Claudia Acte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Claudia Acte est une esclave affranchie qui fut la maîtresse de l'empereur romain Néron. Elle venait d’Asie mineure et serait devenue esclave de l’empereur Claude après l’expansion de l’Empire romain en Lycie et Pamphylie ; ou elle fut achetée plus tard par Octavie, la fille de Claude[1].

Relation avec Néron[modifier | modifier le code]

L’empereur Claude, oncle de la mère de Néron, Agrippine la Jeune, épouse sa nièce en 49 ap. J.-C. et devient ainsi le beau-père de Néron. Dans le même temps, la fille de Claude et de Messaline, Octavie, devient la belle-sœur de Néron. Néron et Octavie eux-mêmes se marient en 53 ap. J.-C. et Néron devient empereur en 54, après que son grand-oncle et beau-père décède, apparemment empoisonné, selon les historiens contemporains par sa nièce/épouse, Agrippine, la mère de Néron.

En 55 encouragé par Sénèque et Burrus et contre l'avis d'Agrippine, Néron fait d’Acte sa maîtresse. Sénèque est inquiet du fait que son jeune élève ne soit pas satisfait par son épouse, Octavie, et puisse se laisser aller à des exploits sexuels risqués. Acte offre un exutoire et une source de séparation d’avec Agrippine. Sénèque et Burrus ne sont pas en très bons termes avec Agrippine et sont inquiets de son influence et de ses méthodes politiques, surtout après l’empoisonnement supposé de Claude. Sa relation avec Acte est gardée sous silence autant que possible pour ne pas porter préjudice à son mariage éminemment politique avec Octavie. Othon, Claudius Sénèque et Annaeus Serenus aident Néron et Acte à se rencontrer secrètement. Serenus, un protégé de Sénèque, prétend même qu’Acte était sa maîtresse pour écarter les soupçons[2].

Le couple se rencontre alors que Néron a seulement 17 ans et leur relation passionnée dure au moins trois ans. Néron exprime le désir d’épouser Acte et fait fabriquer une généalogie la faisant descendre du roi Attale, roi de Pergame. Il soudoie même des anciens consuls pour attester de sa royale origine, manœuvre qui met Agrippine en colère, elle qui est si fière et consciente de son ascendance patricienne[3].

Influence sur la politique[modifier | modifier le code]

En tant que maîtresse de Néron, Acte a la possibilité d'exercer une influence considérable sur l’Empire romain, même si son rôle réel n’est pas bien connu. On raconte[4] qu’Agrippine exerçait une emprise érotique sur son fils et qu’Acte conseilla à Néron de résister à cette emprise, par peur pour sa propre sécurité et avec l’encouragement de Sénèque. Elle avertit Néron des répercussions éventuelles sur l’armée si l’inceste avec sa mère est rendu public[4]. La relation entre Néron et Acte réduit l’influence d’Agrippine sur son fils donc son influence politique. Les efforts croissants d’Agrippine pour les séparer ne fait que croître l’attachement de Néron. Les conflits qui en résultent conduisent Néron à prendre le contrôle absolu de l’Empire et finalement à ordonner l’assassinat de sa mère.

Richesse[modifier | modifier le code]

Les propriétés d’Acte à Velletri, Pouzzoles et en Sardaigne attestent de sa richesse considérable, accumulée alors qu’elle était la maîtresse de Néron. En 58 elle est supplantée par Poppée mais elle quitte la scène impériale en possession d’esclaves et de propriétés. Après la mort de Néron, avec l’aide de deux anciennes nourrices de l’empereur, elle lui offre des funérailles dignes d'un Romain. Elle lui met une monnaie sous la langue et sur les yeux et brûle le corps sur un bûcher. Elle dépose ses restes dans une tombe des Domitii, la famille du père biologique de Néron sur le Pincio. On dit qu’elle paya 200 000 sesterces pour les funérailles[5]. On retrouve beaucoup d’inscriptions relatives à ses esclaves et affranchis.

Les chercheurs modernes considèrent improbable qu’elle soit chrétienne bien que quelques-uns de ses esclaves soient de foi chrétienne. L’épitaphe d’Acte a été retrouvée à Velitrae[6].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Héroïne éponyme du roman d'Alexandre Dumas, elle apparaît dans celui d'Henryk Sienkiewicz, Quo vadis ? qui s'en est inspiré, et dans la série de bande dessinée Murena, où son nom s'écrit « Acté », avec un accent aigu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dion Cassius, Histoire romaine 61.7.1
  2. Tacite, Annales 13.12-13
  3. Dion Cassius 61.7.1; Suétone, Vie des douze Césars, Néron 28
  4. a et b Tacite, Annales 14.2
  5. Suétone, Néron 50
  6. CIL X 6599

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]