Classe Aquitaine

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Classe Aquitaine
Image illustrative de l'article Classe Aquitaine
Représentation schématique de la classe.
Caractéristiques techniques
Type Frégate
Longueur 142 m
Maître-bau 19 m
Tirant d'eau 7,30 m
Déplacement 6000 tonnes
Propulsion 1 turbine General Electric-Avio LM2500 + G4 (CODLOG) de 32 MW
Vitesse 27 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 1 canon de Oto-Melara Compact SR de 76mm
2 canons de 20mm
8 missiles MBDA Exocet MM40 Block III ou OTOMAT Mk2 ou MILAS
16 missiles MBDA ASTER 15
16 missiles MBDA MdCN ou 16 missiles MBDA ASTER 30 (FREDA)
24 missiles MBDA Mica VL (option)
19 torpilles MU90
réserve pour 2 Sylver A70.
Aéronefs 1 hélicoptère NHI Industries NH90-NFH ou un Eurocopter EC-725 Cougar Resco
Rayon d’action 6000 nautiques à 15 nœuds.
Autres caractéristiques
Électronique Radar Thales Herakles, radar de navigation et de surveillance Terma A/S SCANTER 2001
conduite de tir NA-25 XP
sonar de coque Thales 4110 CL
sonar remorqué Thales CAPTAS UMS 4249
détecteur ARBR 21
brouilleur
intercepteur de transmissions Elite
SAFRAN : centrales de navigation SIGMA40
2 x lance-leurres multifoncions
leurres anti-torpilles
SETIS[1]
Liaison 11,
Liaison 16,
Liaison 22
SIC21
Équipage 108 marins
Histoire
Constructeurs DCNS
Commanditaire Organisation conjointe de coopération en matière d'armement
Période de
construction
2007 - présent
Période de service 2013 - présent
Navires construits 3
Navires prévus 9

La classe Aquitaine ou FREMM est une classe de frégates furtives de 2e génération développée et produite par DCNS, maître du programme pour la France, et Fincantieri pour l'Italie. La Marine nationale française en armerait 11 (initialement 17) de 2012 à 2022 en versions « anti-sous-marines » (ASM), pour remplacer les 9 frégates de classe Tourville (type F67) et de classe Georges Leygues (type F70)[2]. Les deux frégates restantes, de type FREDA (frégate de défense aérienne), devront quant à elles remplacer les deux bâtiments de classe Cassard (type FAA 70)[3].

Historique[modifier | modifier le code]

La 1re génération de frégates furtives françaises[modifier | modifier le code]

La frégate La Fayette (F710) et ses superstructures carénées et inclinées.

Les frégates françaises de la classe La Fayette sont souvent considérées comme les premiers bâtiments de surface furtifs. Créée et réalisée par la DCN, alors entreprise étatique, (aujourd'hui DCNS), cette classe de frégates, dont cinq exemplaires sont en service au sein de la Marine nationale française et quinze autres qui en sont dérivés, au sein des marines de guerre taïwanaise, saoudienne et singapourienne, a adopté pour sa coque des angles de 20° réduisant sa surface équivalente radar (SER), des superstructures diminuant les discontinuités ainsi qu'un recours à des matériaux absorbants tels le composite verre résine (CVR) réduisant la signature infrarouge (SIR) mais résistant mal au vieillissement[4].

Premières ébauches (2000-2002)[modifier | modifier le code]

L'armement de la frégate singapourienne Formidable (au premier plan) se rapproche de celui des FREMM.

