Colonel Parker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parker.

Le Colonel Parker (Thomas Andrew Parker), de son vrai nom Andreas Cornelius van Kuijk, (né le 26 juin 1909, décédé le 21 janvier 1997 à Las Vegas (Nevada É.-U.), fut pendant vingt-deux ans l'impresario exclusif d'Elvis Presley. Véritable personnage-clé dans la carrière du « King », sa carrière de manager fut très critiquée et l'homme très controversé dans sa manière d'avoir géré la carrière de Presley.

Débuts aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Andreas Cornelius van Kuijk, serait né le 26 juin 1909 à Breda, aux Pays-Bas. S'il lui plaisait d'utiliser le titre de colonel, Parker ne l'était en vérité pas du tout. Petit immigrant néerlandais entré illégalement aux États-Unis, il commença sa vie professionnelle dans la marine marchande, avant d'entrer comme « aboyeur » de cirque chez le grand Barnum. C'est là qu'il apprendra les ficelles de la publicité efficace, qu'il utilisera par la suite dans le monde du spectacle. C'est dans ce monde qu'il rêve de réussir, il rêve d'une réussite exceptionnelle et va tout faire pour l'atteindre.

Il quitte alors les grands cirques Barnum pour fonder sa propre société de cirque, la Great Parker Pony Circus. En Floride à Tampa, il devient aussi directeur de cirque pour le Royal American Shows, l'ancêtre des cirques ambulants.

On ne sait pas exactement comment il est entré dans le monde fermé du spectacle ni comment il est arrivé à être impresario. Au début des années 1950, il devient l'agent du chanteur de country Eddy Arnold qui connait alors un grand succès. Parallèlement, il s'occupe également de la carrière de Hank Snow, chanteur de country-western, alors très en vogue. Mais la musique country a ses limites régionales et ne va certainement pas le porter au panthéon des impresarios. Ce que cherche Parker, c'est un chanteur capable de devenir une star, une star mondiale. En ce qui concerne Arnold, Parker essaye de le placer à Hollywood, essaye de convaincre les grandes maisons de disques de prendre son poulain. Ni Hollywood ni aucune maison de disques ne veut miser sur ce chanteur qui n'a pour l'instant qu'un succès d'estime dans le sud des États-Unis. Parker sait alors que lorsqu'il aura rencontré son chanteur, il pourra faire de grandes choses. Pour l'instant, "le Colonel" est cantonné à trouver des engagements à Eddy Arnold, mais surtout à faire face aux démons de l'alcool qui habitent Hank Snow.

Rencontre avec Elvis Presley[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il voit pour la première fois sur scène le jeune Elvis, âgé de dix-neuf ans, Parker sait qu'il vient de rencontrer celui qui va pouvoir le propulser au firmament des hommes d'affaires de l'industrie du spectacle. Avant même de l'approcher, Parker va, comme à son habitude, faire une étude sur la personne qu'il souhaite connaître. Il demande alors au chanteur Jimmy Rodgers Snow, alors en tournée avec Elvis, un rapport complet sur ce jeune chanteur qui fait tellement hurler les filles. C'est Oscar Davis, appelé « Le Baron », qui va lui permettre d'approcher Elvis. Après la lecture du rapport, Parker se mit en tête de tout faire afin de s'occuper exclusivement d'Elvis Presley. Celui-ci était alors sous contrat au studio Sun Records de Memphis (Tennessee), dont le patron était Sam Phillips.

Dans un premier temps, et avec son agilité légendaire, Parker fait entrer son assistant Bob Neale dans la vie du futur King, afin de préparer le terrain. Puis, tout va très vite, Parker entre alors en personne dans l'existence d'Elvis et va le convaincre qu'il a besoin d'un vrai agent artistique capable de le porter très haut. Les pourparlers commencent entre Parker et Phillips et finalement Parker signe le 15 mars 1956 avec Elvis un contrat d'exclusivité portant sur dix ans. Entre-temps, Parker a démarché les maisons de disques et a décroché avec la toute puissante RCA le contrat du siècle. Elvis reçoit 120 000 dollars et Parker paie alors 35 000 dollars à Sam Phillips pour racheter son contrat avec Elvis. Tom Parker devient l'impresario exclusif du jeune Elvis.

Le succès[modifier | modifier le code]

Dès la première année, Elvis et « le colonel » vont frapper fort. Disques d'or ou de platine vont se succéder, les États-Unis vont découvrir Elvis à la télé nationale, et Parker entre par la grande porte à Hollywood où Elvis joue son premier film, Love me Tender.

