Collectif le peuple des dunes

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Collectif le Peuple des dunes

Logo de l’association
Cadre
But Soucieux des risques induits pour l'homme du fait de l'impact, prévisible sur le littoral et l'écosystème marin, des projets d'extraction de sable marin où qu'ils soient dans le monde. Les fondements de l'action du Collectif sont autres qu'une réaction de type "pas de ça chez moi" ou phénomène Nimby (The Nimby phenomenon), le Collectif réagit en qualité d'expert, du fait de sa pratique locale, face aux conséquences dangereuses du projet Per sud Lorient, situé entre Gâvres et Quiberon, et initié par les groupes cimentiers Lafarge et Italcementi.
Zone d’influence littoral & mer
Fondation
Fondation 28 décembre 2006
Origine Alerte environnementale lancée, en 2006, par l’Association de Sauvegarde et de Protection du Littoral de la Presqu’île de Gâvres (ASPLPG)
Identité
Siège Presqu'ile de Gâvres
Structure Collectif d'associations
Président André Berthou
Méthode Etudes, mobilisation, justice
Financement associations membres
Membres + de 100 associations
Slogan « un grain de sable pour Lafarge » (utilisé principalement sur internet)
Site web le-peuple-des-dunes.org

Le Peuple des dunes est un collectif citoyen[1], mis en place par des associations bretonnes, créé le 28 décembre 2006, afin de mettre en commun des moyens permettant de réagir aux projets d'extraction de granulat marin et notamment celui initié par les groupes cimentiers Lafarge et Italcimenti, dénommé « Per Sud Lorient »[2]. Ce projet est situé au large des zones naturelles du réseau Natura 2000, le Grand site « Massif dunaire Gâvres-Quiberon et zones humides associées »[3], et celui de la ria d'Étel[4], entre la presqu'île de Quiberon et celle de Gâvres, à l'intérieur d'un axe reliant l'île de Groix à Belle-île. Début juillet 2009 la société Lafarge Granulats abandonne le projet après un avis défavorable du préfet maritime[5] et la sortie de l'avis du Comité Scientifique Indépendant[6].

Organisation[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Lors de l'assemblée constitutive du 28 décembre 2006 à Gâvres, la gouvernance du collectif est confiée à l’Association de Sauvegarde et de Protection du Littoral de la Presqu’île de Gâvres (ASPLPG). Cette association locale, est l'auteur du « message d'alerte[7]» citoyenne, elle est membre, du comité de pilotage Natura 2000 mis en place pour le Grand site dunaire Gâvres-Quiberon[8], et de la commission de suivi du projet d'extraction de sables marins dénommé « Per Sud Lorient »[9]. L'ASPLPG a pour président André Berthou, patron pêcheur en retraite, et pour vice-président Jean Grésy, avocat. L'association gâvraise a déjà entrepris des opérations de communication sur le sujet notamment au salon nautique avec le navigateur Jimmy Pahun[10] qui devient le premier porte parole[11] du collectif le Peuple des dunes[2], c'est au lendemain de la manifestation du 25 mars 2007, sur la plage de Kerhillio à Erdeven, qu'Alain Bonnec, conseiller municipal d'Erdeven, accepte de prendre la suite de Jimmy Pahun comme porte parole du collectif. Les ressources humaines des autres associations sont utilisées par intégration des bénévoles au groupe pilote qui se constitue, les compétences multiples sont optimisées en laissant à chacun un maximum d'autonomie d'initiatives en fonction de son champ d'action et de ses réseaux.

Interview d'André Berthou par ARTE, sur la digue de Gâvres

Objectifs[modifier | modifier le code]

