Cobra de Pougatchev

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cobra (homonymie) et Pougatchev (homonymie).

Le Cobra et plus particulièrement le Cobra de Pougatchev est une manœuvre de combat aérien, plus particulièrement en post-décrochage. Cette manœuvre est rendue possible grâce à une combinaison du contrôle du tangage, de stabilité, et d'efficacité des moteurs et des entrées d'air à angle d'attaque très élevé. Utile en combat aérien, le Cobra de Pougatchev effectué rapidement permet des virages serrés et peut ainsi désarçonner l'adversaire, l'empêchant de verrouiller sa cible ou encore de permettre au pilote de se placer en position d'attaque. Le Cobra de Pougatchev est considéré comme l'une des figures de voltige aérienne les plus exigeantes et difficiles à réaliser durant les meetings aériens à travers le monde.[réf. nécessaire][1]. La particularité de la manœuvre du Cobra de Pougatchev par rapport au terme plus général de Cobra, est que l'angle d'attaque (i.e. de braquage) dépasse les 90° pour celle-ci, alors que ce n'est pas forcément le cas pour une manœuvre du Cobra.

La première fois qu'un avion a été aperçu faire une manœuvre du Cobra était un F-14, sauf que l'angle d'attaque atteignait à peine les 70°. Le premier à réaliser un Cobra avec un angle de braquage dépassant les 90° fut le pilote d'essai de Soukhoï, Igor Volk, lors des tests en vol du Su-27 Flanker[2]. Le pilote d'essai soviétique, Viktor Pougatchev, fut le premier pilote à effectuer un Cobra en public avec un angle d'attaque supérieur à 90°, lors du salon aéronautique du Bourget en 1989[3]. C'est alors que la manœuvre du Cobra avec un angle d'attaque supérieur à 90° fut appelée le Cobra de Pougatchev.

Décomposition des différentes phases d'un cobra de Pougatchev effectué par un Su-27 Flanker.

Description[modifier | modifier le code]

Tout d'abord, le pilote doit désengager son appareil de sa limite d'angle d'attaque et par le fait même, le défaire de sa protection contre les trop grands facteurs de charges. Puis, le pilote doit rapidement ramener le manche vers lui. L'appareil atteindra un angle d'attaque d'environ 90 à 120 degrés (pour le Cobra de Pougatchev), ainsi qu'un léger gain d'altitude mais aussi une perte significative en vitesse. À cet angle d'attaque, le pilote doit relâcher le manche. La gouverne de profondeur en position neutre génère de la traînée et une résistance à l'air qui ramène l'avion en position horizontale. De nouveau en palier, le pilote doit accélérer le plus rapidement possible afin de compenser la perte de vitesse et éviter le décrochage. Effectué correctement, l'avion maintient une trajectoire de vol quasiment rectiligne durant chaque phase et il ne prend ni roulis ni lacet. La vitesse est un élément clé pour réaliser le Cobra de Pougatchev. Une vitesse trop basse ne permettra pas au pilote d'atteindre un angle d'attaque élevé sans décrocher, tandis qu'une vitesse trop élevée fera grimper l'avion et causera trop de facteur de charge, ce qui est extrêmement dangereux pour le pilote qui peut perdre conscience en plein vol.

Cette manœuvre a été nommée Cobra en référence au serpent qui se redresse face au danger imminent. Effectuer un Cobra durant un combat aérien freine brusquement l'avion ce qui pourrait laisser l'appareil ennemi passer devant. Une fois l'adversaire devant son avion, le pilote remet son appareil en vol horizontal et il est ainsi disposé à faire feu.

À noter que le Cobra de Pougatchev et le Cobra s'effectuent sans la post-combustion afin de réduire la force G et de ne pas monter en flèche.

Critères[modifier | modifier le code]

Pour effectuer un Cobra de Pougatchev, l'appareil (un avion de chasse) doit posséder des gouvernes de profondeur efficaces, et donc souvent de grande taille. Il doit aussi disposer d'entrées d'air correctement positionnées, jamais masquées par le fuselage ou la voilure, afin d'approvisionner continuellement les moteurs en air. Des dérives verticales assez hautes par rapport à l'avion assurent un flux d'air constant sur le gouvernail et empêchent de perdre le contrôle en lacet ou en roulis.

Certaines caractéristiques peuvent faciliter la manœuvre, mais sont optionnelles et ne permettront pas de faire le Cobra à elles seules. Parmi ces caractéristiques, on retrouve des extensions de bord d'attaque des ailes (apex). Les extensions de bord d'attaque augmentent la stabilité et réduisent le risque de décrochage car elles génèrent des vortex, qui augmentent la portance et la stabilité aux grands angles d'incidence [4]. Les plans canards facilitent aussi la manœuvre en améliorant la stabilité et en augmentant la maniabilité (ils agissent comme des apex). En ce qui concerne les moteurs, les entrées d'air à géométrie variable doivent être complètement ouvertes.

Cependant, un avion possédant uniquement la poussée vectorielle et des entrées d'air correctement positionnées sera apte à faire le Cobra de Pougatchev.[réf. nécessaire]

Aéronefs ayant déjà effectué un Cobra de Pougatchev[modifier | modifier le code]

À noter que seuls le Su-30, le Su-35, le Su-37, le MiG-29 OVT (MiG-35) et le F-22 possèdent la poussée vectorielle.

Russie :


Suède :

  • Le Saab 35 Draken avec un angle de baquage tout juste au-dessus de 90°

États-Unis :

Aéronefs théoriquement capables d'effectuer un Cobra de Pougatchev[modifier | modifier le code]

Les aéronefs suivants possèdent tous la poussée vectorielle et devraient être en mesure d'effectuer le Cobra de Pougatchev.

Russie :

  • Le Soukhoï Su-47 Berkut était supposé être équipé de poussée vectorielle.
Un F-18 HARV de la NASA. Les extensions de bord d'attaque génèrent des vortex.

États-Unis : Les prototypes de la NASA:

  • Le F-15 S/MTD, le F-15 ACTIVE et le F-15 IFCS.
  • Le F-18 HARV
  • Le F-16 MATV et le F-16 VISTA.

Allemagne-États-Unis :

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Cette figure aérienne est illustrée en démonstration et en phase de combat dans Les Secrets de la Mer Noire, le quarante-cinquième album de la série de bande dessinée Buck Danny de Jacques De Douhet et Francis Bergèse. Elle apparaît aussi dans le vingt-sixième album Prisonniers des Serbes des aventures de Tanguy et Laverdure.

On voit aussi cette manœuvre dans le jeu vidéo : Battlefield 3, Dans la quatrième mission "En chasse". Copilote d'un F18 Hornet, et poursuivant un Su 27, celui-ci passe dans votre dos en utilisant cette manœuvre et se met ensuite à vous attaquer

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Manœuvres similaires au Cobra :

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La figure du Cobra », sur Passion d'avions,‎ 06/08/2010
  2. (ru) Из космоса — на самолёт!
  3. (en) Mike Spick, The Illustrated Directory of Fighters, St. Paul, Minnesotta, MBI Publishing Company,‎ 2002 (ISBN 0760313431, lire en ligne), p. 442
  4. L'aile delta permet cependant le vol aux grands angles (ce qui est le cas pour toutes les ailes delta, y compris par exemple le Mirage III ou le Concorde). Il se crée alors deux puissants vortex qui ont un effet stabilisateur sur l'écoulement.