Classe Collins

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Classe Collins
Image illustrative de l'article Classe Collins
Le HMAS Rankin (SSK 78)

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine australienne Royal Australian Navy
Statut En service
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin d’attaque
Longueur 77,78 m
Maître-bau 7,80 m
Tirant d'eau 7,01 m
Déplacement 3 051 t (surface)
3 353 t (plongée)
Propulsion 1 moteur principal Jeumont-Schneider de 5,25 MW
3 diesels Hedemora/Garden Island Type V18B/14 de 4,42 MW
3 moteurs électriques Jeumont-Schneider de 4,2 MW
1 propulseur d'étrave
1 moteur hydraulique de secours Mactaggart Scott dm 43006
Vitesse 10 nœuds en surface
20 nœuds en plongée
Profondeur 200 m
Caractéristiques militaires
Armement 6 tubes de 533 mm pour 14 torpilles Mk.48 mod.4 ou Mk48 ADCAP ou 22 missiles antinavires UGM-84 Sub-Harpoon ou missiles de croisière BGM-109 Tomahawk (prévu)
Rayon d'action 11 500 milles à 10 nœuds en surface ; 400 milles à 4 nœuds en plongée
Autres caractéristiques
Équipage 8 officiers de marine et 37 hommes d'équipage
Chantier naval ASC, Adélaïde

La classe Collins est une classe de 6 sous-marins de 3e génération à propulsion diesel-électrique. De conception suédoise, ils sont produits sous transfert de technologie en Australie pour la Royal Australian Navy.

Historique[modifier | modifier le code]

Les projets de remplacement de la classe Oberon d'origine britannique commencent en 1978. Au début des années 1980, les bureaux d'études de la Royal Australian Navy se prononcent en faveur d'un sous-marin ayant une endurance de 10 000 milles et capable de rester en plongée ininterrompue durant 10 semaines[1], plutôt qu'un achat « sur étagère » d'un bâtiment européen, construit traditionnellement pour de courtes distances et de faibles endurances[2]. C'est pourtant Kockums, un industriel construisant de petits bâtiments devant opérer dans la peu profonde mer Baltique, qui est choisi en 1987 de préférence à HDW. Ce choix, comme celui du F-111C en son temps, est controversé, des rumeurs de corruption (plus tard démenties) apparaissant[3]. Le plus grand défi qu'aura à relever la classe Collins est que, dès 1985, le gouvernement Hawke avait décidé que les bâtiments seraient construits entièrement en Australie. Une société ad hoc, Australian Submarine Corporation, est créée à Adélaïde entre Kockums et des partenaires australiens et américains (lesquels fournissent le système de combat). Ce montage industriel génèrera plus tard des tensions considérables entre le constructeur et le client.

Retards, dépassements budgétaires et problèmes techniques et humains[modifier | modifier le code]

En 2009, la marine manque de personnel qualifié et seuls trois pourrait être envoyés en mission[4].

Le rapport McIntosh-Prescott[modifier | modifier le code]

Si le premier bâtiment, le HMAS Collins, construit par Kockums, est livré à temps en juillet 1996, le second, construit par Australian Submarine Corporation, accuse un retard de 18 mois. À ce moment, les problèmes techniques et les retards de la classe sont devenus importants. Ces derniers sont si sérieux et si persistants qu'un rapport public est commandé à Malcolm McIntosh, directeur de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) et John Prescott, ancien directeur du management chez BHP.

Le rapport McIntosh-Prescott conclut que les Collins ne sont pas aptes au combat :

« Le problème essentiel des sous-marins de la classe Collins est qu'ils ne peuvent pas offrir des performances aux niveaux requis pour les opérations militaires. Les causes sous-jacentes en sont une myriade de déficiences dans leur design et des limitations opérationnelles conséquentes liées à la plate-forme et aux systèmes de combat[5]. »

Le rapport note que le bâtiment est bruyant et donc vulnérable à une attaque, que la tuyauterie pose de sérieux problèmes (la RAN admettra plus tard qu'elle avait été remplacée en cachette sur le HMAS Collins avant la visite des rapporteurs[6]), que les moteurs cassent régulièrement, que le mauvais design de la coque entraîne des turbulences quand le bâtiment est submergé, que le rendu visuel du périscope est flou et que les systèmes de communications et de combat sont dépassés[5].

Le système de combat risquant de n'être jamais complètement opérationnel[7] et le rapport McIntosh-Prescott conseillant son démantèlement, celui-ci est remplacé en 2005 sur les 6 bâtiments de la classe par un nouveau système fourni par General Dynamics/Raytheon[8]. Le problème de signature sonore des moteurs diesels est résolu avec l'aide de l’US Navy[9].

