Clonage humain

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Illustration représentant deux êtres humains identiques.

Le clonage humain consiste en la création d'un être humain à partir de la totalité du matériel génétique d'un humain déjà conçu.

On pourrait comparer ce concept à une gémellité retardée, et obtenue suite à une décision.

Le clonage pourrait permettre un éventail de possibilités au niveau médical. Par exemple, lors d'une guerre, pouvoir remplacer un organe vital touché par celui du clone serait très intéressant. Le clone servirait alors de "banque d'organes vivante".

Clonage d'embryon[modifier | modifier le code]

En janvier 2008, Stemagen, une firme de Californie, affirme dans la revue Stem Cell avoir réussi à créer pour la première fois cinq embryons humains par clonage en utilisant des cellules de la peau de deux hommes adultes. Après vérifications, ils n'ont réussi à confirmer avec une totale certitude que ces embryons étaient bien des clones des deux hommes que dans trois des cinq cas. Les embryons ont été détruits au cours de ce processus de vérification.

La technique employée par Stemagen est celle du clonage par transfert nucléaire de cellule somatique qui consiste à insérer dans un ovocyte énucléé le noyau d’une cellule adulte puis de conduire l’œuf ainsi créé à maturation. Cette technique a été utilisée avec succès chez des animaux et a même donné naissance à des clones viables : Dolly (brebis) clonée en 1996, Snuppy (chien) en 2005.

Chez l’homme, le but du clonage n’est pas d’obtenir un organisme viable mais un embryon dont les cellules souches pourraient être utilisées à des fins thérapeutiques. En effet ces cellules souches ont le pouvoir de se différencier en n’importe quelles cellules du corps humain. Mises sur l’os, elles deviennent cellules osseuses, dans le foie, cellules hépatiques, dans le cerveau des neurones. Aucun risque de rejet, de surcroît, puisqu’elles sont en tout point identiques à celles du receveur.

La communauté scientifique doit maintenant se pencher sur cette étude afin de vérifier la réalité de cette réalisation. En effet, depuis la fausse annonce en 2004 du coréen Hwang Woo-suk qui avait affirmé à tort être parvenu à la création de cellules souches à partir d’embryons clonés, les scientifiques redoublent maintenant de précautions.

Applications[modifier | modifier le code]

Clonage thérapeutique[modifier | modifier le code]

Le clonage humain thérapeutique (CHT), ou transfert de noyau de cellules somatiques, est une technique de production de matériel vivant utilisable comme « médicament », généralement pour une greffe et remplacer un organe détruit ou détérioré. La finalité de cette technique est la compatibilité génétique avec le malade assuré par le clonage.

La technique consiste à implanter le noyau d'une cellule somatique adulte dans un ovocyte énucléé pour commencer le développement embryonnaire et obtenir des cellules totipotentes dites aussi cellules souches. En effet, les lignées de cellules souches embryonnaires du Blastocyste (5e au 7e jour après fécondation) seraient susceptibles d'êtres greffées sans provoquer de rejet par l'organisme receveur. Donc des organes « neufs », ou des cellules à forte capacité de reproduction, peuvent ainsi être fabriquées, pour une greffe. Le concept, né à la fin du XXe siècle, n'était toujours pas concrétisé en 2004. Il est possible qu'il soit obsolète avant cette réalisation, en raison des progrès sur ces cellules spéciales, qu'il semble possible d'obtenir sans recours à leur fabrication indirecte par clonage (la thérapie régénératrice par cellule souche). De plus cette technique est soumise à la polémique du fait qu'elle repose sur un clonage. Certains y voient une forme plus acceptable par sa finalité médicale, et d'autres une forme pire due au statut d'objet de l'embryon.

Clonage reproductif[modifier | modifier le code]

Le clonage reproductif servirait à un couple stérile ou ayant une maladie génétique d'avoir un enfant sans passer par une reproduction sexuée. L'enfant ne serait en conséquence que le descendant de l'un des deux parents.

