Théâtre des Champs-Élysées

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Théâtre des Champs-Élysées

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Type Salle d’opéra et de concerts
Lieu Paris
Coordonnées 48° 51′ 57″ Nord 2° 18′ 10″ Est / 48.86584444, 2.3029
Architecte(s) Auguste Perret
Antoine Bourdelle
Henry Van de Velde
Inauguration 2 avril 1913
Capacité 1 905 places
Direction Michel Franck
Site web Site officiel

Résidence

Orchestre national de France

Le théâtre des Champs-Élysées est une salle de spectacle située 15, avenue Montaigne, dans le 8e arrondissement de Paris et inaugurée le 2 avril 1913.

Théâtre privé, il est propriété de la Caisse des dépôts et consignations depuis 1970.

Le bâtiment abrite en réalité trois salles : le Théâtre des Champs-Élysées (1905 places), la Comédie des Champs-Élysées (601 places) et le Studio des Champs-Élysées (230 places).

Historique[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Façade du bâtiment avec l'entrée du théâtre à gauche et celle de la Comédie à droite.
Bas-relief de la façade par Antoine Bourdelle.

C'est un bâtiment construit en 1913 de style mixte art déco et classique abritant trois salles de spectacle et un restaurant au sommet aligné sur les immeubles voisins de trois niveaux.

Il était initialement prévu que la structure soit en acier, ce qui avait poussé son premier directeur, Gabriel Astruc, à choisir les architectes Henry Fivaz et Roger Bouvard. En 1910, Henry Van de Velde est appuyé à Bouvard. Van de Velde fait la connaissance d'Auguste Perret un an après ; c'est alors que la structure fut envisagée en béton. Ayant fait appel à l'entreprise Perret pour l'ossature en béton, Van de Velde fut finalement évincé du projet. Auguste Perret transigea un peu avec ses principes : s'il affirma ultérieurement que le « béton se suffit à lui-même », il a ici habillé la façade de plaques de travertin et le cadre de scène de plaques de marbre de l'Allier, où sont intégrés les exceptionnels bas-reliefs en marbre blanc de Bourdelle[1],[2]. Les quatre groupes de poteaux intérieurs ont été laissés visibles. La façade est classée aux monuments historiques.

Le Conseil d’État a décidé le 16 décembre 1994 que la surélévation de 1 000 m2 pour le restaurant devait donner lieu à un permis de construire et pas seulement une déclaration de travaux, ce restaurant n'existe toujours pas administrativement.

Le bâtiment comporte trois salles de spectacles : une grande salle à l’italienne de 1905 places, dédiée à l'opéra et à la musique ; une salle moyenne de 601 places (la Comédie) et une petite de 230 places (le Studio), toutes deux consacrées au théâtre.

La décoration intérieure du théâtre comporte quelques œuvres de Bourdelle (bronze et fresques). Maurice Denis réalisa la décoration de la coupole de (1910-1912) : L'Orchestique grecque, L'Opéra, La Symphonie, Le Drame lyrique, séparés par des tondi illustrant Le Chœur, L'Orchestre, La Sonate et L'Orgue. Les peintres Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel[3] et Jacqueline Marval (1866-1932)[4] ont également contribué au décor.

Les salles[modifier | modifier le code]

Le Théâtre des Champs-Élysées[modifier | modifier le code]

Scène du théâtre
Plafond art déco de la grande salle.
Nicolas Roerich, L'Élue, maquette de costume pour Le Sacre du printemps.

Haut lieu de la musique classique à Paris (avec la salle Pleyel, la Cité de la musique et la salle Gaveau), le Théâtre des Champs-Élysées a accueilli de nombreux orchestres symphoniques tels l'orchestre philharmonique de Vienne, de Munich, de New York, l'orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise ou l'orchestre royal du Concertgebouw. L’Orchestre national de France y est actuellement en résidence.