Service actif[modifier | modifier le code]

L'HMAS Waller à Pearl Harbor durant l'exercice RIMPAC 08 (25 juin 2008)

En 2002, il est rapporté que l'HMAS Sheean « s'est bien débrouillé » durant les deux semaines d'exercices RIMPAC 02 au large d'Hawaï avec le SNA USS Olympia de classe Los Angeles. Les deux sous-marins, échangeant les rôles de chasseur/proie, sont crédités du même nombre de tirs au but. Durant son attaque simulée de l’Olympia et de deux destroyers de classe Arleigh Burke, le Sheean lance 28 torpilles. Selon le chef d'état-major de la flotte sous-marine australienne, « un pourcentage respectable de tirs portés par le Sheean à l’Olympia ont été des succès qui auraient détruit le puissant bâtiment américain[10]. » Le Sheean pénètre ensuite le rideau ASM américain et coule virtuellement Le LHA USS Tarawa de classe Tarawa et le LSD USS Rushmore de classe Whidbey Island[11].

Cependant, un an plus tard, à la suite à l'accident de l'HMAS Dechaineux, l’Australian Broadcasting Corporation (ABC) rapporte qu'« au moins deux sous-marins de classe Collins ont des problèmes de soudure dans les joints de la coque ». John Moore, député et ancien ministre de la Défense australien, confirme qu'« il y a sans aucun doute des problèmes avec la soudure, mais si vous y dépensez suffisamment d'argent et remplacez suffisamment de soudure, je pense que ce sera hautement utile[12]. » L’ABC rapporte que la profondeur maximale de plongée de la classe Collins, bien que classée secret défense, a été limitée à 200 mètres[13]. Selon The Australian, ces problèmes étaient connus de la RAN depuis mai 2002, date de publication d'un rapport confidentiel énumérant « 67 risques importants de sécurité ».

Ces nombreux problèmes semblent avoir été corrigés et les 6 Collins ont été déclarés opérationnels en mars 2004.

Jane's Fighting Ships et le rapport annuel 2006 d'Australian Submarine Corporation rapportent que le Collins a été modifié pour l'embarquement de forces spéciales[14].

Armement[modifier | modifier le code]

Électronique[modifier | modifier le code]

  • 1 radar de veille surface Kelvin Hughes Type 1007
  • 1 sonar actif/passif Thomson Sintra Scylla
  • 1 sonar passif remorqué GEC Marconi Kariwara (73 et 74)
  • 1 sonar passif remorqué Thomson Marconi Narama (75)
  • 1 sonar passif remorqué Allied Signal TB-23 (76 et 77)
  • 1 contrôle d’armes Boeing/Rockwell
  • 1 périscope Pilkington Optronics CK.43
  • 1 périscope Pilkington Optronics CH.93
  • 2 leurres SSE
  • 1 détecteur radar Argo AR.740

Liste des unités[modifier | modifier le code]

Collins (73)[modifier | modifier le code]

Dates
  • Sur cale : 14 février 1990
  • Lancement : 28 août 1993
  • Mise en Service : 27 juillet 1996
  • Parcours :
  • Date retrait :
  • Fin de vie :

Farncomb (74)[modifier | modifier le code]

Dates
  • Sur cale : 1er mars 1991
  • Lancement : 15 décembre 1995
  • Mise en Service : 31 janvier 1998
  • Parcours :
  • Date retrait :
  • Fin de vie :

Waller (75)[modifier | modifier le code]

Dates
  • Sur cale : 19 mars 1992
  • Lancement : 14 mars 1997
  • Mise en Service : 10 juillet 1999
  • Parcours :
  • Date retrait :
  • Fin de vie :

Dechaineux (76)[modifier | modifier le code]

Dates
  • Sur cale : 4 mars 1993
  • Lancement : 12 mars 1998
  • Mise en Service : 24 février 2001
  • Parcours :
  • Date retrait :
  • Fin de vie :

Sheean (77)[modifier | modifier le code]

Dates
  • Sur cale : 17 février 1994
  • Lancement : 3 mai 1999
  • Mise en Service : 24 février 2001
  • Parcours :
  • Date retrait :
  • Fin de vie :

Rankin (78)[modifier | modifier le code]

Dates
  • Sur cale :
  • Lancement : 14 mars 1997
  • Mise en Service : 10 juillet 1999
  • Parcours :
  • Date retrait :
  • Fin de vie :

Accidents[modifier | modifier le code]

  • Le , une voie d'eau se déclare à bord de la salle des machines de l'HMAS Dechaineux alors que ce dernier est en plongée à 40 milles au large de Perth, à sa profondeur maximale. Selon certaines sources, le Dechaineux évite de 20 secondes le naufrage dans l’océan Indien[15].