En un an seulement, Elvis est devenu ce que Parker souhaitait, une star nationale. Grâce à son travail d'agent efficace, Elvis a connu un bond extraordinaire. Sur scène, il est le plus grand. Sur disques, Elvis alterne rock, blues, gospel et même chansons de Noël. Il entre ainsi dans chaque foyer américain. Il bat dans le cœur de chaque Américain. Chacun peut se retrouver en Elvis, chacun aime un morceau d'Elvis.

En une seule année, l'association Elvis-Parker produit des revenus de plus de vingt millions de dollars.

Petit à petit, Parker va isoler Elvis et faire de lui la star la plus chère du monde. Mais si les télévisions nationales veulent avoir Elvis dans leurs émissions, il faudra qu'elles paient des sommes énormes. Il en va de même avec les organisateurs de concerts qui n'ont plus les moyens d'engager la star. En fait, le but de Parker est d'enfermer Elvis à Hollywood et de lui faire tourner des films à bon marché et aux recettes maximales. Elvis deviendra ainsi le produit hollywoodien le plus rentable du cinéma américain dans les années 1960.

Les années de doute[modifier | modifier le code]

Alors qu'Elvis effectue son service militaire en Allemagne, Parker travaille à signer des contrats avec Hollywood. Il souhaite que Presley abandonne provisoirement sa carrière de rock au profit d'une carrière à Hollywood. Il signe pour Elvis un contrat de sept ans avec le producteur Hal B. Wallis. Elvis fera trois films par an et touchera plus de 1 million dollars par film, plus des pourcentages sur les recettes. C'est l'idée de Parker. Elvis sera ainsi la première star à Hollywood à toucher un pourcentage sur les recettes de ses films.

Elvis a une telle cote auprès de ses millions de fans que ses premiers films n'ont aucun mal à se hisser aux sommets du box-office avec des recettes de plus de cent millions de dollars.

Triomphe à Las Vegas[modifier | modifier le code]

Avec son retour triomphal à la télé dans une émission qui lui est entièrement consacrée, Parker décide d'installer la superstar à Las Vegas. Elvis va ainsi suivre les traces des grands showmen des casinos de Las Vegas Frank Sinatra, Liberace, Dean Martin... Il va ainsi, et à peu de frais, attirer le monde entier à Elvis.

Après trois ou quatre années triomphales à Las Vegas, où chacun de ses shows est joué à guichets fermés, Elvis va comme il l'a fait à Hollywood des années plus tôt, se lasser de cette routine, et sa carrière va prendre un autre tournant. La monotonie de ses shows à Las Vegas va le faire tomber dans une sorte de torpeur et de mélancolie morbide. Sa vie privée va également en souffrir. Il divorce d'avec Priscilla, va être privé de sa fille et finalement va se retrouver seul en face de ses démons, qui sont l'abandon de soi dans les médicaments et une existence faite d'extravagances en tous genres.

L'après-Elvis Presley[modifier | modifier le code]

Le 16 août 1977, Elvis meurt d'une crise cardiaque chez lui à Memphis. Avec sa mort subite, Elvis laisse le colonel avec des dizaines de contrats que l'impresario doit dédommager. La situation est si critique que Parker décide de mettre en faillite sa société, la BoxStar, et vend les droits sur Elvis à Warner Bros. Pictures pour la réalisation d'un film documentaire, This is Elvis qui verra le jour en 1981.

Puis Parker place une dernière fois Elvis à Las Vegas en organisant un « Eté avec Elvis » au Hilton Hotel. Ce sera la dernière contribution du « Colonel » pour Elvis en tant qu'impresario.

Le 14 août 1981, Parker est poursuivi en justice et est accusé par les héritiers du King de mauvaise gestion. En 1983, par jugement, Parker fut définitivement relevé de ses fonctions d'agent d'Elvis Presley et reçut deux millions de dollars des héritiers pour ne plus jamais s'occuper du « King ». Ainsi prenait fin la plus fabuleuse et lucrative association entre un artiste et son agent dans le monde du spectacle.

Le vieil homme s'installa à Las Vegas où son goût immodéré pour les jeux d'argent lui fit perdre beaucoup. Parker était devenu une référence dans le monde du spectacle même si son grand pouvoir n'était plus qu'un souvenir et il n'était pas rare que l'on vienne le consulter pour tel ou tel artiste. C'est lui qui conseilla René Angélil, mari, mais également agent de Céline Dion, de s'installer à Las Vegas, tel qu'il l'avait fait pour Elvis des années plus tôt. Interrogé au sujet d'Elvis, Parker dira simplement ces quelques mots : Nous avons fait du bon boulot. Critiqué par les fans d'Elvis sur la mauvaise gestion de la carrière du King, Parker répondait invariablement : "Si c'est si facile, eh bien ils n'ont qu'à en créer un second !"


Le « colonel » mourut dans l'indifférence totale en 1997 après avoir perdu au jeu plus de cinq millions de dollars.