Il a été inauguré le 2 avril 1913 par un concert de musique française avec la participation de Camille Saint-Saëns : La Mer de Claude Debussy, L'Apprenti sorcier de Paul Dukas et le Prélude de Fervaal de Vincent d'Indy (toutes œuvres dirigées par les compositeurs eux-mêmes) et la création de l'Ode à la musique d’Emmanuel Chabrier, sous la direction de Désiré-Émile Inghelbrecht. Le 31 mars, le faisceau de la tour Eiffel éclaire exceptionnellement la façade du théâtre[5].

C'est dans cette salle qu'eurent lieu en particulier deux créations mondiales qui firent scandale : la première fut la création du Sacre du printemps d'Igor Stravinsky le 29 mai 1913 sous la direction de Pierre Monteux qui suscita un formidable tollé où détracteurs et adjuvants en vinrent aux mains ; la deuxième fut la création de la vraie première œuvre musicale « mixte » (une œuvre pour instruments de musique et dispositif électroacoustique) : Déserts d'Edgard Varèse le 2 décembre 1954 avec Pierre Henry à la bande magnétique et Hermann Scherchen à la baguette. Le choc inspiré par les interpolations provoqua huées, rires et quolibets. Le scandale qui en résulta fut comparable à celui du Sacre 41 ans et demi plus tôt.

En 1920, Jacques Hébertot loue la salle de la Comédie pour trois soirs (25-27 mars), engage un orchestre de 45 musiciens sous la direction de Désiré-Émile Inghelbrecht et présente les Ballets suédois qu'il a découvert lors d'une tournée en Scandinavie l'année précédente. Sans aucun décor, Jean Börlin, chorégraphe de la compagnie et compagnon de son directeur, le mécène Rolf de Maré, danse plusieurs compositions, notamment Danse céleste inspirée du Siam et Sculpture nègre d'inspiration cubiste où il se transforme en statue africaine. C'est un grand succès[6]. Rolf de Maré charge Hébertot de trouver à Paris une vaste salle pour y présenter de façon régulière ses Ballets.

Après avoir tenté de signer avec l'Opéra de Paris et le théâtre Sarah-Bernhardt, Hébertot prend à son nom le bail des deux salles (Grand théâtre et Comédie) le 1er août 1920. Le Théâtre sera désormais la base parisienne des Ballets suédois, Rolf de Maré se consacrant à leurs tournées mondiales, tandis que Jacques Hébertot continue d'animer les deux salles parisiennes, désormais sous sa responsabilité. Le lieu va rapidement devenir un foyer artistique de premier ordre, en particulier dans les domaines théâtral et musical, réunissant en quatre ans des personnalités de grande qualité : metteurs en scène (Georges et Ludmilla Pitoëff, Louis Jouvet, Gaston Baty), auteurs (Jean Cocteau, Paul Claudel, Blaise Cendrars, Francis Picabia, Anton Tchekhov, Jules Romains, Luigi Pirandello), compositeurs (Francis Poulenc, Darius Milhaud, Georges Auric, Germaine Tailleferre, Erik Satie).

À la suite de problèmes financiers, Hébertot se brouille avec Rolf de Maré et quitte le théâtre en 1925, abandonnant la direction de la Comédie à Louis Jouvet, celle du Studio à Gaston Baty. De Maré fait de la grande salle un music-hall et programme dès octobre une nouvelle attraction : les Black Birds et les danseurs de la Revue nègre. Parmi eux, une jeune femme noire, nue, à peine couverte d’une jupette de plumes verte, les cheveux courts plaqués sur la tête, fait sensation. Il s’agit de la danseuse Joséphine Baker. Sa façon de se mouvoir dans l’espace, d’emprunter des gestes animaliers ou de faire des grands écarts désarticulés bouscule tous les canons de la danse. Pour certains, cette impudeur est un scandale. Le journaliste Robert de Flers écrit : « Nous sommes en train de remonter au singe plus vite que nous en étions descendus. » Mais Baker a ses fans. Parmi eux, les peintres Pablo Picasso, qui la fait connaître dans toute l’Europe, Fernand Léger, Kees Van Dongen, les écrivains René Crevel, qui revient chaque soir pendant un mois, Colette ou Jean Cocteau. Née à Saint-Louis, dans le Missouri d’une mère blanche et d’un père noir, Joséphine Baker échappe par la danse à sa condition. Avec la Revue nègre, elle débarque en France, qui deviendra sa terre d’accueil, son « deuxième amour » avec son pays[7].

