Col de Saverne

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Col de Saverne
Image illustrative de l'article Col de Saverne
Altitude 413 m
Massif Vosges
Coordonnées 48° 45′ 19″ N 7° 19′ 50″ E / 48.75528, 7.330648° 45′ 19″ Nord 7° 19′ 50″ Est / 48.75528, 7.3306
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de la Sarre
(ouest)
Vallée du Rhin
(est)
Ascension depuis Danne-et-Quatre-Vents Saverne
Déclivité moy. 1,5 % 5,6 %
Déclivité max. 2 % 7 %
Kilométrage 1 km 3,9 km
Accès D 1004 D 1004
Fermeture hivernale rares cas de fermeture provisoire

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)
Col de Saverne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col de Saverne

Le col de Saverne est un passage aujourd'hui très fréquenté dans le massif des Vosges qui permet la jonction entre l'Alsace et la Lorraine, à une altitude de 413 mètres. Il n'est pas un col frontière car les limites du département du Bas-Rhin commencent plus tôt à la sortie du dernier village mosellan, Danne-et-Quatre-Vents, un peu avant le croisement avec la D122 vers la vallée de la Zinsel du Sud.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le col de Saverne est en fait, la première montée du paysage de côte ou de cuesta du plateau lorrain, orienté est-ouest vers le bassin parisien. Il délimite au sud le parc naturel régional des Vosges du Nord. On ne peut pas vraiment parler d'ascension en venant de Phalsbourg puisqu'il y a à peine 80 mètres de dénivelé entre le point le plus haut du col et le centre de Phalsbourg à 322 mètres d'altitude.

Paysages[modifier | modifier le code]

En se basant sur la nature géologique, topographique et pédologique du site, on peut résumer le paysage aux environs et tout autour du col de Saverne par quatre faciès caractéristiques de l’ouest au sud-est[1] :

  • le plateau de Phalsbourg (Lorraine) ;
  • les Basses Vosges (Lorraine-Alsace) ;
  • les champs de fractures de Saverne (Alsace) ;
  • les terres vallonnées agricoles dites « Ackerland ».

Le col de Saverne fait la transition entre le plateau lorrain et les Vosges gréseuses. On fait[Qui ?] généralement arrêter les Vosges au col de Saverne, voire un peu avant dans le pays de Dabo jusqu’à la vallée de la Zorn, le sommet le plus septentrional étant le Schneeberg[2] (961 m). Les terres peu fertiles du versant ouest et de la côte du front de fracture débouchent sur des zones agricoles riches en limon ou lœss.

Col de Saverne en hiver, en 2004

Sols et végétation[modifier | modifier le code]

Le col de Saverne est situé dans le domaine des Basses Vosges où le grès vosgien et le conglomérat principal sont les roches-mères de sols ocre-podzoliques et de sols podzoliques où on trouve traditionnellement la canche flexueuse (Deschampia flexuosa), la myrtille (vaccinium myrtillus) et la luzule blanche (Luzula alba). Plus on monte et plus le versant est orienté au froid et à l’humidité, moins les sols sont affectés par la podzolisation. On y trouve alors la fétuque des bois (Festuca altissima) qui est l’indice d’un sol brun acide ou brun ocreux[3]. L’altitude du col de Saverne et de ses environs coïncide avec la limite naturelle de deux espèces végétales vers le nord du massif vosgien : le sapin pectiné (Abies alba) et le digitale pourpre (Digitalis purpurea). Les conifères font quelques apparitions, mais le domaine reste le monopole des feuillus[1]. Comme l’étage montagnard moyen, caractérisé par la hêtraie-sapinière, débute habituellement à la limite altitudinale inférieure du sapin, le col de Saverne est dans le domaine de la hêtraie-chênaie.

