Classe Cleveland

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Classe Cleveland
Image illustrative de l'article Classe Cleveland
L'USS Cleveland en 1942

Histoire
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Caractéristiques techniques
Type Croiseur léger
Longueur 186 mètres
Maître-bau 20,2 m
Tirant d'eau 7,5 m
Tirant d'air 34,5 m
Déplacement 11 800 tonnes (standard)
14 131 tonnes à pleine charge
Propulsion 4 chaudières Babcock & Wilcox
Turbines à engrenages General Electric, 4 hélices
Puissance 100 000 ch
Vitesse 33 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture 37-127 mm, traverses 127 mm
PBS 76 mm PBI 50 mm.
Tourelles 76-127 mm, barbettes 127 mm
Blockhaus 164 mm
Armement 4 tourelles triples de 152 mm/47 cal.
6 tourelles doubles de 127 mm/38 cal. double usage
8 à 28 canons de 40 mm/56 cal. AA
10 à 21 canons de 20 mm AA.
Aéronefs 4 hydravions
Rayon d'action .
Autres caractéristiques
Équipage 1 355 (70 officiers et 1 285 hommes)
Chantier naval Camden (NY),Newport News, Quincy
Indicatif CL 55-67, 80-83, 86-87, 89-93, 100-105

Les croiseurs légers de la classe Cleveland ont été conçus au début de la Seconde Guerre mondiale et ont constitué la plus nombreuse série homogène de croiseurs jamais construite.

Arrière-plan[modifier | modifier le code]

Le traité de limitation des armements navals, résultant de la conférence de Washington, en 1922, avait limité le déplacement des croiseurs à 10 000 tonnes Washington, et le calibre de l'artillerie principale à 203 mm (8 pouces) au maximum[1]. Les États-Unis avaient prévu d'en construire dix-huit, le Royaume-Uni quinze (car trois croiseurs conçus précédemment, qui avaient servi de référence pour fixer ces limites étaient, en 1922, en train d'être mis en service[2]), le Japon en construisit douze, la France et l'Italie sept chacune. Ce furent le plus souvent des bâtiments rapides, pouvant atteindre 33, voire 35 nœuds et peu blindés, du moins pour leurs exemplaires français, italiens, ou britanniques. L'U.S. Navy, en recourant à des tourelles triples, réussit à gagner du poids pour avoir une meilleure protection, et le Japon s'affranchit, secrètement, de la limite du déplacement de 10 000 tonnes[3],[4].

Mais l'Allemagne avait construit des croiseurs plus petits, d'un déplacement de l'ordre de 6 000 tonnes, armés de canons de 150 mm[5], l'Italie en avaient construit de 5 200 tonnes de déplacement, pour faire pièce aux grands contre-torpilleurs que la France construisait, et le Royaume-Uni considérait que les croiseurs dits « de Washington », de10 000 tonnes armés de canons de 203 mm, étaient trop grands et trop coûteux pour ses besoins, notamment de protection du trafic maritime, alors que les États-Unis et le Japon demeuraient attachés à ce déplacement de 10 000 tonnes[6],[7].

Le traité de Londres de 1930 a donc bloqué la construction des croiseurs « de Washington », désormais désignés croiseurs de type A, ou croiseurs lourds et limité le calibre de l'artillerie principale des croiseurs de type B, ou croiseurs légers à 155 mm, calibre des croiseurs français dits de « 8 000 tonnes », construits dans les années 1922-1925. Mais de facto, aucune limite générale n'a pu être fixée en termes de déplacement global des croiseurs légers par nation, ni aucune limite de déplacement autre que celle de 10 000 tonnes du Traité de Washington de 1922[7].

