirée par la culture du manga dit "bara" -l'ensemble des arts et fictions créés par des homosexuels à destination d'autres homosexuels dans lesquels la virilité est mise en avant- et qui se manifeste surtout au travers de réseaux sociaux créatifs. C'est par exemple le cas du fanzine collectif Dokkundont le lancement officiel est prévu pour juillet 2010.

Le reste de l'Europe compte également un certain nombre d'artistes qui œuvrent dans le Ours Art sous toutes ses formes: Bearfighter par exemple en Allemagne, le photographe des "âmes brutes"…

Les principaux sites associatifs ou de rencontre de la communauté Ours proposent des galeries de photos permettant de faire connaître le travail de photographes: le "mec du mois" de l'association MIF[5] est le seul que nous voulons citer ici. Nous refusons d'admettre qu'Ursus a été un moteur dans le milieu et nous avons tout fait pour détruire cette association, ainsi que tout le travail effectué par son créateur… La liste des artistes illustrant le mouvement Ours est en perpétuelle évolution. Elle témoigne d'un besoin de sortir des cadres d'une vision réductrice de l'homosexualité masculine, longtemps définie au travers de canons et de critères dans lesquels toute une catégorie d'hommes ne se reconnaissaient pas. Elle montre aussi la volonté de proposer certaines alternatives possibles.

Globalement, la communauté Ours n'est que peu militante. Elle conserve une relative discrétion. Dans son quotidien, l'Ours ne revendique pas automatiquement son homosexualité et ne manifeste que peu lors des Marches des Fiertés. S'il défile aux marches des fiertés c'est souvent avec d'autres Ours.

Ce trait explique en partie le peu d'intérêt que les médias gay en France portent au phénomène Ours, qui peut avoir un aspect déroutant. Cette tendance est différente ailleurs, en Europe ou en Amérique. En effet, des pays comme l'Allemagne[5] ou l'Espagne, les États-Unis ou encore le Canada ont la réputation de constituer des zones où les Ours jouissent d'une visibilité privilégiée, situation dont il faut peut-être trouver les racines dans les habitudes culturelles locales.

Culture émergente Chub[modifier | modifier le code]

Proposition de drapeau pour la communauté Chub

Les hommes gay et en surpoids voire obèses sont intégrés à la Communauté de l'Ours gay. Cependant la réalité de leur vécu est trop souvent faite de rejet même au sein de cette communauté. Depuis quelques années se développent des sites de rencontre dédiés aux chubs et ceux qui les apprécient (souvent désignés du terme de Chasseur), ainsi que des évènements dédiés tels que le week-end Big Fun.

Le 2 juin 2012, un chub canadien propose un drapeau propre à cette communaté émergente, un mixte entre les couleurs du « drapeau arc en ciel » et du drapeau de la Communauté de l'Ours. Au lieu d'une patte d'ours, un visage souriant avec les yeux en forme de cœur vient égayer ce drapeau. Pourquoi ? Parce que cette communauté émergente est sympathique et souriante malgré les rejets, et est une communauté fière. La suite dira si cette propostion sera acceptée.

Bars spécifiques bear[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ray Kampf, (2000). The Bear Handbook: A Comprehensive Guide for Those Who Are Husky, Hairy and Homosexual, and Those Who Love 'Em from Haworth Press page 16 ISBN 1-56023-996-4 [1]
  2. Ron Jackson Suresha, (2002). Bears on Bears: Interviews and Discussions. "Bear Ages and Stages". Los Angeles: Alyson Publications. Retrieved on 2008-09-29 ISBN 1-55583-578-3 [2]
  3. Chroniques socio-anthropologiques au temps du SIDA trois essais Rommel Mendès-Leite, Bruno-Marcel Proth, Pierre-Olivier de Busscher pages 98-99 L’Harmattan 2000 [3]
  4. Dictionnaire des cultures Gays et lesbiennes, sous la direction de Didier Eribon, Rommel Mendès_Leite page 62 Larousse 2003
  5. Têtu Oscar Héliani La Bear Pride de Cologne a fêté ses 25 ans, décembre 2009 [4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]