Classe Suffren (sous-marin)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Classe Barracuda)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour les autres classes de navires du même nom, voir Classe Suffren.
Classe Suffren
Image illustrative de l'article Classe Suffren (sous-marin)
Profil de la classe Suffren
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin nucléaire d'attaque
Longueur 99,5 m
Maître-bau 8,8 m
Tirant d'eau 7,3 m
Tirant d'air 8,4 m
Déplacement 4 650 t en surface ; 5 300 t en plongée
Propulsion 1 réacteur à eau pressurisée K15 de 150 MW

2 turbo-alternateurs
2 moteurs électrique de secours SEMT Pielstick de 480 kW
1 pompe hélice (hydroréacteur)

Puissance 150 MW (réacteur) ; 10 MW (turbo-alternateurs)
Vitesse supérieure à 23 nœuds (46 km/h) en plongée

14 nœuds (26 km/h) en surface

Profondeur supérieure à 300 m
Caractéristiques militaires
Armement 4 tubes et 20 emplacements de stockage pour torpille F21

missiles de croisière MBDA MdCN
missiles antinavires MBDA Exocet SM39
mines

Autres caractéristiques
Électronique 2 radars

1 sonar de coque Thales UMS-3000
2 sondeurs
2 périscopes
1 mât optronique
1 détecteur de radar
1 détecteur de communications
1 flûte remorquée ETBF
1 récepteur SYRACUSE
1 système de combat SYCOBS
Liaison 22 et liaison 11

Équipage 8 officiers, 52 officiers-mariniers, quartiers-maîtres et matelots

possibilité d'embarquement de 10 nageurs de combat

Histoire
Constructeurs DCNS, Cherbourg
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Commanditaire Délégation générale pour l'armement
Date début commande 2002
Période de
construction
19 décembre 2007 - présent
Période de service entrée prévue pour 2017
Navires prévus 6
Précédent Classe Rubis

La classe Suffren, issue du programme Barracuda, est une classe de sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) de la marine française.

Historique[modifier | modifier le code]

Une collaboration franco-britannique ?[modifier | modifier le code]

Des discussions ont lieu avec le Royaume-Uni dont le projet Future Attack Submarine (FASM), destiné à remplacer les SNA britanniques de la classe Trafalgar, aurait pu s'accorder avec les besoins français. Cependant, des désalignements de calendriers mettent fin à cette perspective de collaboration[1].

Le projet français Barracuda[modifier | modifier le code]

La chute de l'URSS et le nouvel ordre mondial, avec ses conflits de basse intensité et l'augmentation du trafic maritime, ont revalorisé le rôle des marines. L'évolution des missions a considérablement retardé le calendrier de remplacement des six SNA de la classe Rubis dans les forces sous-marines par six sous-marins d'attaque du futur (SMAF). Leur phase de définition débute en octobre 1998[2],[3] puis la conception en 2002 pour des essais alors prévus en 2008 et une entrée en service en 2010.

Le « programme Barracuda » concerne, bien sûr, la construction des 6 sous-marins de la classe Suffren. Il intègre également la coordination des industriels qui gèrent eux-mêmes de nombreux sous-programmes (comme ceux liés à la chaufferie nucléaire, aux nouvelles armes, au système de combat, etc.).

Les infrastructures portuaires liées à la mise en œuvre de ces bâtiments, les simulateurs (sécurité-plongée, navigation et entraînement tactique, mise en œuvre du réacteur nucléaire et de la salle des machines) et la mise en place de la chaîne logistique sont gérés par le programme. Par contre, l'acquisition de deux Dry Deck Shelter (caissons pour les forces spéciales), le missile de croisière naval et le développement de la torpille F21 sont des programmes distincts. L'essentiel de la maîtrise d'œuvre est assuré par DCNS, à l'exception de la chaufferie nucléaire, gérée par Areva[4].

Le Service d’Infrastructures de la Défense (SID) assure la maîtrise d'ouvrage des chantiers d'aménagement des infrastructures, dont notamment[5] :

  • l'agrandissement de l'école de navigation sous marine (ENSM/BPN de Toulon), pour accueillir dès l’été 2015 six simulateurs[5] ;
  • les travaux dans les ports de Brest et Toulon, qui commencent dès 2014[5] ;


Conception[modifier | modifier le code]

Spécifications[modifier | modifier le code]

Conçu par DCNS, ce sous-marin aura les principales caractéristiques générales suivantes :

La conception de cette classe a débuté en 2002, elle est fondée sur la technologie des sous-marins lanceurs d'engins classe Le Triomphant.