Aussi pour son programme de 1931, la Marine impériale japonaise passa commande des deux premières unités d’une nouvelle classe de croiseurs, la classe Mogami, avec quinze canons de 155 mm en cinq tourelles triples, pouvant atteindre 37 nœuds, dont il fut déclaré qu'ils déplaçaient 8 500 tonnes, ce qui était nettement sous-évalué[3]. La réaction de l’U.S. Navy fut la classe Brooklyn, avec quinze canons en cinq tourelles triples de 152mm (en). Ils portaient une ceinture blindée de 4 pouces (102 mm) d’épaisseur, ou 5 pouces, sur les deux dernières unités, comme sur les croiseurs lourds. Un pont continu permettait de disposer à l'arrière d'un hangar d'aviation et d'utiliser l'espace au centre du navire pour y installer des pièces anti-aériennes. Ils avaient une vitesse de 32,5 nœuds, pour un déplacement de 9 700 tonnes, qui n'était pas sous-évalué. Les premières unités de cette classe furent lancées en 1936-1937[8]. Elles sont entrées en service entre septembre 1937 et juin 1938.

Le Royaume-Uni fut contraint de suivre cette nouvelle tendance, et il en résulta la classe Town. Avec douze canons de 152 mm, en quatre tourelles triples, et des installations d’aviation spacieuses au centre du navire, un blindage de ceinture de 114 mm (3½ pouces) d'épaisseur. Leur vitesse maximale était de 32 nœuds. Ils respectaient à peu de choses près le déplacement de 10 000 tonnes avec 11 350-11 650 tonnes à pleine charge[9].

Conception et caractéristiques[modifier | modifier le code]

La Défense Contre-Avions à longue portée des croiseurs lourds et de la classe Brooklyn était constituée de huit pièces simples de 127 mm /25 cal. AA (en), installées en tourelles doubles sur les deux dernières unités de la classe, les USS St. Louis et Helena. Le dernier croiseur lourd, l'USS Wichita avait reçu huit pièces de 127 mm/38 cal. (en) à double usage, en tourelles simples ouvertes. On résolut de doter les nouveaux grands croiseurs légers de ce canon de 127 mm/38 cal. Mk 12 à double usage, en six tourelles doubles, dont devaient être équipés aussi les croiseurs légers de la classe Atlanta (en) alors en construction[10].

Parce que l'avion torpilleur et le bombardier en piqué étaient devenus de très graves menaces pour les navires de guerre, la classe Cleveland, par rapport à classe Brooklyn et à sa sous-classe St. Louis, perdait une tourelle triple de canons de 152 mm de la batterie principale contre deux tourelles doubles supplémentaires de canons de 127 mm à double emploi. Sans se spécialiser dans la lutte antiaérienne comme les croiseurs de la classe Atlanta (en), ils présentaient deux batteries au même nombre de 12 pièces.

Les quatre tourelles triples principales était arrangées en deux superpositions, une à l'avant, une à l'arrière, alors que les tourelles secondaires, se répartissaient en une à l'avant et une à l'arrière, toutes les deux sur le rouf derrière la tourelle principale supérieure, et quatre sur les côtés à la même hauteur. Les deux cheminées et les deux mâts étaient regroupés au milieu de la superstructure, n'entravant pas les champs de tir des armes. Une nombreuse artillerie anti-aérienne à courte portée aura été composée, selon les unités, de 8 à 28 pièces de 40 mm et 10 à 21 pièces de 20 mm s'ajoutait aux précédentes[10].

Ils étaient aussi bien mieux protégés que leurs aînés contre les mines et les torpilles, grâce à une coque bien compartimentée.

La classe aurait dû comprendre trente neuf navires mais, suite à des annulations et à la décision d'en transformer neuf en porte-avions légers (la classe Independence), seuls vingt-sept furent mis en service comme croiseurs pour l'United States Navy.

Ils furent considérés comme des croiseurs très réussis, bien équilibrés. Ils combattirent principalement dans le Pacifique, où leur principale mission fut l'escorte des porte-avions, rôle dans lequel ils se montrèrent très efficaces, étant capables de repousser les attaques des redoutables destroyers japonais, tout en fournissant un remarquable supplément d'artillerie anti-aérienne aux navires qu'ils escortaient. Contrairement à celles de la marine japonaise, les tactiques américaines excluaient l'emploi de torpilles sur ses croiseurs, préférant s'appuyer sur une artillerie puissante, surtout quand elle était dirigée par des radars pour garder les navires ennemis à distance, l'attaque à la torpille étant confiée aux seuls destroyers.

