Cloporte
Cloportes
Armadillidium vulgare
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Arthropoda |
| Sous-embr. | Crustacea |
| Classe | Malacostraca |
| Ordre | Isopoda |
Le cloporte est un crustacé formant le sous-ordre des oniscides (Oniscidea) dans l'ordre des isopodes, avec plus de 3 000 espèces connues dont plus de 160 en France[1]. L'espèce la plus répandue est le cloporte commun.
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Description [modifier]
Le cloporte est le seul crustacé terrestre avec un exosquelette rigide, segmenté, de couleur jaunâtre-brun pâle (plutôt chez les jeunes) à noirâtre en passant par le gris ardoise. Sa carapace est parfois presque transparente. Elle est composée de calcaire, phosphate de calcium et de chitine.
Le cloporte vit entre 2 et 3 ans en effectuant des mues mensuelles. Il atteint sa maturité sexuelle à l'âge de 3 mois à 1 an selon les espèces.
Certaines espèces de cloportes peuvent se rouler en boule quand ils se sentent menacés, ne laissant que leur dos blindé exposé (volvation). Ils se distinguent des gloméris (mille-pattes) par le nombre plus important de plaques tergales, lorsqu'ils sont en boule.
Un cloporte femelle maintient les œufs fertilisés en dessous de son corps dans une poche incubatrice appelée marsupium. Après un mois d'incubation, la mère semble alors « donner naissance » à sa progéniture.
Ils vivent en groupe familiaux.
Morphologie [modifier]
Le corps du cloporte est constitué de différents métamères associés en trois parties différentes : la tête, le thorax et l'abdomen.
- La tête ou céphalon porte les organes sensoriels (yeux composés, deux paires d'antennes dont une très réduite et difficilement observable) et les pièces buccales.
- Le thorax ou péréon est composé de 7 segments. La partie ventrale de chaque segment porte une paire de pattes marcheuses. Le cloporte possède ainsi 14 pattes, ce critère facilement observable permet de le différencier des insectes.
- L’abdomen ou telson composé de 5 segments porte les organes respiratoires et reproducteurs. Les cloportes respirent par des branchies contenues dans de petites poches remplies d'eau. Ces poches sont limitées par de fines membranes permettant l'échange des gaz respiratoires avec l'atmosphère.
Habitat [modifier]
Le cloporte est lucifuge et habituellement nocturne. Cela le pousse à rechercher des endroits sombres et humides qu'il colonise en groupes. Il se rencontre sous les feuilles ou les écorces, dans le bois mort, dans les anfractuosités rocheuses ou dans les caves et dans les trompettes de la mort (champignons poussant dans les forêts feuillues aux pieds des châtaigniers).
Une étude[2] sur les macroinvertébrés du sol en forêt de type méditerranéenne et dans le sud de la Russie, à partir de 144 échantillons de sol intactes (76 cm2 chacun) a montré une abondance moyenne en isopodes de 166,3 ± 16,0 indiv. m-2 (12 % de l'abondance totale de macrofaune dans ces cas), avec une biomasse en isopodes moyenne de 3,5 gm-2 (environ 21 % de la biomasse totale de la macrofaune)[2]. Trois genres de cloportes (Armadillidium, Cylisticus, et Trachelipus) occupaient les sites échantillonnés. Les deux derniers genres Cylisticus, et Trachelipus comptaient pour 93 % du total des populations isopodes[2]. Les chercheurs ont aussi constaté une répartition spatiale très hétérogène (les auteurs recommandent 40 échantillons au moins pour estimer l'abondance d'isopodes dans un sol forestier brun)[2]. Leur répartition semble notamment influencée par la masse de la litière, sa teneur en nourriture, son pH (plutôt neutre à très légèrement acide ; pH:6,79), une bonne rétention d'eau (70,9 %). Des cailloux composaient jusqu'à 84 % de la masse des échantillons[2].