Six bâtiments sont prévus pour remplacer les six sous-marins nucléaires d'attaque de classe Rubis, le premier devrait entrer en service en 2017 et le dernier en 2028.

L'ensemble du programme devrait représenter 8.2 milliards d'euros[8] avec un coût de série (hors développement) supérieur au milliard d'euros.

La classe Suffren sera la première classe de sous-marins français équipés de barres arrière disposées en croix de saint André. Les différentes combinaisons des quatre safrans permettent d'obtenir les changements de direction ou d'immersion. Cette configuration permet, grâce à un automate de pilotage, de pallier des dysfonctionnements sur l'un des safrans, ou sur sa chaîne d'orientation (commande, actionneur…).

De même, la classe Suffren sera le premier type de sous-marins français, et l'un des rares dans le monde, à pouvoir embarquer des femmes sous-marinier. En effet, des logements spécifiques sont prévus[9].

Le nouveau cœur combustible permet d'espacer les opérations de maintenance : tous les dix ans au lieu de sept ans pour les actuels SNA, ceux de type Rubis. La motorisation sera mixte : la vapeur produite par le réacteur anime non seulement une turbine qui entraîne directement l'hélice, mais aussi des turbo-alternateurs qui peuvent alimenter des moteurs électriques. Il en résulte des navires plus efficaces énergétiquement et plus silencieux[10].

Noms[modifier | modifier le code]

La Marine nationale a choisi les noms des futurs sous-marins nucléaires d'attaque du type Barracuda. Il s'agit d'honorer de grands marins. La tête de série s'appellera Suffren et sera mise en service en 2017. Elle sera suivie du Duguay-Trouin deux ans et demi plus tard puis du Tourville[11]. Les trois derniers se nommeront Dupetit-Thouars, Duquesne, et De Grasse[12]. En mars 2015, sur proposition du chef d'état major de la marine, le ministre de la Défense décide de renommer les deux derniers sous-marins Casabianca et Rubis, du nom de deux sous-marins des FNFL[13].

Nom Mise sur cale Lancement Mise en service
S.. Suffren 19 décembre 2007 fin 2016 fin 2017
S.. Duguay-Trouin 26 juin 2009 fin 2020
S.. Tourville 28 juin 2011 2022
S.. De Grasse[14] 2025
S.. Rubis 2027
S.. Casabianca 2029

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Navy Matters, la mise en service des FASM est reculée de 2012 à 2015 puis 2016-2017 et le projet est finalement annulé en mai 2001 pour être remplacé par la Maritime Underwater Future Capability (en) (MUFC) [lire en ligne]
  2. En 1999, on parle du remplacement du Rubis dans les par le premier SMAF en 2007 afin de conserver 6 SNA à l'horizon 2015 selon le site Aéronavale [lire en ligne]
  3. Selon le site Les Vaisseaux Noirs [lire en ligne]
  4. Xavier Vavasseur (trad. corlobe.tk), « Entretien avec l’officier programme Barracuda »,‎ 11 février 2015
  5. a, b et c « Programme Barracuda : Mer en vue pour le Suffren », colsbleus.fr,‎ 9 janvier 2014
  6. http://www.navyrecognition.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2399
  7. « Le Suffren, premier sous marin de classe Barracuda équipé de mât optronique 30 SMS de Sagem », sur http://www.defense.optronique.net,‎ 30 septembre 2011
  8. Le Sénat, « Opérer en milieu hostile, projet de loi de finances 2011 », sur www.senat.fr,‎ 2010 (consulté le 5 mai 2011)
  9. Mission d’évaluation et de contrôle sur le financement des projets d'équipement naval militaire, « Rapport d'informations n° 707 de l'assemblée nationale », sur Assemblée nationale française,‎ 13 février 2008 (consulté le 21 août 2009) [PDF]
  10. Défis du CEA no 145 de novembre 2009
  11. http://www.defense.gouv.fr/marine/a-la-une/le-3e-sous-marin-barracuda-s-appellera-tourville Le 3e sous-marin Barracuda s'appellera Tourville
  12. http://www.defense.gouv.fr/marine/actu-marine/barracuda-le-sous-marin-nucleaire-d-attaque-du-xxie-siecle
  13. Les deux derniers SNA du type Barracuda renommés
  14. Le quatrième SNA du type Barracuda commandé

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain de Neve, « Le futur de la projection sous-marine en France et la classe Barracuda », dans Technologie & Armement (ISSN 1953-5953), no 3 (octobre-décembre 2006) [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]