Dès sa création, le groupe pilote du collectif le Peuple des dunes ne sous-estime pas l'intelligence et les moyens du petitionnaire, il situe résolument son action dans le cadre de la citoyenneté et d'un Développement durable et solidaire, conscient qu'il faut éviter l'écueil du « syndrome Nimby », il s'agit d'argumenter en utilisant les ressources d'expertise des « pratiques locaux » comme complément des ressources et avis scientifiques recherchés dans le département, la région, et ailleurs dans le monde[12]. Le Collectif doit être capable, de pédagogie et conviction pour mobiliser des habitants appartenant à des « mondes » différents voir opposés, actifs, retraités, professionnels de la mer, plaisanciers, plongeurs, surfeurs, propriétaires, élus de gauche, du centre, de droite, seul le nombre fera poids. Il faut aussi avoir la capacité de répondre à l'actualité proposée par les différents intervenants, notamment les services de l'État chargés du dossier et les pétitionnaires représentés essentiellement par une « cellule active » du groupe cimentier Lafarge, agissant dans le domaine de la recherche, de la communication et du lobbying. L'objectif final est bien le retrait du projet d'extraction dénommé Per Sud Lorient, mais également, d'une manière plus globale, d'attirer l'attention : sur les dangers de l'extraction de sables en mer dans une zone proche du littoral, ressource des métiers de la mer; sur les manques de la recherche dans le domaine des conséquences de l'extraction sur le milieu marin et le littoral; sur les risques et dérivent possibles d'une recherche financée et dirigée par un pétitionnaire; sur la raréfaction de la ressource en sable (granulat) et la prise en compte de ce nouveau paramètre dans l'urbanisme, notamment de la zone côtière.

Actions[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, le collectif agit sur plusieurs champs d'action en fonction de l'actualité du projet d'extraction, la créativité et l'énergie devant pallier la limitation des moyens financiers. L'alternance entre la communication et l'information avec des réunions d'explications dans les communes du littoral morbihannais[13], la mise en place d'un site-blog internet démultipliant l'impact du travail de terrain par l'effet tam-tam, l'utilisation traditionnelle des médias locaux[14] et nationaux, avec des communiqués, articles, et reportages[15]; la réflexion avec une production de textes et conférences, avec le concours notamment d'Yves Lebahy, Géographe, et Pierre Mollo spécialiste du plancton ; la représentation promotion, avec la tenu de stands dans divers manifestations comme au village solidaire du Festival interceltique de Lorient ; la justice avec plusieurs actions engagées au tribunal administratif, la principale étant contre le Per Sud Lorient ; le militantisme avec une pétition, traditionnelle sur support papier et en ligne sur Internet ; et enfin la mobilisation avec l'organisation de manifestations de type Fest-noz et grand rassemblement avec mise en scène.

Historique : les temps forts[modifier | modifier le code]

Alerte environnementale[modifier | modifier le code]

Après avoir découvert, en 2005, l'existence du projet par la publication de l'Arrêté du 3 mai 2005 accordant un permis exclusif de recherches de sables et graviers siliceux marins [16], l'ASPLPG a notamment, exploré les conséquences possibles du projet avec d'autres « initiés » : associations environnementales, élus locaux, scientifiques, ... En 2006, l'ASPLPG, constatant les difficultés à se faire entendre dans le cadre de la procédure officielle et le manque de volonté institutionnelle à engager un débat participatif large, décide de mobiliser l'opinion publique en diffusant plusieurs documents accompagné d'une lettre « Ceci est un message d’alerte »[7].

Création du Collectif & Charte d'adhésion[modifier | modifier le code]

L'alerte, largement relayé sur le terrain, remplit sa fonction, elle mobilise localement et au-delà des limites géographiques du département du Morbihan. La nouveauté, localement pour ce type d'alerte, est l'apparition de relais internet[17] permettant un effet de diffusion de type tam-tam[18]. Le 28 décembre 2006, à Gâvres, une réunion d'information a lieu dans le cadre de l'assemblée générale de l'ASPLPG. Sont réunis, des représentants d'associations et de groupements d'associations, des élus et des personnes venues individuellement, ils décident la création d'un collectif dénommé « Le Peuple des dunes »[2]. La création du collectif est confirmée lors de la réunion du 27 janvier 2007, avec notamment la publication de la Charte d'adhésion au collectif Le Peuple des dunes.

