Commandos parachutistes de l'air

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Historique des commandos parachutistes de l'air[modifier | modifier le code]

Les groupements d'infanterie de l'air[modifier | modifier le code]

Créés le 20 octobre 1936, à la suite de l'impulsion donnée par le commandant de l'Armée de l'air, parachutiste émérite et pilote Frédéric Geille, les groupes d'infanterie de l'air (GIA) préfigurent les commandos parachutistes de l'air[1].

Les 601e (à Reims) et 602e GIA, (à Baraki) seront dissous en novembre 1939, pour former une compagnie de marche de l'infanterie de l'air. En juillet 1940, la 1re compagnie d'infanterie de l'air est créée par la France libre, pour constituer bientôt le Free French SAS Squadron, calqué sur le Secret Air Service anglais. L'aspirant René Zirnheld, auteur de la "prière du parachutiste", appartenait à cette unité.

Les Fusiliers de l'air[modifier | modifier le code]

Après la guerre, l'Armée de l'air crée les unités de Fusiliers de l'air, pour assurer la protection des base aériennes et des points sensibles "air".

Les commandos 10.541, 20.541, 30.541, 40.541 et 50.541[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1956, la France se trouve engagée dans une forme nouvelle de conflit sur le territoire algérien : la guérilla. Conscient des capacités nécessaires pour mener cette nouvelle sorte de guerre et voyant les possibilités que peuvent apporter les hélicoptères dans ces engagements d'un nouveau type, le général de Maricourt, commandant l'Armée de l'air en Algérie, propose un nouveau concept d'action pour les troupes aériennes qu'il résume par la formule : "il est plus facile à un oiseau de marcher qu'à un serpent de voler". Il s'agit d'armer les hélicoptères qui auront à transporter des hommes capables d'interventions rapides. Ces combattants seront des aviateurs.

L'idée du général de Alain de Maricourt ayant été retenue après de longues interrogations, l'Armée de l'air créé le 12 mars 1956 une première unité d'infanterie de l'air de type commando. Ainsi, le 15 mai 1956 l'instruction no 6168/EMAA/1, signée du Général Jouhaud, major général de l'Armée de l'air, porte-t-elle création du commando 10.541 (futur commando parachutiste de l'air n°10 ou CPA 10) et celle du commando 20.541 (futur commando parachutiste de l'air n° 20 ou CPA 20). Le CPA 10 est commandé par le capitaine Albert-Charles Meyer, entre 1956 et 1958.

La numérotation "541" est celle attribuée par l'Armée de l'air aux unités affectées au maintien de l'ordre en A.F.N. L'instruction no 6969/EMAA/1 du 25 juillet 1956 porte création du commando 30.541 (futur commando parachutiste de l'air n° 30). En 1957, sont créés le CPA 40 puis le (G.C.P.A. 00/541). Enfin, en 1959, le CPA 50, issu d'un commando expérimental mis sur pied en l'année précédente.

Chaque commando, destiné à être transporté par hélicoptère et à combattre au sol, doit être composé d'une centaine d'hommes. Il est articulé en un certain nombre d'éléments simples de 5 ou 6 hommes qui constituent l'équipe. Le groupe de commando est formé, quant à lui, de 2 équipes ; ce qui correspond au chargement de deux hélicoptères H-19 ou d'un hélicoptère H-34. La section de commando est constituée de 4 équipes : deux équipes de commandement et feu avec l'officier-chef de section à la tête de l'une d'elle et deux équipes de commandos.

La prospection est effectuée parmi le personnel de l'Armée de l'air de toutes spécialités. Le recrutement se fait par acte de volontariat. La sélection est particulièrement sévère et les limites d'âges sont basses : 25 ans pour les hommes de troupe. Les aptitudes médicale, caractérologique et physique sont très sérieusement contrôlées. Enfin, la durée minimale du lien au service est portée à 15 mois.