La zone climacique du col de Saverne est plutôt rare dans le massif vosgien ; entre l’étage collinéen et l’étage submontagnard, il se différencie par sa hêtraie à prénanthe et grande fétuque (Festuca silvatica)[4]. Si la hêtraie-chênaie monte jusqu’à 700 m d'altitude sur un versant bien exposé, plutôt à 500 m pour les flancs au nord, tous les massifs forestiers alsaciens du pays de Saverne ne sont pas recouverts que de feuillus. C’est vrai pour la partie des Vosges du Nord, mais ça l’est moins au sud du col de Saverne. La politique d’enrésinement a laissé des traces durables sur le paysage sylvicole. Les espèces spontanées du secteur sont le chêne sessile, le hêtre, le bouleau, le sapin, l’alisier blanc, le sorbier des oiseleurs. L’essence endémique du pin sylvestre, dit de Wangenbourg, se limite aux versants secs, ensoleillés[5]. La myrtille apparaît dans les forêts de feuillus de manière sporadique et pas en tapis, en revanche elle affectionne les hêtraies-sapinières-pinèdes. Cela explique pourquoi les habitants pratiquent également la cueillette de la myrtille à l’instar des Vosgiens des parties méridionales du massif.

Écologie[modifier | modifier le code]

Depuis sa construction en 1976, l'autoroute A4 forme une barrière pour la faune, fragmentant un vaste espace entre Vosges du Sud (et de-là le Jura) d'une part et Vosges du Nord et forêt palatine d'autre part, réduisant l'efficacité de la réserve de biosphère transfrontalière des Vosges du Nord-Pfälzerwald. Le corridor biologique du col de Saverne, où la largeur de la forêt se rétrécit fortement, a été interrompu. Une passerelle avait bien été construite mais elle n'est pas végétalisée, beaucoup trop étroite (10 mètres de large) et régulièrement empruntée par l'homme[6].

Le brassage génétique de nombreuses espèces forestières est menacé ; parmi les plus touchées, le cerf élaphe et le lynx boréal[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

De la cité celtique à l’axe autoroutier Paris-Strasbourg[modifier | modifier le code]

La voie de passage entre Phalsbourg et Saverne n'est en rien naturelle ; au fil des siècles, on l'a quelque peu forcée à devenir un axe de communication aujourd'hui incontesté. Quelques facteurs moins géographiques que géopolitiques ont conduit à ce statut de col très fréquenté. Pendant des siècles, les voies de passage naturelles étaient les vallées qui aboutissaient sur des cols. Ici, ce sont celles de la Zorn et de la Sarre. La carte de Lorraine[8] de 1513 commandée par le duc René II, dressée par Martin Waldseemüller au gymnasium de Saint-Dié célèbre pour son invention du mot Amérique dans les cartes, n'indique que Bitche, la Petite Pierre et le Donon. Aucune trouée n'est reconnaissable entre Sara Castrum (Sarrebourg) et Zabernia Saverne[9].

Le seul argument naturel en faveur de ce passage est que les Vosges gréseuses sont à cet endroit précis les plus étroites de tout le massif.

La perspective celtique était de construire sur un promontoire rocheux surplombant la vallée comme c'est le cas sur de nombreux sommets environnants[10]. Le passage à travers l'oppidum était interne à la tribu celtique installée entre la Meuse et le Rhin, les Médiomatriques.

La perspective romaine va créer la voie de passage et le col à vocation moins locale. Avec la romanisation des Celtes locaux dont seuls les oppida sur des sommets à l'écart des voies de communication pourront échapper un temps à l'acculturation[11], l'axe est-ouest prendra toute son importance car les Romains bâtissaient des voies carrossables pour relier les légions et les unités militaires entre elles ; dans le cas présent, Strasbourg aux portes de la Germanie devait être rapidement accessible de Reims, Metz et Trèves. De plus, à l'instar du Limes en Germanie, les Romains allaient toujours au plus court et privilégiaient la ligne droite même dans les régions de moyenne montagne du massif schisteux rhénan. C'est le cas ici, la future RN4 suit presque toujours le tracé de la voie romaine visible sur la table de Peutinger. L'axe de communication devint un axe de vie sociale intense pour l'époque.

