Colonne de la Déesse

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Colonne de la Déesse
La colonne de la déesse, au centre de la Grand'Place de Lille
La colonne de la déesse, au centre de la Grand'Place de Lille
Présentation
Architecte Charles Benvignat
Date de construction 8 octobre 1845
Dimensions 15,51 m
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Commune Lille
Adresse Grand'Place
Accès et transport
Gare Gare de Lille-Flandres
Gare de Lille-Europe
Métro Rihour
Localisation
Coordonnées 50° 38′ 13″ N 3° 03′ 48″ E / 50.6368499, 3.063434750° 38′ 13″ Nord 3° 03′ 48″ Est / 50.6368499, 3.0634347  

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Colonne de la Déesse

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Colonne de la Déesse

La colonne de la déesse est un monument commémoratif, inauguré le 8 octobre 1845, au centre de la Grand'Place de Lille, aujourd'hui place du Général-de-Gaulle. Le monument, qui commémore l'héroïsme des Lillois lors du siège de Lille de 1792 par l'armée impériale, est composé d'une colonne et d'une statue de femme en son sommet.

Elle tient dans la main droite un boute-feu, servant à allumer la mèche des canons, et montre de la gauche l'inscription du socle qui reprend la réponse du maire de Lille, François André-Bonte, refusant la reddition de la ville assiégée aux Impériaux, le 29 septembre 1792.

La statue de la Déesse au boute-feu est une œuvre de Théophile Bra, sculpteur Douaisien. L'architecte du monument est Charles Benvignat. Elle prit le nom populaire de colonne de la Déesse peu de temps après son érection suite à un poème publié localement à son sujet. À sa base, elle est entourée d'un bassin faisant fontaine.

Localisation[modifier | modifier le code]

La colonne de la Déesse se situe au centre de la place du Général-de-Gaulle, également appelée Grand'Place, à Lille[1],[2].

Située dans le quartier Lille-Centre, la colonne est accessible depuis la station de métro de la ligne 1 Rihour et depuis les gares de Lille-Flandres et de Lille-Europe.

Description[modifier | modifier le code]

Colonne[modifier | modifier le code]

Le monument est l'œuvre de Charles Benvignat[2]. Sans la statue, la colonne mesure 12,51 m de haut et repose sur un socle de 3,65 m de diamètre[3]. La colonne est composée de granit[4].

Chacun des quatre côté du piédestal de la colonne porte des inscriptions[2],[5] :

  • Sur le côté en face : « Nous venons de renouveler notre serment d'être fidèle à la Nation, de maintenir la Liberté et l'Égalité ou de mourir à notre poste. Nous ne sommes pas des parjures. » Il s'agit de la réponse du maire aux assiégeants ;
  • Sur le côté droit : « Levée du Siège, nuit du 7 au 8 octobre 1792. » ;
  • Sur le côté arrière : « Aux Lillois de 1792. Hommage de nos concitoyens. 1842. » ;
  • Sur le côté gauche : « Les habitants de Lille ont bien mérité de la patrie (Décret du 12 octobre 1792). ».

Son socle est entouré d'une fontaine.

Statue[modifier | modifier le code]

La statue de bronze au sommet du monument est l'œuvre de Théophile Bra[2]. Elle était à l'origine destinée à l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris, mais Bra l'offrit à la ville de Lille[6]. Lors de la préparation de la statue Bra déclara[7] :

« Lille ! Lille ! C'est une femme dont le front doit porter l'empreinte du courage calme et obstiné des Flamands ; il faudra que sa poitrine soit couverte, qu'elle soit large et ferme, que ses flancs soient développés et vigoureux, car la Flamande est à la fois chaste, robuste et féconde… Tout le torse traduira la fertilité de notre territoire ; les bras sont forts et nerveux, car Lille travaille beaucoup et toujours… Oui, je vois d'ici ma Lille républicaine… L'Autrichien vient de la sommer de se rendre… Il faut qu'elle réponde… Je ferai parler sa main gauche qui désignera d'un doigt impérieux notre réponse héroïque inscrite à ses pieds… Ce n'est pas tout : au premier boulet qui partira de la tranchée, il faudra une réponse plus éloquente encore… Ah ! La voici !… Cette autre main armée d'un boute-feu se tiendra toute prête à répliquer à l'insolence autrichienne… Oui, oui, c'est bien cela, je vois ma statue de Lille, je la vois. »

