Commios

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Commios (latinisé en Commius) est un prince et commandant gaulois, chef des Atrébates (tribu de Gaule Belgique). Il règne tout d'abord en Gaule Belgique, puis en Bretagne au Ier siècle av. J.-C..

Allié de Jules César[modifier | modifier le code]

Quand Jules César, au temps de la conquête de la Gaule, soumit les Atrébates en 57 avant J.-C., Commios fut mis sur le trône de ce peuple[1]. Avant d'envahir la Bretagne en 55 avant J.-C., le général romain général envoya Commios dans l'île pour persuader les bretons de ne pas opposer de résistance, en croyant qu'il eût une quelque influence en Bretagne[2]. Mais à son arrivée sur l'île, le gaulois fut emprisonné. N'ayant pas réussi à empêcher le débarquement des troupes césariennes, les bretons renvoyèrent Commios à Jules César comme acte de bonne volonté pour ouvrir des négociations[3]. L'année suivante, en 54 avant J.-C., pendant la seconde expédition romaine en Bretagne, Commios fournit à Jules César un petit contingent de cavalerie atrébate et pour négocier la reddition du chef breton Cassivellaunos[4]. Il resta loyal à Jules César pendant les révoltes contre les Romains en 54-53 avant J.-C. et pour cette raison, après avoir rétabli l'ordre, le général romain permit aux Atrébates de maintenir leur indépendance et il leur accorda également une exemption des taxes. Jules César donna à Commios en outre, le contrôle sur les Morins[5].

Cependant, en 53 avant J.-C., Jules César se trouvait pour l'hiver en Gaule Cisalpine, le légat Titus Labiénus découvrit que Commios aurait conspiré contre les Romains avec d'autres peuples gaulois. Alors Titus Labiénus envoya le tribun militaire Caius Volusenus et quelques centurions pour éliminer Commios, qui cependant réussit à échapper à la mort[6].

Ennemi de Jules César[modifier | modifier le code]

Lors de la révolte menée par Vercingétorix, Commios prend une grande part au commandement de l'armée de secours[7]. Il continue la lutte contre Rome après Alésia, puis part en exil, « promettant de ne jamais se retrouver face à un romain ».

Il s'enfuit en Bretagne insulaire, comme le raconte Frontin (Strategemata). Autour de - 30, Commios semble s'y être établi comme roi des Atrébates et avoir fondé son royaume. Il émettra des monnaies à son nom à partir de Calleva, actuelle Silchester, jusqu'en - 20. Il aura eu trois fils : Tincomarus, Eppillus et Verica. On estime que l'aîné a régné conjointement avec lui à partir de - 25, tandis qu'à sa mort, le royaume sera divisé entre Tincomarus, au nord (Calleva), et Eppillus au sud (Noviomagus).

Commios a donc vécu à l'époque des premiers contacts entre Rome et l’île de Bretagne, et en fut pleinement pris à partie, puisque dans la première moitié de sa vie, il fut attaché à Jules César (roi puis émissaire), et que dans la seconde, il apparaît comme rebelle et fugitif.

Il est vrai que le seul témoignage dont nous disposons, à ce niveau, est celui de Frontin, qui commandera les légions romaines en Bretagne de 69 à 98.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules César, Commentaires sur la Guerre des gaules: livre II.
  2. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules: livre IV, paragraphe 21.
  3. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules: livre IV, paragraphe 27.
  4. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules: livre IV, paragraphe 35; livre V, paragraphe 22.
  5. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules: livre VI, paragraphe 6; livre VII, paragraphe 76.
  6. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules: livre VIII, paragraphe 23.
  7. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 79.