La perspective géopolitique française en conflit avec la Lorraine indépendante fera de ce passage antique, un temps abandonné, ce qu'il est devenu aujourd'hui : la route de ou vers Paris. L'axe fait naturellement la jonction entre l'Alsace et le royaume de France. Cela commence avec l'arrivée des Rohan au pouvoir de l'évêché de Strasbourg et de son temporel très vaste auquel appartient Saverne. C'est un cardinal de Rohan qui demandera une nouvelle route pour passer la côte. L'Alsace, très allemande au XVe siècle[12], passe lentement sous influence française[13] et les Rohan en sont le vecteur[14]. Au XVIIe siècle, dans le cadre plus global de la procédure des réunions, Louis XIV crée la route d'Alsace morceau par morceau : le pays de Phalsbourg devient français en 1661, plus d'un siècle avant la Lorraine. Vauban propose un renforcement des fortifications. Le marquis de Louvois vient inspecter les lieux et écrit le 17 juin 1679 à son roi que le site est bon pour contrôler le passage Alsace-Lorraine car il est impossible pour un assaillant d'y subsister bien longtemps : « aucun fourage et quasy point d'eaue ». Il rajoute que le danger ne peut venir de l'est car il est « absolument impossible que des chevaux chargez de fourage puissent monter la montagne de Saverne »[15].

Un oppidum celtique de la Tène[modifier | modifier le code]

Vestiges du fossé des Pandours au col de Saverne

Le terme alsacien et allemand du col de Saverne (Zaberner Steige) rappelle qu'à l'origine ce n'est pas un col, mais un escarpement rocheux. La voie de communication ancestrale depuis l'époque des Celtes ne passait pas par cette côte dont l'accès était rendu difficile par un manteau forestier dense et des rochers de grès des Vosges partiellement abrupts. Cette voie longeait la vallée de la Bièvre et passait par le col du Hohwalsch pour rejoindre la vallée de la Zorn qui aboutit à Saverne, ce qui représente un gros détour.

Exemple de reconstruction d’une porte en tenailles à Dünsberg (D)

L’oppidum posé à cheval sur l’actuel col de Saverne est daté à la fin de l’âge du fer de la Tène (-450 à -50), donc peu avant l’invasion romaine de 52 av. J.-C. Selon les chercheurs, il n’est pas exclu qu’il y ait eu auparavant une cité celtique moins fortifiée[16] du type de Hallstatt. La partie méridionale de la fortification fut moins remaniée que la façade occidentale car cette dernière fait face au plateau lorrain, donc aux invasions alors que les parties latérales de l’oppidum donnent sur une pente raide de deux vallons encaissés. Au lieu-dit Usspann (littéralement « enlever ou changer l'attelage » en alsacien) qui donne l’altitude du col à 413 m, les archéologues[17] ont trouvé un bâtiment de type romain dont chacun s’accorde à dire que c’était une station de relais pour se préparer à la descente périlleuse de la côte, ou à l’inverse, pour se reposer d’une ascension fatigante.

Les fortifications resteront visibles jusqu’au XVIIIe siècle. Avec le fossé des Pandours et son murus gallicus, on peut voir aujourd’hui encore le rempart de terre qui surplombait un fossé aujourd’hui comblé. Le fossé avait une longueur de 850 m orienté sud-ouest – nord-est ; il barrait la route venant de l’ouest. Dans ses parties les plus élevées, le garde se trouvait à huit mètres au-dessus du fond du fossé[17]. La partie occupée par la route actuelle aboutissait probablement à une porte en tenailles si caractéristiques des oppida de la Tène dans toute l’Allemagne du Sud. Deux murs latéraux s’enfonçaient vers la porte d’entrée afin de pouvoir attaquer les assaillants du haut du mur d’enceinte.

L’ensemble de l’oppidum préhistorique faisait 1 750 m de long avec l’actuelle route du col en son centre et une largeur de 750 m. Les pentes naturelles des vallons encaissés du Ramsthal, du Schlettenbach et du Michelsbaechel (actuelle trouée de l’autoroute A4) prolongent les remparts[18].