Mesurant trois mètres de haut[3], la statue tient dans sa main droite un boutefeu, sorte de bâton coiffé d'étoupe servant à allumer la mèche des canons. L'autre main désigne la colonne où figure la réponse du maire André aux assiégeants[3]. Cette femme drapée[8] est une allégorie de la ville de Lille, comme l'indique la couronne de tours dont elle est coiffée[9] et reproduirait les traits de l'épouse du maire de l'époque, Louis Bigo-Danel[10],[11].

Lors de son inauguration, le peuple, ne connaissant pas les conventions allégoriques, la surnomma la « Déesse »[9], comme l'y invite une dédicace proposée par Émile Durieux, libraire à Lille[12] :

« Quelle est cette fière déesse
Au sommet de ce monument ?
C'est la ville de Lille, en un jour de détresse,
De vaincre ou de périr prononçant le serment !.. »

Symboliquement, la Déesse doit rappeler et entretenir le patriotisme de Lille envers la France[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Siège de Lille et esquisse de monument[modifier | modifier le code]

Article connexe : Siège de Lille (1792).

Le 20 avril 1792, l’Assemblée Législative, sur proposition du roi Louis XVI, déclare la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie », cette expression désignant l'empereur du Saint-Empire et ses états. Lille est en première ligne. Le 29 septembre, à 15 heures, le bombardement de la ville commence. Le siège de Lille dure jusqu’au 6 octobre. La résistance des Lillois, conduits par leur maire François André-Bonte, a tenu bon. Pour la saluer, la Convention nationale vote à l’unanimité un décret le 12 octobre 1792 qui proclame : « Lille a bien mérité de la patrie »[14].

Au-delà du vote du décret du 12 octobre, Jacques-Louis David propose, dès le 9 novembre 1792, l'érection d'un monument traversant les temps. Il termine sa motion en ces termes :

« Je vous propose donc d'élever dans cette ville [de Lille], ainsi que dans celle de Thionville, un grand monument, soit une pyramide ou un obélisque, en granit français provenant des carrières de Rethel, de Cherbourg ou celle de la ci-devant province de Bretagne ; je demande qu'à l'exemple des Égyptiens et autres anciens, ce monument soit élevé en granit comme la pierre la plus durable, et qui portera à la postérité le souvenir de la gloire dont se sont couverts les habitants de Lille et de Thionville. »

Il en fait part à la municipalité de Lille, au travers d'une lettre écrite le même jour, également adressée aux artistes locaux. Louis Joseph Watteau, Charles-Louis Corbet et François Verly ont chacun proposé un projet, mais aucun n'est retenu[15].

Conception et inauguration[modifier | modifier le code]

Carte postale de la Grand'Place de Lille avant la Première Guerre mondiale.
La colonne de la Déesse avant la Première Guerre mondiale.

En 1842, le cinquantenaire des sièges révolutionnaires engendre une vague commémorative qui remet à l'ordre du jour l'érection de la colonne de la Déesse[16],[17]. La municipalité de Lille lance un appel d'offres à tous les architectes pour l'érection d'un monument commémoratif du bombardement de Lille de 1792, sur la place Rihour, sous les fenêtres de la salle où la réponse aux assiégeants avait été délibérée[18],[N 1]. Seuls deux architectes répondent : Charles Leroy et Charles Benvignat. Ce dernier est désigné par la municipalité de la commune à l'unanimité. Le projet initial de Benvignat était différent du monument actuel. La statue était au pied de l'édicule[18] et la main gauche montrait l'inscription au sommet de la colonne[19]. Le sculpteur Théophile Bra est le collaborateur de Charles Benvignat pour la statue destinée à orner le monument[19]. La pose de la première pierre intervient le 9 septembre 1842 puis, pour différentes raisons, la statue est déplacée vers le centre de la Grand'Place[20]. Le projet proposé par Benvignat dut être remanié en conséquences, car il était adapté pour être à placé à quatre ou cinq mètres des maisons et non au milieu d'une place[20],[19]. Le monument fait alors 15,51 m de haut et comporte une statue à sa cime. Son piédestal soutient des mortiers, dans le style de ceux abandonnés par les Impériaux durant le siège[3].

