Claude de Seyssel

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Claude de Seyssel
Claude d'Aix
Image illustrative de l'article Claude de Seyssel
Claude de Seyssel présentant au roi Louis XII la traduction en français de Thucydide
Biographie
Naissance v. 1440 ou 1450[1]
Drapeau de la Savoie.svg Duché de Savoie Aix-en-Savoie
Décès 1er juin 1520
Piémont Piémont Turin
Évêque de l’Église catholique
Archevêque de Turin
1517 – 1520
Précédent Giovanni Francesco della Rovere Innocent Cybo Suivant
Évêque de Marseille
1511 – 1517
Précédent Antoine Dufour Innocent Cybo Suivant
Autres fonctions
Fonction laïque
conseiller et maître des requêtes de Louis XII, écrivain

Claude de Seyssel, né à Aix en Savoie, aujourd'hui Aix-les-Bains (Duché de Savoie) vers 1440 ou 1450[1] et mort à Turin le 1er juin 1520, est enseignant à Turin, conseiller et maître des requêtes de Louis XII, évêque de Marseille de 1511 à 1517 puis archevêque de Turin de 1517 jusqu’à sa mort. Il fut également écrivain et traducteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude de Seyssel était probablement le fils naturel de Claude de Seyssel, dont il prend le nom, maréchal de Savoie ainsi que ambassadeur des états généraux de Savoie du comte Amédée IX près du roi Louis XI. Il appartient à l'illustre famille des Seyssel d'Aix[1]. Il fait ses études à Pavie et devient professeur de droit à Turin.

Les guerres d'Italie ayant révélé les splendeurs de la Renaissance italienne à Charles VIII, ce dernier appelle auprès de lui Claude de Seyssel en 1498. C’est l’année où meurt Charles VIII, mais son successeur Louis XII fait de Seyssel l’un de ses conseillers favoris.

Le conseiller de Louis XII[modifier | modifier le code]

Claude de Seyssel va rendre de grands services à Louis XII. Il est envoyé en mission en Flandre, en Suisse, en Angleterre, mais également en Italie. Il siège au sénat de Milan, administre l’évêché de Lodi, entre avec Louis XII à Gênes et accompagne le cardinal d’Amboise à Rome.

L’évêque de Marseille[modifier | modifier le code]

Après la mort de l’évêque de Marseille Antoine Dufour survenue en juin 1509, Louis XII adresse aux chanoines de Marseille une lettre pour recommander son protégé. Le texte de cette lettre figure dans l’histoire de Marseille par Louis Antoine de Ruffi[2]. Le chapitre se hâte d’élire Claude de Seyssel dès le 11 juillet 1509. Les bulles de nomination par le pape Jules II sont du 3 décembre 1511. Cette nomination est si tardive que, début 1511, le bruit de sa mort est répandu et que le chapitre choisit le 15 janvier 1511 pour successeur Hector d’Anglure qui a la sagesse d’attendre l’infirmation de cette nouvelle[3].

En 1512, il se rend sur ordre de Louis XII à la diète tenue à Trèves par Maximilien, puis il est en 1514 son ambassadeur au concile de Latran. Il ne prend possession de son évêché que le 1er avril 1515. Le 7 août 1515, il reçoit à Aubagne l’hommage et le serment de fidélité d’Antoine de Glandevés, seigneur de Cuges. Au mois de janvier 1516 il assiste à l’entrée de François Ier à Marseille après sa victoire de Marignan.

En tant que seigneur d’Aubagne, il considère que l’aliénation du four seigneurial faite par Ogier d'Anglure lui était préjudiciable. Il s’ensuit un procès. Par ailleurs, il décide d’augmenter le débit du canal, amenant l’eau au moulin afin d’y installer une deuxième meule d’écrasement, mais il défendit aux riverains d’y prendre de l’eau. Cette interdiction qui était motivée par le risque de voir les berges du canal détériorées par des saignées trop nombreuses pour pratiquer l’irrigation, provoque un fort mécontentement. Ces problèmes ne sont pas réglés lorsqu’il est nommé archevêque de Turin. C’est sous le mandat de son successeur Innocent Cibo, qu’une transaction put être trouvée le 8 juin 1518 [4].

L’archevêque de Turin[modifier | modifier le code]

Claude de Seyssel est fait archevêque de Turin ayant permuté son évêché de Marseille avec le cardinal Innocent Cybo. Dans cet évêché, Seyssel se préoccupe surtout de l’hérésie vaudoise qui s’est développée non seulement dans les vallées piémontaises, mais également dans le Luberon, le mont Ventoux et le Dauphiné. C’est dans un esprit pacifique et apostolique qu’il parcourt les régions de son diocèse. Claude de Seyssel note dans son ouvrage Disputationes adverses errores que, lors de ses tournées pastorales, il a toujours été reçu par les Vaudois avec « une grande humilité et charité et qu’ils recevaient avec une grande attention ses sermons qui étaient tous contre l’impiété de leur secte[5]. »

Il reconnaît que l’indignité du clergé constitue une cause de l’expansion de l’hérésie vaudoise[6]. Dans son livre « Tractatus de triplici statu viatoris », il invite le prélat à se tourner vers plus de sainteté : « il faut que sa vie soit exemplaire, sa doctrine saine et que la contemplation renouvelle constamment sa volonté de servir. Résider auprès de ses ouailles, visiter les églises, diriger et corriger son clergé, prêcher sont les devoirs auxquels il ne saurait se soustraire[7]. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Claude de Seyssel a écrit de nombreux ouvrages qui seraient, selon François-Xavier de Belsunce de Castelmoron, au nombre de dix-huit[8]. Parmi ces ouvrages se dénombrent de nombreuses traductions d’auteurs grecs ou latins. Latiniste ignorant le grec, il collabore avec l’érudit grec Jean Lascaris qui avait été appelé à la Cour par Louis XII. Lascaris traduit les auteurs grecs en latin et Seyssel du latin au français. De la collaboration de ces deux amis vont sortir les premières traductions françaises des historiens grecs : Hérodote, Thucydide, Diodore de Sicile, Appien, Justin et Xénophon. Ce travail en équipe ressort nettement du titre de leur traduction de l’Anabase de Xénophon à savoir : « Histoire du voyage que fait Cyrus à l’encontre du roi Artaxerse, son frère, contenue en 7 livres écrits par Xénophon auteur grec traduit premièrement en latin par Jean Lascaris, homme docte consommé en langue grecque et le restaurateur d’icelle, et de latin en langue vulgaire français par Claude Seyssel » [9].