Remplacement[modifier | modifier le code]

Le remplacement de la classe Collins est prévu pour 2025. Le lancement d'études sur le projet, dénommé SEA 1000, est autorisé par le ministre de la Défense australien Joel Fitzgibbon en décembre 2007, tandis qu'un bureau d'étude est mis sur place en octobre 2008. Le remplacement est acté par le Livre blanc sur la Défense 2009, publié le . D'un déplacement supérieur aux Collins, les 6 à 12 bâtiments[16] seraient à propulsion anaérobie et non nucléaire et entièrement construits en Australie (vraisemblablement par ASC) avec l'utilisation de « technologies australiennes, européennes et américaines[17] », bien que le chantier naval Electric Boat de Groton (General Dynamics) et Lockheed Martin soient donnés favoris[18]. Le rôle des nouveaux sous-marins serait l'attaque de navires de surface et de sous-marins, l'attaque de cibles terrestres, la collecte d'informations, la projection de forces spéciales[19], voire la dissuasion conventionnelle de l'Australie[20],[21],[22]. Tout d'abord estimé à 15 milliards de dollars australiens (12 pour les bâtiments, 3 pour le développement)[17], le coût du programme pourrait atteindre 35 milliards[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)Joseph Henrotin, « Les sous-marins suédois : Sjöormen, Gotland, Challenger, Collins et A26 », Technologie et armement, no 10,‎ février-mars 2008, p. 78-82 (ISSN 1953-5953)
  2. (en)Patrick Walters, « Cutting Edge: The Collins experience », Strategic Insights, no 22,‎ (ISSN 1449-3993, lire en ligne)
  3. (en) Peter Yule et Derek Woolner, The Collins Class Submarine Story: Steel, Spies and Spin, Cambridge University Press,‎ 2008 (ISBN 978-0-521-86894-5)
    p. 114
  4. (fr) « Le blues des sous-mariniers », Les nouvelles Calédoniennes, 27 février 2009
  5. a et b (en) Malcolm K. McIntosh et John B. Prescott, Report to the Minister for Defence on the Collins Class Submarine and Related Matters, Ministère de la Défense australien,‎ juillet 1999 (lire en ligne)
  6. (en)« Subs Are Out Of Depth », The Herald Sun,‎
  7. (en)« $500m To Save Our Subs - Minister Orders Project Overhaul », The Australian,‎
  8. (en) « Australia's Collins Class Subs, Submariners On Track for Upgrades », sur defenseindustrydaily.com, Defense Industry Daily,‎ (consulté le )
  9. (en) Simon Royal, « Collins Class submarine war », sur abc.net.au, ABC,‎ (consulté le )
  10. (en)Brendan Nicholson, « Collins sub shines in US war game », The Age,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Nick Field, « Prawns, roo end RIMPAC 2002 at Pearl Harbor », sur defence.gov.au, Ministère de la Défense australien (consulté le )
  12. (en) Edmond Roy, « Collins Class nightmares continue », sur abc.net.au, ABC,‎ (consulté le )
  13. (en) Andrew Fowler, « Are leaky Collins class subs all washed up? », sur abc.net.au, ABC,‎ (consulté le )
  14. (en) ASC Annual Report 2006, Australian Submarine Corporation (lire en ligne)
  15. (en) « Navy forced to reduce subs' diving depth », sur theage.com.au, AAP,‎ (consulté le )
  16. a et b (en) Greg Jennett, « New submarines now biggest ever military project », sur abc.net.au, ABC,‎ (consulté le )
  17. a et b (en) « Navy to spend $15bn on subs », sur theaustralian.news.com.au, AAP,‎ (consulté le )
  18. (en) « US « to play key role » in new Aussie subs », sur brisbanetimes.com.au, AAP,‎ (consulté le )
  19. (en)Cameron Stewart, « Defence to reach new depths », The Australian,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « New subs unlikely to go nuclear: ADA », sur abc.net.au, ABC,‎ (consulté le )
  21. (en)Andrew Davies, « Keeping our heads below water: Australia’s future submarine », Policy Analysis, no 16,‎ (lire en ligne)
  22. (en)Mark Thomson et Andrew Davies, « Strategic choices: Defending Australia in the 21st century », Strategic Insights, no 45,‎ (ISSN 1449-3993, lire en ligne)

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