Colorant au soufre

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Les colorants au soufre sont des colorants insolubles utilisés en teinturerie, comme les colorants de cuve, mais nettement meilleur marché. Ils servent principalement à obtenir des nuances plutôt ternes et foncées (bordeaux, vert bouteille, marine, noir) de façon assez économique.

Ils sont utilisés exclusivement pour la teinture des fibres cellulosiques.

Mise en garde préalable à la lecture.[modifier | modifier le code]

*La teinturerie peut être considéré comme une industrie artisanale. Le côté industriel se retrouve dans les structures et infra structure que doit posséder une teinturerie. Le côté artisanal tient au fait qu'en partant d'un procédé de base, l'interprétation qu'en fait le teinturier diffère en fonction des machines dont il dispose, de la présentation de la marchandise à teindre (bourre, fils, tricot, tissus, tapis, dentelles, passementerie, lacets, cordes pour saucissons etc.), de l'usage auquel l'article est destiné, du prix que le donneur d'ordre est prêt à payer etc.

On peut pratiquement dire qu'il y a autant de procédés de teinture qu'il y a de teinturiers, c'est pourquoi, ce qui suit ne donne qu'un aperçu du comment cela peut se faire.

Il serait en effet trop long et de toute manière incomplet de donner le détail des opérations qu'une marchandise textile subit avant d'arriver entre les mains de l'usager final.

Il faut également tenir compte que beaucoup d'articles à teindre sont composés de mélanges de fibres et que par conséquent il faut faire des compromis pour ménager le textile.

Principe[modifier | modifier le code]

Du soufre.

Pour teindre, il faut au préalable solubiliser les colorants au soufre (on dit « réduire » ou « cuver » dans le jargon textile). Cela se faisait jadis avec du soufre en bâton (qui contient des impuretés) et de la soude caustique. Actuellement, on utilise du sulfhydrate de soude (une solution prête à l'emploi, débarrassée des impuretés contenues dans les bâtons de soufre, qui a une odeur d'œufs pourris) avec un complément de soude caustique. L'hydrosulfite de soude peut aussi convenir, mais rend le procédé plus coûteux.

Les auxiliaires de teinture sont :

  • chlorure ou sulfate de soude pour favoriser l'« épuisement » (montée du colorant sur la fibre) ;
  • un excès de sulfhydrate et de soude caustique pour maintenir le colorant à l'état réduit ;
  • un antioxydant pour neutraliser l'action de l'air sur le tissu lorsqu'il sort du bain (dans certaines machines modernes totalement fermée, on remplace l'air par de l'azote) ;
  • un mouillant pour aider la pénétration au sein du fil ;
  • un lubrifiant (pour favoriser le glissement des plis les uns sur les autres).

Le bain est porté progressivement à ébullition, reste en cet état pendant 45 à 60 minutes (toujours pour favoriser la pénétration), puis est refroidi à 80 °C pour l'« échantillonnage » (vérification de la nuance obtenue) ; la correction éventuelle se fait par addition des colorants manquants.

Suivent rinçage et oxydation.

L'oxydation a pour but de régénérer le colorant sous sa forme insoluble au sein de la fibre. Elle se fait à l'air libre, mais est de plus en plus souvent remplacée par l'utilisation un oxydant tel que l'eau oxygénée ou par d'autres générateurs d'oxygène).

Le rinçage et le (ou les) savonnages à l'ébullition permettent obtenir une bonne solidité[1] au frottement et d'éviter le dégorgement (souillures des autres fibres pouvant accompagner l'article confectionné ou de linges lavés simultanément).

Avantages et défauts[modifier | modifier le code]

Le prix de revient de ce type de teinture est assez bas. La résistance au lavage est très bonne (mais la nuance pâlit au lavage mais reste dans le ton).

Par contre, les points faibles sont la résistance au chlore (Eau de Javel) et au frottement.

Ce mode de teinture est assez polluant et, vu le contexte écologique, est de moins en moins utilisé.

Il existe une famille de colorant au soufre les « indocarbonnes » qui s'appliquent comme les colorants au soufre, mais qui possèdent une bonne solidité au chlore.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Solidité, en jargon professionnel, doit être compris dans le sens de résistance (au lavage, à la lumière, à la sueur acide ou alcaline, au chlore, au nettoyage à sec, au repassage, à l'abrasion, à la déchirure, au boulochage, à la vulcanisation).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]