Claude Joseph Dorat

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Portrait de Dorat.

Claude Joseph Dorat, également connu sous le nom de Chevalier Dorat, né le 31 décembre 1734 à Paris où il est mort le 29 avril 1780, est un poète et dramaturge français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de robe, il entra dans le corps des mousquetaires du Roi, mais quitta bientôt l’armée pour plaire à une vieille tante janséniste, dont il devait être l’héritier, ce qui lui a fait dire :

Peut-être, sans Jansénius,
J’eusse été maréchal de France.

Il se mit à fréquenter le monde des lettres, du théâtre et des femmes à la mode où il épuisa son patrimoine en dépenses pour ses plaisirs et pour l'impression de ses ouvrages. Il publia dans de nombreux genres différents : poèmes, tragédies, comédies, contes, fables, épîtres, odes, héroïdes dans le genre d'Ovide, madrigaux, grands vers et vers légers. Il a suscité un grand nombre de poètes qu’on a nommés l’école de Dorat.

Dorat publia la plupart de ses ouvrages avec de nombreuses gravures par Marillier et Eisen, ce qui en fit des chefs-d’œuvre d’art et de luxe typographique. L’abbé Galiani disait à ce sujet que le poète « se sauvait du naufrage de planche en planche ». Si la réputation du poète y gagna, sa fortune finit par s’y perdre.


Gravures de Marillier pour Les Prôneurs ou le Tartuffe Littéraire, édition originale chez Delalain en 1777


Il tomba dans la détresse et vécut des bienfaits de Fanny de Beauharnais, dont il faisait en partie les vers. Lié avec Fréron et prôné par l'Année littéraire, il se déclara l’ennemi des philosophes qui lui firent une rude guerre et eut contre lui les encyclopédistes qui l’attaquèrent vivement, et dont l’influence l’empêcha d’arriver à l’Académie, de là les rigueurs de Melchior Grimm, et surtout les diatribes de La Harpe. Il fut accablé d’épigrammes.

En 1777, Dorat dirigea le Journal des Dames créé en 1759. Il céda ensuite ce journal à Mercier.

Dorat, à gauche, avec Pezay, en uniforme de dragon au centre.

Outre ses poésies, on a de lui :

  • son poème de la Déclamation et le Soir de Mai;
  • son héroïde fameuse le Comte de Comminges, inspirée du roman éponyme de Mme de Tencin (1764);
  • Les Dévirgineurs et Combabus, contes en vers précédés par des Réflexions sur le Conte et suivis de Floricourt histoire française, Amsterdam, s.n., Paris, Sébastien Jorry, 1765.
  • sa tragédie Régulus et sa comédie la Feinte par amour qui eurent quelque succès, ainsi que Les Prôneurs ou Le Tartuffe Littéraire, dirigée contre les philosophes, surtout contre D'Alembert ou encore Le Malheureux Imaginaire;
  • son roman épistolaire : Les Sacrifices de l'amour ou Lettres de la Vicomtesse de Sénanges et du chevalier de Versenai (A Amsterdam et à Paris, Delalain, 1772, 2 vol. in-8);
  • son roman épistolaire libertin Les Malheurs de L'Inconstance;
  • À celle qui se reconnaîtra ou Epître à une jolie lesbienne. publié dans Mémoires secrets à la date du16 octobre 1779 qui lui sont attribués (ce poème étant également attribué au Marquis de Villette ou à l'acteur Monvel. Texte classique lesbien du XVIIIe siècle)

Il fut, ainsi que Michel de Cubières-Palmézeaux, étroitement lié avec Fanny de Beauharnais, et fit peut-être quelques romans en commun avec elle.

Les Œuvres complètes de Dorat furent publiées de son vivant en 20 volumes, de 1764 à 1780, 20 vol. in-8. Ses Œuvres choisies furent publiées par Sautreau de Marsy (Paris, 1786, 3 vol. in-12), et par Desprez (1827, in-8).

Critiques sur Dorat[modifier | modifier le code]

"M. Dorat ne fait peut-être pas trop de vers, écrivait Grimm, mais il les fait trop imprimer." Le même disait encore, au sujet des petits poèmes de Dorat : "C’est un ramage plein de grâces, un sifflement de serin, on ne peut pas plus agréable, mais autant en emporte le vent." À propos de ses odes, Grimm écrit : "Quand je vois M. Dorat se mettre nonchalamment à son bureau et nous dire : 'À l’avenir, je ferai des odes', je dis : 'Monsieur Dorat, vous ferez peut-être des vers, mais vous ne ferez point d’odes.' "

Source[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 630.

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