Empire colonial

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Les empires coloniaux sont les territoires que des états disposant d'importantes forces militaires et navales se sont appropriés au cours des temps sur la quasi-totalité du globe. Si certains ont d'abord pratiqué une politique d'isolement volontaire, tel le Japon de la Période Edo, ils ont pu plus tardivement s'y lancer à leur tour, comme le Japon en Asie dans les décennies 1930 et 1940, dont l'expansionnisme marque le début effectif de la Seconde Guerre mondiale (1931-1945).

Pour les pays ouest-européens, la constitution de leurs empires découle de la période des Grandes découvertes européennes, grâce aux progrès de la navigation (gouvernail d'étambot, boussole, cartographie, sextant) et à la généralisation des armes à feu.

Carte du Monde présentant les possessions coloniales en 1945

Les pays européens[modifier | modifier le code]

La présence à la table de la conférence de Berlin confère aux pays en question, le statut de possesseur d'un Empire colonial.

Espaces coloniaux[modifier | modifier le code]

Les dates correspondent au début de la domination coloniale dans l'ensemble ou une partie du territoire, et au départ définitif de la puissance impériale.

Empire colonial portugais[modifier | modifier le code]

L'empire colonial portugais.

Empire colonial espagnol[modifier | modifier le code]

Entre 1580 et 1640, le Portugal et toutes ses possessions sont intégrés au domaine espagnol.

Empire colonial britannique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire colonial britannique.

Ces îles isolées britanniques sont restées jusqu'à présent rattachées du Royaume-Uni :

Empire colonial français[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire colonial français.
L'Empire colonial Français en 1919
La Nouvelle-France
Afrique occidentale Française
Afrique-Équatoriale Française
L'Indochine Française
L'Inde Française

En Amérique

En Afrique

En Asie

En Océanie

En Antarctique

Empire colonial belge[modifier | modifier le code]

Apogée de l'Empire colonial Belge en 1914
Article détaillé : Empire colonial belge.

Empire colonial néerlandais[modifier | modifier le code]

Carte des territoires colonisés à un moment ou à un autre par les Pays-Bas ou les Provinces-Unies. Ceux en vert foncé sont administrés par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, ceux en vert par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

Empire colonial danois[modifier | modifier le code]

L'empire colonial Danois.

Empire colonial norvégien[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge :

Au XXe siècle :

Empire colonial suédois[modifier | modifier le code]

L'empire suédois au XVII-e siècle.

Empire colonial courlandais[modifier | modifier le code]

Possessions coloniales courlandaise en Gambie
Le duché de Courlande en 1740

Jusqu'au XVIIIe siècle, le Duché de Courlande, vassal de la Pologne-Lituanie catholique, est un petit état protestant et aristocratique (200 000 habitants, en majorité Lettons, pour 27 226 km2) dominé par de grands propriétaires Allemands, descendant des chevaliers teutoniques et ayant une longue tradition de guerriers et de navigateurs (plusieurs d'entre eux, comme Bellinghausen ou Kotzebue, voyageront, au service des tsars russes, jusqu'en Antarctique et dans le Pacifique). Cette tradition leur permet de mener des expéditions navales et de fonder des comptoirs au loin, en Afrique et en Amérique, mais ces tentatives seront éphémères, la Courlande étant annexée par l'Empire russe en 1795.

Afrique

Amériques

Empire colonial allemand[modifier | modifier le code]

Apogée de l'Empire colonial allemand en 1914

Empire colonial autrichien[modifier | modifier le code]

Les historiens des pays slaves ou roumains ayant appartenu, du XVIIIe siècle au XXe siècle à l'Empire d'Autriche, puis à l'Autriche-Hongrie, et où s'est déroulée une partie de la colonisation germanique vers l'Est, ont tendance à considérer qu'il s'agissait d'un empire colonial (que Lénine qualifie de « prison des peuples », et dont Woodrow Wilson exigea le démantèlement par le dixième de ses « 14 points » en 1918). La question reste débattue, de nombreux autres historiens notamment allemands et autrichiens considérant qu'il s'agit simplement de l'expansion de l'Empire des Habsbourg en constante connexion territoriale : ici seront donc traitées uniquement les possessions autrichiennes d'outre-mer :

  • Îles Nicobar (1778-1785).
  • Banquibazar/Ichhapur et Covelong, en Inde (Bengale-Occidental, 1722-1733).
  • Une partie du quartier des légations à Pékin et à la suite de la révolte des boxers, les concessions austro-hongroises de Tianjin (Tientsin) de 1901 à 1917.
  • À titre anecdotique: l'archipel François-Joseph ou Terre François-Joseph découverte et proclamée officiellement en 1873. L'Empire austro-hongrois n'y a jamais entretenu d'activité. Revendiquée dès 1917 par l'URSS, celle-ci en prend effectivement contrôle en 1926 et y entretient une présence.