De 1949 à 1978, le Théâtre des Champs-Élysées a accueilli les Musigrains, des cycles de concerts-conférences pédagogiques fondés par Germaine Arbeau-Bonnefoy (1893-1986), axés sur la musique classique avec des incursions dans la musique contemporaine, la danse classique ou moderne, le folklore et le jazz.

En 2005, une rénovation de la salle est entreprise pour corriger une acoustique jugée « trop dure »[8]. Selon un rapport du ministère de la Culture, deux tiers des places offrent des conditions satisfaisantes de visibilité[9]. En 2008, son directeur Dominique Meyer fait remplacer la moquette de l'orchestre et de la corbeille par du parquet, afin d'améliorer l'acoustique de la salle. Un nouveau décor de concert en bois est conçu, la fosse d'orchestre et les dessous de scène sont réaménagés.

En 2010, 50 théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont font partie le Théâtre[10], la Comédie[11] et le Studio des Champs-Élysées, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés.

La même année, Michel Franck, directeur associé chez Jeanine Roze Production, est nommé directeur général du théâtre pour une durée de cinq ans, en remplacement de Dominique Meyer parti diriger l'Opéra de Vienne.

Le 26 avril 2012, Kurt Masur est invité à diriger, au théâtre des Champs-Élysées, l'Orchestre national de France dont il est le Directeur musical honoraire, un programme retransmis en direct sur France Musique et comprenant la 1e Symphonie de Dmitri Chostakovitch (Luc Héry est au premier violon) et la 6e Symphonie de Piotr Ilitch Tchaïkovsky (Sarah Nemtanu est konzertmeister). En se rapprochant du pupitre des premiers violons au cours de la reprise du thème du troisième mouvement de la « Pathétique » en deuxième partie de concert, il trébuche sur le praticable, pourtant protégé d'un garde-corps de sécurité, ce qui entraîne sa chute en arrière depuis la scène devant le premier rang de spectateurs. Il est transporté par le SAMU à l'hôpital Georges-Pompidou où les examens pratiqués sont rassurants[12].

La Comédie des Champs-Élysées[modifier | modifier le code]

Comédie des Champs-Élysées

Type Salle de théâtre
Lieu Paris
Inauguration 3 avril 1913
Capacité 601 places
Anciens noms Comédie-Montaigne
Direction Stéphanie Fagadau-Mercier
Site web Site officiel

La salle est inaugurée le 3 avril 1913 avec la création de L'Exilée d'Henry Kistemaeckers, suivie de la revue de Jean Bastia, En douce, avec Mistinguett. En 1914, reprise de L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel mise en scène par Lugné-Poe, en alternance avec La Gloire ambulancière et Le Poulailler, deux pièces de Tristan Bernard. En 1920, L'Enfantement du mort de Marcel L'Herbier, puis Le Bœuf sur le toit de Jean Cocteau et Darius Milhaud.

Sous la direction de Jacques Hébertot, la salle prend le nom de Comédie-Montaigne. Firmin Gémier crée Le Simoun d'Henri-René Lenormand le 21 décembre 1920, Gaston Baty Les Amants puérils de Fernand Crommelynck le 14 mars 1921 et Le Héros et le soldat de George Bernard Shaw. En 1922, au départ de Gémier pour la direction du théâtre de l'Odéon, Hébertot installe à la Comédie Georges Pitoëff et sa troupe (dont Michel Simon). En 1924, la troupe quitte la Comédie pour le théâtre du Vieux-Colombier.

