Classification de Raunkier

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Types biologiques de Raunkiær :
1. Phanérophyte  2-3. Chamaephytes  4. Hémicryptophyte  5-9. Cryptophytes  5-6. Géophytes
7. Hélophyte   8-9. Hydrophytes. (thérophyte, aérophyte ou épiphyte non montrés)

La classification de Raunkier (types biologiques, système de Raunkier) est une classification proposée en 1904 et affinée les années suivantes par le botaniste danois Christen Raunkiær afin d’organiser tous les végétaux selon le positionnement des organes de survie (et donc de leur méristèmes de croissance) de la plante durant la période défavorable.

Historique[modifier | modifier le code]

L'idée de classer les végétaux selon leur organisation avec l'environnement est déjà évoquée en 1807 par la naturaliste Alexander von Humboldt[1]. Le botaniste Eugenius Warming tente d'appliquer cette idée (il invente le terme (en)formes de vie botaniques à cette occasion) mais sa classification en 1884 est confuse. L'écologue Christen Raunkiær y parvient en prenant pour critère le positionnement des organes de survie, classification qu'il propose en 1904 lors d'une conférence à la Société Naturaliste Danoise[2]. Il complète cette classification pour aboutir en 1934 au système utilisé de nos jours[3].

Types biologiques[modifier | modifier le code]

On compte 2 catégories, divisées en classes :

Vivace ou pérenne[modifier | modifier le code]

Persistance d'une partie de l'appareil végétatif pendant la mauvaise saison :

  • Phanérophytes (du grec phaneros : apparent ; phuton : plante) : bourgeons dormants aériens à plus de 50 cm de la surface du sol. Plante affrontant l'hiver en exposant à ses rigueurs des tiges porteuses de bourgeons (ex. le pin, le hêtre, l'abricotier, le noisetier)
  • Chamaephytes (du grec khamai : à terre ; phuton : plante) : bourgeons dormants aériens à moins de 50 cm de la surface du sol. On distingue les chamaephytes frutescents (buissonnants, plus ou moins dressés) et les chamaephytes herbacés (beaucoup plus proches du sol) (ex. le myrtiller).
  • Hémicryptophytes (du grec hemi : à demi ; kryptos : caché ; phuton : plante) : bourgeons dormants à la surface du sol. À la « belle saison », un hémicryptophyte développe une touffe de pousses s'il est cespiteux, une rosette de feuilles, plus ou moins prostrées s'il est à rosettes, une tige érigée qui prend appui sur des supports variés s'il est grimpant (ex. la pâquerette est un hémicryptophyte à rosette).
  • Géophytes (du grec  : terre, phuton : plante) ou cryptophytes : bourgeons dormants sous la surface du sol (distinguer selon la nature de l'organe de conservation souterrain : géophyte à bulbe, à tubercule, à rhizome) (ex. Crocus sativus).
  • Hydrophytes : bourgeons dormants sous l'eau, feuilles immergées.
  • Hélophytes (du grec helos : le marais, phuton : plante) : bourgeons dormants sous l'eau, feuilles émergées au moins en partie. Végétaux capables de prospérer en milieux humides et eaux douces.(bords de mer, estuaires, chotts, marais, rivière). (ex. phragmites, cariçaies, Typhas,spartine).

Annuelle[modifier | modifier le code]

Passage de la mauvaise saison (qui pour les plantes peut être soit une saison chaude, soit une saison froide) sous forme de graine :

  • Thérophytes (du grec theros : saison, phuton : plante) : on désigne par ce terme une plante qui "boucle" son cycle de vie en quelques mois et dont ne subsistent, à l'entrée de la mauvaise saison, que les graines qui formeront de nouveaux individus l'année suivante [synonyme de plante annuelle] (ex. Mercuriale annuelle, bourse à pasteur).

Bisannuelle[modifier | modifier le code]

Hémicryptophyte (ou géophyte) la première année, puis thérophyte la seconde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. von Humboldt, Essai sur la géographie des plantes, Ed. européennes Erasme, 1807
  2. C. Raunkiær, Om biologiske typer, med Hensyn til Planternes Tilpasning til at overle ugunstige Aarister. Bot. Tidsskrift, 26., 1904
  3. C. Raunkiær, The Life Forms of Plants and Statistical Plant Geography, being the collected papers of C. Raunkiær., Oxford University Press, 1934, p. 2-104.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]