Clements Markham

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Clements Markham

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Clements Markham vers 1904-1905.

Naissance 20 juillet 1830
Stillingfleet, Yorkshire
Décès 30 janvier 1916
Londres
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Profession
Officier de la Royal Navy
Explorateur
Géographe

Clements Robert Markham, né le 20 juillet 1830 à Stillingfleet dans le Yorkshire et mort le 30 janvier 1916 à Londres, est un fonctionnaire, géographe, explorateur et écrivain britannique. Il est secrétaire de la Royal Geographical Society (RGS) entre 1863 et 1888, puis président de l'institution pendant douze années. Durant cette dernière position, il est principalement responsable de l'organisation de l'expédition Discovery (1901-1904), ainsi que du lancement de la carrière d'explorateur polaire de Robert Falcon Scott.

Markham débute sa carrière en tant que cadet et aspirant dans la Royal Navy. Il est envoyé dans l'Arctique avec l'HMS Assistance dans l'une des nombreuses opérations de recherche de l'expédition perdue de John Franklin. Plus tard, Markham sert en tant que géographe au bureau de l'Inde et est responsable de la collecte des plantes Cinchona dans les forêts péruviennes pour leur transplantation en Inde britannique. Par ce moyen, le gouvernement a acquis une source proche de quinine. Markham sert également comme géographe à la force expéditionnaire en Abyssinie de Robert Napier et est présent en 1868 à la bataille de Magdala.

La principale réalisation de la RGS sous la présidence de Markham est la reprise à la fin du XIXe siècle de l'intérêt des Britanniques dans l'exploration de l'Antarctique, après une ellipse de cinquante ans. Il a des idées déterminées sur la façon dont l'expédition Discovery doit être organisée et se bat pour s'assurer qu'elle est exécutée essentiellement comme une entreprise navale, sous le commandement du capitaine Robert Falcon Scott. Pour ce faire, il surmonte l'hostilité et l'opposition d'une grande partie de la communauté scientifique. Dans les années qui suivent l'expédition, il continue à aider la carrière de son champion Scott, jusqu'à dénigrer les réalisations des autres explorateurs contemporains.

Toute sa vie, Markham est un voyageur et un écrivain prolifique. Ses œuvres comptent des histoires, des récits de voyage et des biographies. Il est l'auteur de nombreux articles et rapports pour le RGS et a fait beaucoup de travaux d'édition et de traduction pour l'Hakluyt Society, dont il devient également président. Il reçoit les honneurs publics et universitaires et est reconnu comme une influence majeure sur la discipline de la géographie, bien qu'une grande partie de son travail soit basée sur l'enthousiasme plutôt que l'érudition. Parmi les caractéristiques géographiques portant son nom se trouvent le mont Markham en Antarctique, baptisé ainsi par Scott en 1902.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Clements Robert Markham est né le 20 juillet 1830 à Stillingfleet dans le Yorkshire. Il est le deuxième fils du révérend David Markham qui est vicaire de Stillingfleet. La famille descendant de William Markham, évêque de Chester puis archevêque d'York mais également tuteur royal du futur George IV. Cette proximité de la cour conduit en 1827 à la nomination de David Markham comme chanoine honoraire de Windsor. La mère de Clements Markham, Caroline Markham, née Milner, est la fille de William Milner, un baronnet.

En 1838, David Markham est nommé recteur de Great Horkesley (en) près de Colchester dans l'Essex[1]. Un an plus tard, Clements Markham commence sa scolarité, d'abord à Cheam dans le Surrey puis à la Westminster School. Il est un bon élève, particulièrement intéressé à la géologie et à l'astronomie, et à un âge précoce, un prolifique écrivain, une activité qui occupe une grande partie de son temps libre[1]. À Westminster, qu'il décrit comme « un endroit merveilleux et délicieux », il développe un intérêt particulier dans la navigation, étant même souvent barreur dans les courses d'avirons sur la Tamise[2].

