Comme des Garçons

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Comme des garçons)
Aller à : navigation, rechercher

Comme des Garçons (en français, écrit コム・デ・ギャルソン (Komu de Gyaruson) en japonais) est un label de mode japonais créé en 1969 par la styliste Rei Kawakubo qui en est la seule propriétaire. Les collections, avec plus d'une dizaine de lignes différentes, sont dessinées par Kawakubo, mais également Junya Watanabe (en), Fumito Ganryu, ou la styliste Tao Kurihara.

Le chiffre d'affaires annuel est voisin de 150 millions de dollars.

Article détaillé : Rei Kawakubo.

Historique[modifier | modifier le code]

La marque a été lancée à Tokyo par Rei Kawakubo en 1969[1] et l'entreprise a été créée 1973 au Japon. Comme des Garçons a connu beaucoup de succès avec ses collections féminines dans les années 1970 et a ajouté à ses produits une ligne de mode masculine en 1978. En 1981, le lancement de Comme des Garçons à Paris a provoqué d'extraordinaires controverses autour de l'utilisation prédominante du noir et de tissus inhabituels[2]. Durant les années 1980, les vêtements de Comme des Garçons ont souvent été monochromatiques ou asymétriques. Comme des Garçons a depuis introduit plus de couleurs dans ses collections. Une exposition Comme des Garçons a été organisée au Centre Georges-Pompidou à Paris en 1986, montrant essentiellement des photographies de Peter Lindbergh[3]. En 2005, une exposition a eu lieu à Shinjuku, autour du graphisme de Comme des Garçons, ainsi qu'une en 2012, intitulée White Drama et organisée par Olivier Saillard à la Cité de la Mode et du Design[4].

Boutiques[modifier | modifier le code]

Bien antérieure à la création de Comme des Garçons, la toute première boutique de Rei Kawakubo ouvre en 1975[5]. Avant d'arriver à Paris au début des années 1980, Comme des Garçons est déjà distribué par plus d'une centaine de points de vente au Japon[6] ainsi que plusieurs boutiques en nom propre[7]. Après celle de Paris en 1982, l’expansion se fait aux États-Unis[8] : une boutique Comme des Garçon ouvre en 1983 à SoHo[7] et en 1984 à San Francisco[9]. Au début des années 1990, la griffe sera commercialisée dans 300 points de vente de par le monde, dont une grande partie toujours au Japon[10]. Paris voit l'ouverture d'une nouvelle boutique après l'an 2000[10],[11],[12] et quatre ans plus tard un boutique multimarque de 1 200 m2 à Londres[13],[14] ainsi que plusieurs magasins éphémères ; appelés « guerilla stores » ces magasins sont montés dans des lieux insolites[8],[15] et destinés à rester un an maximum, qu'ils soient rentables ou non[16].

Comme des Garçons possède plusieurs autres boutiques à l'étranger installés dans les grandes villes (Londres, New York[17], Taipei, Pékin[18], Hong Kong[19],Séoul, Saint-Pétersbourg).

Parfums[modifier | modifier le code]