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Le passage des Vosges ancestral du Hohwalsch (pratiqué jusqu'au XVe siècle) fut progressivement abandonné au profit de cette voie romaine qui fut plusieurs fois retracée et rénovée. Les trois cols ancestraux de l'époque romaine qui franchissaient les crêtes des Vosges furent :

Il reste au col de Saverne des tronçons de la voie romaine qui longe des rochers de conglomérat très vertigineux comme le Saut du Prince Charles, proche du jardin botanique. En revanche, les Romains ont construit une voie carrossable pour permettre la liaison Metz - Strasbourg (Divodurum-Argentoratum). Une voie romaine était jalonnée de gites-étapes sur tout son parcours en plus des villae rusticae de taille plus importante comme la villa[19] Saint-Ulrich[20], l'une des plus grandes villae mises au jour au Nord de l'Europe, classée parmi les monuments historiques de la Moselle. C'est à l'emplacement de l'un de ces castra d'étape avec trois tavernes, Tres Tabernae, qu'est né Saverne[21].

Moyen Âge et temps modernes[modifier | modifier le code]

Voies de passage du col de Saverne (reproduction simplifiée du panneau de la SHASE sur site).

Il faudra un certain temps pour que l'ancienne voie romaine devienne un axe de communication. Aucune comparaison n'est possible avec les cols du Bonhomme et de Bussang qui garderont leur statut privilégié de passage incontournable des montagnes vosgiennes vers l'Alsace, les Alpes et l'Italie[22], ce que l'on appelle en Lorraine l'axe lotharingien[23],[24]. Le col de Saverne n'est pas sur les voies des grandes foires médiévales, ni ne connaîtra le même élan de création de monastères le long des voies commerciales et des mines d'argent et de cuivre des hautes vallées vosgiennes. Il n'y aura pas de péage sur le col de Saverne contrairement à celui, par exemple, de Bussang qui fournira des revenus conséquents aux ducs de Lorraine. La route très fréquentée au Moyen Âge, notamment à cause des foires de Champagne, est celle qui emprunte la vallée de la Moselle d'Épinal à Bussang au point que les péages ou tonlieux se multiplient à partir du XIVe siècle. Les voyageurs sont accueillis depuis la vallée de la Meuse jusqu'au col, dit péage de l'Estraye, dans des maisons-Dieu[22]. En fait, l'axe de communication majeur de l'Alsace médiévale et de la Renaissance est plutôt nord-sud, ou bien encore vers l'est germanophone.

Les choses vont évoluer assez vite quand le centre d'intérêt de l'Alsace va lentement basculer vers l'ouest[25] . Avec la construction de la cité palatine Phalsbourg[26] au XVIe siècle, dont les fortifications seront remaniées et complétées par Vauban, le tracé de l'ancienne voie romaine deviendra la « route d'Alsace » pendant le règne de Louis XIV[27].

Rails de la route du XVIe siècle.
Entailles perpendiculaires pour poser une cale.

En 1524, comme on peut le lire sur la plaque enchâssée dans le rocher du Saut du Prince Charles, c'est l'évêque Guillaume III qui fit construire une nouvelle voie de passage du côté du vallon de Schlettenbach[28]. Quelques tronçons de cette route du XVIe siècle présentent un aspect très spécifique au col de Saverne ; la chaussée comporte des ornières de la largeur d’une roue de charrette. L’écartement des rails est de 1,05 m. Les rails creusés dans la roche servaient à éviter le dérapage des véhicules[29], notamment parce que la pente du vallon du Schlettenbach est très abrupte sur la droite de la route en descendant.

En outre, il y avait au col de Saverne, au lieu-dit de l'Usspann, un Gutleuthaus, c'est-à-dire une léproserie[30].

La route est particulièrement dangereuse car elle est en ligne droite dans le sens de la pente. C’est pourquoi, les entailles perpendiculaires aux rails jouaient un rôle essentiel en cas de fatigue des bêtes comme des hommes. On pouvait ainsi caler[31] la roue du chariot ou d’autres voitures afin de reprendre son souffle dans la montée, par exemple. Cette route fut rénovée en 1616 par l’archiduc Léopold d’Autriche, évêque de Strasbourg comme l’indique une plaque dans la roche.

Le tracé de la route actuelle remonte aux travaux[32] d'Antoine de Règemorte[33], fils de l’ingénieur des ponts et chaussées de la province d'Alsace, Jean-Baptiste de Règemorte, entre 1728 et 1737, sur demande du cardinal de Rohan dont la résidence est au château épiscopal de Saverne. Ce fut l’une des prouesses techniques très admirées de l’époque. Par la suite, la RN4 passe par le col de Saverne, ce qui en fait un passage obligé sur la ligne droite qui relie Paris à Strasbourg.