Si les frégates La Fayette sont peu armées (pour des raisons budgétaires, elles n'ont pas reçu le système SAAM prévu mais il pourrait être embarqué si nécessaire), ce n'est pas le cas des Al Riyadh (Sawari II) saoudiennes ou des Formidable singapouriennes qui en sont dérivées. Les premières, commandées en 1997, voient le remplacement du missile Crotale et du radar de veille surface-air basse altitude DRBV-15 C par le système SAAM antimissile (2x8 missiles ASTER-15) couplé au radar 3D Arabel (équipant le porte-avions français Charles de Gaulle), la suppression du canon de 100 mm au profit d'une tourelle de 76 mm, l'adjonction de tubes lance-torpilles et la possibilité d'embarquer deux (au lieu d'un) hélicoptères Panther. Les secondes, commandées en 2000, qui ont tout de la frégate multi-missions (FMM), possèdent un radar 3D à balayage électronique passif Thales Herakles, une conduite de tir EADS Najir 2000 pour la pièce de 76 mm permettant en outre une surveillance passive jour/nuit, des lance-leurres EADS Dagaie NG, un système de guerre électronique Rafael, qui visent à automatiser au maximum le bâtiment, doté d'un hélicoptère S-70 B Seahawk, avec 86 marins (soit 95 de moins qu'à bord d'une Al Riyadh et 80 de moins que pour une La Fayette)[5].

Cette descendance est utilisée par la DCN (aujourd'hui DCNS) en 2000 pour proposer le projet SGX (puis Echo), décliné en SG1, SG2 et SG3. La formule SG1 ne file qu'à 25 nœuds et a une propulsion diesel-électrique, tandis que SG2 possède une propulsion combinée diesel et turbine à gaz (en anglais : combined diesel and gas, CODAG). Dès septembre 2001, DCNS se préoccupe de la réduction d'équipage à la façon des Al Riyadh et Formidable, d'une modularité augmentée et d'une réduction des coûts[6]. Les études de faisabilité ayant été approuvées, le ministre de la Défense français Alain Richard lance le 30 avril 2002 le programme de Frégates multimissions (FMM), qui prennent le nom de projet Alpha.

L'Italie se greffe au projet (2002)[modifier | modifier le code]

Une coopération de longue date[modifier | modifier le code]

La frégate FREMM italienne Carlo Bergamini.

La coopération franco-italienne en matière d'armement naval est très active avec les programmes de frégates anti-aériennes Horizon (1990), de torpilles légères MU90 (1991), d'hélicoptère NH90-NFH (1992), de système de détection anti-torpilles SLAT (2000), etc. Elle est régie par l'accord du 8 novembre 1983 et s'articule autour d'un comité mixte présidé par la DGA française via le Service des programmes navals (SPN) et le Secrétariat général à la défense et directoriat national d'armement italien via la NAVARM[7]. Le 7 novembre 2002, un accord est signé à Rome sur la mise en chantier par les deux pays de 27 FMM (17 pour la France et dix pour l’Italie), et dont les caractéristiques se précisent : déplacement d'environ 5 000 tonnes, missiles ASTER-15, torpilles légères MU90, hélicoptère NH90, équipage restreint. La phase de définition débute le 26 décembre 2002.

Études (2003-2005)[modifier | modifier le code]

Entre le projet français Alpha et le projet italien, il existe des différences notables, notamment au niveau des superstructures (mât unique ou pas, choix de la propulsion, etc). Sur la base d'une même plate-forme, France et Italie doivent trouver un consensus alors que les premiers ont besoin d'une frégate d'escorte légère et peu rapide et les seconds d'un bâtiment plus fortement armé.

Le choix de la propulsion[modifier | modifier le code]

Après l'accord-cadre (ou MoU) du 16 juin 2003, en décembre 2003 les discussions entre Armaris et Orizzonte Sistemi Navali portent sur la propulsion, qui doit être « quasiment silencieuse » jusqu'à 14-15 nœuds. Deux options sont envisagées :

  • la COmbined Diesel eLectric And Diesel (CODLAD) comprenant 2 moteurs Diesel, 2 réducteurs, 4 diesel-alternateurs, 2 moteurs électriques, 1 embrayeur par ligne d'arbres, 2 lignes d'arbres avec hélices à pales fixes ;
  • la COmbined Diesel eLectric Or Gas (CODLOG) possédant 4 Diesel-alternateur fournissant l'électricité nécessaire aux évolutions à basse vitesse, tandis que la turbine à gaz est utilisée via un réducteur (1 entrée/2 sorties) pour les évolutions à grande vitesse. Cette formule est retenue mais sur les bâtiments italiens, un système COmbined Diesel eLectric And Gas (CODLAG) est préféré, pour une vitesse maximale plus élevé[réf. nécessaire].

