Combinaison de protéines

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La combinaison de protéines est la théorie invalidée par le corps médical et rejetée par son auteur initial selon laquelle les végétariens, et particulièrement les véganes, doivent manger des aliments complémentaires, comme des pois et du riz, ensembles au cours du même repas, afin que des aliments végétaux au profil incomplet en acides aminés essentiels puissent se combiner pour former une protéine complète, fournissant tous les apports nécessaires pour la croissance et le maintien de l'organisme.

La théorie a été popularisée dans par Frances Moore Lappé dans son bestseller "Diet for a small planet", publié en 1971. L, American National Research Council et l'American Dietetic Association (ADA) ont repris la théorie, soon picked it up, mettant en garde les végétariens et leur recommandant de combiner leurs protéines[1].

Lappé changea de position dans l'édition de 1981 de son ouvrage, où elle écrivait :

« En 1971, j'ai insisté sur la complémentarité des protéines parce que j'ai supposé que la seule façon d'obtenir assez de protéine […] était de créer une protéine utilisable par le corps comme protéine animale. En combattant le mythe que la viande était la seule façon d'obtenir de la protéine de haute qualité, j'ai renforcé un autre mythe. J'ai donné l'impression que si on voulait obtenir assez de protéine sans viande, une attention considérable devait être portée au choix des aliments. En fait, c'est beaucoup plus facile que ce que je pensais.
« Avec trois exceptions importantes, il y a très peu de danger d'avoir un déficit de protéines en mangeant des aliments végétaux. Les exceptions sont les régimes très fortement dépendants (1) des fruits, (2) de certains tubercules tels que la patate douce ou le manioc, (3) de la malbouffe (farines raffinées, sucres, et graisse). Heureusement, relativement peu de personnes dans le monde essaient de survivre sur des régimes alimentaires dans lesquels ces aliments sont la seule source d'apport calorique. Dans tous les autres régimes alimentaires, si une personne obtient assez de calories, elle est en pratique certaine d'obtenir assez de protéines. » [2]

L'ADA a elle aussi changé de position en 1988. L'auteur principal du document de prise de position sur le végétarisme, Suzanne Havala témoigne :

« Il n'y avait pas de fondement à [la combinaison de protéines] que je puisse percevoir […] J'ai commencé à passer des appels un peu partout et à parler à des gens pour leur demander quelle était la justification derrière le fait de dire qu'il fallait complémenter des protéines, et il n'y en avait pas. Et ce que j'ai eu à la place c'était des idées intéressantes de personnes qui était très compétentes et qui pensaient qu'il n'y avait en fait sans doute pas lieu de complémenter les protéines. Nous avons donc été de l'avant et changé le document sur ce point. » [Note: Le document a été approuvé suite à un examen par des pairs et un vote de délégation avant de devenir officiel.] Et quelques années après, Vernon Young et Peter Pellet ont publié l'étude qui est devenue le guide contemporain définitif au métabolisme des protéines chez l'être humaine. Et celle-ci a aussi confirmé que complémenter les protéines lors des repas était totalement inutile[3].

De nombreuses protéines végétales ont des teneurs un peu inférieures dans l'un ou plusieurs des acides aminés essentiels, tout particulièrement en lysine, et dans une moindre mesure en méthionine et en thréonine, sans pour autant que la consommation exclusive de sources de protéines végétales n'empêche d'avoir une alimentation équilibrée en acides aminés essentiels[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurer, Donna. 2002. Vegetarianism: Movement or Moment? Philadelphia: Temple University Press. ISBN 1-56639-936-X p. 37
  2. Diet for a Small Planet (ISBN 0-345-32120-0), 1981, p. 162; emphasis in original
  3. Maurer, Donna (2002) p. 38.
  4. (en) Young VR, Pellett PL, « Plant proteins in relation to human protein and amino acid nutrition », The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 59, no 5 Suppl,‎ 1994, p. 1203S-1212S (PMID 8172124, lire en ligne [PDF])