Coffret d'Auzon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Détail de la partie gauche de la face principale de la cassette.

Le coffret d'Auzon est un reliquaire, mondialement connu sous l'appellation anglaise de Franks Casket (littéralement « coffret de Franks », du nom de son inventeur britannique) ou Auzon Runic Casket (« coffert runique d'Auzon », du nom du village de Haute-Loire où il fut trouvé). Il est conservé au British Museum, sauf un panneau qui se trouve au musée national du Bargello à Florence. Un moulage en est exposé au musée de Clermont-Ferrand.

Origine[modifier | modifier le code]

La cassette était la propriété d'une famille d'Auzon. Elle lui servait de boîte de couture jusqu'à ce que les charnières en argent en soient récupérées pour faire une bague. Sans ses charnières, la cassette se disloqua. Les panneaux, sauf un, furent montrés à un certain professeur Mathieu, à Clermont-Ferrand, qui les vendit à un marchand d'art de Paris, où ils furent achetés en 1857 par Sir Wollaston Franks. Le panneau manquant fut retrouvé ultérieurement dans un tiroir par la famille d'Auzon et vendu au Musée du Bargello à Florence, lequel, en 1890, fit le rapprochement avec les panneaux du Musée Britannique (British Museum) [1].

Mathieu indique un lien avec la collégiale d'Auzon, cette origine est également proposée en 1867 dans les registres d'acquisition du Musée Britannique, auquel Augustus Wollaston Franks fit don de la cassette en 1867[2]. Cependant, les échanges entre Mathieu et Franks (alors conservateur au département des Antiquités) n'indiquent jamais la provenance du reliquaire[3]. Les circonstances de son arrivée à Londres ne sont pas très claires. Bien qu'il ait été reconnu comme portant des écritures anciennes anglo-saxonnes, le British Museum avait, dans un premier temps, refusé de l'acheter. Le coffret semble passer dans plusieurs mains avant de finalement intégrer la collection du musée. Des recherches faites par W. H. J. Weale du Victoria & Albert Museum, venu à Brioude et Auzon à la fin du XIXe siècle, suggéraient que la cassette appartenait à l'église Saint-Julien à Brioude, où il est possible qu'elle ait été dérobée pendant la Révolution française[4]. Son origine et son iconographie intriguent.

Monographie : Alfred Becker, Franks Casket Zu den Bildern und Inschriften des Runenkästchens von Auzon (Ratisbonne, 1973)

Particularités[modifier | modifier le code]

Face du panneau arrière

Sur cet objet unique, en os de baleine, sont sculptées en relief des illustrations germaniques païennes ainsi que des formes typiques anglo-saxonnes. Son style, les scènes gravées entourées de textes runique et latin, indiquent qu'il fut fabriqué au début du VIIIe siècle dans le nord de l'Angleterre, provenant du royaume de Mercie ou bien de la Northumbrie. Sa construction copie celle d'un reliquaire chrétien tardo-antique[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. A. L. Vandersall, The Date and Provenance of the Franks Casket, Gesta 11, 2 (1972), pp. 9-26.
  2. An English Miscellany presented to Dr Furnal, Oxford, 1901, pp. 362-381.
  3. G. Stephens, The old northern Runic Monuments of scandinavia and England, vol. I, London, et Copenhagen, 1866-7, pp. 470-1.
  4. Leslie Webster, Le coffret d'Auzon, Saint Julien et les origines de Brioude, p.3 13 (2007).
  5. Leslie Webster, Le coffret d'Auzon, Saint Julien et les origines de Brioude, p. 313 (2007).


Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :