Comédie sécuritaire

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La Comédie sécuritaire (anglais : Security theater) est un concept introduit par l'auteur américain Bruce Schneier dans son livre Beyond Fear: Thinking Sensibly about Security in an Uncertain World (en) pour décrire des mesures de sécurité destinées à donner au public une impression de sécurité sans pour autant améliorer réellement la sécurité réelle. Cette question s'inscrit dans les débats entourant la sécurité aéroportuaire à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

Cette approche s'appuyait sur deux constats :

  • les mesures de sécurité « manifestes » en place avant l'attentat ont été facilement contournées par des terroristes déterminés
  • à la suite de l'attentat, la multiplication de mesures sécuritaires spectaculaires mais à l'efficacité discutable.

Caractéristiques de la comédie sécuritaire[modifier | modifier le code]

La mesure est manifeste pour le groupe auquel elle est destinée. L'efficacité réelle sur l'objectif annoncé est souvent faible et/ou difficilement mesurable. Le coût de ces mesures est variable, il peut être important mais est souvent inférieur au coût de mesures d'amélioration effectives de la sécurité.

La raison de l'emploi de mesures de « comédie sécuritaire » par l'autorité est variable :

  • soit l'incapacité sincère de l'autorité à distinguer l'efficacité réelle d'une mesure de son apparence superficielle
  • soit l'usage cynique du caractère spectaculaire des mesures pour des objectifs tiers (gain politique, influence...)
  • une manœuvre de diversion donnant l'apparence d'une réponse à un problème quand :
    • le public exige une réaction à un problème non-réel, auquel cas l'apparence de réponse est suffisante.
    • l'autorité ne peut ou ne veut (pour des raisons tierces) donner une réponse efficace à un problème réel, auquel cas l'apparence de réponse masque les carences et/ou permet un "déni plausible".

Avantages[modifier | modifier le code]

L'affichage de mesures sécuritaires spectaculaires, indépendamment de leur efficacité réelle, peut être suffisant pour impressionner et dissuader des adversaires mal préparés ou peu déterminés.

Des mesures peu efficaces dans leur objectif initial peuvent apporter des externalités positives sur d'autres objectifs par exemple, l'installation de caméras dans une gare peut avoir un impact limité sur le risque d'attentat à la bombe mais contribuer à éloigner le trafic de stupéfiants.

Les mesures agissent sur le risque perçu. Ce type de mesure peut être légitime si celui-ci est déraisonnablement supérieur au risque réel.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Les mesures de "comédie sécuritaire" n'améliorent que marginalement la sécurité réelle. Elles détournent des crédits d'autres mesures plus efficaces.

Elles donnent un fausse impression de sécurité qui peut contribuer à la négligence. Si l'inefficacité de la mesure est dévoilée, par exemple par son échec à empêcher un attentat, elle peut décrédibiliser durablement l'autorité chargée de la sécurité, contribuant à diminuer l'acceptation des mesures ultérieures par le public, y compris légitimes.

Exemples[modifier | modifier le code]

  • le déploiement d'unités militaires dans les gares et aéroport pour lutter contre le risque terroriste (aux États-Unis, à la suite des attentats du 11 septembre, en France, le plan Vigipirate) : ce type de mesure est spectaculaire, présente un coût réel mais son efficacité face à des actions terroristes parait discutable (inadéquation de la formation et de l'équipement).
  • l'incapacité chronique de la sécurité aéroportuaires à repérer les passagers armés malgré une augmentation constante de la sophistication des contrôles, démontrée par des campagnes de tests inopinés aux États-Unis[1] et des évènements isolés [2].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]