Codex Nowell

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Première page de Beowulf

Cotton Vitellius A. xv est la référence de l’un des quatre principaux codicis préservés de la littérature anglo-saxonne en vieil anglais. Le codex comprend en fait au moins deux manuscrits distincts qui ne semblent avoir été reliés ensemble qu’au plus tôt au cours du XVIIe siècle. Le second, généralement appelé Codex Nowell, est célèbre pour contenir l’unique copie existante du poème épique Beowulf.

Il est conservé à la British Library avec les autres éléments de la bibliothèque Cotton.

Composition[modifier | modifier le code]

Le premier manuscrit date du XIIe siècle et comprend quatre textes en prose : une copie des Soliloques d’Augustin d’Hippone dans leur traduction par Alfred le Grand, une traduction de l’Évangile de Nicodème, le texte Salomon et Saturne, et un fragment d’une vie de saint Quentin.

Le second manuscrit est nommé Codex Nowell car il porte le nom de Laurence Nowell sur sa première page. Il est généralement daté des alentours du XeXIe siècle. Les éditions les plus récentes suggèrent la décennie après l’an mille[1]. Il commence par trois textes en prose : une vie de saint Christophe, Les Merveilles de l'Orient (une description de pays exotiques et de leurs habitants), et la traduction d'une Lettre d'Alexandre à Aristote.

Ces textes sont suivis de Beowulf, qui occupe l’essentiel du manuscrit, et Judith, une reprise en vers d'une partie du Livre de Judith. L’usure importante de la dernière page de Beowulf et d’autres éléments (comme les trous laissés par les vers) indiquent que Judith n’était pas rattaché à l’origine au manuscrit, bien qu’il soit rédigé dans la même écriture que la fin de Beowulf.

Le contenu plutôt éclectique du codex a entraîné un débat quant aux raisons ayant conduit au choix de ces textes en particulier. Une théorie veut que le ou les compilateurs aient vu un lien thématique entre ces textes : les cinq ont tous trait, de près ou de loin, avec des monstres, ou un comportement monstrueux[2].

Laurence Nowell semble avoir possédé le manuscrit vers le milieu du XVIe siècle. Il fut par la suite acquis par le collectionneur Robert Bruce Cotton, d’où lui vient son nom de Cotton Vitellius A. xv, en référence à son système de classification. Le manuscrit fut gravement endommagé lors de l’incendie d’Ashburnham House, en 1731, durant lequel un quart de la bibliothèque Cotton fut détruit ou endommagé. Dans le cas du Codex Nowell, le volume en lui-même a subsisté, mais les bords des pages furent gravement endommagés. Aucune restauration sérieuse ne fut entreprise avant le XIXe siècle, à un moment où les marges étaient déjà irrécupérables.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Roy Michael Liuzza, Beowulf : A new verse translation,‎ 2000 (ISBN 1551111896), p. 11
  2. (en) Andy Orchard, Pride and Prodigies : Studies in the Monsters of the Beowulf-Manuscript, Toronto, University of Toronto Press,‎ 2003 (ISBN 0802085830)
  • Kevin Kiernan, Beowulf and the Beowulf Manuscript (édition révisée), University of Michigan Press, Ann Arbor, 1996

Voir aussi[modifier | modifier le code]