Claude-Louis Châtelet

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Claude-Louis Châtelet

Description de l'image  ChateletLePrieur.jpg.
Naissance 1753
Paris
Décès 1795
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre et dessinateur
Influencé par Hubert Robert

Claude-Louis Châtelet, né en 1753 à Paris où il est mort guillotiné le 7 mai 1795, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paysage marin

Il s'illustre d'abord par sa contribution au monumental ouvrage édité par l'influent fermier général Jean-Benjamin de La Borde, Les Tableaux topographiques de la Suisse, commentés par le baron de Zurlauben vers 1776. Les gravures qui le composent furent publiées en trois volumes entre 1782 et 1788.

Claude-Louis Châtelet acquiert rapidement une réputation de peintre de paysages, ce qui le conduit à être choisi comme l'un des illustrateurs principaux de l'un des ouvrages les plus importants de la fin du XVIIIe siècle, le Voyage pittoresque ou Description des Royaumes de Naples et de Sicile, publié en quatre volumes entre 1781 et 1786 par l'abbé de Saint-Non. Il se rend ensuite en Italie en 1777 en compagnie de Vivant Denon pour réaliser 132 dessins gravés de Naples, des Pouilles, de la région de Basilicate, de la Calabre et de la Sicile. D'autres artistes participent à cette entreprise, mais sans nécessairement se rendre en Italie, comptant sur la mémoire de leurs voyages passés : ainsi Fragonard, Hubert Robert ou encore Pâris, Volaire, Cassas et Houël. Châtelet fait en Italie de nombreuses rencontres et expériences.

À son retour en France, à la demande de la reine Marie-Antoinette dont il est l'un des peintres favoris et qui lui commande un certain nombre de tableaux, il contribue à l'illustration d'albums représentant le Trianon et ses jardins, albums offerts par la reine à ses visiteurs de marque tels que le roi Gustave III de Suède, l'empereur Joseph II d'Autriche, frère de Marie-Antoinette, l'archiduc Ferdinand, autre frère de la reine. Il illustre aussi une édition de La Nouvelle Héloïse. C'est à cette période qu'il exécute une série de toiles représentant des châteaux et des parcs et jardins en Île-de-France, qui se retrouveront dans les collections particulières d'amateurs comme l'abbé de Saint-Non lui-même, ou encore Richard Mique, premier architecte de Louis XVI et que Marie-Antoinette choisit pour la conception des bâtiments formant le Hameau de la Reine.

Plan du jardin et chateau de la Reine

On connaît aussi de Châtelet de nombreux paysages animés de Suisse, d'Italie et d'Angleterre.

Séduit par les idées révolutionnaires, il devint membre du Tribunal révolutionnaire. Emprisonné après la chute de Robespierre et victime de la réaction thermidorienne, il fut condamné à la guillotine le 6 mai 1795 et exécuté le lendemain, en même temps que Fouquier-Tinville, qui avait été l'accusateur public de Marie-Antoinette deux ans auparavant.

Œuvre[modifier | modifier le code]

D'abord illustrateur et dessinateur, Châtelet s'illustre comme peintre de paysages animés où se lit l'influence de Hubert Robert. Comme ses contemporains Louis-Gabriel Moreau et Louis Belanger, il représente les parcs et jardins des nouvelles résidences bâties au cours des dernières décennies du XVIIIe siècle aux environs de Paris, comme le château de Maupertuis et sa pyramide, Bellevue, la Folie Saint-James de Neuilly ou le Temple de l'Amour au Petit Trianon.

Pour la reine Marie-Antoinette, il exécute une série d'aquarelles du Petit Trianon.

Quelques huiles sur toile :

  • Paysage avec chute d'eau, 1781, Musée du Louvre, Paris
  • Illumination du Pavillon du Belvédère, 1781, 80x59 cm. Ce tableau représente les jardins du Petit Trianon lors de la fête donnée par la reine Marie-Antoinette en l'honneur de son frère Joseph II. Versailles, Musée national du Château et des Trianons
    Illumination du Belvédère
    Illumination du Pavillon du Belvédère
  • Marine, la Pêche, Paris, Musée du Louvre
  • Parc du Château de Maupertuis, collection particulière
  • Parc du Château de Gaillon, collection particulière
  • Promeneurs dans un parc, 74x60 cm ; collection particulière
Promeneurs dans un parc
Promeneurs dans un parc
  • Paysage panoramique de cascades animé de personnages, 70x112 cm
  • La tour de Marlborough dans le jardin de Mesdames, Bellevue
  • Paysages avec cascades"

Quelques dessins :

  • Vue d'une petite ville de montagne
  • Vue prise au pied du Temple de Minerve, à Agrigente
  • Vue des ruines du Temple de Junon, à Agrigente
  • Vue des ruines de l'antique théâtre de Syracuse
  • Ruines romaines, Musée Lambinet, Versailles
  • La tempête, Musée du Louvre
  • Madame de Wolmar et Saint Prieux sur les rochers de la Neillerie, Paris, Musée du Louvre
  • Le jeu de bagues chinois au Petit Trianon
  • Recueil des Plans du Petit Trianon, par le Sieur Mique, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, Premier architecte honoraire, Intendant Général des Bâtiments du Roy et de la Reine, 1798[1]

Les peintures comme les dessins de Claude-Louis Châtelet révèlent une technique, un talent et un style d'un haut degré d'accomplissement. Les personnages animant les paysages s'intègrent avec charme et poésie dans une atmosphère où les denses feuillages et la nature féconde contrastent avec la maîtrise géométrique des bâtiments et éléments architecturaux. Les jeux d'ombre et de lumière donnent à ces tableaux une profondeur spatiale et une perspective dans lesquelles le regard se perd, allant d'un groupe de personnages à un autre et s'attardant sur des marches d'escaliers ou quelque demeure somptueuse non sans avoir respiré le parfum d'une nature toujours présente et rassurante. Ce peintre, du fait de sa courte existence et de ses engagements politiques, a laissé à la postérité une production trop réduite pour être retenu par l'histoire de l'art comme une figure importante de la peinture du XVIIIe siècle français. Cependant, son style et sa maîtrise, ses relations et son talent, auraient pu en faire, à l'image d'un Hubert Robert, l'un des peintres les plus éminents et les plus attachants de ce siècle, si seulement il avait consacré toute son énergie à la noblesse de son art.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Antoinette, Réunion des musées nationaux,‎ mars 2008, 400 p. (ISBN 978-2-7118-5486-8), p. 279 à 281.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alan Wintermute, Claude to Corot: The Development of Landscape Painting in France, Colnaghi, New York, 1990
  • Victor Carlson, Hubert Robert, Drawings & Watercolours, National Gallery of Art Washington DC, 1978
  • Pierre Arizzoli-Clémentel, Vues et Plans du Petit Trianon à Versailles, Alain de Gourcuff éditeur, 1998;112 p. 30 illustrations en couleurs (ISBN 2-909838-29-3) (édition française) (ISBN 2-909838-30-7) (édition anglaise)
  • Catalogues de ventes aux enchères publiques Sotheby's, Christie's et Tajan
  • Petra Palmers, Il viaggio nel sud dell'Abbé de Saint Non, Naples, 1995
  • Les jardins de Versailles et de Trianon. D'André Le Nostre à Richard Mique, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. 15 juin - 27 septembre 1992. Catalogue d'exposition rédigé par Simone Hoog. Paris, Réunion des musées nationaux, 1992, 127 p., iconographie, dessins, plans