Codex Amiatinus

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Portrait d'Ezra, folio 5r du Codex Amiatinus.

Le Codex Amiatinus est le plus célèbre manuscrit de la Bible en latin (Vulgate), remarquable comme meilleur témoin du vrai texte de saint Jérôme et comme magnifique spécimen de calligraphie, actuellement conservé à Florence dans la Bibliotheca Laurentiana (Cat. Sala Studio 6).

Son symbole est écrit am ou A (Wordsworth). Il est préservé dans un volume si imposant, tel que Fenton John Anthony Hort le présente, qu'il impressionne le spectateur avec un sentiment apparenté à la crainte. Certains le considèrent, comme White, comme peut-être le "livre le plus précieux dans le monde" ; cependant il existe par ailleurs plusieurs manuscrits qui sont admirablement écrits, comme le Livre de Kells ou les Évangiles de Lindisfarne, avec des ornements exquis dont l'Amiatinus est exempt.

Description[modifier | modifier le code]

Il contient 1 029 feuilles de vélin fort et lisse, d'aspect frais en dépit de leur grande antiquité, disposées en feuille de papier de quatre feuilles, ou quaternions. Le format de ce volume est 50,5 cm sur 34 cm, et épais de 21 cm. Il est écrit en belle onciale, deux colonnes par page, et 43 ou 44 lignes par colonne. Un peu d'espace est souvent laissé entre les mots, mais l'écriture est en général continue. Le texte est divisé en sections, ce qui correspond dans les Évangiles aux sections d'Ammonian. Il n'y a aucune marque de ponctuation, mais le lecteur habile est guidé dans la lecture par stichométrique, ou comme-vers, arrangement dans le coda et commata, qui délimitent grossièrement les prépositions principales et dépendantes d'une phrase. Cette façon d'écrire à la pointe à tracer est censée avoir été modelée sur la grande Bible de Cassiodorus, mais elle remonte peut-être même à Saint Jérôme.

Historique[modifier | modifier le code]

Un bibliothécaire florentin, Angelo Maria Bandini, avait avancé l'hypothèse que l'auteur aurait pu être un nommé Servandus, disciple de Benoît de Nursie, et que cette copie aurait pu être effectuée au Mont Cassin aux alentours de 540. Cette présentation des choses a été abandonnée dans la seconde moitié du XIXe siècle. Des chercheurs allemands avaient en effet remarqué que cette copie présentait beaucoup de similitudes avec des textes du IXe siècle. Et surtout, en 1888 Giovanni Battista de Rossi parvint à lire sous un grattage la dédicace originale du manuscrit citant Ceolfridus ("Ceolfrith" dans sa forme moderne), abbé des monastères de Wearmouth et Jarrow dans le Northumberland :

"Corpus ad eximii venerebile Petri/ Quem caput ecclesiæ dedicat alta fides/ Ceolfridus Anglorum extremis de finibus abbas/ Devoti affectus pignora mitto mei (...)"[1]

À l'origine trois copies de la Bible avaient été commandées par Ceolfrith, en 692. Cette date nous est connue car les moines avaient obtenu le don de pâturages destinés à nourrir 2000 moutons afin de confectionner les feuilles de vélin nécessaires pour effectuer les copies. Bède a été très probablement impliqué dans la compilation. Ceolfrith s'est mis en chemin avec quelques compagnons pour offrir un des trois exemplaires au pape Grégoire II. Il est mort le 25 septembre 716 à Langres[2]. Le codex réapparaît au IXe siècle, à l'Abbaye San Salvatore installée sur le flanc est du Mont Amiata au sud de Sienne, (d'où le nom Amiatinus qui lui a été donné). Il y restera jusqu'en 1786, date à laquelle il est transféré à la Bibliothèque laurentienne.

Dès lors daté de la fin du VIIe siècle ou du début du VIIIe siècle , le codex Amiatinus n'en demeure pas moins la version la plus ancienne de la Vulgate.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cité par Samuel Berger, Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du Moyen Âge, Paris, Hachette, 1893, p. 37.
  2. H. J. White, Codex Amiatinus of the Latin Vulgate Bible and its Birthplace, Gorgias Press, Piscataway, 2006 (réédition), p. 283.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Walter Cahn, La bible romane, Office du livre, Fribourg, 1982.
  • H. J. White, Codex Amiatinus of the Latin Vulgate Bible and Its Birthplace, Studia Biblica Ecclesiastica, Oxford, 1890, reprint by Gorgias Press, Piscataway (N J), 2006. [1]
  • (en) John Chapman, Notes on the early history of the Vulgate Gospels, Oxford, Oxford University Press,‎ 1908 (lire en ligne), « The Codex Amiatinus and the Codex Grandior », p. 2-8.
  • (en) Richard Marsden, The Text of the Old Testament in Anglo-Saxon England (lire en ligne), « The Codex Amiatinus, a sister pandect and the Bibles at Vivarium », p. 106-120

Liens externes[modifier | modifier le code]

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