Deux fournisseurs restent en lice :

  • Rolls Royce plc avec une turbine MT-30 de 4e génération, déjà sur le marché, de 36 MW de puissance ;
  • General Electric-Avio avec une turbine trentenaire dont la version avancée LM 2500+G4, est encore à développer et qui fournirait une puissance de 32 MW. Cette version, bien moins novatrice mais moins chère, est retenue. Ce choix aurait entraîné l'ire des responsables de Rolls Royce plc[8]. Qui plus est, les LM 2500+G4 obligent à une réduction de la vitesse maximale de 27,5 à 27 nœuds et « ne permettront pas de compenser, du fait de leur puissance insuffisante, une éventuelle prise de poids lors des futures modifications de ces bâtiments », masse déjà accrue par le poids de l'Herakles (trois tonnes de plus que l'EMPAR)[9].

Les discussions sur la mâture unique et le choix du radar[modifier | modifier le code]

Les industriels italiens restent inflexibles sur la présence de deux radars : un Alenia Aeronautica EMPAR 3D de veille air associé au système SAAM et un SPS-791 de veille surface. De leur côté, les Français souhaitent conserver le radar 3D air-surface Thales Herakles utilisé sur les frégates Formidable et qui permet de se limiter à une mâture unique, dite « intégrée ». L'abandon, le 12 septembre 2005, à la veille du salon Defense Systems & Equipment international (DSEi) de Londres, de la mâture intégrée, si elle est une solution moins innovante possède l'avantage de réduire les interférences électromagnétiques et joue l'uniformisation[10]. Par ailleurs, les coûts de R&D de la mâture unique auraient été à la charge de DCNS, maître d'oeuvre du programme, sans parler de la fabrication en plus petite série, qui aurait augmenté les coûts des FREMM.

Le design change[modifier | modifier le code]

Bien que début avril 2004, un accord de principe est trouvé sur la forme de la coque, le déplacement et la vitesse, il faudra attendre septembre 2005 pour que des vues d'artiste provisoires montrent les différences entre les projets français Alpha et italien. Les lignes du navire ont radicalement évolué vers une version intermédiaire « avec une reprise de la cassure sur les bords », le déplacement du lanceur des MM40 Exocet vers le centre du bateau libérant une plage avant plane jusqu'au bloc passerelle et une étrave effilée, à l'instar de celles des frégates Horizon, bref un design classique[11].

Partage industriel[modifier | modifier le code]

Le 26 décembre 2002, les FMM qui avaient pris le nom de Frégates européennes multi-missions (FREMM), voient la maîtrise d'œuvre confiée du côté français à DCNS et, côté italien, à Orizzonte Sistemi Navali, un consortium réunissant les chantiers Fincantieri et Finmeccanica, sous contrôle de l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement (OCCAr). La DGA intervient cependant, tout comme l'État-major de la Marine nationale. En Italie, elles prendront le nom de classe Bergamini.

DCNS réalise dans son centre de Lorient les onze frégates. La tête de série, l'Aquitaine a été réceptionnée le 23 novembre 2012 par l’OCCAr au nom de la Direction générale de l’armement (DGA) conformément aux exigences contractuelles. Concernant les FREMM no 2 et 3, soit la Normandie et la Provence, le centre DCNS de Lorient construit les parties arrière (tronçons 1 à 4), l'avant (tronçons 5 à 10) est réalisé à Brest et Cherbourg, l'assemblage est finalisé à Lorient. La Normandie doit être livrée en 2014 et la Provence en 2015. La totalité des onze frégates est réalisée sous maîtrise d’œuvre de DCNS principalement dans son centre de Lorient. Pour DCNS, le programme FREMM représente la construction de douze frégates. La douzième est réalisée pour le compte de la Marine Royale Marocaine et s'intercale dans le planning de production industrielle entre la FREMM Aquitaine et la FREMM Normandie.