Pour différencier les commandos parachutistes de leurs camarades des autres armes, ils portent un béret bleu marine (qui les distingue également des autres aviateurs, dotés de calots). Ils vont disposer d'un insigne spécifique.

Au 1er juillet 1957, les commandos comptent plus de 550 hommes.

Le 14 juillet 1957, les commandos parachutistes de l'air défilent sur les Champs-Elysées.

Les cinq commandos ainsi créés seront actifs durant toutes les opérations en Algérie, avec les indicatifs : "Martel", pour le 10, "Manoir" pour le 20, "Maquis" pour le 30 et "Maxime" (officiel), pour le 40 qui affectionne l'indicatif "Attila".

Le 1er mars 1960, le lieutenant-colonel Prénom Emery remplace le lieutenant-colonel François Coulet, à la tête des commandos parachutistes de l'air.

Au moment du putsch des généraux, le 40 rallie les putschistes ; le 10 et le 20 étaient alors en opérations. Le 30 et le 50 sont restés à disposition.

Pourtant, dans l'ambiance du moment, c'est l'ensemble des commandos parachutistes de l'air qui est dissous.

Les hommes sont peu à peu rapatriés en métropole et dispersés ; 30 et le 50 s'installent à Arzew le 26 mai 1961.

La compagnie des commandos parachutistes de l'air[modifier | modifier le code]

Le groupement des commandos parachutistes de l'air est dissous le 31 mai 1961. Cette "CCPA" 50.541 est créée le 1er juin 1961.

Elle comporte les hommes des commandos 30 et 50 et opère dans le secteur d'Aïn Sefra, principalement.

Les futurs accords d'Évian sont en négociation.

Le 30 janvier 1962, le commandant Albert-Charles Meyer, à qui le lieutenant-colonel François Coulet a remis, six mois plus tôt, le drapeau des commandos parachutistes de l'air, le confie à son tour au capitaine Prénom Lovighi qui commande la CCPA 50.541 sur la base aérienne 141 Oran la Sénia.

Tandis que, le 26 juin 1962, les commandos parachutistes de l'air quittent l'Algérie, les indépendantistes vont marquer leur début de victoire par l'épouvantable massacre du 5 juillet 1962.

La CCPA 50.541 est stationné à la base aérienne 136 Bremgarten, en Allemagne. Les équipes sont affectées à la protection des base aériennes situées sur le sol allemand.

Le 21 avril 1965, la CCPA 50.541 est dissoute.

L'escadron des fusiliers commandos et d'intervention 02.318[modifier | modifier le code]

Celui-ci prend le relais, sur la base aérienne 726 Nîmes. Le 30 septembre 1969, jour de la Saint Michel, il reçoit à son tour la garde du drapeau des commandos parachutistes de l'air.

Le Groupement des fusiliers commandos de l'air[modifier | modifier le code]

Le GFCA est créé à Nîmes, le 9 juillet 1976.

Sa doctrine s'affine, les suspicions et les doutes s'éloignent, l'utilité des commandos parachutistes de l'air ne fait plus de doute.

L'Armée de l'air est fortement engagée en opérations extérieures. Le GFCA y participe activement, notamment au Tchad ou au Liban, où les commandos de l'air auront trois morts.

Le GFCA comprend l'Escadron de Protection et d'Intervention (EPI), ainsi que l'escadron de formation des fusiliers commandos et des maîtres-chiens (EFFC-MC).

La création des CPA[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1992, les Forces Spéciales sont créées.

Entre 1994 et 1999, s'organisent alors les commando parachutiste de l'air n°10, commando parachutiste de l'air n° 20 et commando parachutiste de l'air n° 30 : CPA 10, CPA 20 et CPA 30.

Les CPA aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les commandos parachutistes de l'air sont affectés soit en Escadron de Protection (EP), soit dans les CPA spécialisés (CPA)[2]. Les EP participent à la protection des points sensibles et des bases de l'air[3] ; les CPA pratiquent aujourd'hui des missions communes, mais également des tâches spécialisées. Ces troupes de grande valeur contribuent aux opérations de l'Armée de l'air et aux opérations spéciales.