Activités[modifier | modifier le code]

Col de Saverne en hiver, en 2004

Tourisme[modifier | modifier le code]

Jardins et parcs[modifier | modifier le code]

On trouve notamment à mi-chemin du col de Saverne le jardin botanique qui fait partie des jardins portant le label « jardin remarquable » et en bas du col la roseraie de Saverne.

Randonnée pédestre[modifier | modifier le code]

Grande Randonnée 53
Balisage Club vosgien

Deux parkings, l'un avant la descente en venant de Lorraine et l'autre à mi-côte où se trouve le jardin botanique, permettent de déposer son véhicule et de partir en randonnée pédestre ou de faire des tours en VTT[34]. Le balisage de randonnée[35] est assuré par le Club vosgien, d'ailleurs fondé à Saverne le 31 octobre 1872 :

  • le cercle jaune est un circuit qui permet de découvrir les deux hauteurs de chaque côté du col, le Koepfel (445 m) et le bois d'Ottersthal (421 m). Le sentier longe des rochers et parois rocheuses très élevés. Des deux hauteurs, on a une vue plongeante sur la ville de Saverne et sur la trouée gigantesque de l'autoroute A4 au nord du col ;
  • le rectangle rouge du sentier de grande randonnée GR5 longe la route du col de Saverne jusqu'au centre-ville, puis bifurque vers le château-fort du Haut-Barr et les premiers sommets des Basses Vosges. En suivant ce sentier, on marche sur l'ancien tracé de la route du col de Saverne il y a 400 ans. Des panneaux gravés dans la roche du Saut du Prince Charles expliquent les différents tracés de la route depuis les Romains jusqu'aux temps modernes. C'est sur ce sentier que l'on voit comment la route a été aménagée pour empêcher les voitures et chariots de dévaler la pente trop inclinée ;
  • la croix jaune va du Col de Saverne vers le centre-ville en longeant le Koepfel. Le randonneur surplombe un vallon ombragé avec les rochers de conglomérat à sa droite ;
  • le triangle jaune relie la trouée de l'autoroute A4 à la maison forestière du Schweizerhof, point de départ d'autres randonnées et aire de repos en pleine forêt (accessible par route forestière un peu avant le col, à hauteur de la maison forestière de Kaltwiller) ;
  • la croix bleue conduit vers le lieu de pélérinage local, sis en Lorraine, le couvent franciscain de Bonne-Fontaine ; de là, on prolonge vers le fond de Fouquet ou Phalsbourg par le sentier de grande randonnée matérialisé par un rectangle jaune ;
  • le cercle rouge conduit à la chapelle Saint-Michel en passant au-dessus de l'autoroute A4 grâce à la passerelle à gibier, spécialement conçue pour permettre au gros gibier de passer d'un massif à l'autre[36].

Circuits VTT[modifier | modifier le code]

Les circuits VTT ne partent pas directement du parking du col, mais ils sont accessibles en moins de 5 minutes. Comme pour les randonnées pédestres, ils permettent de découvrir les deux massifs forestiers de chaque côté du col et ses environs (vallée de la Zorn avec sa piste cyclable le long du canal de la Marne au Rhin).

  • Colonne RN4 un peu avant le point le plus élevé du col de Saverne - mont Saint-Michel, soit 40-48 km avec 500 m de dénivelé, pour environ 4 h 30-5 h 00 de trajet. Il passe par la passerelle à gibier, longe le piémont avec une vue régulière sur la plaine d’Alsace. Il emprunte peu de routes.
  • Stambach - Billebaum – Geisfelswasen – Schaeferplatz, soit 30 km, 350 m de dénivelé, 2 h 30 de route. Comme pour le premier circuit, on a une vue sur la plaine et on passe à côté des nombreux châteaux-forts en ruine de l’époque médiévale alsacienne.
  • Saverne - Kempel - La Hoube, soit 40 km pour un dénivelé de 500 m, environ 4 h 45 de route. Ce circuit permet de se faire une idée du massif forestier des Basses Vosges. Il emprunte des routes forestières, passe partiellement en Lorraine car la région boisée du piémont sert de frontière naturelle entre Lorraine et Alsace.

