Commonitorium

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Commonitorium ou Aide-mémoire fut écrit en latin par Vincent de Lérins sous le surnom de Peregrinus, peut-être trois années avant le Concile d’Éphèse (431). Il était moine sur l'île de Lérins.

Vincent en définit ainsi l'objectif :

« Ici commence le traité de Pérégrinus pour l'antiquité et l'universalité de la foi catholique (au sens étymologique d'universelle, c'est-à-dire originelle) contre les nouveautés profanes de toutes les hérésies. »

Vincent propose trois critères : l’universalité, l’antiquité et l’unanimité pour discerner le vrai du faux, uniquement quand on a un "doute" sur la foi, précise-t-il :

« Quod ubique, quod semper, quod ab omnibus »
« Tenir pour vérité de foi ce qui a été cru partout, toujours et par tous. »

Vincent ajoute qu’il existe un progrès dans les sciences théologiques, mais toujours :

« selon leur nature particulière, c’est-à-dire dans le même dogme, dans le même sens, et dans la même pensée. »

Ceci peut se résumer par l'expression suivante : "l'évolution homogène du dogme". L'Église peut accepter une doctrine nouvelle, conséquences de celles du passé, même quand l'Église n'a pas toujours donné à croire cette doctrine, si elle est cohérente et promulguée par l'autorité valable : le Pape. Ensuite seulement la doctrine nouvelle devient un élément de foi divine. En effet, pour qu'il y ait évolution homogène, une autorité unique qui a juridiction sur tout l'Église est nécessaire. Et il est justement question de la Papauté dans le traité.

Le Commonitorium est encore aujourd'hui utilisé par l'Église Orthodoxe ; l'ouvrage fait pourtant explicitement mention de la papauté dans des termes simples et précis. En Commonitorium VI, 28, on lit ceci : "Jadis Agrippinus, de vénérable mémoire, évêque de Carthage, fut le premier qui pensa, contrairement au canon divin, contrairement à la règle de l'Église universelle, contrairement à l'opinion de tous les évêques ses collègues, contrairement aux usages et aux institutions des aïeux, que l'on devait rebaptiser les hérétiques. Cette fausse théorie causa bien des maux : à tous les hérétiques elle donna un exemple de sacrilège, et même à certains catholiques une occasion d'erreur. Comme de toutes parts on réclamait contre la nouveauté de ce rite et que tous les évêques, en tout pays, résistaient chacun dans la mesure de son zèle, le Pape Étienne, de bienheureuse mémoire, qui occupait le siège apostolique, y fit opposition, avec ses autres collègues, il est vrai, mais plus qu'eux néanmoins : car il estimait, je pense, qu'il devait surpasser tous les autres par le dévouement de sa foi autant qu'il les dépassait par l'autorité de sa charge."

Cet épais traité comporte un paragraphe qui témoigne de certains controverses antiques, mais il utilise le terme de Pape, synonyme d'Evêque de Rome, qui est considéré comme évêque des évêque, puisqu'ayant une "charge" qui "(surpasse) tous les autres (…) par l'autorité de sa charge". Notons que le Pape Étienne Ier (pape) est comparé à des évêques ; il est question de "tous les évêques" donc d'un sur-épiscopat.

Ce document apparait, de plus, comme un témoin intéressant de l'érudition des prélats du Ve siècle, et de l'histoire de l'Église.

Source[modifier | modifier le code]

http://www.migne.fr/Commonitorium.htm – ("Trad. de P. de Labriolle ; Introduction de P.A. Liégé, notes, plan de travail de A.-G. Hamman (…) Version revue pour migne.fr par G. Bady").