Combe-Capelle

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Combe-Capelle
Plan de la colline de Combe-Capelle D.Peyrony 1943
Plan de la colline de Combe-Capelle D.Peyrony 1943
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Protection Logo monument historique Classé MH (1946)
Coordonnées 44° 45′ 15″ N 0° 50′ 58″ E / 44.7542, 0.849423 ()44° 45′ 15″ Nord 0° 50′ 58″ Est / 44.7542, 0.849423 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Combe-Capelle
Combe-Capelle

Combe-Capelle est un ensemble de gisements préhistoriques situé dans la vallée de la Couze sur la commune de Saint-Avit-Sénieur dans le département de la Dordogne (France). Découvert en 1885, il est toujours objet de fouilles et, en 2012, la découverte d'un lissoir néandertalien a renouvelé son intérêt. Il est à l'origine des conférences d'été de la Vallée de la Couze qui se tiennent annuellement à Montferrand-du-Périgord.

Historique des fouilles[modifier | modifier le code]

En août 1885, le site de Combe-Capelle fut découvert par Michel-Antoine Landesque, curé de Lavalade en Dordogne. Il emmena les membres de la Société géologique de France en septembre 1887 montrer les résultats des fouilles qu'il était en train d'entreprendre sur le site[1].

Le 26 août 1909, un ouvrier du négociant en art et archéologue autodidacte Otto Hauser (de), entreprenant des fouilles à l'abri sous roche du Roc de Combe-Capelle, mit au jour un squelette humain : l'Homme de Combe-Capelle.

En 1910, Denis Peyrony loua le terrain du site et commença des fouilles scientifiques, notamment en 1925 au Haut de Combe-Capelle, désigné également sous le nom d'abri Peyrony. À sa demande, le paléontologue et préhistorien Henri-Marc Ami (en) effectua des fouilles importantes entre 1926 et 1931 à Combe-Capelle bas. Il y creusa une tranchée à flanc de colline de 35 à 40 mètres de long et de 2,5 à 10 mètres de large. Denis Peyrony reprit les études du gisement après la mort de H.-M. Ami en 1931[2].

Le plateau du Ruffet fit l'objet de fouilles en 1969[3].

À la fin des années 1980 et début 1990, des fouilles furent menées par Harold Lewis Dibble et Michel Lenoir sur les gisements du Haut de Combe-Capelle et de Combe-Capelle bas[4],[5].

En 2009 et 2010, des fouilles à l'abri Peyrony et au Roc de Combe-Capelle ont été reprises par une équipe menée par Shannon McPherron et Michel Lenoir[6].

En 2012, la même équipe utilisant les meilleures technologies de relevés informatisés et de microscopie électronique a trouvé et identifié le plus vieil outil spécialisé connu à ce jour en Europe. Des lissoirs en os, servant au travail du cuir, ont été retrouvés à l'abri Peyrony et sur un autre site néandertalien de Dordogne, le Pech-de-l'Azé, distant de 35 km de Combe-Capelle[7],[8].

Description du site[modifier | modifier le code]

Le site de Combe-Capelle descend sur un dénivelé d'environ 40 mètres depuis le plateau de Ruffet jusqu'à la route départementale D26 qui suit la vallée de la Couze (affluent de la Dordogne) à la limite des communes de Montferrand-du-Périgord et de Saint-Avit-Sénieur.

Il est orienté vers le Sud-Est et comprend quatre lieux, fouillés à différentes époques (voir plus haut l'historique des fouilles). Il est dominé au Nord-Ouest par une carrière exploitée depuis de nombreuses années.

Roc de Combe-Capelle[modifier | modifier le code]

Haut de Combe-Capelle[modifier | modifier le code]

Combe-Capelle Bas[modifier | modifier le code]

Plateau de Ruffet[modifier | modifier le code]

L'Homme de Combe-Capelle[modifier | modifier le code]

Crâne de l'Homme de Combe-Capelle.