Une partie de ces trois circuits correspond à la traversée du massif vosgien qui va de Wissembourg à Thann[37].

Il n’est pas obligatoire de suivre les circuits balisés, une carte IGN permet de s’orienter. En s’arrêtant au col de Saverne, à l’aire de repos, il y a plusieurs routes forestières qui entrent dans le massif du Koepfel.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

La 4e étape du Tour de France 1947, entre Luxembourg et Strasbourg, a emprunté le col de Saverne ; c'est d'ailleurs dans cette ascension que Jean Robic (futur vainqueur de l'étape et également de l'épreuve) s'est échappé en compagnie de Ferdi Kübler et de Maurice Diot[38].

Contes et légendes[modifier | modifier le code]

Légende orale du Saut du Prince Charles[modifier | modifier le code]

Sur les hauteurs du col de Saverne, non loin de la frontière entre l'Alsace et la Lorraine, se trouve un rocher abrupt avec une grotte. On le nomme le Saut du Prince Charles, du nom d'un duc lorrain qui, dans l'euphorie d'une bonne chasse, a sauté du haut du rocher avec son cheval. Il parvint sans aucune blessure pour lui comme pour le cheval en contrebas de la falaise. En revanche, on peut voir aujourd'hui encore les traces des quatre fers du cheval dans la roche où le destrier a atterri. Selon une autre version, on raconte qu'il fuyait devant ses ennemis jusqu'à ce qu'il se retrouve face au vide sans autre alternative que de sauter du haut du rocher. Le saut du désespoir le sauva[39].

L'école des sorcières du mont Saint-Michel[modifier | modifier le code]

Non loin du col de Saverne au-dessus de Saint-Jean-de-Saverne se trouve la chapelle Saint-Michel, un lieu de pèlerinage. Tout proche de la chapelle, sur un promontoire de grès sous lequel il y a une grotte. On raconte dans la population locale que c'est sur le rocher tabulaire que se rencontraient les sorcières. On nomme cet endroit l'école des sorcières. La maîtresse sorcière et ses élèves s'assoient dans en rond dans le creux de la roche. On enferme les sorcières punies dans la grotte. On dit aussi que depuis ce rocher, les sorcières s'envolent vers la colline du Bastberg[40].

Le jardin d'Alsace[modifier | modifier le code]

