Collision entre Andromède et la Voie lactée

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Représentation de la collision entre Andromède et la Voie lactée en utilisant une synthèse d'image (voir ici une autre simulation numérique).

La collision entre Andromède et la Voie lactée est la collision qui se produira dans approximativement quatre milliards d'années entre les deux plus grandes galaxies du Groupe local, la Voie lactée — qui contient le Système solaire, dont la Terre — et la galaxie d'Andromède[1],[2],[3]. Cet événement devrait aboutir à la fusion des deux galaxies en une nouvelle galaxie plus grande, géante elliptique, souvent appelée Milkomeda en anglais (francisé en Milkomède ou Lactomède).

Illustration[modifier | modifier le code]

Simulation de la vue de la collision à partir de la Terre.

Dans les simulations, on l'utilise souvent comme exemple générique des phénomènes associés à ce genre de collisions[4].

Comme dans toutes les collisions de ce genre, il est peu vraisemblable que des objets qui y sont contenus, tels que des étoiles à l'intérieur de chaque galaxie, se percutent réellement. Les galaxies sont en réalité très diffuses. Par exemple, Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Soleil, est en fait éloignée de presque 30 millions de fois le diamètre du Soleil (soit environ 4 × 1013 km). Si le Soleil mesurait approximativement la taille d'une grosse pièce de monnaie (25 mm), la distance de la pièce-étoile la plus proche serait 750 km. Si la théorie est correcte, les étoiles et le gaz contenus dans Andromède seront visibles à l’œil nu d'ici 2 milliards d'années[5].

Quand la collision se produira, les deux galaxies vont vraisemblablement fusionner en une seule galaxie plus grande, géante elliptique. De nombreux noms ont été proposés pour la galaxie résultant de la fusion, celui qui domine étant Milkomeda[6] en anglais (contraction de Milky Way « Voie lactée » et Andromeda « Andromède »), francisé en Milkomède ou Lactomède.

Les scientifiques pensaient pendant un temps que la galaxie d'Andromède possédait deux noyaux, résultant sans doute d'une fusion antérieure avec une autre galaxie, mais cette idée semble aujourd'hui abandonnée, le « premier noyau » (P1) semblant plutôt être un disque d'étoiles en orbite autour du trou noir central (« second noyau », P2).

Incertitude[modifier | modifier le code]

Il n'y a, aujourd'hui, plus aucun doute sur le fait que les deux galaxies vont bel et bien entrer en collision.

On peut mesurer la vitesse radiale de la galaxie d'Andromède par rapport à la Voie Lactée en examinant le décalage vers le bleu des lignes spectrales des étoiles de la galaxie, mais la vitesse transversale (ou mouvement propre) ne peut pas être mesurée directement.

Ainsi, il est établi que la galaxie d'Andromède et la Voie lactée s'approchent à la vitesse approximative de 430 000 km/h (120 km/s).

Les mesures effectuées grâce au télescope Hubble en 2002 et 2010 par l'équipe de Roeland P. van der Marel, astrophysicien de l'Institut scientifique du télescope spatial de Baltimore (États-Unis), ont révélé, que dans le plan du ciel, Andromède se déplace à une vitesse de 17 km/s[1].

Un satellite de l'Agence spatiale européenne lancé en 2013, la mission Gaia, est destiné à mesurer les positions des étoiles dans la galaxie d'Andromède, avec une précision suffisante pour déterminer avec exactitude cette vitesse transversale[2].

En se fondant sur les recherches des professeurs Chris Mihos de l'université Case Western Reserve et Lars Hernquist de l'université Harvard, Frank Summers, du Space Telescope Science Institute, a créé une infographie de l'événement prédit[7].

Les collisions de galaxies sont cependant relativement communes. On pense par exemple qu'Andromède est entrée en collision avec au moins une autre galaxie dans le passé[8].

Le destin du Système solaire[modifier | modifier le code]

Deux scientifiques du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics affirmaient que la date, et même la probabilité de collision des deux galaxies, relèvent de la vitesse radiale d'Andromède[2]. En se fondant sur les calculs de l'époque, ils prédisaient qu'il existait 50 % de chances pour que le Système solaire soit éjecté de la galaxie qui résultera de la fusion, à une distance trois fois plus lointaine du futur cœur galactique qu'il est actuellement distant du cœur de la Voie lactée[2]. Ils prédisaient aussi une probabilité de 12 % pour que le Système solaire soit éjecté de la nouvelle galaxie à un moment quelconque de la collision[6]. Ce genre d'événement n'aurait pas d'effet défavorable sur le Système solaire, et le risque de perturbations de toutes sortes pour le Soleil ou les planètes elles-mêmes serait très restreint[6],[9].

Si, au contraire, le Système solaire devait se déplacer vers le centre de la collision, la vie sur Terre pourrait se terminer de façon catastrophique en cas de choc avec une supernova, bien que John Dubinski suggérait que, dans le centre de la galaxie, « cela ne présenterait vraisemblablement pas de danger direct pour la Terre »[10]. Il est néanmoins important de noter que le Soleil aura un peu grossi d'ici là, devenant plus lumineux et ce faisant ayant fait croître la température à la surface de la Terre ; il est donc estimé que la Terre ne sera plus habitable d'ici un milliard d'années. Cependant, cela ne veut pas dire que la vie n'existera pas ailleurs (vie autochtone ou colonisation), de même qu'elle peut et pourra exister dans d'autres systèmes planétaires, lesquels pourraient eux subir les éventuelles conséquences d'un tel événement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mathilde Fontez, « Collision d'Andromède et de la voie lactée », Science et vie, vol. 1140, no 1140,‎ septembre 2012, p. 78-85
  2. a, b, c et d Hazel Muir, « Galactic merger to 'evict' Sun and Earth », New Scientist, 4 mai 2007.
  3. Abraham Loeb et T. J. Cox, Astronomy, juin 2008, p. 28.
  4. (en) Ker Than, « Andromeda Galaxy May Steal Our Solar System From Milky Way », FOX News, 16 mai 2007.
  5. (en) Kelly Young, Kelly, « Galactic collision, a taste of things to come? », New Scientist, 26 août 2006.
  6. a, b et c (en) Fraser Cain, « When Our Galaxy Smashes Into Andromeda, What Happens to the Sun? », Universe Today, 10 mai 2007.
  7. (en) « Hubble Astronomer Creates Spectacular Galaxy Collision Visualization for the National Air and Space Museum », Hubblesite Newscenter, 9 avril 2002.
  8. (en) « Andromeda involved in galactic collision », MSNBC, 29 janvier 2007.
  9. (en) T. J. Cox et Abraham Loeb, « The Collision Between The Milky Way And Andromeda », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 386, 27 juillet 2011, p. 461-474 DOI:10.1111/j.1365-2966.2008.13048.x.
  10. (en) « The Merger of the Milky Way and Andromeda Galaxies », Galaxy Dynamics, janvier 2001.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]