« Les principes de la Charte de l’environnement, désormais élevés au rang de principes constitutionnels font un devoir, à tous les citoyens, de défendre la nature, en vue d’un développement durable. Face au projet d’extraction de sable et granulats marins par les sociétés des cimentiers dénommés groupe Lafarge et Italcementi, dans des sites classés Natura 2000, entre Gâvres, Belle-Ile, Groix et Quiberon, les signataires du présent engagement considèrent qu’ils se trouvent en état de nécessité. pour s’allier et promouvoir ensemble, sans esprit partisan, ni polémique, une défense collective dans le respect de leurs valeurs, consacrées par l’objet de leur statut respectif. Agissant désormais solidairement, elles mettront en commun tous les moyens utiles en vue de la protection des personnes, des activités et des biens de toute la région concernée et de l’intérêt général, pour les générations actuelles et futures et pour la préservation de la planète. Vivant ou travaillant derrière, sur ou devant les dunes, ils décident de se retrouver sous l’appellation «Le Peuple des Dunes». Fait et décidé ensemble à Gâvre le 27 janvier 2007. »

— Collectif le peuple des dunes, Charte d'adhésion[19]

Manifestation du 25 mars 2007 « agir local penser global »[modifier | modifier le code]

Après plusieurs mois de mobilisations, le dimanche 25 mars 2007 les manifestants convergent vers la plage de Kerhilio à Erdeven. Au fur et à mesure des arrivées, ils sont invités à se placer dans les lettres tracées sur le sable, et à patienter jusqu'au passage des avions où ont pris places plusieurs photographes et caméramans. Le soir même l'image de la fresque humaine, écrivant « PEUPLE DES DUNES » sur le sable, passe dans le journal de 20h des grandes chaines de la télévision française : TF1[20] et France 2 [21]. Le lendemain, le quotidien Ouest-France écrit « Pari réussi pour le collectif du Peuple des dunes. Hier après-midi, 12 000 manifestants ont dit à Erdeven (Morbihan) leur refus du projet d'extraction de sable »[22].

Le Peuple des dunes sur la plage d'Erdeven, Serge Lequer règle la mise en scène.

Après la photo, les discours se succèdent, avant l'épilogue musicale de cette journée, retenons ce passage de l'allocution de Jean Grésy (citation ci-dessous), il rappelle l'historique de ce site où déjà, en 1975, une marche rassemble 15 000 manifestants qui s'opposent à l'installation d'une centrale nucléaire ici et ailleurs. Cette marche, qui précède les manifestations de Plogoff, est le résultat d'une intense mobilisation de la population locale, nombre d'entre eux sont encore présent aujourd'hui sur la plage, non loin du monument de « la main verte » où il est écrit « NON AU NUCLEAIRE - NON aux CENTRALES NUCLEAIRES 30 mars 1975 »[23]. Le lien se fait avec le Développement Durable et Solidaire, la population d'« ici » a depuis longtemps la pratique du « agir local penser global ».

« Ici, ce soir, est né un mouvement citoyen issu de la société civile, sans attaches partisanes, mû uniquement par le désir de préserver la nature et l'environnement. Ce mouvement prend naissance là même où, voici 30 ans, un projet de défiguration du site par la construction d'une centrale nucléaire a été mis en échec par la mobilisation des hommes de progrès.Ici, ce soir, se forge l'espérance : nous n'étions au début qu'une petite poignée d'hommes libres et résolus. «j'ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ une troupe de marins, d'ouvriers, de paysans». Ils ont été rejoints ici par des femmes et des enfants, par des actifs et des retraités. Ce n'est plus une troupe. C'est un peuple debout qui se lève et qui marche. C'est un peuple fort de la conviction qu'il a de la légitimité de ce combat. Ce peuple : c'est le peuple des dunes. »