La légende populaire raconte que la première fois que le roi Louis XIV arriva par le col de Saverne en Alsace, sa nouvelle conquête territoriale, il déclara : « Ah quel beau jardin que voilà ! ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vosges gréseuses du Nord, Saverne, carte géologique de la France XXXVII-15, titre : « Rocher de Dabo et Col de Saverne », Bureau de recherches géologiques et minières du Ministère de l’industrie, Service de géologie nationale, Orléans
  2. Jean-Claude Flageollet, Morpho-structures vosgiennes, Varia 2/2008, p. 75-86 : « Au nord, au-delà du Schneeberg, la montagne disparaît, et l’on atteint ce qu’il est convenu d’appeler les Basses Vosges : le socle disparaît ; seule reste la couverture de grès, coupée en deux par l’escarpement de faille raide, élevé (plus de 200 m) et rectiligne, qui regarde vers l’est et domine les bas plateaux et les collines du champ de fractures de Saverne »
  3. Vosges gréseuses du Nord, Bouxwiller, carte géologique de la France XXXVII-14, titre : « Bouxwiller », Bureau de recherches géologiques et minières du Ministère de l’industrie, Service de géologie nationale, Orléans
  4. J. Timbal, « Principaux caractères écologiques et floristiques des hêtraies du Nord-Est de la France », Laboratoire de botanique forestière, Centre national de recherches forestières, INRA, Annales Sciences forestières, 1974, 31(1), pages 27-45 ; voir aussi [PDF] F. Le Tacon, J. Timbal, À propos des conditions écologiques des hêtraies dans le Nord-Est et le Nord-Ouest de la France
  5. Anne Madesclaire, Le choix des essences forestières dans les Vosges alsaciennes, Conseil régional d’Alsace, Direction régionale Alsace ONF, 1993
  6. Simone Giedinger, « Une passerelle… à piétons », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ 24 mars 2013, p. 4 (ISSN 0150-397X, lire en ligne).
  7. [PDF] Christelle Scheid, Le Lynx a-t-il encore sa place dans les Vosges ?, octobre 2013
  8. De proprietatibus rerum (de), XIIIe siècle, traduit du latin en 1487, éditée en 1513 seulement, rééditée en 1520 dans le Ptolemaeus auctus restitutus emaculatus cum tabulis veteribus ac novis, 45 × 31,5 cm
  9. Carte de Lorraine
  10. Il s'agit de la culture des sommets vosgiens : Visite du parc archéologique européen de Bliesbruck Reinheim, Moselle, France
  11. Le Wasserwald à quelques kilomètres du col est souvent cité ; les fouilles du Wasserwald (commune de Hagen dans le Bas-Rhin) ont été menées par François Pétry : Michel Mangin, Jean-Louis Courtadon, Philippe Fluzin, Éric de Laclos, Village, forges et parcellaire aux sources de la Seine: l'agglomération antique de Blessey-Salmaise (Côte-d'Or), Presses Univ. Franche-Comté, 2000 (ISBN 978-2913322790), page 332, [lire en ligne]
  12. Georges Bischoff, Une minorité virtuelle. Être Welsche en Alsace dans les coulisses du siècle d’or (1477-1618), Équipe d’accueil en Sciences historiques, Université Marc Bloch (Strasbourg 2), fiche bibliographique : « Avant les traités de Westphalie, l’Alsace est une région allemande. Elle est même, par excellence, la plus allemande de régions d’Allemagne : elle en est un des creusets culturels et se targue d’en être le rempart face à la France. » [lire en ligne]
  13. Fernand L'Huillier, Histoire d'Alsace, PUF, Que sais-je?, Paris, 1965, Chapitre III, « La guerre de Trente Ans et le passage sous la souveraineté française », p. 24-34
  14. Claude Muller, « Diplomatie et religion en Alsace au temps du cardinal de Fleury (1726-1743) », Revue d'Alsace, p. 129-173
  15. François-Michel Le Tellier marquis de Louvois, Lettres de Louvois à Louis XIV: 1679-1691 : politique, guerre et fortification au grand siècle, librairie Droz, 2007, 320 pages, pages 27-29
  16. S. Fichtl et A.-M. Adam, L’oppidum médiomatrique du Fossé des Pandours au Col de Saverne (Bas-Rhin), Rapport intermédiaire, Université Marc Bloch, Étude des Civilisations de l’Antiquité
  17. a et b Travaux de fouilles des années 1950 conduites par J.P. Wiedenhoff et J.J. Hatt, dans Cahier d’Archéologie et d’Histoire d’Alsace, no 134
  18. Inventaire général établi en 1966, Oppidum et fossé des Pandours, Col de Saverne, Préhistoire, oppidum de La Tène avec nombreux remaniements
  19. La villa Saint-Ulrich porte le numéro 17 sur la carte des cités des Leuques et des Médiomatriques aux Ier et IIe siècles, de Patrick Mérienne in : Michel Parisse, Histoire de la Lorraine, éditions Ouest-France, Rennes, 2005, page 2 (ISBN 2737336287)
  20. « Saint-Ulrich, exemple du grand établissement qui commandait à tout un domaine avec pas moins de 32 constructions séparées et réparties sur une grande surface de terrain de 250 ha environ », Marcel Lutz, Promenade latine autour de la maison, Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie de la Lorraine, tome LXXIX, Université de Metz, 1979, page 11
  21. Henri Heitz, Le Château de Saverne, Guide historique, « Pays d’Alsace », Société d’histoire et d’archéologie de Saverne et environs, no 174a, Saverne, 1996, page 3 : « Une ‘Burg’ érigée dans l’angle nord-est de ce qui subssite alors de l’enceinte romaine du castrum de Tres Tabernae »
  22. a et b Georges Poull, Les Vosges, Éditions France-Empire, Paris, 1985, 501 p. (ISBN 2704804303), pages 60-61 (« Le commerce, les villes et la société »)
  23. Paul Matagne, L'axe lotharingien, Berceau de l'Humanisme Européen : Tomes 1 et 2, Éditions Orphée & Ganymède
  24. Dominique-Marie Dauzet, Martine Plouvier, Les Prémontrés et la Lorraine: XIIe-XVIIIe siècle, Éditions Beauchesne, 1998, 324 pages, p. 15
  25. Fernand L'Huillier, op. cit., du chapitre III au chapitre VI, p. 24-68
  26. Paul Kittel, George-Jean, Par la grâce de Dieu, comte Palatin du Rhin, duc de Bavière, comte de Veldenz et de la Petite-Pierre, fondateur de Phalsbourg, Éditions du musée de Phalsbourg, Editions du Griffon, 2002
  27. Le souverain français n'avait pas réussi à annexer le duché de Lorraine à la Paix de Westphalie, puis celle de Ryswick. Il dut parlementer avec les autres monarques d'Europe, dont l'Empereur qui est le suzerain légal du duché, pour obtenir petit à petit des morceaux de territoires lorrains ou évêchois contigus et ainsi pouvoir traverser la Lorraine ducale sans y entrer
  28. Texte de la plaque : « Bischove Wilhelm der Dritte hat diese Steige zu Fürderung gemeinte Nutz machen lassen im Jühr MCCCCCXXIIII »
  29. Ces explications sont données par un panneau accroché à la paroi du rocher du Prince Charles, réalisé par la Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs (SHASE) et le Club vosgien
  30. Elle est également indiquée sur le panneau de la SHASE au Saut du Prince Charles ; voir également [PDF] Henri Hiegel, La lèpre dans la toponymie mosellane
  31. Cf. explications du panneau de la SHASE sur place
  32. Georges Reverdy, L'histoire des routes de France du Moyen-âge à la révolution, Presses de l'École nationale des Ponts et Chaussées, Paris (France) (ISBN 285978280X), 1997
  33. Antoine de Régemortes, frère de Louis de Règemortes et Noël de Régemortes. Il est nommé ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de la généralité de Strasbourg. De 1730 à 1735, il dirige la construction de la nouvelle route de Strasbourg à Metz par le col de Saverne. In: Structurae, Base de données internationale du patrimoine du génie civil
  34. Circuits en VTT autour de Saverne
  35. Carte de randonnée IGN de référence n° 3715 OT, « Saverne-Sarrebourg-Dabo », 1:25 000, Club vosgien
  36. Passerelle à gibier sur la A4
  37. TMV : Traversée du massif vosgien à VTT
  38. Jean-Paul Ollivier, Celui qui souffrait contre le vent, Éditions de l'Aurore,‎ mai 1992, 225 p. (ISBN 2-903-950-62-8), p. 28.
  39. Paul Stintzi, Die Sagen des Elsasses, Alsatia Verlag, Colmar, 3e édition, 1930, p. 205
  40. Paul Stintzi, op. cit., p. 206