Ils furent placés en réserve à la fin des années quarante. Entre 1956 et 1958, six d'entre eux furent réarmés et convertis en croiseurs lance-missiles :

Ces navires ainsi modifiés combattirent alors pendant la guerre du Viêt Nam, certains servirent jusqu'à la fin des années 1970.

Navires de la classe[modifier | modifier le code]

classe Cleveland
nom chantier naval mise en chantier lancement mise en service mise en réserve radiation fin
Cleveland (CL-55) New York Shipbuilding Corp. 01/11/41 15/06/42 07/02/47 18/02/60
Columbia (CL-56) New York Shipbuilding Corp. 17/12/41 29/07/42 30/11/46 30/02/59 démoli en 1959
Montpelier (CL-57) New York Shipbuilding Corp. 02/12/40 12/02/42 09/09/42 24/01/47 01/03/59 démoli en 1960
Denver (CL-58) New York Shipbuilding Corp. 04/04/42 15/10/42 07/02/47 03//59 démoli en 1960
Santa Fe (CL-60) New York Shipbuilding Corp. 07/06/41 10/06/42 24/11/42 19/10/46 01/03/59 démoli en 1959
Birmingham (CL-62) Newport News Shipbuilding 17/02/41 20/03/42 29/01/43 02/06/47 01/03/59 démoli en 1959
Mobile (CL-63) Newport News Shipbuilding 14/04/41 15/05/42 24/03/43 09/05/47 01/03/59 démoli en 1960
Vincennes (CL-64) Bethlehem Shipbuilding Comp. 07/03/42 17/07/43 21/01/44 10/09/46 01/04/66 utilisé comme cible
Pasadena (CL-65) Bethlehem Shipbuilding Comp. 06/02/43 08/12/43 08/06/44 12/01/50 01/12/70 démoli en 1970
Springfield (CL-66) (CLG-7/CG-7) Bethlehem Shipbuilding Comp. 13/02/43 09/03/44 09/09/44
02/07/60
?/01/50
15/05/74
31/07/80
Topeka (CL-67) (CLG-8) Bethlehem Shipbuilding Comp. 21/04/43 09/03/44 09/09/44
26/03/60
18/06/49
05/06/69
01/12/73 démoli en 1975
Biloxi (CL-80) Newport News Shipbuilding 23/02/43 31/08/43 29/08/46 ?/09/61 démoli en mars 1962
Houston (CL-81) Newport News Shipbuilding 19/06/43 20/12/43 15/12/47 01/03/59 démoli
Providence (CL-82) (CLG-6/CG-6) Bethlehem Shipbuilding Comp. 27/07/43 28/12/44 15/06/45
17/09/59
14/06/49
15/05/74
31/07/78 démoli
Manchester (CL-83) Bethlehem Shipbuilding Comp. 25/09/44 05/03/46 29/10/46 27/06/56 01/04/60 démoli en 1960
Vicksburg (CL-86) Newport News Shipbuilding 26/10/42 14/12/43 12/06/44 30/06/47 01/10/62 démoli en 1964
Duluth (CL-87) Newport News Shipbuilding 13/01/44 18/09/44 25/06/49 14/11/60 démoli
Miami (CL-89) Cramp Shipbuilding Co., Philadelphie 02/08/41 08/12/42 28/12/43 30/06/47 01/09/61 démoli en 1962
Astoria (CL-90) Cramp Shipbuilding Co., Philadelphie 06/09/41 06/03/43 17/05/44 01/07/49 01/11/69 démoli en 1971
Oklahoma City (CL-91) (CLG-5/CG-5) Cramp Shipbuilding Co., Philadelphie 08/12/42 20/02/44 22/12/44
07/09/60
30/06/47
15/12/79
15/12/79 utilisé comme cible en 1999
Little Rock (CL-92) (CLG-4/CG-4) Cramp Shipbuilding Co., Philadelphie 06/03/43 27/08/44 17/06/45
03/06/60
24/06/49
22/11/76
22/11/76 musée à Buffalo
Galveston (CL-93) (CLG-3) Cramp Shipbuilding Co., Philadelphie 22/04/45 28/05/58 21/12/73
Amsterdam (CL-101) Newport News Shipbuilding 23/03/43 25/04/44 08/01/45 30/06/47 02/01/71 démoli
Portsmouth (CL-102) Newport News Shipbuilding 28/06/43 20/09/44 25/06/45 15/06/49 15/01/71 démoli en 1974
Wilkes-Barre (CL-103) New York Shipbuilding Corp. 1/12/42 24/12/43 01/07/44 09/10/47 15/01/71 utilisé comme cible en 1972
Atlanta (CL-104) (IX-302) New York Shipbuilding Corp. 25/01/43 06/02/44 03/12/44 01/10/62 01/04/70 utilisé comme cible en 1970
Dayton (CL-105) New York Shipbuilding Corp. 19/03/44 07/01/45 01/03/49 01/09/61 démoli en 1962
  • Annulés :
    • Buffalo (CL-84) annulé en 1940
    • Newark (CL-88) annulé en 1940
    • Youngstown (CL-94) annulé le 12 août 1945