Royal Navy[modifier | modifier le code]

Cadet et aspirant[modifier | modifier le code]

Clements Markham comme cadet en 1844.

En mai 1844, Markham est présenté par sa tante, la comtesse de Mansfield, au contre-amiral George Seymour, un lord de l'Amirauté. Le garçon fait bonne impression sur l'amiral et l'entretien conduit à proposition de devenir cadet dans la Royal Navy. Le 28 juin 1844, Markham se rend à Portsmouth et rejoint le navire amiral de Seymour, le HMS Collingwood, quelques jours plus tard. Le Collingwood est équipé pour un voyage prolongé à l'océan Pacifique dans la mesure où Seymour doit prendre le commandement de la Pacific Station (en)[3]. Cette mission doit durer près de quatre ans et les liens sociaux de Markham lui assurent évidemment une période relativement confortable. Il est ainsi rapporté qu'il est fréquemment invité à dîner avec l'amiral, dont la femme et les filles sont aussi à bord[4]. Le 15 décembre, le navire atteint le port chilien de Valparaiso, le port d'attache de la Pacific Station, après une croisière qui fait des escales à Rio de Janeiro et aux îles Malouines[4].

Après un répit de quelques semaines, le Collingwood navigue à nouveau, cette fois pour Callao, le principal port de la côte péruvienne, donnant à Markham sa première expérience d'un pays qui reviendra plus tard dans sa carrière[5]. Au cours des deux années suivantes, le Collingwood croise dans l'océan Pacifique, en visitant les îles Sandwich (Hawaï), le Mexique et Tahiti où Markham tente d'aider les rebelles nationalistes contre leur gouverneur français[6]. Il connaît sa première punition militaire quand il est puni pour impertinence par un instructeur naval : il est ainsi contraint de rester debout sur le pont de huit heures du matin jusqu'au coucher du soleil[7]. Le 25 juin 1846, Markham passe l'examen pour devenir aspirant, terminant en troisième place dans un groupe de dix cadets. Les longues périodes passées dans les ports chiliens et péruviens sont aussi l'occasion d'apprendre l'espagnol.

Vers la fin du voyage, les aspirations de Markham changent de celles d'une carrière classique dans la marine. Il désire désormais avant tout être explorateur et géographe, portant ces pensées avec lui sur le voyage de retour. À l'arrivée à Portsmouth en juillet 1848, il informe son père de son désir de quitter la marine, mais est finalement convaincu d'y rester[8]. Après une brève période de service en mer Méditerranée, Markham comptent quelques mois d'inactivité alors qu'il est basé à Spithead et Cobh, ce qui diminue encore plus son intérêt pour la marine[9]. Au début de l'année 1850, il apprend qu'une escadre de quatre navires est assemblé pour entreprendre une nouvelle recherche de l'expédition Franklin[10], une expédition dans l'Arctique canadien menée par John Franklin dont l'Amirauté n'a plus de nouvelles. Markham utilise l'influence de sa famille pour obtenir une place dans cette entreprise et le 1er avril 1850, il est informé de sa nomination sur l'HMS Assistance, l'un des deux navires principaux de l'escadre[11].

Premier voyage en Arctique (1850–1851)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Expédition Franklin.

John Franklin avait quitté l'Angleterre en mai 1845 avec deux navires, le HMS Erebus et le HMS Terror, à la recherche du passage du Nord-Ouest. L'expédition est vue pour la dernière fois le 29 juillet par des baleiniers dans le nord de la mer de Baffin, en attente de pouvoir continuer vers l'ouest[12].

La recherche des navires disparus commence deux ans plus tard. L'escadre de secours que Markham rejoint est commandé par le capitaine Horatio Thomas Austin à bord du HMS Resolute. L'HMS Assistance, où est Markham, est commandé par le capitaine Erasmus Ommanney[13]. Markham est le plus jeune membre de l'expédition et le seul aspirant de celle-ci. Il a un rôle limité, mais note soigneusement chaque détail de la vie de l'expédition dans son journal. Les navires prennent la mer le 4 mai 1850[14].