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Heitz, La côte et le col de Saverne: promenades historiques et archéologiques autour de Saverne, Volume 187, Partie 1 de Pays d'Alsace Guide Shase, édité par Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, 1999, 48 p.
  • Territoires Celtiques: Espaces Ethniques et Territoires des Agglomérations Protohistoriques D'Europe Occidentale, Actes du XXIVe Colloque International de L'AFEAF, Martigues, 1er-4 juin 2000, Volume 24 de Actes du colloque de l'association française pour l'étude de l'âge du fer
  • S. Fichtl et A.-M. Adam, L’oppidum médiomatrique du Fossé des Pandours au Col de Saverne (Bas-Rhin), Rapport intermédiaire, Université Marc Bloch, Étude des Civilisations de l’Antiquité
  • Georges Reverdy, L'histoire des routes de France du Moyen-âge à la révolution, Presses de l'École nationale des Ponts et Chaussées, Paris (France) (ISBN 285978280X), 1997
  • Revue trimestrielle Pays d'Alsace, Cahier Varia, de la Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs :
    • no 222, I 2008 : pages 3-10 : Francis Goubet, Nicolas Meyer, Pierre Niclot : « Le hameau gallo-romain du Bannwald »
    • Articles sur le col de Saverne : no 177 IV/1996, no 182 I/1998