Collège Saint-Servais de Liège

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50° 38′ 21″ N 5° 33′ 48″ E / 50.63917, 5.56333 Le collège Saint-Servais, officiellement nommé Centre Scolaire Saint-Benoît Saint-Servais, est un établissement scolaire catholique, sis à Liège (Belgique). Fondé en 1828 par un prêtre diocésain, il est confié aux jésuites en 1838, qui y reprennent la tradition pédagogique du « Collège en Isle » fondé en 1582 et supprimé (comme collège jésuite) en 1773. Le collège est le plus ancien établissement d'enseignement secondaire toujours en activité à Liège.

Depuis le passage à la mixité dans le corps estudiantin, en 1992, le nouveau collège s’appelle "Centre Scolaire Saint-Benoît Saint-Servais". Le pouvoir organisateur du collège est jésuite, même si la plupart des professeurs sont aujourd'hui laïcs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines du collège[modifier | modifier le code]

En 1828, l’abbé Robert Julliot, prêtre vendéen du diocèse de Liège ouvre une école près de l’église et paroisse Saint-Servais à Liège, dans la rue appelée 'Fond Saint-Servais' (d'où le nom du collège).. D’abord clandestine (car non autorisée par le pouvoir hollandais) l’école se développe rapidement après l’indépendance belge (qui redonne la liberté d’enseignement aux catholiques), au point de nécessiter un déménagement. En 1834, l’école s’installe dans une maison de maître au faubourg Saint-Gilles de Liège - un quartier non encore urbanisé - qui servait déjà de petit pensionnat. Il garde le nom de 'Saint-Servais'.

En 1838 l’abbé Julliot entre dans la Compagnie de Jésus et, avec l’accord de son évêque Mgr Corneille Van Bommel, confie également son école aux jésuites[1]. Les élèves sont au nombre de 78. Une cinquantaine d’années plus tard, en 1893, ils seront un millier.

Constructions[modifier | modifier le code]

Le premier recteur, Frédéric Bossaert, est un bâtisseur. Dès 1840 il construit un internat – Saint-Servais est un internat dès sa fondation - et deux solides bâtiments pour les classes, avec galeries couvertes. En 1852, lors de son second mandat comme recteur, il construit l’église Saint-Joseph, en bord de rue Saint-Gilles. Et lorsqu’il revient pour la troisième fois à Liège, en 1865, il complète l’internat, les salles d’études et le gymnase. Ainsi tout le rez-de-chaussée est libéré pour être transformée en salle académique ouverte au public.

Salle de fêtes[modifier | modifier le code]

La « salle académique » joue un rôle important dans la vie de la ville. Elle sert de cadre au troisième congrès eucharistique international de 1883 et aux grandes assises sociales catholiques des années 1886, 1887 et 1890 qui, sous l’impulsion de l’évêque de Liège, Victor-Joseph Doutreloux, examinent la condition ouvrière dans la région de Liège et tentent de lui donner une réponse politique. Ces congrès sociaux préparent le terrain pour l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII.

En 1896 une nouvelle, vaste et ultra-moderne salle de fêtes est construite avec charpente métallique et verrières. La tradition des représentations théâtrales de l’ancien collège en Isle est reprise. Des concerts y sont organisés : le grand violoniste Eugène Ysaye s’y produit.

Sports[modifier | modifier le code]

La fédération de football belge est à peine créée (en 1895) qu’un groupe d’anciens élèves du collège Saint-Servais fonde le Standard de Liège (en 1898), un club et une équipe qui se trouve encore dans l’élite du football belge (Division 1, nationale).

Article détaillé : Standard de Liège.

Une piscine est construite en 1895.

Fondation du collège Saint-Louis[modifier | modifier le code]

En 1893 les premières classes du nouveau collège Saint-Louis, au Longdoz sont ouvertes. Deux raisons poussent au dédoublement du collège Saint-Servais: l’accroissement de la population scolaire à Saint-Servais, et surtout le souhait pressant de Mgr Doutreloux de voir un établissement d’enseignement catholique s’installer dans ce quartier populaire en rapide développement.