Développement[modifier | modifier le code]

Des problèmes de financement[modifier | modifier le code]

Du côté français...[modifier | modifier le code]

La ministre de la Défense français Michèle Alliot-Marie et son homologue italien Antonio Martino signent lors du salon Euronaval le 25 octobre 2004 un protocole d’accord définissant les caractéristiques techniques des bâtiments. Évoqué dès l'été 2003 côté français, un « financement innovant » (leasing ou paiement à crédit) permettant de respecter la loi de programmation militaire 2003-2008 tout en repoussant le reste à payer à la prochaine loi de programmation est annoncé puis abandonné en 2005[12]. En juin 2005, on parle déjà de l’abandon par la France des 2 autres bâtiments de la classe Forbin[13], bien que la première commande des FREMM soit, elle, attendue pour septembre 2005, soit avec plus d'un an de retard en raison de problèmes budgétaires rencontrés en France et en Italie[14]. DCNS et les syndicats s'inquiètent, en effet, du ralentissement de certaines études et on parle de la mise sur cale de l'Aquitaine seulement au début de l'été 2007, occasionnant 500 000 heures à un million d'heures de travail perdues avec des conséquences pour les entreprises sous-traitantes. Or, vu la durée des essais sur cette tête de série, la Marine nationale française risque de ne pouvoir recetter ce bâtiment avant 2012[2]. DCNS, qui s'est engagée à limiter le prix des FREMM à 280 millions d'euros (contre 350 pour ses concurrents) rappelle qu'elle ne peut se permettre une réduction de l'effet de série (1½ navire par an). Alors qu'initialement le gouvernement français avait prévu de commander 17 frégates pour un coût de 6,5 milliards d'euros, le ministre de la Défense Hervé Morin annonce le 9 octobre 2009[15], la révision du programme à seulement 11 bâtiments pour un coût de 7 milliards, soit une augmentation de 382 à 636 millions d'euros par unité[16]. Chaque FREMM représente 3,2 millions d’heures de travail en France.

...comme du côté italien[modifier | modifier le code]

Le contrat FREMM aurait dû être cosigné par la France et l'Italie lors du 24e sommet bilatéral à L'Élysée à Paris, le 4 octobre 2005. Mais au dernier moment, le projet n'est pas ratifié, malgré la présence du président de la République française Jacques Chirac et du président du Conseil italien Silvio Berlusconi. Selon Reuters, ce n’est qu’à leur arrivée à Paris que les ministres italiens de la Défense et de l’Industrie Claudio Scajola (lequel contrôle Fincantieri) se rendent compte que le contrat n’est pas financé dans le budget provisoire italien, alors que 400 millions d'euros (soit le coût d’une seule FREMM, au lieu des 3 milliards initialement promis pour 6 FREMM) auraient suffi à aboutir à une signature[17]. Un FREMMissement a lieu le 15 octobre 2005 lorsque journaux informent que le gouvernement italien « a trouvé, via un complexe mécanisme de prêts garantis par le ministère de l'Industrie, les moyens nécessaires pour permettre à la marine italienne d'approuver le contrat », soit le financement pour 2,1 milliards d'euros des deux premières frégates, la Carlo Bergamini et la Carlo Margottini[18]. Le 25 octobre 2005, le secrétaire du cabinet italien, Gianni Letta, annonce néanmoins un plan de paiements échelonnés, soit 150 millions d'euros sur la période 2006-2008 et un étalement du programme jusqu'en 2023, au lieu de 2017[19]. Le même jour, dans une note transmise aux syndicats, à Fincantieri et aux ministère des Finances, de la Défense et de l’Industrie, il précise que l’amendement proposé au Sénat italien prévoit que « le programme recevra 30 millions d’euros par an pendant 15 ans à partir de 2006, 30 millions d’euros de plus par année à partir de 2007 et un maximum de 75 millions d’euros par an pendant 15 ans à partir de 2008 ».