Les unités en activité[modifier | modifier le code]

Les missions communes des CPA[modifier | modifier le code]

  • La mesure « Mousquetaire » : cette mesure vise à renforcer la protection d'un site de déploiement de forces armées en métropole (exemple : renfort protection du 60e anniversaire du débarquement en Normandie à Caen en 2004)
  • La mesure « Rapace » : cette mesure vise à mettre en place hors métropole une force d'intervention et de protection en vue d'implanter une base aérienne projetée (exemple : opération Héraclès, création d'un site à Douchanbé au Tadjikistan en 2002)
  • La mesure « SATER » (Sauvetage aéroterrestre) : c'est une mesure de sauvetage d'un équipage en difficulté par un groupe de commandos aérolargués ou aéroportés (exemlpe : alerte permanente au Tchad dans le cadre de l'opération Épervier)
  • La mesure « TACP » (Tactical air control party) : une équipe composée de 5 personnes, dont un contrôleur avancé, est destinée à faciliter l'emploi de l'arme aérienne dans le cadre de l'appui feu rapproché (exemple : engagement auprès de l'ISAF en Afghanistan)
  • La mesure « RTPA » (Reconnaissance de terrains pour poser d'assaut) : une équipe destinée à reconnaître un terrain sommaire en vue de faire poser un avion de la gamme tactique. Cette équipe doit effectuer des mesures de dureté du sol à l'aide d'un pénétromètre à chocs, baliser le terrain tout en assurant une sécurisation et guider l'avion dans son approche finale.
  • La mesure « RESAL » (Recherche et sauvetage aérolarguée) : c'est une mission de récupération d'un équipage qui serait éjecté en zone montagneuse où l'emploi de l'hélicoptère comme moyen de mise à terre n'est pas possible du fait de l'altitude, du relief ou de la végétation. L'équipe est larguée à haute altitude depuis un avion tactique et se pose à proximité de la position de l'équipage. Cette mission nécessite d'avoir au sein des équipes du personnel capable de médicaliser l'équipage en cas de blessures.

Les commandos parachutistes de l'air sont organisés selon les principes en vigueur dans l'Armée de l'air. En particulier, les grades se répartissent entre officiers[4], sous-officiers et militaire technicien de l'air.

Les missions spécifiques des CPA[modifier | modifier le code]

  • La mesure « RESCO » (Recherche et sauvetage au combat) :

En cas d'éjection de pilote en zone hostile, un groupe de récupération au sol est envoyé par hélicoptère (un SA 330 Puma ou, depuis peu, l'EC 725 Caracal) afin de récupérer l'équipage en zone hostile. Il s'agit d'une opération aérienne combinée de grande envergure qui peut demander la participation de plusieurs dizaines d'aéronefs afin de sécuriser l'espace aérien par des avions de défense aérienne et de sécuriser au sol la zone proche du lieu d'éjection par des avions d'appui. Tout ceci nécessite aussi la présence d'avions radar AWACS et d'avions ravitailleurs Boeing C135 FR. Cette mission implique également d'avoir au sein des équipes du personnel capable de médicaliser l'équipage si nécessaire. Actuellement, le CPA no 30 est pôle d'excellence « RESCo ». Il est responsable de la formation et de l'entraînement des équipes dans ce domaine. Le CPA no 20 détient également cette capacité.