Il écrivit également des livres sur la monarchie française, la théologie et l’hérésie vaudoise.

  • Ouvrages sur le droit, la théologie et la monarchie
    • De divina providencia tractatus, Paris, 1518 ; traduit ensuite par lui-même sous le titre : Traité de la divine providence, Paris, sans date.
    • Les Louenges du roy XIIeme de ce nom, Paris, Antoine Vérard, 1508[10]
    • La Grande Monarchie de France, Paris, 1519[11]
    • La Victoyre du roy contre les Véniciens, Paris, 1510[12]
    • Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, surnommé Pamphile, évêque de Césarée, faicte françoise par Messire Claude de Seyssel, lors évesque de Marseille et depuis archevesque de Thurin, Paris, 1554.
  • Traductions
    • Justin, les histoires universelles, Paris, 1559.
    • Thucydide, Histoire de la guerre qui fut entre les péléponésiens et les athéniens tant au pays des Grecs que des Romains et les lieux circonvoisins, Paris, 1527.
    • Diodore de Sicile, Histoire des successeurs d’Alexandre le grand translaté par Claude de Seyssel, conseiller et maistre de requestes du roy de France douziesme de ce nom, Paris, 1530
    • Appien, historien grec, Des guerres des Romains, Lyon, 1554.
    • Xénophon, Histoire du voyage que fit Cyrus.., Paris, 1529
  • Ouvrage sur l’hérésie vaudoise.
    • Disputationes adversus errores et sectam Valdensium disputationes perquam eruditae ac piae, Paris, 1520. Ce livre a été traduit par ses soins sous le titre Disputation contre les erreurs et sectes des Vaudois, Lyon, sans date.

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • La Monarchie de France, édition de Renzo Ragghianti, Société des textes français modernes, 2013 (ISBN 978-2-86503-287-7)
  • Les Louenges du roy Louys XIIe de ce nom, édition critique de Patricia Eichel-Lojkine et Laurent Vissière, Droz, 2009 (ISBN 978-2-600-01278-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Joseph Hyacinthe Albanés, Armorial & sigillographie des Évêques de Marseille avec des notices historiques sur chacun de ces Prélats, Marius Olive, Marseille, 1884, pages 129-131.
  • Jean Rémy Palanque, Le diocèse de Marseille, Letouzey & Ané, Paris 1967, page 117
  • Mgr De Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3 pages 82-110.
  • Claude de Seyssel, Les louenges du roy Louys XII, édition critique de P. Eichel-Lojkine et L. Vissière, Genève, Droz, 2009
  • P. Eichel-Lojkine (dir.), Claude de Seyssel. Écrire l'histoire, penser le politique en France à l'aube des temps modernes, Rennes, PUR, 2010
  • Benzo Veronica, Claude de Seyssel e l'Italia , Catania 2006.
  • Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue,‎ 2007, 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 526.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Germain 2007, p. 526.
  2. Louis Antoine de Ruffi, Histoire de la ville de Marseille, Henri Martel, Marseille, 1696, tome 2, page 33 et 34.
  3. L. Barthélemy, Histoire d’Aubagne, chef lieu de baronnie depuis son origine jusqu’en 1789, Barlatier et Barthelet, 1889, 2 volumes, tome1, page 200
  4. L. Barthélemy, Histoire d’Aubagne, chef lieu de baronnie depuis son origine jusqu’en 1789, Barlatier et Barthelet, 1889, 2 volumes, tome1 page 202
  5. Claude de Seyssel, Disputationes adverses errores, Paris, 1520, page 422 (cité par Mayeur, Piétri, Vauchez et Venard dans Histoire du christianisme, Desclée, tome 7, De la Réforme à la réformation (1450-1530, page 439)
  6. Gabriel Audisio, Les Vaudois, histoire d’une dissidence XIIe - XVIe siècle, Fayard, Paris, 1989, page 197 (ISBN 2-213-60143-7)
  7. Mayeur, Histoire du christianisme, page 182
  8. Mgr de Belsunce, L’antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3, page 107
  9. Mgr de Belsunce, L’Antiquité de l’église de Marseille et la succession de ses évêques, chez la veuve Brébion, Marseille, 1751, 3 volumes, Tome 3, note XVIII, page 108
  10. Voir l'édition critique de P. Eichel-Lojkine et L. Vissière (Droz, 2009). Cet ouvrage est aussi connu sous le titre de Histoire singulière du roy Louis XIIeme de ce nom, faite au parangon des règnes des autres roys de France, sous lequel il fut repris par Gilles Corrozet en 1558
  11. Parfois nommé La grant'monarchie de France. Voir l'édition moderne de J. Poujol (Paris, Librairie d'Argences, 1961)
  12. Il s'agit de la célébration de la victoire d'Agnadel contre les Vénitiens le 14 mai 1509. L'ouvrage fut repris sous le titre L'excellence et la felicité de la victoyre que eussent le tres chrestien roy de France Louys XII, Théodore Godefroy, Pacard, 1615