Alimentation [modifier]
Le cloporte est un détritiphage qui s’alimente de la matière végétale morte en décomposition. Il contribue ainsi au recyclage de la nécromasse et permet un retour plus rapide des nutriments dans le sol. Il peut aussi s'attaquer aux végétaux vivants, aux racines, aux fruits, etc., mais il ne présente pas pour autant une menace pour les cultures.
Bioindication [modifier]
Plusieurs espèces de cloportes sont utilisés comme bioindicateurs ou biointégrateur[3], dont par exemple le Cloporte rugueux pour l'étude des impacts de sols pollués
Taxinomie [modifier]
Liste des familles :
- Infra-ordre/Section Diplocheta
- Infra-ordre Holoverticata
- Section : Tylida
- Section : Microcheta
- Section : Synocheta
- Section : Crinocheta
- Agnaridae
- Alloniscidae
- Armadillidae
- Armadillidiidae
- Balloniscidae
- Bathytropidae
- Berytoniscidae
- Cylisticidae
- Delatorreidae
- Detonidae
- Eubelidae
- Halophilosciidae
- Olibrinidae
- Oniscidae
- Philosciidae
- Platyarthridae
- Porcellionidae
- Pudeoniscidae
- Rhyscotidae
- Scleropactidae
- Scyphacidae
- Spelaeoniscidae
- Stenoniscidae
- Tendosphaeridae
- Trachelipodidae
Zoomorphisme et autres acceptions [modifier]
Dans certaines régions, le cloporte est appelé « cochon de saint Antoine ».
En argot, le terme de cloporte désigne un concierge soit en raison de l'obscurité supposée de sa loge soit par jeu de mots sur sa fonction (il clôt la porte)[4]. Par extension, le terme désigne une personne âgée peu dynamique, une personne qui se coupe du monde comme un ermite, une personne antisociale ou un misérable ; sous forme d'apostrophe (Espèce de cloporte), l'expression est une insulte (utilisée de temps à autre par le capitaine Haddock).
Alphonse Boudard a écrit un roman intitulé La Métamorphose des cloportes dont un film a été tiré. Les cloportes y sont les anciens associés d'un détenu qui rumine sa vengeance à leur encontre alors qu'ils l'ont « lâché » et sont devenus des gens rangés et honorables.
Des personnages de cloportes nommés Tuck et Roll apparaissent dans le film familial de Pixar 1001 pattes[5],[6].
Le terme de cloporte est parfois utilisé comme traduction du mot anglais bug.
Références externes [modifier]
- Référence Fauna Europaea : Oniscidea (en)
- Référence ITIS : Oniscidea Latreille, 1802 (fr) ( (en))
- Référence Animal Diversity Web : Oniscidea (en)
- Référence NCBI : Oniscidea (en)
Liens externes [modifier]
- Cloporteweb : Site très complet sur les cloportes, en particulier sur les espèces de Normandie
- Laboratoire Ecologie Evolution Symbiose : Site d'un laboratoire CNRS-Université de Poitiers dont le principal modèle d'étude est le cloporte
- SVT 44 : Les préférences des cloportes (expériences virtuelles)
Notes et références [modifier]
- (fr) Vandel, Albert, Les Isopodes terrestres, deuxième partie, vol. 66, Office central de faunistique, P.Lechevalier Paris, Faune de France, 1962
- Gongalsky, K. B., Savin, F. A., et al. (2005). Spatial distribution of isopods in an oak-beech forest. European Journal of Soil Biology, 41, 117–122 (résumé)
- Grelle, C., M.-C. Fabre, et al. (2000). Myriapod and isopod communities in soils contaminated by heavy metals in northern France ; European Journal of Soil Science 51, 425-433
- Définitions lexicographiques et étymologiques de « cloporte » du TLFi, sur le site du CNRTL. Consulté le 24 mai 2011]
- « Pixar - A Bug's Life - The Characters » (Archive • Wikiwix • Que faire ?), pixar.com. Consulté le 10-07-2010
- (en) A Bugs Life (1998) - Full cast and crew, Imdb.com. Consulté le 10-07-2010