Une photographie moderne des tombes de l'île Beechey.

Après avoir contourné la pointe sud du Groenland le 28 mai, l'escadre procède vers le nord jusqu'à être bloqué le 25 juin par la glace dans la baie de Melville[15]. Ce n'est que le 18 août, qu'une avancée vers l'ouest est possible via le détroit de Lancaster, l'itinéraire prisé par Franklin. Les navires se dispersent pour rechercher des signes de l'expédition disparue. Le 23 août, Ommanney aperçoit un cairn et découvre desconserves à proximité qui portent la mention « Goldner », l'entraprise fournissant de la viande en conserve pour l'expédition de Franklin. Ces fragments sont les premières traces de Franklin jamais trouvée après leur disparition[15]. Quelques jours plus tard, sur l'île Beechey, trois tombes sont découvertes et elles s'avèrent être celles de membres du l'équipage de Franklin qui sont morts entre janvier et avril 1846[15].

Les recherches continuent jusqu'à ce que les navires soient préparés pour le long hiver arctique. La principale activité pendant les mois qui suivent est une préparation détaillée d'expéditions en traîneaux pour la saison suivante. Il y a des cours donéns à l'équipage et divers activités théâtrales dans lesquelles Markham peut démontrer son « grand talent histrionique »[16]. Il lit beaucoup, principalement sur l'histoire de l'Arctique et de la littérature classique, et envisage un possible retour au Pérou, un pays qui l'avait captivé pendant le voyage du Collingwood[16]. Quand le printemps vient, une série d'expéditions en traîneaux est donc lancée à la recherche d'autres traces de l'équipage de Franklin. Markham joue un rôle à part entière dans ces activités et s'il n trouve aucune autre trace de Franklin, il participe à la cartographie de centaines de kilomètres de la côte précédemment inexplorée[17],[Note 1]. Les navire retournent en Angleterre au début du mois d'octobre 1851[18].

Dès son retour en Angleterre, Markham informe son père de sa détermination à quitter la marine. Une des principales raisons de son mécontentement semble être la sévérité de la punition corporelle qui lui a été donné en permanence poru ce qu'il considère comme des infractions mineures. Il avait été aussi en difficulté pendant son service sur le Collingwood pour avoir tenté d'empêcher la flagellation d'un membre d'équipage[19]. Il est également désenchanté par les longues périodes de son service où il est inoccupé. Avec un peu de regret, son père consent à la demande de son fils, et après avoir passé la partie concernant l'artillerie de l'examen pour le grade de lieutenant, Markham démissionne du service à la fin de l'année 1851[20].

Voyages au Pérou[modifier | modifier le code]

Premier voyage (1852–1853)[modifier | modifier le code]

La ville d'Arequipa au Pérou, avec le Misti en arrière-plan.

À l'été 1852, libéré de ses obligations militaires, Markham prépare une visite prolongée au Pérou. Aidé par un cadeau de son père d'une valeur de 500 £ — soit plus de 40 000 £ en 2008 — pour couvrir ses dépenses, Markham part de Liverpool le 20 août 1852[20].

Markham ne voyage pas directement vers le Pérou et il passe d'abord à Halifax en Nouvelle-Écosse, puis par voie terrestre à Boston et New York, avant de prendre un bateau à vapeur au Panama. Après avoir traversé l'isthme, il embarque pour Callao pour y arriver finalement le 16 octobre. Le 7 décembre 1852, il part pour l'intérieur du Pérou, allant vers son but, l'ancienne ville inca de Cuzco[21]. Sur le chemin, Markham s'arrête près d'un mois dans la ville d'Ayacucho, afin d'étudier la culture locale et accroître sa connaissance de la langue quechua. Il se rend ensuite en, groupe vers Cuzco et après avoir traversé le pont Apurímac, un pont de corde inca suspendu à environ 90 mètres au-dessus du Río Apurímac, il traverse des vallées fertiles qui l'amène finalement à Cuzco le 20 mars 1853[22].

