Coloquinte

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La coloquinte vraie est une plante herbacée vivace de la famille des Cucurbitacées. Elle est cultivée dans les pays tropicaux comme plante médicinale pour la pulpe de ses fruits, qui est amère et toxique.

Nom scientifique : Citrullus colocynthis (L.) Schrad., famille des Cucurbitacées, sous-famille des Cucurbitoideae, tribu des Benincaseae, sous-tribu des Benincasinae.

NB : Ce nom désigne aussi en français de nombreuses courges, ou cucurbitacées diverses et variées.

Noms communs : Coloquinte, coloquinte officinale. de : Koloquinte, en : colocynth, bitter-apple, es : coloquíntida.

Description[modifier | modifier le code]

Coloquinte officinale
Coloquintes
Fleur de coloquintes

C'est une plante rampante herbacée, annuelle ou vivace, à tiges anguleuses et rudes. Les feuilles, alternes, longues de 5 à 10 cm, ont un limbe découpé en 5 à 7 lobes séparés par des sinus larges, le lobe central est parfois ovale.

Les fleurs monoïques, solitaires, apparaissent l'été à l'aisselle des feuilles. La corolle de couleur jaune comporte cinq lobes.

Le fruit sphérique de 5 à 10 cm de diamètre (de la taille d'une petite orange), ressemblant à une petite pastèque, de couleur verte panaché de jaune clair, devient complètement jaune à maturité. La chair légère, spongieuse, de couleur jaune orangé, est très amère et toxique. Les nombreuses graines ovoïdes et aplaties, de couleur variant de l'orange au brun noirâtre, sont comestibles.

Les substances donnant la saveur amère sont la colocynthine et la colocynthétine.

Il existe une certaine confusion entre cette espèce et la pastèque, dont les graines sont utilisées de la même façon et qui portait autrefois le nom scientifique de Colocynthis citrullus.

Origine et distribution[modifier | modifier le code]

Coloquintes dans le désert de l'Adrar mauritanien

La coloquinte est une plante que l'on trouve dans l'ancien Monde. Cette espèce serait originaire des régions désertiques sablonneuses d'Afrique. Elle aurait été cultivée déjà à l'époque des Assyriens. Répandue par la culture, notamment en Afrique du Nord et en Inde.

Cette plante est citée sous le nom de Coloquintida dans le capitulaire De Villis parmi les plantes recommandées pour les jardins du royaume. Des sculptures de coloquintes ornaient le Temple de Salomon à Jérusalem[1].

Utilisation[modifier | modifier le code]

La pulpe séchée du fruit récolté avant complète maturité est un laxatif violent. Elle est utilisée aussi comme antirhumatismal, anthelminthique, et comme remède contre les infections de la peau.

Les graines, comestibles, contiennent 30 à 40 % d’une huile jaune clair, qui renferme un alcaloïde, un glucoside et une saponine. Ces graines torréfiées, riches en lipides et en protéines, ont un goût de noix et sont consommées entières dans certains pays d'Afrique.

Les racines ont des propriétés purgatives et sont utilisées contre la jaunisse, les rhumatismes et les maladies urinaires.

Les petites coloquintes décoratives, souvent vendues dans le commerce, aux formes très variées et souvent bicolores jaune et vert, les deux couleurs étant séparées par une ligne horizontale nette, sont des formes de Cucurbita pepo, l'espèce qui donne nos courgettes, courges et pâtissons bien connus.

La coloquinte est utilisée par de nombreuses peuplades (notamment en Irian-Jaya et Papouasie Nouvelle-Guinée) pour confectionner des étuis péniens.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Cucurbitacées | Courge

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ali Mubarak Althawadi, The leaf energy balance of a desert plant, Citrullus colocynthis (L.) Schrad., with special reference to water economy, University of Edinburgh, 1985 (thèse)
  • (fr) Christophe Bernard, De l'usage du ricin, de la bryone et de la coloquinte dans la pharmacopée pharaonique : contribution à l'étude des textes médicaux égyptiens, Université Claude Bernard, Lyon, 2002, 2 vol., 227 p. (thèse d'exercice de Pharmacie)
  • (fr) Philippe Burte, La coloquinte, poison antique ou drogue végétale d'avenir ?, Université Lyon 1, 2000 (thèse d'exercice de Pharmacie)
  • (fr) Bernard Durruty, Utilisation de colocynthis [coloquinte] en thérapeutique homéopathique, Université Bordeaux 2, 1991, 103 p. (thèse de Médecine générale)
  • (fr) Pierre Nicolas Eugene Fournier, Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France : 1 500 espèces par le texte et par l'image d'après l'ensemble de nos connaissances actuelles, tome 1, Abricot à coloquinte, Paul Lechevalier, Paris, 1947, 447 p.
  • (fr) L. Musso, « Traitement de la gale du dromadaire par le goudron de coloquinte », in Bulletin de la Société de pathologie exotique, t. XIII, janv. 1920

Liens externes[modifier | modifier le code]

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