— Jean Grésy, Extrait discours d'Erdeven[24]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Heiderich (Sous la direction de), Les nouvelles frontières des crises : « Le Peuple des Dunes : Cette superbe appellation donnerait à elle seule l’envie de créer une agence de pub. Mais très loin d’être le cas, il s’agit d’un collectif « citoyen » qui proteste avec brio contre le projet d'extraction de sable marin entre Quiberon et Gâvres (France) par le groupe Lafarge. » ou lien du 22/07/2009
  2. a, b et c Site-blog du Peuple des dunes, Morbihan Gâvres, création du collectif "Le Peuple des Dunes", Assemblée Générale ASPLPG du 28 décembre 2006 (lien du 21/07/2009)
  3. Réseau Natura 2000 carte du site fr5300027, lien du 21/07/2009
  4. Réseau Natura 2000 carte du site site fr5300028, lien du 21/07/2009
  5. Quotidien Libération, « Le «Peuple des dunes» a fini par gagner : Lafarge a annoncé vendredi qu’il renonçait à extraire du sable au large de Quiberon. » lien du 22/07/2009
  6. Site Peuple des dunes, texte intégrale de l'Avis du Comité Scientifique Indépendant lien du 22/07/2009
  7. a et b ASPLPG message d'alerte, texte intégral sur le site Peuple des dunes : « Madame, Monsieur, Ceci est un message d’alerte. Par solidarité avec tous les bretons, l’association que je préside tient à vous informer du projet d’extraction de sable sur le littoral breton, par le groupe Lafarge... » du 22/07/2009
  8. Grand site dunaire Gâvres-Quiberon, site officiel, lien du 22/07/2009
  9. PER Sud Lorient Commission de suivi du 30 septembre 2005, Compte rendu de la Sous-Préfecture du Morbihan, lien du 21/07/2009
  10. Jimmy Pahun, signatures de la banderole à Paris, alerte à l'extraction de sable entre Quiberon et Gâvres, lien du 21/07/2009
  11. Actu Environnement, « Le collectif Le Peuple des Dunes a mobilisé des milliers de personnes, dimanche dernier à Erdeven (56), » « Jimmy Pahun, le porte-parole a rappelé quant à lui qu'une bonne part du site a été classé, Natura 2000 et qu'il est intégré dans l'opération grand site. » lien du 22/07/2009
  12. Site Peuple des dunes, « L'étude Seamer présentée par Lafarge est-elle scientifique ? Expertise du Dr Frédéric Saint-Cast Physical Oceanography and sedimentology Modeller petroleum and marine division à Canberra Australie », lien du 21/07/2009
  13. Réunion à Locoal-Mendon, site Peuple des dunes lien du 21/07/2009
  14. Article presse, site Peuple des dunes, lien du 21/07/2009
  15. Reportages télévision, site Peuple des dunes lien du 21/07/2009
  16. Admi.net, Arrêté du 3 mai 2005 accordant un permis exclusif de recherches de sables et graviers siliceux marins texte de l'arrêté NOR : INDI0505094A sur admi.net lien du 23/07/2009
  17. Le site-blog Île-de Groix.info est un exemple significatif avec l'apparition des commentaires page d'archive lien du 22/07/2009
  18. fao.org, Inventaire et utilisation des moyens traditionnels de communication au centre, sud, est et extrême-nord du Cameroun, Moyens traditionnels existants : « Le tam-tam est le moyen de communication par excellence des régions du Centre et du Sud. Il est utilisé pour mobiliser les populations, pour annoncer des nouvelles: deuils, arrivée d’un étranger, présence d’un voleur au village » lien du 23/07/2009
  19. Charte d'adhésion, lien du 22/07/2009
  20. Vidéo du 20h de TF1 sur le site du peuple des dunes, lien du 23/07/2009
  21. Vidéo sujet du 20h de France 2 sur le site du peuple des dunes, lien du 23/07/2009
  22. Article Ouest-France sur le site du Peuple des dunes, lien du 23/07/2009
  23. R.B. et B.B., Une lutte exemplaire contre l'électronucléaire, « En 1974, les habitants d'Erdeven découvrent le nom de leur bourg dans liste des sites possibles pour l'installation d'une centrale nucléaire. Le bouche à oreille fonctionne et une première réunion publique a lieu ... » document pdf lien du 23/07/2009
  24. Extrait discours de Jean Grésy, sur le site du Peuple des dunes lien du 23/07/2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Guillotreau, Mare economicum: enjeux et avenir de la France maritime et littorale, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 463 (ISBN 9782753506787).
  • Didier Heiderich (Sous la direction de), Les nouvelles frontières des crises, Magazine de la communication de crise et sensible vol. 13 avril 2007 à septembre 2007, Observatoire International des Crises, 2007 (ISBN 9782916429083).
  • R.B. et B.B., Une lutte exemplaire contre l'électronucléaire, la lettre d'information du Comité Stop Nogent-sur-Seine, no 111-112 juin-septembre 2006, p. 4 (ISSN 09965572)
  • Alain Merckelbagh, Et si le littoral allait jusqu'à la mer !, Quae,‎ 2009, 352 p. (ISBN 9782759202973)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]