Markham reste dans la ville plusieurs semaines, faisant des recherches sur l'histoire des Incas et décrivant dans son journal les nombreux bâtiments et ruines qu'il visite. Au cours d'une excursion vers les villes et ruines voisines, il atteint la région de San Miguel où il apprend les propriétés de la plante de cinchona, une source de quinine, cultivée dans la région[23]. Il quitte finalement Cuzco le 18 mai, accompagné par un groupe de personnes qui, comme lui, vont à Lima. Le trajet est en direction du sud, descendant la montagne vers la ville d'Arequipa. La ​​ville est dominée par le volcan Misti, que Markham compare au mont Fuji au Japon. Le 23 juin, le groupe atteint Lima, où Markham apprend le décès de son père. Il part immédiatement pour l'Angleterre où il arrive le 17 septembre[24].

Mission pour le cinchona (1859–1861)[modifier | modifier le code]

Six ans après son premier voyage au Pérou, Markham y retourne avec la mission de collecter des plantes et des graines de cinchona. Il avait entre-temps travaillé comme fonctionnaire au Bureau de l'Inde et en 1859, il propose à ses employeurs un système de collecte des arbres de cinchona dans les Andes péruvienne et bolivienne, afin de les planter dans des sites sélectionnés en Inde. L'écorce de cinchona, source de quinine, est le premier traitement connu pour le paludisme et d'autres maladies tropicales. Sa proposition est approuvée et Markham, alors âgé de 29 ans, est chargé de l'ensemble de l'opération.

Markham et son équipe, qui comprend le botaniste Richard Spruce et le colon et futur homme politique néo-zélandais Charles Bowen (en)[Note 2], quittent l'Angleterre pour le Pérou en décembre 1859 et arrive à Lima à la fin du mois de janvier 1860. La mission est risquée car le Pérou et la Bolivie sont sur proche d'une guerre et les Pérou, désireux de protéger son contrôle sur le commerce de cinchona, est plutôt hostile à Markham[25]. Cela limite les opérations,et empêche Markham d'obtenir des spécimens de la meilleure qualité. Plus tard, Markham surmonte les obstacles bureaucratiques pour obtenir les licences d'exportation nécessaires[26].

Markham revient brièvement en Angleterre avant de partir pour l'Inde, pour sélectionner des sites appropriés pour l'installation de plantations de cinchona en Inde britannique, au Dominion de Ceylan et en Birmanie britannique. Bien que la plupart des plantations ne prospérent pas et sont rapidement détruites par les insectes, certaines survivent et sont complétées par d'autres specimens obtenus par Richard Spruce, qui sont plus adaptés aux conditions asiatiques. Vingt ans après les premières plantations, la récolte annuelle de l'écorce de cinchona en Inde est estimée à 220 000 kg. Pour son travail dans l'introduction de cinchona en Inde, Markham reçoit une subvention de 3 000 £ — soit plus de 200 000 £ en 2008 — de la part du gouvernement britannique[27].

Fonctionnaire, géographe et voyageur[modifier | modifier le code]

Bureau de l'Inde[modifier | modifier le code]

Après la mort de son père en 1853, Markham a besoin d'un emploi rémunéré et en décembre 1853, il obtient un stage dans l'un des services de l'Inland Revenue (en) avec un salaire de 90 £ par an — soit environ 6 000 £ en 2008. Il trouve ce travail fastidieux mais est en mesure, après six mois, de demander une mobilité à l'ancêtre de ce qui est devenu, en 1857, le Bureau de l'Inde. Là, le travail est intéressant et enrichissant avec suffisamment de temps libre pour lui permettre de voyager et de poursuivre ses intérêts géographiques[28].