Article détaillé : Collège Saint-Louis (Liège).

Le XXe siècle à Saint Servais[modifier | modifier le code]

  • Durant la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1915, le collège est transformé en hôpital par la Croix-Rouge. De nombreux blessés y sont soignés. Plusieurs jésuites font de la résistance. Le père Desonay est arrêté en juin 1917 pour espionnage au profit des anglais.
  • En 1923 est ouverte la villa Saint-Servais à Botassart, dans la vallée de la Semois, près de la ville de Bouillon. De nombreux groupes d’élèves du collège et de mouvements de jeunesse y auront leurs camps d’été.
  • La Seconde Guerre mondiale apporte de nouveau son lot de malheurs et de désorganisations. En septembre 1939 de nombreux professeurs sont absents car mobilisés. À partir de mai 1940 les aînés parmi les élèves « disparaissent », car partis rejoindre des « centres de recrutement » qui, en fait, n’existent pas.

Le collège reste ouvert même si le quotidien des élèves est souvent désorganisé par les nombreuses réquisitions de professeurs pour divers services qui leur sont imposés par l’occupant allemand. Des bombardements, et passages de V1 et V2, causent des dégâts. Les bâtiments sont utilisés comme gîtes d’étapes pour réfugiés, ou pour la détention d’inciviques accusés de collaboration avec l’ennemi : un mur provisoire fut construit à la hâte au travers de la cour de récréation pour les séparer des élèves...

À la fin de la guerre, en mars 1945, le collège est transformé en centre provisoire de rapatriement pour les déportés revenus d’Allemagne après leur libération par l’armée américaine. En décembre 1945 le collège reprend sa mission éducative.

  • Le pacte scolaire de 1958, mettant fin à une longue et acrimonieuse querelle politique sur le soutien public à l’enseignement privé en Belgique, entraîne des changements notoires au collège, comme dans les autres instituts catholiques du pays. Les professeurs sont désormais mieux payés et ont droit à une pension. Par ailleurs c’est la fin d’une tradition sympathique : celle de professeurs comptabilisant plus de cinquante années de service à Saint-Servais.
  • En 1977 l’internat est fermé. Les bâtiments à front de rue Saint-Gilles sont démolis (y compris l’église) pour être remplacés par d’autres, plus fonctionnels. C’est l’époque également de l’introduction de changements pédagogiques majeurs (dit « enseignement rénové »). L’incendie accidentel du 22 février 1979, qui ravage plusieurs salles de cours, accélère la rénovation complète de l’infrastructure. Une salle de sports (en 1982) et un nouveau bâtiment de classes sont achevés, respectivement en 1982 et 1984.
  • Une autre révolution pédagogique est le passage à la mixité en 1992. Un rapprochement progressif avec l’école abbatiale de filles dirigée par les moniales bénédictines de la Paix Notre-Dame aboutit à une union des deux institutions en une nouvelle : le Centre Scolaire Saint-Benoît Saint-Servais.
  • En 2004, le nombre d’élèves étant encore en augmentation, un ancien bâtiment industriel voisin est acquis et aménagé en espace scolaire. Cela permet en outre d’aménager à la rue Lambert le Bègue une nouvelle entrée pour les élèves.
  • En 2009 le centre scolaire reçoit 1 913 élèves : 1 512 pour les classes de l’enseignement secondaire et 401 à l’école fondamentale.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Parmi ses anciens élèves, le collège Saint-Servais compte :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Après son noviciat fait à Tronchiennes, Robert Julliot contribuera à la fondation du collège Notre-Dame, à Tournai (1839). Il reviendra à Liège en 1849 où, habitant la résidence Sainte-Catherine, il sera engagé dans diverses œuvres pastorales jusqu’à sa mort le 25 novembre 1866

Liens externes[modifier | modifier le code]