Le premier parfum est commercialisé au début des années 1990. Par la suite, sortent Odeur 53, qualifié d'« anti-parfum » car utilisant 53 composants rarement usités en parfumerie (oxygène, cellulose, caoutchouc brulé, charbon, sable des dunes, vernis à ongles, air des montagnes, etc.[20]), Harissa (senteurs d'épices Marocaines, orange sanguine, piment rouge, safran, muscade…), 888 (avec une odeur de ylang-ylang et dentifrice[21]), Odeur 71 (rappelant « l’odeur de la photocopieuse en surchauffe[22] »), Garage (senteurs de cuir, kérosène et plastique dont le principe est : « On entre dans un vieux garage, une voiture est là depuis deux ans, sans rouler, vitres closes, l’huile de moteur a légèrement fui sur le sol, on s’assoit dans la voiture[22] »), Sticky Cake (amandes, sucre…), ou Series 8 Energy C en 2008[23]. « Avec Rei, on avait envie d’aller à l’opposé de ce que faisaient les autres : donc pas de publicité, pas de tests, pas de marketing, aucune envie de sortir un énième floral ennuyeux[22]. » Ces fragrances sont le plus souvent unisexes et regroupées en séries à thème comme la série Leaves, L’Encens, Red ou Synthetic[21]. Les parfums sont « conceptualisées » par Christian Astuguevieille[21]. Entre temps, Comme des Garçon ouvre en 2000 un point de vente à Paris uniquement dédié aux parfums[24]. Les parfums de la marque émanent de l'entreprise Puig[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The New York Times: Gang of Four.
  2. (en) Time magazine: Women in fashion - Rei Kawakubo
  3. (en) "Peter Lindbergh for Comme des Garçons"
  4. Xavier de Jarcy, « Comme des Garçons : White Drama », sur telerama.fr, Télérama,‎ 10 mai 2012 (consulté le 9 décembre 2012)
  5. « VoguePedia: Rei Kawakubo », sur vogue.com
  6. Kerlau 2013, p. 425
  7. a et b Angela Taylor, « SoHo store for Rei Kawakubo's clothes », sur nytimes.com, The New York Times,‎ 31 août 1983
  8. a et b Jonathan Metcalf (dir.) et al., Fashion : la mode à travers l'histoire [« Fashion. The Ultimate Book of Costume and Style »], DK,‎ octobre 2013, 480 p. (ISBN 978-2-8104-0426-1), « Rei Kawakubo », p. 402 à 403
  9. (en) Bernardine Morris, « Kawakubo: from fashion to furniture », Style, sur nytimes.com, The New York Times,‎ 23 novembre 1984 (consulté le 9 septembre 2014)
  10. a et b Marnie Fogg (dir.) et al. (trad. Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. « Histoire de l'art »,‎ octobre 2013 (1re éd. 2013 Thames & Hudson), 576 p. (ISBN 978-2081309074), « L'ensemble asymétrique Comme des garçons », p. 405
  11. Cédric Saint-André Perrin, « Comme des Garçons style pompier », sur next.liberation.fr, Libération,‎ 11 mai 2001 (consulté le 10 septembre 2014)
  12. « Les garçons du Faubourg », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 15 mai 2001 (consulté le 14 septembre 2014)
  13. Paquita Paquin, « Le Luxe brut de béton à Londres », Mode, sur next.liberation.fr, Libération,‎ 15 octobre 2004 (consulté le 10 septembre 2014)

    « Comme des Garçons vient de transformer à Londres un ancien immeuble de bureaux de 1 200 m2 en un squat de luxe multimarque ! »

  14. Lucie Davidson, « Comme au marché ! », L'Officiel, Éditions Jalou, no 890,‎ novembre 2004, p. 46 (ISSN 0030-0403, lire en ligne)
  15. Nicole Pénicaut, « La folie « pop-up » », Le Nouvel Observateur, no 2511,‎ 20 décembre 2012, p. 122 (ISSN 0029-4713)
  16. Kerlau 2013, p. 435
  17. (en) Future Systems: Comme des Garcons.
  18. (en) highsnobiety: Comme des Garcons Beijing flagship store.
  19. (en) highsnobiety: Comme des Garcons Store 2007 Hong Kong
  20. Kerlau 2013, p. 431
  21. a, b et c Interview de Christian Astuguevieille, in : Lili Barbery-Coulon, « Dans le bureau de Christian Astuguevieille », sur marecreation.blog.lemonde.fr, Le Monde,‎ 27 mars 2004 (consulté le 11 septembre 2014)
  22. a, b et c « Christian Astuguevieille directeur artistique de Comme des garçons », sur next.liberation.fr, Libération,‎ 6 décembre 2008 (consulté le 10 septembre 2014)
  23. (en) « New Comme des Garçons perfume », sur wallpaper.com, Wallpaper*,‎ 9 mai 2008 (consulté le 10 septembre 2014)
  24. « Comme des Garçons "Perfume Shop" », L'Officiel, Éditions Jalou, no 846,‎ juin 2000, p. 26 (ISSN 0030-0403, lire en ligne)
  25. (es)« Puig, un imperio español de moda que comenzó con un pintalabios », Modaes

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]