En avril 1857: Markham se marie à Minna Chichester, qui l'accompagnait lors de le mission pour le cinchona au Pérou et en Inde. Leur seul enfant, une fille Mary Louise, connue comme May, est née en 1859[29]. Dans le cadre de ses fonctions au Bureau de l'Inde, Markham étudie et rapporte au gouvernement du Raj britannique des données sur l'introduction de coton péruvien à Madras (future Chennai), sur la croissance d'ipécacuanha au Brésil et les possibilités de cultiver cette plante médicinale en Inde, ainsi que sur l'avenir de l'industrie de la perle à Tirunelveli en Inde du Sud[30]. Il participe également à un plan ambitieux pour l'importation d'arbres à caoutchouc brésiliens, affirmant qu'il ferait en sorte d'aporter à l'Inde, le rendement en caoutchouc comparable à ce qu'il a fait avec le cinchona. Cette seconde entreprise n'est cependant pas une réussite.

Abyssinie (1867–1868)[modifier | modifier le code]

En 1867, Markham devient chef du département géographique du Bureau de l'Inde. Plus tard cette année, il est choisi comme géographe pour accompagner la force expéditionnaire militaire de Robert Napier en Abyssinie[31].

Cette force est envoyé par le gouvernement britannique en réponse aux mesures prises par le roi Téwodros II. En 1862, ce dernier envoit au gouvernement britannique une demande de protection contre les envahisseurs égyptiens et propose la nomination d'un ambassadeur. Ne voulant pas risquer d'offenser l'Égypte, le gouvernement britannique ne répond pas tout de suite. Le roi réagi en emprisonnant le consul britannique et son personnel, et en ordonnant l'arrestation et la flagellation d'un missionnaire qui auraient insulté sa mère. Une réponse tardive à la lettre du roi abouti à l'incarcération de la députation qui la transporte. Après l'échec de tentatives de conciliation, les Britanniques décident de régler la question en envoyant une expédition militaire. Comme la géographie du pays est peu connue, il est décidé qu'un voyageur expérimenté avec des compétences en cartographie accompagne les militaires, d'où la nomination à ce poste de Markham[31].

Les troupes de Napier arrivent dans le golfe de Zula de la mer Rouge au début de l'année 1868. Markham est intégré au personnel du quartier-général de la force, avec la responsabilité du travail de cartographie et en particulier le choix de la route pour Magdala, montagne fief du roi et capitale de l'Empire d'Éthiopie. Markham aide également comme naturaliste de l'équipe, écrivant des rapports sur les espèces de la faune rencontrée lors de la marche de 640 kilomètres vers le sud depuis la côte[31]. Il accompagne Napier aux murs de la forteresse qui est prise d'assaut le 10 avril 1868. Alors que les forces du roi descendent de la montagne pour répondre à l'avancée des troupes britanniques qui avancent, Markham écrit que : « Les fusils Snider maintiennent un feu que les troupes abyssines ne peuvent tenir. Elles sont fauchées [ligne par ligne] […] la plus héroïque des luttes ne peut pas égaler une si vaste inégalité des armes ». Après la découverte du corps du roi par les troupes britanniques, selon Markham, trois acclamations sont faites sur lui, comme s'il s'agissait d'« un renard mort ». Markham ajoute que bien que le les méfaits du roi sont nombreux, il est finalement mort en héros[32].

Sur les ordres de Napier, Magdala est incendié et ses canons détruit. Les troupes britanniques sont alors reparties et Markham est de retour en Angleterre en juillet 1868. Pour ses services durant cette campagne, Markham est fait Compagnon de l'Ordre du Bain (CB) en 1871[33].

Second voyage en Arctique (1875–1876)[modifier | modifier le code]

En 1874, il assiste George Nares lors d'une de ses expéditions dans l'Arctique et l'accompagne jusqu'au Groenland, où il prônera toujours des méthodes comme le manhauling (halage des traîneaux à force d'homme), alors que d'autres (comme Roald Amundsen) s'inspireront des peuplades du Grand Nord comme les Inuits habituées à dresser des chiens de traîneaux.

Royal Geographical Society[modifier | modifier le code]

De 1863 à 1888, il est secrétaire de la Royal Geographical Society, dont il sera président pendant douze ans à partir de 1893.

