Combat des îles Cocos

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11° 50′ S 96° 49′ E / -11.83, 96.817

Le combat des îles Cocos est une bataille livrée le 9 novembre 1914, pendant la Première Guerre mondiale, dans l'océan Indien, au large des îles Cocos, entre le croiseur de la Royal Australian Navy HMAS Sydney, commandé par le capitaine de frégate John C.T. Glossop, et le croiseur léger de la Marine impériale allemande SMS Emden, commandé par le capitaine de corvette (Korvettenkapitän) Karl von Müller.

C'est le premier combat, dans ce conflit, de la jeune Marine australienne.

Le film des événements[modifier | modifier le code]

Croiseur HMAS Sydney 1914 Rabaul

Le croiseur Emden détaché de l'escadre allemande d'Extrême-Orient menait depuis le début de la guerre une brillante guerre de corsaire dans l'océan Indien, coulant 18 navires marchands ainsi qu'un croiseur et un destroyer. L'amirauté britannique voulut mettre un terme aux exploits de ce fléau, lançant plusieurs navires aux trousses du corsaire.

Celui-ci atteint les îles Cocos dans l'intention de faire du charbon auprès d'un ravitailleur et de détruire la station télégraphique de l'Eastern Telegraph Company qui s'y trouve. Cette station était reliée à trois câbles sous-marins, vers l'Australie, l'île Maurice et la Malaisie, justifiant son intérêt pour les Allemands. L’Emden envoie à terre un détachement de 47 hommes et 3 officiers sous la direction du commandant en second, le lieutenant de vaisseau H. von Mücke. La station n'a pas de moyens de défense, mais a cependant le temps d'envoyer un court SOS à 6h55. Vu l'urgence, le message ne fut même pas codé. L'Emden essaya de brouiller le message, mais en vain[1]. Par chance, pour les Britanniques, un convoi se trouve non loin, au nord. L'un des 4 croiseurs qui l'escortent, HMAS Sydney, est dérouté pour voir.

Il découvre l'insaisissable croiseur, dans le lagon, occupé à essayer de récupérer la troupe qu'il avait mise à terre.

Les vigies du navire allemand ont d'abord cru que l'arrivant était leur navire-ravitailleur. Ils avaient en effet capturé précédemment, le 27 septembre, un navire charbonnier affrété par l'Amirauté britannique, le Buresk, avec 4 300 tonnes de charbon. Il arrivera sur les lieux, mais à la fin du combat et n'aura plus qu'à se saborder pour éviter la capture ! Dans l'intervalle, il aura retardé le Sydney dans son combat, l'empêchant de débarquer sur l'île avant la nuit et permettant donc la fuite de la compagnie de débarquement allemande.

La méprise reconnue, l'Emden appareille, abandonnant à terre ses marins[2]. Le combat s'engage à une distance d'environ 3 000 mètres, favorisant le navire australien.

C'est l'Emden qui touche le premier son adversaire en détruisant un canon et le télémètre du Sydney. Mais l'artillerie du Sydney surpasse largement celle du corsaire. Le navire allemand est armé de canons de 105 mm quand ceux du navire australien sont de 152 mm, portant donc plus loin et disposant d'obus plus puissants. Il faut douze salves au navire australien pour régler son tir et en deux heures de combat, l'Emden sera touché près d'une centaine de fois.

Épave du SMS Emden

L'Allemand désemparé finit par s'échouer pour éviter le naufrage. Constatant que le pavillon allemand n'a pas été amené, le capitaine de frégate Glossop, qui commande le Sydney, ordonne la réouverture du feu (Glossop dira par la suite qu'il s'est senti comme un meurtrier suite à cet ordre). Rapidement les marins du navire allemand hissent le drapeau blanc.

131 marins allemands perdirent la vie dans l'engagement et 65 furent blessés ; les Australiens déplorèrent la mort de trois d'entre eux et eurent huit blessés.

Le capitaine de corvette Müller, qui survécut à la bataille, quitta en dernier le pont ravagé de son navire et demeura prisonnier de guerre jusqu'à la fin du conflit.

Cet officier avait accompli sa tâche non seulement avec compétence mais aussi et surtout avec la plus grande humanité : les navires marchands attaqués n'étaient coulés qu'après que leurs équipages aient été transportés sains et saufs à bord de l'Emden pour être libérés ensuite dans les ports où ce dernier faisait relâche. Ce comportement lui valut le respect et l'estime de ses adversaires.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cela n'empêchera pas le directeur de la station de féliciter l'officier de marine allemand pour la décoration qui lui a été attribuée et dont il a déjà eu connaissance par une dépêche de l'agence Reuters. Signalons que les Anglais comme les Allemands louent chacun la courtoisie de l'autre partie
  2. Ceux-ci échapperont à la capture en fuyant sur une vieille goélette de 123 tonnes à trois mâts, l'Ayesha. Leur odyssée durera près de 7 mois, mais ils finiront par rejoindre l'Allemagne en passant par l'Arabie et la Turquie. Von Mücke soulignera l'aide précieuse que les Anglais de la station télégraphique lui auront apportée pour fuir au plus vite. Mais quand on découvre que les Anglais avaient enterré toutes les pièces de rechange nécessaires pour remettre en état les installations, on comprend mieux leur empressement à voir partir au plus vite les Allemands !

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Emden

http://www.worldwar1.co.uk/emden.html

Le rapport de von Muller sur le combat peut être consulté (en anglais) à l'adresse : http://www.gwpda.org/naval/emden.htm

  • Sydney

http://www.awm.gov.au/units/unit_12593.asp

Sources[modifier | modifier le code]

Outre celles données en bibliographie, les sources suivantes ont été utilisées :

  • Official history of Australia in the war of 1914-1918, vol 9, the Royal Australian navy; en particulier les chapitres VI & VII, ainsi que les annexes 17 & 18 (ces documents sont consultables ici [1])
  • H. von Mücke, L'équipage de l'Ayesha, Paris, 1929, Payot
    Aussi captivant qu'un roman d'aventures

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Y. Buffetaut, La Grande Guerre sur mer, Nantes, Marine-Éditions, 1999
  • P. Chack et J. J. Antier, Histoire maritime de la 1re Guerre mondiale, Paris, France-Empire, 1992
  • François-Emmanuel Brezet, La bataille des Falklands, Marines-Éditions, 2002 (ISBN 2-909675-87-4)
    Contrairement à ce qu'annonce son titre, ce livre couvre tout le début de la Première Guerre mondiale