La colonne est inaugurée le 8 octobre 1845. Ce jour-là, une fête est donnée sur la Grand'Place[21],[22],[23]. Une médaille, éditée la même année pour célébrer l’inauguration de la colonne, rappelle le Décret de la Convention Nationale du 12 octobre 1792.

Jusqu'à nos jours[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Entre 1664 et 1932, la municipalité de Lille logeait dans le palais Rihour.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Audrey Chaix, « Dossier de presse - Lille 2013 », Office de tourisme de Lille,‎ 2013 (consulté le 15 janvier 2014), p. 9.
  2. a, b, c et d Petit conducteur dans Lille : à l'usage des étrangers, Chez tous les libraires,‎ 1850, 93 p. (lire en ligne), p. 50-51.
  3. a, b, c et d Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1972, 1874, p. 62.
  4. Bruneel 1848, p. 220.
  5. Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1792, 1874, p. 62-63.
  6. Alain Lottin, Lille : d'Isla à Lille-Métropole, La Voix du Nord,‎ 2003, 198 p. (lire en ligne), p. 126.
  7. [Bruneel 1848] Henri Bruneel, Histoire populaire de Lille, Imprimerie Danel,‎ 1848 (lire en ligne), p. 221.
  8. Paul Hoffmann, Mythes et représentations de la femme au dix-neuvième siècle, Champion,‎ 1977, 256 p. (lire en ligne), p. 146.
  9. a et b Maurice Agulhon, « Un usage de la femme au XIXe siècle : l'allégorie de la République », Romantisme, vol. 6, no 13-14,‎ 1976, p. 146 (lire en ligne).
  10. Pierre Pierrard, Lille : dix siècles d'histoire, Éditions Actica,‎ 1972, 223 p. (lire en ligne), p. 82.
  11. Francis Nazé, Journal d'un notable bonduois pendant la révolution, Club d'histoire de Bondues,‎ 1989, 114 p. (lire en ligne), p. 48.
  12. La Colonne de Lille, 1845, p. 150.
  13. Villes haussmanniennes : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Les Editions du Mécène,‎ 2003, 232 p. (lire en ligne), p. 98.
  14. La Colonne de Lille, 1845, p. 23
  15. Paul Foucard et Jules Finot, La défense nationale dans le Nord, de 1792 à 1802, t. 1, Imprimerie de Lefebvre-Ducrocq,‎ 1890-1893, 869 p. (lire en ligne), p. 257-258.
  16. Bénédicte Grailles, « Le Nord, rempart de la France », Revue du Nord, vol. 2, no 360-361,‎ 2005, p. 613-632 (lire en ligne).
  17. Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1972, 1874, p. 60.
  18. a et b Batteur 1895, p. 111.
  19. a, b et c Batteur 1895, p. 112.
  20. a et b Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1972, 1874, p. 61.
  21. Inauguration du monument commémoratif de la défense de Lille en 1792, 1845.
  22. Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1972, 1874, p. 63.
  23. Bruneel 1848, p. 221-222.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Inauguration du monument commémoratif de la défense de Lille en 1792, 1845] Inauguration du monument commémoratif de la défense de Lille en 1792, Ville de Lille,‎ 1845, 8 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [La Colonne de Lille, 1845] La Colonne de Lille : recueil de documents historiques et de poésies (poèmes, odes, cantades, chansons, airs, couplets, &c) relatifs au bombardement de Lille en 1792 à la célébration du 50e anniversaire en 1842 et à l'inauguration du monument commémoratif le 8 octobre 1845, Lille, Émile Durieux,‎ 1845, 160 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1972, 1874] « Monument commémoratif du siège de la ville de Lille en 1792 », dans Société des architectes du département du Nord, Lille, Imprimerie L. Danel,‎ 1874 (lire en ligne), chap. 7, p. 60-63. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Batteur 1895] C. Batteur, « Notes et boutades à propos de la colonne obsidionale de Lille », L'Architecture et la construction dans le Nord, no 10,‎ octobre 1895, p. 109-112 (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article