Clonorchis sinensis

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Clonorchis sinensis est un ver responsable d'une distomatose humaine, la clonorchose.
La douve de Chine, Clonorchis sinensis, est un ver de petite taille, parasite normal du porc, du chien et du chat qui, par sa présence chez l'Homme, est à l'origine de la distomatose hépatique d'Extrême-Orient.

Répartition géographique et importance[modifier | modifier le code]

Le clonorchose est la parasitose hépatique la plus fréquente du monde. Elle est endémique en Extrême-Orient. Son importance tient autant de la forte proportion des atteintes (40 % de la population en moyenne, 100 % dans certains foyers) qu'à leur gravité habituelle en zones d'endémie où les réinfestations sont constantes.

Morphologie[modifier | modifier le code]

L'adulte, très plat et translucide, est lancéolé arrondi à l'arrière, rougeâtre et mesure 10 à 20 mm de long.

Biologie[modifier | modifier le code]

Cycle de développement du Clonorchis sinensis, ver parasitaire lié notamment au cholangiocarcinome

Accumulés par centaines ou par milliers dans les canaux biliaires, ces adultes, pendant 25 ou 30 ans, pondent des œufs caractéristiques : petites amphores de 27 sur 16 microns, avec clapet bordé d'un anneau et pointe postérieure, qui sont éliminés par la bile puis les selles. Le cycle est à deux hôtes intermédiaires : un escargot (mollusque aquatique du genre Bithynia) et un poisson cyprinidé (poisson rouge) dont les muscles hébergent les métacercaires infectieuses enkystées. La contamination de l'Homme se fait par ingestion de poisson cru ou mal cuit. Le cycle est bouclé quand les jeunes douves ont gagné les voies biliaires.

Clinique[modifier | modifier le code]

La distomatose hépatique d'Extrême-Orient est une affection qui, sous ses trois formes : fruste, moyenne et grave, touche plus de 30 millions d'homme.

  • La forme fruste, asymptomatique, se révèle à l'examen des selles. Elle correspond à des parasitoses faibles (moins de 100 douves).
  • La forme moyenne, due à quelques centaines de parasites, après des œdèmes et des épisodes diarrhéiques, aboutit à une hépatomégalie douloureuse progressive.
  • Dans la forme grave, chronique, résultant des réinfestations constantes en zones de grande endémie, le malade héberge des milliers de vers : après un tableau hépato-digestif aigu (vomissements, crises diarrhéïques, douleurs de l'hypochondree droit à type de colique hépatique), apparaissent une forte anémie ( 2 millions ou même 1 million de G.R. / mm³) et une cirrhose avec hypertension portale évoluant vers la mort, souvent par complications hémorragiques

Diagnostic[modifier | modifier le code]

La constatation d'une hépatomégalie douloureuse avec éosinophilie à 15 ou 20 % fera rechercher dans les selles (examen parasitologique des selles) ou le liquide de tubage duodénal les œufs caractéristiques.

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement étiologique (anti-vermineux) repose sur le praziquantel (Biltricide), utilisé à la dose de 80 mg/kg/jour pendant 1 à 2 jours. L'efficacité sur les vers est satisfaisante. Les complications hépatiques relèvent de traitements spécifiques, souvent symptomatiques