Un accord avec près de 3 ans de retard[modifier | modifier le code]

Le coût total du programme FREMM s’élève à 8,25 milliards d’euros pour la construction des 17 frégates ASM et AVT. Le 16 novembre 2005, voit la notification de la 1re tranche du programme, qui est confirmé l'après-midi même à l'Assemblée nationale par le ministre de la Défense français Michèle Alliot-Marie puis le lendemain par les industriels[20]. Elle couvre le développement, la construction et le Maintien en condition opérationnelle (MCO) de 8 premières frégates (6 ASM et 2 AVT) durant 6 ans pour un montant de 4,19 milliards d’euros. À la même époque, après la confirmation de l'abandon des 3e et 4e frégates anti-aériennes Classe Forbin, on évoque leur remplacement par 2 FREDA dérivées des FREMM, mais qui viendraient amputer la construction de 2 des 17 FREMM ASM et/ou AVT. Comme le signale le site Mer et Marine [21], « au passage, la Marine perdrait deux nouveaux bâtiments de premier rang, ramenant son format à 24 frégates en 2020 (contre 41 frégates, avisos escorteurs et avisos il y a dix ans)[22]. » En septembre 2007, selon des sources concordantes[23],[24], la Marine nationale française se contenterait des 8 frégates déjà budgetées, puis éventuellement de 3 de plus pour financer le PA 2. Le ministre de la Défense français Hervé Morin confirme le 12 octobre 2007 la 1re tranche commandée mais ne se prononce pas sur les 2e et 3e tranches de 2011 et 2013 (en tout 2 ASM et 7 AVT pour un coût de 3,53 milliards d’euros), ni sur un étalement du programme[25], déjà en cours, puisque la 2e FREMM sera celle destinée à la Marine royale marocaine (découpe de la 1re tôle prévue le 14 novembre 2008). Par ailleurs, l'amiral Pierre-François Forissier, chef d'État-major de la Marine nationale, déclare en mai 2008 qu'« on n'arrivera pas à remplacer les frégates nombre par nombre »[26]. En effet, le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, publié le 17 juin 2008, enterrine l'abandon des FREMM AVT et réduit le nombre de FREMM à 11[27]. La 2e et dernière tranche de 3 frégates est prévue dans le budget 2009[28]. Dans le même temps, le rythme de production est ralenti à un navire tous les 10 à 12 mois, au lieu d'une frégate tous les 7 mois.

Caractéristiques (Classe Aquitaine )[modifier | modifier le code]

Dimensions :

  • Longueur 142 m
  • Bau (Largeur) 19,5 m
  • Tirant d'eau 4,2 m
  • Tirant d'air 41 m
  • Déplacement 4 800 t lège, soit 5 800 t en pleine charge
  • Équipage de 108 hommes
  • Propulsion Mixte Électrique / Turbine à gaz (CODLOG)

La propulsion électrique, très discrète, est utilisée jusqu'à 16 nœuds, la turbine est mise en action au delà, jusqu'à 27,5 nœuds, vitesse maximale.

Furtivité[modifier | modifier le code]

Armement[modifier | modifier le code]

Armement mer-sol[modifier | modifier le code]

Il est composé de 16 missiles de croisière navals (MdCN) en silos SYLVER A70. Cette arme d'une portée de 1 000 km avec une précision de l'ordre du mètre, donnera à la Marine Nationale une nouvelle dimension stratégique, lui permettant de détruire des cibles de grande valeur (PC, Infrastructures de communication ou d'énergie, etc.) à grande distance, à partir d'une plate-forme rapide, réduite et discrète. Il a été commandé à 200 exemplaires par la DGA à MBDA en 2006 (50) et en 2009 (150). Ils seront destinés aux FREMM et aux nouveaux Sous Marins Nucléaires d'Attaque (SNA) de la classe Suffren. Additionnellement, les Exocet Block 3 qui équipent les FREMM ont une capacité nouvelle de frappe à terre.

Armement mer-air[modifier | modifier le code]

Les FREMM ASM seront équipées de 16 missiles Aster 15 en silos (SYLVER A43). Les FREDA seront en plus équipées de 16 missiles Aster 30 en silos (SYLVER A50) à la place des MdCN et d'un radar plus puissant en mode aérien. Une option consiste à installer 3 SYLVER A35 a babord du hangar helicoptere, ajoutant ainsi 24 Mica VL (option proposée à la Grèce). 2 postes optiques de désignation d'urgence à vue SOFRESUD Quick Pointing Device "QPD" permettent la protection du navire en dernier recours. Les FREMM italienne seront équipées de 16 missiles aster 15 ou 30 en silos (Sylver A50).

