Pôle de compétitivité (économie)
Un pôle de compétitivité est une région, généralement urbanisée, où s'accumulent des savoir-faire dans un domaine technique, qui peuvent procurer un avantage compétitif au niveau planétaire une fois atteinte une masse critique. La prospérité ainsi apportée tend à se propager aux autres activités locales, notamment de service et de sous-traitance.
Dans cet usage, on peut utiliser les termes d'« agrégat » ou de « grappe » d'entreprises. Une grappe d’entreprises est un réseau territorial constitué majoritairement de PME et de TPE, appartenant souvent à une même filière industrielle ou technique.
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Les apports théoriques[modifier]
On peut trouver les germes des principes sous-tendant les pôles de compétitivité dans la théorie des avantages comparatifs de l'économiste classique David Ricardo : chaque pays (ou chaque région) gagne à se spécialiser dans la production où il possède un avantage relatif, c'est-à-dire là où il est relativement le meilleur ou le moins mauvais. Les notions d’économie d'échelle sont également mobilisées.
Le professeur de stratégie d'entreprise de l'université de Harvard, Michael Porter, s'est inspiré de la théorie des avantages comparatifs pour proposer en 1990 la notion de pôles de compétitivité (competitive clusters) qui rassemblent, sur une même zone géographique et dans une branche d'activité spécifique, une masse critique de ressources et de compétences procurant à cette zone une position-clé dans la compétition économique mondiale.
Alfred Chandler, professeur d'histoire économique à Harvard, a été le premier à mettre en évidence l'idée de first mover et l'importance, pour la croissance d'une entreprise, d'un développement fondé sur le cluster. Dans ce contexte son ouvrage fondamental est Scale and Scope[réf. nécessaire].
Rôle de la formation, types de pôles[modifier]
Dans tous les cas, la formation et le savoir-faire, à un niveau d'excellence mondiale, jouent un rôle dans l'existence de ces pôles. De ce point de vue on peut les classer en deux catégories :
Pôles reposant sur la recherche scientifique de haut niveau (technopoles)[modifier]
Le pivot d'une telle zone d'excellence est souvent une université dotée d'un centre de recherche scientifique de renom et très motivée par la coopération avec les entités économiques et financières locales. C'est le cas de :
- la Silicon Valley qui regroupe ces trois compétences : des universités (Stanford, Berkeley, Santa Clara), des entreprises technologiques (l'une des premières fut Hewlett-Packard) et des fonds de capital risque.
- l'agglomération de Bangalore en Inde, devenue également un pivot de recherche et développement technologique à l'échelle mondiale : de très nombreuses entreprises technologiques internationales y sont maintenant implantées.
- en Europe, les régions de Silicon Fen, Saclay, Grenoble, Toulouse, Munich, Dublin, des districts italiens, etc.
On parle par ailleurs de pôles d'enseignement et de recherche concernant les regroupements d'universités et de centres de recherches en ensembles ayant la taille critique en matière de réunion de compétences. Cela vise notamment à atteindre une renommée internationale et un bon classement dans les comparaisons mondiales, pour attirer les meilleurs enseignants, chercheurs et étudiants. Le but est d'attirer aussi les meilleurs entreprises internationales du secteur concerné, au moins la partie consacré à la recherche et au développement.
Pôles reposant sur des savoir-faire traditionnels[modifier]
Certains pôles de compétitivité n'ont pas de rapport direct avec la recherche scientifique mais ont maintenu leur avance en savoir-faire au cours des âges : par exemple la Suisse pour l'horlogerie, Paris pour la haute couture et plus largement pour l'industrie du luxe en général ou Genève pour la finance. Dès le début des années 1990, le Pays basque espagnol ou sud fut le premier territoire à expérimenter le concept de cluster avec l'appui direct de Michael Porter autour de la sidérurgie et de la machine-outil. Douze clusters représentent désormais plus de 50 % du PIB basque[réf. nécessaire].
Importance dans l'économie moderne[modifier]
Les pôles de compétitivité sont très important pour l'économie nationale car elles permettent aux pays du nord, dont les côuts de main d'oeuvre sont trop élevés de toujours progresser dans la recherche et le développement. Sans ces pôles de compétitivité, il y aurait une stagnation de l'économie mondial.
Voir aussi[modifier]
Liens externes[modifier]
- Observatoire des pôles de compétitivité, École nationale supérieure des mines de Paris
- Jean Bouinot, « Les pôles de compétitivité : le recours au modèle des clusters ? », sur Cybergeo : European Journal of Geography. Mis en ligne le 9 mars 2007