Louis Jouvet prend la direction de la Comédie au départ d'Hébertot en 1925 ; il y créé Siegfried, Amphitryon 38 et Intermezzo de Jean Giraudoux.

En juillet 1926, la salle accueille la première projection en France du film allemand Les Aventures du prince Ahmed, de Lotte Reiniger, une œuvre pionnière du cinéma d'animation.

Jouvet en part en 1934 pour le théâtre de l'Athénée. Jean Sarrus lui succède, puis Roger Capgras en 1936. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Comédie reste un théâtre sous la responsabilité de la Société des Auteurs. En 1944, Claude Sainval et Roland Piétri dirigent ensemble le théâtre jusqu'en 1948. Claude Sainval reste seul directeur jusqu'en 1977, ajoutant la direction du Studio à ses prérogatives à partir de 1966. Guy Descaux le remplace jusqu'en novembre 1992, suivi de Jacqueline Cormier puis du metteur en scène Michel Fagadau qui dirige la Comédie et le Studio de 1994 à sa mort, en 2011[13]. Sa fille, Stéphanie, prend sa succession.

Le Studio des Champs-Élysées[modifier | modifier le code]

Studio des Champs-Élysées

Type Salle de théâtre
Lieu Paris
Architecte(s) Louis Jouvet
Inauguration 1923
Capacité 230 places
Anciens noms Galerie Montaigne
Direction Stéphanie Fagadau-Mercier
Site web Site officiel

En 1923, Jacques Hébertot décide de transformer la Galerie Montaigne où sont organisées des expositions (dont la première consacrée à Modigliani et les premières manifestations Dada) en une salle de spectacles dédiée au théâtre d'essai. L'aménagement est confié à Louis Jouvet, la direction artistique à Kommisarjevski puis Gaston Baty du 28 mars 1924 au 14 avril 1928.

Lui succèdent Camille Corney en 1928, Gérard Batbedat en 1931, Louis Ducreux et Paul Alain en 1943 et Maurice Jacquemont en 1944.

De 1960 à 1965, Antoine Bourseiller assure la direction artistique. Depuis 1966, la direction est assurée par les directeurs de la Comédie des Champs-Élysées : Claude Sainval, Guy Descaux, Jacqueline Cormier, Michel Fagadau (assisté par Viviane Elbaz de 1997 à 2005) et Stéphanie Fagadau-Mercier.

Mises en scène de Gaston Baty

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Karla Britton, « L'incarnation d'un idéal classique : les théâtres », Auguste Perret, Paris, Phaidon, 2003, p.48.
  2. Kenneth Frampton, « Auguste Perret : l'évolution du rationalisme classique (1889-1925) », L'Architecture moderne: Une histoire critique, Paris, Thames & Hudson (édition française), 2006, p.107.
  3. site du musée d'Orsay
  4. Décoration du foyer.
  5. Événement réitéré le 8 avril 2013 pour les cent ans des lieux. Cf. A. H., « Théâtre des Champs-Élysées : 100 ans et une bougie Eiffel ! », Le Figaro, lundi 8 avril 2013, p. 15.
  6. Article d'Antoine Banès, Le Figaro du 27 mars 1920.
  7. « Théâtre des Champs-Elysées : de Stravinsky à Joséphine Baker », news.celemondo.com, 18 novembre 2010.
  8. Philippe Warrand, « Améliorer l'acoustique du théâtre des Champs-Élysées », arteoh.fr.
  9. Rapport Larquié sur le site du ministère de la Culture.
  10. Le théâtre des Champs-Élysées sur le site officiel des Théâtres parisiens associés.
  11. La Comédie des Champs-Élysées sur le site officiel des Théâtres parisiens associés.
  12. « Kurt Masur chute en plein concert », « Kurt Masur se remet de sa chute », Le Figaro, 26 et 27 avril 2012.
  13. « Michel Fagadau, le directeur de la Comédie des Champs-Elysées est décédé », sceneweb.fr, 10 février 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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