Coût complet

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Le coût complet d'un objet ou d'un service est un prix de production qui prend en compte la totalité des coûts de production. Il faut prendre garde d'exclure les frais de distribution qui ne sont pas du domaine de la production. Ajouter les coûts hors production au coût de production permet de trouver le coût de revient (ou prix de revient).

Le calcul du coût complet utilise la comptabilité analytique. Il pourra être un élément utilisé par le contrôle de gestion.

Enjeu[modifier | modifier le code]

Une entreprise est un ensemble complexe :

  • les sites ou ateliers de production sont parfois nombreux et rarement uniques ;
  • l'entreprise produit généralement plusieurs produits, avec la participation de plusieurs services, ateliers, etc.
  • certains services ne participent qu'indirectement à la production.

L'optimisation de la marge suppose que l'on soit capable de déterminer à quel prix revient la production d'une unité d'un produit, qu'il s'agisse de :

  • fixer les prix de vente,
  • déterminer le programme de production compte tenu des prix de vente,
  • répartir ce programme de production entre les sites selon leurs différents coûts de production,
  • rechercher les éléments où les réductions sont les plus rentables compte tenu des volumes produits (quels éléments sont les plus chers ? où peut-on faire des économies ? ), etc.

Chaque entité de gestion et sa contribution effective à l'organisation d'ensemble, doit pouvoir être pesée, évaluée et améliorée.

La méthode des coûts complets, déjà utilisée au XVIe siècle[réf. nécessaire], consiste à calculer les coûts de production des produits (biens ou services) en répartissant les charges directes et indirectes de l'entreprise (celles qui peuvent être affectées directement ou indirectement à un centre de répartition). Cette vision et cette méthode de traitement exhaustif des coûts doit être distinguée de celles où ne sont pris en compte qu'une partie des coûts, comme le direct costing par exemple, où seuls les coûts directs sont pris en considération.

Méthode[modifier | modifier le code]

Caractéristiques de la méthode des coûts complets[modifier | modifier le code]

La répartition des charges directes, ou coûts dits affectables, ne présente pas de difficultés, car elles peuvent être imputées directement aux produits. Par exemple on peut déterminer relativement facilement ce qu'un produit fini a coûté en matière première.

D’autres coûts, par contre, ne sont pas facilement et spontanément affectables à un produit. Ils sont utilisés de façon globale à la production, pas pour un produit précisément. Par exemple, l'énergie, les communications téléphoniques, des assurances sont des coûts affectables à l’ensemble d'une production. Ce sont des charges indirectes.

L'imputation consiste à répartir ces coûts sur plusieurs postes de production, selon des clés de répartition. Ces clés appelées unité d'œuvre, sont en fait des rapports au produit et sont fixées plus ou moins arbitrairement. Il n'existe, en effet, pas de clés pouvant être utilisées dans tous les cas. L'heure de main-d'œuvre directe (HMOD) est une des clés les plus fréquemment utilisées pour répartir les charges indirectes des ateliers de production.

Les divers types de coûts vont être soit distingués, soit regroupés pour être imputés grâce à des clés de répartition simples (taux d'imputation) ou complexes (taux d'imputation applicables via des sections auxiliaires) à des entités analytiques judicieusement choisies :

  • soit par fonction dans l’entreprise : production, distribution, administration, étude, etc.
  • soit par moyen d’exploitation : magasin, usine, rayon...
  • soit par responsabilité : un directeur, un chef de service...
  • soit par famille de produits ou produit élémentaire
  • etc.

Au bout du compte, on peut parler de coûts complets lorsque tous les coûts imputés ont épuisé l'ensemble des coûts supportés par l’entreprise.

La somme des charges réparties divisée par le nombre de produits permet de trouver le coût de production unitaire qui sert directement comme valeur à utiliser pour les stocks. Ce coût permet en effet de déterminer le coût d'entrée par les méthodes CUMP (coût unitaire moyen pondéré) ou FIFO (First in, first out) par exemple nécessaires à la valorisation des stocks.

Enjeux de la méthode des coûts complets[modifier | modifier le code]

Une limite de la méthode des coûts complets est l'emploi massif de la répartition des charges indirectes. Cela entraîne des effets de subventionnements qui masquent les différences de profitabilité entre les produits. La fixation de ces clés est le principal reproche fait à la méthode. En effet, elle suppose que les charges indirectes sont réparties de manière linéaire selon les produits ce qui n'est pas le cas lorsque les produits sont hétérogènes.

Cette imprécision dans la méthode conduit à imputer plus de charges indirectes sur un produit et donc à alourdir son coût au profit d'un autre produit, selon le principe des vases communicants. Selon le choix de la clé de répartition, le résultat peut être parfois très différent et mener à des décisions erronées. Cette imprécision est d'autant plus importante que la proportion des charges indirectes est très grande.

L'utilisation de cette méthode gagne donc en pertinence lorsque le processus de production est stable, le personnel est peu polyvalent et les produits sont standards. La répartition des charges indirectes devient alors plus pertinente.

Voir aussi[modifier | modifier le code]