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Siegfried Breyer, Battleships and battle cruisers 1905–1970, Londres, Macdonald and Jane's,‎ 1973 (ISBN 0356-04191-3)
  • G. Dollé, Frégates et Croiseurs, Paris, Horizons de France,‎ 1947
  • (en) Bernard Ireland et Eric Grove, Jane's War at sea 1897-1997, New York, Harpers Collins Publishers,‎ 1997 (ISBN 0-00-472065-2)
  • (en) John Jordan et Robert Dumas, French battleships 1922-1956, Seaforth Punblishing (ISBN 978-1-84832-034-5)
  • (en) Henri Le Masson, Navies of the Second World War The French Navy Volume 1, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1969 (ISBN 0356-02384-2)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War German surface vessels 1, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1966
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War American battleships, carriers and cruisers, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1968 (ISBN 0356-04191-3)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War British battleships and aircraft carriers, London, Macdonald & Co Publishers Ltd,‎ 1972 (ISBN 0-356-03869-6)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War British Cruisers, Londres, Macdonald & Co Publishers Ltd,‎ 1973 (ISBN 0356-04138-7)
  • Amiral Lepotier, Les derniers cuirassés, Paris, Éditions France-Empire,‎ 1967
  • Donald G.F.W. Macintyre et Basil W. Bathe, Les navires de combat à travers les âges, Paris, Stock,‎ 1971
  • Philippe Masson, Histoire de la Marine Tome II De la vapeur à l'atome, Paris-Limoges, Lavauzelle,‎ 1983 (ISBN 2-7025-0036-6)
  • (en) Jürg Meister, Navies of the Second World War The Soviet Navy Volume One, Londres, Macdonald & Co Publishers Ltd,‎ 1972 (ISBN 0356-03043-1)
  • Jean Moulin, Les croiseurs français en images, Rennes, Marines Editions,‎ 2007 (ISBN 978-2-9153-7965-5)
  • Leonce Peillard, La Bataille de l'Atlantique (1939-1945), Paris, Editions Robert Laffont,‎ 1974
  • Antony Preston, Histoire des Croiseurs, Paris, Fernand Nathan Editeurs,‎ 1981 (ISBN 2-09-292027-8)
  • (en) Anthony Watts, Japanese Warships of World War II, London, Ian Allen Ltd,‎ 1971 (ISBN 0-7110-0215-0)
  • (en) M J Whitley, Cruisers of World War Two: An International Encyclopedia, Londres, Arms & Armour,‎ 1995 (ISBN 1-85409-225-1)
  • (en) Navies of the Second World War Japanese battleships and cruisers, London, Macdonald & Co (Publishers) Ltd.,‎ 1968 (ISBN 0-356-01475-4)

Références[modifier | modifier le code]