  • Les mesures « MASA » (Mesures actives de sûreté aérienne) :

Par ailleurs, le commando parachutiste de l'air n° 20 est pôle d'excellence MASA (Mesures actives de sûreté aérienne). Cette mission est assurée par des hélicoptères de type Fennec à bord desquels sont embarqués des tireurs d'élite. Elle a pour objectif d'intercepter un éventuel aéronef à basse vitesse (avion d'aéroclub, U.L.M., hélicoptères, etc.) dont la trajectoire peut le conduire dans une zone interdite, de l'arraisonner sur ordre de la Haute autorité de la défense aérienne, éventuellement de le détruire sur ordre du gouvernement. Ainsi, les équipages « MASA » participent à la sécurité lors des sommets des chefs d'État ou des grandes manifestations publiques, telles que, la Coupe du Monde de football 1998, les défilés parisiens du 14 juillet, la venue du Pape en France, le sommet d'Évian ou plus récemment la rencontre des ministres de l'Intérieur à Nice. Le CPA no 20 est pôle d'excellence « MASA » ; il est responsable de la formation et de l'entraînement des équipes. Le CPA no 30 détient également cette capacité « MASA ».

  • La spécificité du CPA no 10 :

Le CPA no 10 est une unité d'intervention principalement mise au service du Commandement des opérations spéciales (COS). Il détient des capacités importantes dans les domaines du renseignement et des opérations de type commando. Ses missions ont pour principal objectif de faciliter l'engagement des moyens aériens dans la profondeur. Il est spécialisé dans la désignation d'objectifs et le guidage laser des munitions ainsi que dans la reconnaissance, la saisie et la remise en œuvre de zones aéroportuaires.

Traditions des commandos de l'air[modifier | modifier le code]

Insigne de béret[modifier | modifier le code]

Le projet de l'insigne du béret bleu-marine des commandos de l'air a été conçu au sein du commando 20. Il est adopté par le commandant François Coulet qui homologue le projet N° A 688 le 6 octobre 1956. Il porte une étoile (« l'étoile te guide »), une aile (« l'aile te porte »), un glaive (« le glaive te défend ») et une couronne (« la couronne t'attend »).

Si l'aile et l'étoile entrent dans la composition des brevets du personnel navigants de l’Armée de l’air, le glaive (ou dague) est spécifique aux actions de commandos ; le tout est broché sur la couronne. Un rectificatif est ensuite apporté en ce qui concerne la couleur : pour éviter que la teinte ne s’oppose à celle des éperviers des pattes d’épaules, l’insigne est doré. Il en existe plusieurs variantes.

Insigne de poitrine[modifier | modifier le code]

Le commandant Coulet est directement à l’origine de cet insigne. Il s’inspire de celui du béret des parachutistes polonais qu'il avait côtoyés lors de son stage d'octobre 1942. Il est d'ailleurs titulaire du brevet no 1681 du stage 45 encadré par la 2e brigade parachutiste polonaise du général Sosabowski à Largo (Écosse).

L'homologation date du 25 octobre 1956 (projet N° A 690). Cet insigne en métal argenté et ajouré est fabriqué par Drago. Il présente un aigle fondant sur sa proie, ce qui correspond à la nature et aux missions des unités aéroportées de l’Armée de l’air, broché sur un carré portant la devise "SICUT AQUILA" (« Tel l’aigle »)[5].

Patronage[modifier | modifier le code]

Michel (Archange, saint patron des parachutistes protège les commandos de l'air. La Saint-Michel du 29 septembre de chaque année est l'occasion d'une fête traditionnelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les groupements d'infanterie de l'air.
  2. Commandos parachutistes de l'air
  3. Officier commando de l'air http://www.nae.fr/wp-content/uploads/2014/07/OFFICIER-COMMANDO-PARACHUTISTE-DE-LAIR.pdf
  4. Fiche métier officier commando de l'air http://air-touteunearmee.fr/pdf/metier.php?nid=4317
  5. L'Armée de l'air utilise souvent l'aigle, en symbolique, comme pour cet insigne de poitrine des commandos de l'air, mais c'est principalement l'épervier (familièrement appelé "charognard"), autre oiseau de proie, qui symbolise cette armée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Féraud, Les commandos de l'air, contribution à l’historique des commandos parachutistes de l'air en Algérie (1956-1962), Nouvelles Éditions Latines, 1986, 332 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]