Communauté en ligne

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Une communauté en ligne est un groupe de personnes qui communiquent par l’intermédiaire de courriels, Internet en particulier via des forums, courrier, téléphone, pour des raisons professionnelles, sociales, éducatives ou autres. Le mot en ligne est employé pour signifier qu’il ne s’agit pas de communication face à face. Les premières communautés ont inventé par Marwan Doghri et Angélique Girard.

Le terme 'communauté virtuelle' (virtual community) est attribué au livre du même nom, publié en 1993 et écrit par Howard Rheingold.

Certaines communautés sont purement virtuelles, d’autres se prolongent dans la réalité : le Web permet de gérer des plannings, organiser des réunions, passer des informations.

Une relation entre un individu et une communauté virtuelle évolue : il commence par être un badaud (observateur ou lurker), puis il devient un novice (il commence à participer), ensuite il devient un habitué, après il sera peut-être un leader, il finira en étant un senior (qui se désintéresse peu à peu) [1],[2].


La participation[modifier | modifier le code]

Les motivations des participants ne sont pas toutes du ressort de l’altruisme [3], diverses théories peuvent être utilisées pour mieux comprendre les différents éléments qui interviennent dans cette motivation, telle que la théorie de l'échange social proposée par George Homans et qui répose sur une vision quasi-économique & utilitariste (les gens interagissent s'ils perçoivent un bénéfice dans cet échange).
Effets pervers : Dépendance, déréalité, illégalités diverses, personnalité multiple, propagation de rumeurs …

Raisons qui interviennent dans la contribution des individus:

  • Recherche d’interactions sociales.
  • Besoin de reconnaissance (Egoboo) : des pirates informatiques, fiers de leur notoriété, répugnent à changer d’identité et se font prendre à cause de cela.
  • Recherche d’efficacité, et d'impression de contrôle sur les choses (théorie d'auto-efficacité -self-efficacy- d'Albert Bandura).
  • Recherche de communion : discussions et partages sur des expériences vécues.
  • Réciprocité anticipée : on rend service en espérant que l’Autre fera de même.

L'identité en ligne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Identité numérique (Internet).

L’identité et l’existence des participants découlent de leur singularité : celle-ci s’exprimera plus facilement par des témoignages vécus que par une analyse de l’actualité qui, elle, peut générer de la concurrence, de la pagaille, des opinions divergentes. La finesse du témoignage va affirmer la singularité des acteurs et la qualité de la Communauté.

Les profils des usagers d'une communauté virtuelle[modifier | modifier le code]

À l’instar de la communauté linguistique, une communauté virtuelle n’est pas homogène. Elle permet d’adapter la vie de tout les jours à celle des réseauxs sociaux du monde.Pour en arriver à cette conclusion, plusieurs outils méthodologiques sont disponibles dont l’ethnométhodologie. En bref, à partir d’entretiens semi-directifs[4] de type qualitatif, on parvient à analyser la façon dont les locuteurs individuels décrivent leur monde et la Toile en particulier. C'est donc de leurs dires que l’on peut établir des profils identitaires variés :

Tout d'abord, il y a un cercle très visible, représentant le “noyau dur” des internautes, symbole d’une appartenance communautaire commune (mais exclusive), où pratiques, représentations, sentiments, engagement ne forment qu’un. À l’intérieur, on y trouve les militants : les adeptes, les puristes mais surtout les plus engagés, de tous les combats, utilisant un niveau de langue soutenue (corrigeant systématiquement les fautes d’autrui).

Les indécis

Ce profil concerne plutôt les Jeunes qui ont un discours critique et réaliste vis-à-vis du cercle des “engagés” auxquels ils s'opposent. Ils gravitent autour du noyau dur, comme des satellites (à ce stade, certains “engagés“ diraient qu’ils se désintéressent de la Toile et qu'ils ne remplissent pas les critères d'appartenance). Ce sont les indécis, représentant des locuteurs qui se cherchent encore, qui ne s’identifient pas au noyau et qui veulent s’en exclure car ils souhaitent changer l’image de la communauté d’Internautes mais sans pour autant “passer de l’autre côté”. Certains possèdent les principaux critères sociolinguistiques d’appartenance au noyau dur (mises à part certaines représentations beaucoup plus ouvertes, plus libres, plus métissées).

Les caméléons

À la périphérie, l’harmonie est difficile à trouver. Panachés ou "caméléons", il vivent sans conflit apparent leurs multiples appartenances. Nomades, ils passent d’un blog à un autre ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne sont pas attachés à une communauté d’internautes en particulier. D’un niveau linguistique faible, ils sont complexés. Pour le moment, ils sont loin de leur communauté, en attente et le regard tourné vers elle. Ils souhaitent revendiquer leur appartenance plurielle.

À l’opposé, il y a ceux qui sont très attachés à l’usage d’Internet et aux communautés virtuelles en particulier, ils l'utilisent même dans leur métier. Ils ne sont pas pour autant férus d’activités virtuelles et même de rites car ils ont une représentation plurielle de la Toile. Appartenant à l'élite, ils ne souhaitent pourtant (surtout) pas faire partie du noyau dur. Plus loin encore, il y a ceux qui ne pratiquent pas d’activités sur Internet (dont ils entendent parler de manière lointaine) ; ce qui ne signifie pas non plus qu’ils ne feront jamais partie de l’un des cercles évoqués ci-dessus.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kim, A.J. (2000). Community building on the web: secret strategies for successful online communities . Berkeley : Peachpit Press.
  2. Bishop, J. (2007). Increasing participation in online communities. Computers in Human Behavior, 23 (2007), p. 1881-1893. en ligne
  3. Kollock, Peter. 1999. "The Economies of Online Cooperation: Gifts and Public Goods in Cyberspace," en Communities in Cyberspace. Marc Smith and Peter Kollock (editors). Londres: Routledge. en ligne
  4. cf. la définition d'un entretien semi directif