Codex maya

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Page 9 du Codex de Dresde (édition Föstermann 1880).

Les codex mayas sont des assemblages de feuilles ou cahiers rédigés en écriture maya par des scribes de la civilisation maya précolombienne. Ces codex ont reçu les noms des villes dans lesquelles ils sont désormais conservés. Le codex de Dresde est généralement considéré comme le plus important des quatre codex connus[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Lors de la conquête espagnole du Yucatan au XVIe siècle, il existait de nombreux livres semblables qui furent par la suite détruits sur une large échelle par les Conquistadors et les prêtres. Ainsi, la destruction de tous les livres présents au Yucatan fut ordonnée par l'évêque Diego de Landa en juillet de l'année 1562. Ces codex, ainsi que les nombreuses inscriptions sur les monuments et stèles qui subsistent encore de nos jours, constituaient les archives écrites de la civilisation maya. En revanche, il est fort probable que la palette des sujets qu'ils traitaient différait de façon significative des thèmes conservés dans la pierre et sur les constructions ; avec leur destruction nous avons perdu la possibilité d'entrevoir des domaines clefs de la vie des Mayas.

Quatre codex et le fragment d'un cinquième nous sont parvenus :

Le Codex de Dresde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Codex de Dresde.

Le Codex de Dresde (Codex Dresdensis) est conservé à la Bibliothèque Universitaire du Land de Saxe (SLUB), institution régionale située à Dresde. Le plus évolué des codex, il se présente comme un calendrier associant aux jours de l'année les dieux qui en sont responsables. Il nous détaille le calendrier maya et son système numéral. Le codex est rédigé sur une longue bande de papier amatl pliée en accordéon pour composer un livre de 39 feuillets recto verso. Plusieurs scribes - cinq ou huit selon les spécialistes qui l'ont examiné[5], l'ont probablement rédigé peu avant la conquête espagnole. Il réapparaît en Europe où la Bibliothèque Royale de la Cour de Saxe en fait l'acquisition en 1739[1].

Le Codex de Madrid[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Codex Tro-cortesianus.

Le Codex de Madrid (Codex Tro-cortesianus) traite d'horoscopes et de tables astrologiques. Il aurait été envoyé par Hernán Cortés à la cour royale d'Espagne. Ses 112 pages, un temps séparées en deux sections appelées Codex Troano et Codex Cortesianus, furent réunies en 1888. Il est conservé au Museo de América de Madrid.

Un écrit de Léonard de Vinci trouvé récemment à la bibliothèque de Madrid, porte aussi le nom de Codex de Madrid II. Il y est sujet d'optique, de réflexion et de perception visuelle.

Le Codex de Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Codex Peresianus.

Le Codex de Paris (Codex Peresianus) trouvé dans la poubelle d'une bibliothèque parisienne, est dans un état très dégradé. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Le Codex Porrúa[modifier | modifier le code]

Du nom du libraire mexicain Don Manuel Porrúa[2].

Il est constitué de 105 pièces en peau de lamantin (datation entre le IIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle)[6].

L'authenticité de ce codex a été contestée dans les années 1970[2].

Le Codex Grolier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Codex Grolier.

Alors que les érudits connaissaient les trois autres codex depuis le XIXe siècle, le Codex Grolier n'est apparu que dans les années 1970. Ce quatrième codex maya n'a pas été formellement authentifié par les spécialistes, qui restent divisés sur la question. Il s'agit d'un fragment de 11 pages, qui aurait été trouvé dans une grotte. Conservé dans un musée au Mexique, il n'est pas exposé au public mais des photos sont disponibles sur internet. Ses pages sont bien moins complexes que toutes celles des autres codex. Chacune représente un héros ou un dieu, tourné vers la gauche. Le haut de page est marqué d'un nombre. Le bas de page gauche présente apparemment une liste de dates.

Autres codex mayas[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques de sites mayas ont mis au jour un certain nombre d'amas rectangulaires de plâtre et d'écailles de peintures, le plus souvent dans des tombes de dignitaires. Ces amas sont les restes de codex dont la partie organique s'est décomposée[7]. Ils ont été découverts à Uaxactún, San Agustín Acasguastlan et Nebaj au Guatemala, à Altun Ha au Belize et Copán au Honduras. Ils datent du Classique ancien (Uaxactún et Altun Ha), du classique récent (Nebaj, Copán) et du Postclassique ancien (San Agustín Acasguastlan)[8]. Certains parmi les mieux conservés ont été préservés avec l'espoir ténu que les techniques des futures générations d'archéologues nous permettent d'accéder aux informations contenues dans ces fragments de pages.

Falsifications[modifier | modifier le code]

Depuis le début du XXe siècle, plusieurs faux de qualité variable ont été mis sur le marché ; si les scientifiques ont rarement été abusés, les collectionneurs d'art ont souvent fait la fortune des faussaires (deux Codex falsifiés de bonne facture appartenaient à la collection de William Randolph Hearst). Ainsi, le Codex Grolier n'a pas été formellement authentifié par les spécialistes du monde maya[9].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Faisant référence aux rares textes mayas existants, Michael D. Coe, un éminent archéologue de l'Université Yale a déclaré : « Notre connaissance de la pensée maya antique ne représente qu'une infime fraction de l'image d'ensemble car, des milliers de livres qui conservaient l'étendue de leurs savoirs et rituels, seuls quatre nous sont parvenus (comme si tout ce que la postérité devait retenir de nous s'appuyait sur trois livres de prières et Le Voyage du pèlerin)[10]. »

Procédé de fabrication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Le codex de Dresde », sur World Digital Library,‎ 1200-1250 (consulté le 2013-08-21)
  2. a, b et c (en)Leonardo Ferreira, Centuries of Silence: The Story of Latin American Journalism, p. 33 (Extrait sur Google books).
  3. Nikolai Grube: Der Dresdner Maya-Kalender: Der vollständige Codex. Verlag Herder, Freiburg, 2012, ISBN 978-3-451-33332-3, p. 21-22(de)
  4. Milbrath, Susan: New Questions Concerning the Authenticity of the Grolier Codex, Latin American Indian Literatures Journal, volume=18, issue=1, 2002, p. 50–83(en)
  5. Michael D. Coe, L'art maya et sa calligraphie, Éditions de la Martinière, 1997, p. 179
  6. Jorge Ángel Livraga Rizzi, Le Codex Porrua. Mystérieux manuscrit pictural de la culture Maya, in Revue Acropolis (article en ligne)
  7. Robert J. Sharer, The Ancient Maya, Stanford University Press, 2006, p. 129
  8. Peter Schmidt, Mercedes de la Garza et Enrique Nalda (éd.), Maya Civilization, Thames & Hudson, 1998, p. 208
  9. Claude Baudez, Venus y el Códice Grolier, Arqueología Mexicana 55-10 (2002): 70-79, 98-102
  10. Michael D. Coe, The Maya, Londres, Thames and Hudson, 4e ed., 1987, p. 161.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Taladoire, Les trois codex mayas. Les manuscrits sacrés d'une civilisation disparue, Paris, Balland, 2012, 240 p., ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]