Législation[modifier | modifier le code]

Le , l'Assemblée générale des Nations unies a décidé d'interdire le clonage, même à des fins thérapeutiques. La Déclaration des Nations unies sur le clonage des êtres humains[1], non contraignante, a été adoptée avec 84 voix pour, 34 voix contre et 37 abstentions. Parmi les pays qui se sont opposés à cette déclaration se trouvent la France, le Royaume-Uni, la Norvège, l'Inde, le Japon, le Canada et la Chine.

La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne adoptée en décembre 2000 aussi interdit la fabrication de clones humains[2].

Au Royaume-Uni, en , l'Autorité sur la fertilisation et l'embryologie humaine (HFEA) a autorisé le professeur Miodrag Stojkovic, de l'université de Newcastle à cloner des embryons humains à des fins de recherche thérapeutiques sur les cellules souches. Une autre autorisation a été accordée en 2005 au professeur Ian Wilmut du Roslin Institute d’Édimbourg. En , les équipes des professeurs Alison Murdoch et Miodrag Stojkovic, basées à Newcastle ont annoncé avoir cloné un embryon humain.

En Belgique, il n’existe actuellement aucune réglementation spécifique relative à la recherche sur l’embryon humain, mais un Décret royal de 1999 fixe les conditions d’agrément pour les centres de FIV. La constitution d’embryons n’est, en effet, autorisée que dans ces centres agréés. Pour le moment, les scientifiques chargés de projets de recherche mettant en jeu des embryons humains doivent mener leurs travaux dans un centre de FIV agréé, et, le protocole de recherche doit obligatoirement recevoir l’autorisation du Comité éthique d’institutions (universités, organismes). Mais le gouvernement a récemment élaboré un projet de loi concernant la recherche sur l’embryon. Ce projet a pour but de définir les conditions dans lesquelles la recherche sur des embryons surnuméraires pourrait s’effectuer et envisage même, dans certains cas, la création d’embryon aux fins de recherche, sans préciser pour le moment quelles seraient les modalités de cette création. Une chose est sûre : toutes les recherches devront ensuite faire l’objet de contrôles tant locaux que fédéraux. Ce projet de loi doit être débattu au Parlement fédéral belge prochainement.

En Corée du Sud, l'équipe du professeur Hwang Woo-Suk est la première à cloner un embryon humain pour la recherche scientifique en février 2004. Ces résultats ont été partiellement contestés en par une étude indépendante, une partie des résultats ayant été falsifiée.

En janvier 2008, les États-Unis autorisaient la vente de produits venant d'animaux clonés : lait, œufs, viande, etc.

France[modifier | modifier le code]

La législation française sur le clonage compte parmi les plus sévères : ainsi, l'article 16-4 du Code civil français proscrit tout clonage, à but eugénique, reproductif ou thérapeutique :

« Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine.

  • Toute pratique eugénique tendant à l'organisation de la sélection des personnes est interdite.
  • Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée.
  • Sans préjudice des recherches tendant à la prévention et au traitement des maladies génétiques, aucune transformation ne peut être apportée aux caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne. »

— Article 16-4 du Code civil

L'ancien ministre de la Recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a déposé le 24 mai 2005, devant le bureau de l'Assemblée nationale, une proposition de loi visant à abroger l'article de la loi du 6 août 2004 sur la bioéthique, qui interdit le clonage thérapeutique. Une pétition, signée par 10 personnalités scientifiques, dont deux prix Nobel de médecine, François Jacob et Jean Dausset, a été remise le 17 juin 2005 au président de l'Assemblée nationale afin de soutenir cette proposition.

Ces pratiques sont punissables de peine allant de trente ans à la réclusion criminelle à perpétuité.

« Sont notamment susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs, au sens de l'article L. 2151-5, les recherches sur l'embryon et les cellules embryonnaires poursuivant une visée thérapeutique pour le traitement de maladies particulièrement graves ou incurables, ainsi que le traitement des affections de l'embryon ou du fœtus. »

— Article R2151-1 (inséré par Décret no 2006-121 du 6 février 2006 art. 1-II Journal officiel du 7 février 2006) du Code de la santé publique

Notes et références[modifier | modifier le code]