Empire colonial italien[modifier | modifier le code]

L'Empire italien à son apogée en 1940.

Empire russe[modifier | modifier le code]

Les historiens des pays non-russes annexés, du XVIIIe siècle au XXe siècle, par l'Empire russe ou par l'URSS, et où s'est déroulée une colonisation démographique russe, ont tendance à considérer qu'il s'agissait d'un empire colonial, mais la question reste débattue, car de nombreux autres historiens notamment russes considèrent qu'il s'agit simplement de l'expansion de leur pays en constante connexion territoriale, tandis que les historiens favorables à l'URSS, même s'ils reconnaissent une prééminence de la Russie, décrivent cette Union comme une fédération communiste dont les membres auraient été, du moins initialement et en théorie, égaux.

Étendue de l'Empire russe en 1914

Empire ottoman[modifier | modifier le code]

Article connexe : Provinces de l'Empire ottoman.

On retrouve pour l'Empire ottoman le même débat que pour les empires autrichien, russe ou chinois. Du XIVe siècle au XVIIIe siècle, la « Sublime Porte » n'a cessé d'étendre ses possessions et a procédé à une colonisation turque : les historiens des pays chrétiens conquis, grecs et arméniens au premier chef, ont tendance à considérer qu'il s'agissait d'un empire colonial, tandis que de nombreux autres historiens notamment turcs considèrent qu'il s'agit simplement de l'expansion du Sultanat ottoman en constante connexion territoriale, suivie d'un reflux jusqu'à son abolition par la république turque en 1922.

Carte de l'Empire ottoman à son apogée en 1683

Empire ottoman proprement dit (pachaliks, khédivats, wilayets, sandjaks, mutessarifliks, sharifats, deyliks, beyliks, rayas) :

Siégeant à la Sublime Porte l'Istanbul, le Sultan ottoman gouvernait l'Empire proprement dit sur les plans politique, mais aussi religieux (en tant que commandeur des croyants). Il avait en outre des vassaux personnels, soit musulmans (Khanat de Crimée) soit chrétiens (en Géorgie, Moldavie, Valachie, Transylvanie et à Dubrovnik), qui lui versaient un tribut, mais qu'il ne gouvernait pas et qui ne faisaient pas partie de l'Empire ottoman comme le montrent par amalgame beaucoup de cartes historiques occidentales. En outre, fréquemment dans l'histoire de l'Empire, le Khédive d'Égypte et divers pachas (comme Ali de Yanina) et deys ou beys (par exemple en Tunisie et Algérie) menèrent une politique propre, indépendante de celle du Sultan et parfois même hostile.

Empire chinois[modifier | modifier le code]

Pour l'Empire chinois aussi, le même débat que pour les empires autrichien, russe ou turc divise les historiens entre ceux, minoritaires, qui le considèrent comme un empire colonial, notamment en raison de la colonisation des « territoires soumis » par des Chinois han, et la majorité des historiens chinois qui considèrent qu'il s'agit simplement de l'expansion territoriale et démographique de la Chine en constante connexion avec le noyau initial ; quant à l'implantation des chinois outre-mer (majoritaires à Formose et Singapour), elle est considérée comme issue d'une diaspora ayant prospéré.

En 1910, l'Empire chinois comportait, en jaune la « Chine des 18 shěng » (ou « 18 省 provinces », pays historique des Han) et en noir les « territoires soumis » (représentés dans les frontières actuelles de la Chine).

Empire japonais[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Empire colonial omani (sultanat d'Oman)[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, l'Oman était devenu le centre d'un véritable empire colonial, qui s'étendait du Balouchistan à Zanzibar. Le sultanat fut ensuite placé de fait sous protectorat britannique de 1891 à 1971, tout en conservant nominalement son indépendance.

  • Le port de Gwadar (acheté par le Pakistan en 1958)
  • Le Zanzibar qui devint un sultanat indépendant le 6 avril 1861 par séparation avec le sultanat d'Oman et passé sous influence britannique en 1890 pour former le protectorat de Zanzibar.Il contrôlait aussi l'île de Pemba et les côtes tanzaniennes, kényanes et sud-somaliennes au plus fort de son extension territoriale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Christine de Gemeaux (dir., présentation et conclusion): "Empires et colonies. L'Allemagne du Saint-Empire au deuil post-colonial", Clermont-Ferrand, PUBP, coll. 'Politiques et Identités'", 2010, (ISBN 978-2-84516-436-9).

Voir aussi[modifier | modifier le code]