En plein âge héroïque de l'exploration en Antarctique (1895-1922), il organise des levées de fonds pour y envoyer un digne représentant de l'Angleterre. Protecteur du jeune officier Robert Falcon Scott à qui il confie l'expédition Discovery en 1901[34], il dénigre Ernest Shackleton lieutenant de la Marine marchande. L'expédition Discovery marque sa présidence à la Royal Geographical Society, et celle du expédition Terra Nova confiée une fois encore à Scott sera la tragédie polaire historique à laquelle son nom sera attaché à jamais, même s'il avait quitté la Royal Geographical Society en 1905[34]. Il reste cependant au conseil de l'institution[34].

Après la RGS[modifier | modifier le code]

Décoré de l'Ordre du Bain en 1871, dont il est chevalier en 1896, il est également membre de la Royal Society à partir de 1873. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et traducteur du portugais et de l'espagnol.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le prestigieux Markham College (en) de Lima et le fleuve Markham en Papouasie-Nouvelle-Guinée furent nommés en son honneur.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Franklin's Footsteps (1852)
  • Cuzco and Lima (1856)
  • Travels in Peru and India (1862)
  • A Quichua Grammar and Dictionary (1863)
  • Spanish Irrigation (1867)
  • A History of the Abyssinian Expedition (1869)
  • A Life of the Great Lord Fairfax (1870)
  • Ollanta, a Quichua Drama (1871)
  • Memoir on the Indian Surveys (1871)
  • General Sketch of the History of Persia (1873)
  • The Threshold of the Unknown Region (1874)
  • A Memoir of the Countess of Chinchon (1875)
  • Missions to Thibet (1877)
  • Memoir of the Indian Surveys; Peruvian Bark (1880)
  • Peru (1880): The War between Chile and Peru (1881)
  • The Sea Fathers (1885)
  • The Fighting Veres (1888)
  • Paladins of King Edwin (1896)
  • Life of John Davis the Navigator (1889)
  • A Life of Richard III (1906)
  • The Incas of Peru (1910)
Édition d'ouvrages
  • Proceedings of the Royal Geographical Society (1872-1878)
Traduction du portugais
  • Garcia de Orta : Colloquies on the Simples and Drugs of India (1913)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Markham traite de cela dans son livre The Lands of Silence (1921) aux pages 255–260.
  2. Charles Bowen (en) épousera en 1861 la sœur de Clements Markham, Georgina Elizabeth.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Markham 1917, p. 5-11.
  2. Markham 1917, p. 12-15.
  3. Markham 1917, p. 17-26.
  4. a et b Markham 1917, p. 28-35.
  5. Markham 1917, p. 38-47.
  6. Markham 1917, p. 64-69.
  7. Markham 1917, p. 49-51.
  8. Markham 1917, p. 97-99.
  9. Markham 1917, p. 106.
  10. Coleman 2007, p. 51.
  11. Markham 1917, p. 108-109.
  12. Coleman 2007, p. 19.
  13. Coleman 2007, p. 51-52.
  14. Markham 1917, p. 119.
  15. a, b et c Coleman 2007, p. 54-58.
  16. a et b Markham 1917, p. 119-123.
  17. Markham 1917, p. 63-68.
  18. Coleman 2007, p. 73.
  19. Markham 1917, p. 49-51.
  20. a et b Markham 1917, p. 127-131.
  21. Markham 1917, p. 132-137.
  22. Markham 1917, p. 147-152.
  23. Markham 1917, p. 158.
  24. Markham 1917, p. 159-163.
  25. Markham 1917, p. 172-182.
  26. Markham 1917, p. 193.
  27. Markham 1917, p. 202.
  28. Markham 1917, p. 165-166.
  29. Markham 1917, p. 169.
  30. Markham 1917, p. 202-204.
  31. a, b et c Markham 1917, p. 210-213.
  32. Markham 1917, p. 20.
  33. Markham 1917, p. 222.
  34. a, b et c Robert Falcon Scott, Journals : Captain Scott's Last Expedition, p. 511
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