Otto Hauser vendit le squelette en 1910, en même temps que celui d'un adolescent néandertalien retrouvé par lui-même en 1908 sur le site du Moustier en Dordogne, au Museum für Völkerkunde (Musée d'ethnologie) de Berlin. Ces restes humains firent ensuite partie des collections du Museum für Vor- und Frühgeschichte (Musée de Préhistoire et de Protohistoire). À la fin de la Seconde Guerre mondiale, suite aux bombardements sur Berlin, et en particulier sur le Martin-Gropius-Bau alors accueillant le musée, les squelettes furent considérés comme perdus, sauf les crânes qui furent entreposés dans un endroit plus sûr[9]. En 1945, l'Armée rouge effectua le transfert de nombreux objets des collections du musée en Union soviétique. En 1958, les Soviétiques retournèrent à l'Allemagne de l'Est une partie des collections du musée. Ce n'est qu'en 2001 que le crâne de l'Homme de Combe-Capelle fut de nouveau identifié dans ces collections du musée[10]. Ce crâne est exposé au musée de Préhistoire et de Protohistoire, transféré en 2009 au Neues Museum.

Protection[modifier | modifier le code]

Le site de Combe-Capelle est classé monument historique depuis le 19 octobre 1946[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Landesque 1887.
  2. Peyrony 1943.
  3. de Heinzelin et Fitte 1969.
  4. Dibble et Lenoir 1995.
  5. Dibble et Lenoir 1997.
  6. M. Lenoir et S. McPherron, « Haut de Combe-Capelle », sur http://www.pacea.u-bordeaux1.fr (consulté le 15 août 2012).
  7. (en) Marie Soressi, Shannon P. McPherron, Michel Lenoir, Tamara Dogandžić, Paul Goldberg, Zenobia Jacobs, Yolaine Maigrot, Naomi Martisius, Christopher E. Miller, William Rendu, Michael P. Richards, Matthew M. Skinner, Teresa E. Steele, Sahra Talamo et Jean-Pierre Texier, « Neandertals Made the First Specialized Bone Tools in Europe », PNAS, vol. 110, no 35,‎ 2012, p. 14186–14190 (lien DOI?)
  8. « Néandertal a fabriqué les premiers outils spécialisés en os d'Europe », sur http://www.inrap.fr,‎ 13 août 2013 (consulté le 26 avril 2014).
  9. Hoffmann et Wegner 2002, p. 578.
  10. Hoffmann et Wegner 2002.
  11. « Notice no PA00082810 », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Harold L. Dibble et Michel Lenoir, 1995: The Middle Paleolithic site of Combe-Capelle Bas, University of Pennsylvania Museum of Archaeology and Anthropology,‎ 1995 (ISBN 978-0-924171-38-3).
  • Harold L. Dibble et Michel Lenoir, « Données nouvelles sur le gisement de Combe-Capelle à Saint-Avit-Sénieur (Dordogne) », Gallia Préhistoire, vol. 39,‎ 1997, p. 31-83 (lien DOI?, lire en ligne).
  • J. de Heinzelin et Paul Fitte, « Deux sites paléolithiques de plein air dans la vallée de la Couze (Dordogne) », Bulletin de la Société préhistorique française. Etude et travaux, vol. 68, no 1,‎ 1969, p. 335-340 (lien DOI?, lire en ligne).
  • (en) Almut Hoffmann, Jean-Jacques Hublin, Matthias Hüls et Thomas Terberger, « The Homo aurignaciensis hauseri from Combe-Capelle - A Mesolithic burial », Journal of Human Evolution, no 61,‎ 2011, p. 211-214 (lien DOI?).
  • (en) Almut Hoffmann et Dietrich Wegner, « The rediscovery of the Combe Capelle skull », Journal of Human Evolution, no 43,‎ 2002, p. 577-581 (lien DOI?).
  • Michel-Antoine Landesque, « Excursion à la station préhistorique de Combe-Capelle », Bulletin de la Société Géologique de France, vol. 15, no 3,‎ 1887, p. 866-869.
  • Denis Peyrony, « Combe-Capelle », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 40, no 10-12,‎ 1943, p. 243-257 (lien DOI?, lire en ligne).
  • (en) Hélène Valladas, Norbert Mercier, Jean-Louis Joron, Shannon P. McPherron, Harold L. Dibble et Michel Lenoir, « TL dates for the Middle Paleolithic site of Combe-Capelle Bas, France », Journal of Archaeological Science, no 30,‎ 2003, p. 1443-1450 (lien DOI?).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]