Artillerie[modifier | modifier le code]

Une tourelle armée d'un canon de 76 mm OTO-Melara compact SR avec conduite de tir optronique NA-25 XP complétera l'armement antiaérien (possibilité d'effectuer des tir sur cibles navales et terrestres) Les deux mitrailleuses de 12,7 mm seront ultérieurement remplacées par des canons de 20 mm téléopérés (Narwhal de NEXTER). La tourelle 127 mm OTO-Melara est envisagée en remplacement de la tourelle de 76 mm notamment après le retour d'expérience de la campagne libyenne qui a conduit la Marine Nationale à effectuer des tirs contre des cibles terrestres. Ce changement ne pourra intervenir qu'à partir de la quatrième FREMM française, en raison du processus de construction. Il n'est pas envisagé de rééquiper les trois premières FREMM. Les FREMM italiennes sont équipées de deux canons Oto-Melara Strales de 76mm, avec capacité anti-missiles, ou (les GP/LA) de une tourelle Oto-Melara 127/62 avec munitions guidées Vulcano à longue portée, plus une canon Strales de 76mm.

Armement mer-mer[modifier | modifier le code]

L'armement anti-navire principal de ces bâtiments sera composé 8 missiles MM40 Exocet block III. Il s'agit d'un missile anti-navire longue portée (180 km) de 740 kg. Il est propulsé par un turboréacteur TRI 40. Possède une conduite de tir ITL B3. Doté d'un GPS, ce missile sera apte à frapper des navires de surface, mais également à effectuer des frappes dites "littorales", c'est-à-dire qu'il pourra détruire des navire ennemis à quai, mais également détruire des installations terrestres côtières ou portuaires. Les FREMM Italienne utiliseront le missile Teseo Otomat Mk2.

Armement anti-sous-marin[modifier | modifier le code]

Elles seront équipées de quatre tubes lance-torpilles pour MU90 avec 19 munitions en soute. Les FREMM ASM Italiennes disposeront en plus de la torpille aéro propulsée MILAS à la place de 4 missiles mer-mer.

Réserve[modifier | modifier le code]

Une réserve d'espace devant le château permet l'installation future de 2 SYLVER supplémentaires, portant à 48 le nombre de silos A70, A50 ou A43 disponibles à l'avant.[réf. nécessaire]

Capacités aéronautiques[modifier | modifier le code]

Le pont d'envol fait 26,5 m sur 18,5 m, le hangar fait 18 m x 12,5 m. Elles embarqueront 1 hélicoptère NH-90 de lutte anti-sous-marine (équipé de torpilles MU-90). Les FREMM ont la capacité d'accueillir d'autres hélicoptères OTAN type Merlin, Cougar ou Caracal, ainsi que divers drones aériens. Le grand hangar permet d'accueillir au moins deux aéronefs.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Marine nationale française[modifier | modifier le code]

La Provence à Lorient.

La France devrait construire 9 frégates à vocation anti-sous-marine et deux frégates à vocation anti-aérienne. L'ordre actuel des noms de ces navires a été changé en décembre 2010[29].

Nom Version Construction Lancement Réception Mise en service Port d'attache
D650 Aquitaine ASM 16 mars 2007 4 mai 2010[30] 23 novembre 2012[31] 2014 Brest
D651 Normandie ASM 8 octobre 2009[32] 18 octobre 2012 [33] fin 2014 2015 Brest
D652 Provence ASM 15 décembre 2010[34] 18 septembre 2013[35] mai 2015 Toulon
D653 Languedoc ASM 30 novembre 2011 [36] 12 juillet 2014 [37] janvier 2016 Toulon
D654 Auvergne ASM août 2012[38] décembre 2016 Toulon
D655 Alsace ASM 4ème trimestre 2013 septembre 2017 Toulon
D656 Bretagne FREDA juin 2018 Brest
D657 Lorraine FREDA mai 2019 Brest
D6.. ASM mai 2020 Brest
D6.. ASM mai 2021 Toulon
D6.. ASM mai 2022 Toulon

Marina militare[modifier | modifier le code]

L'Italie devrait construire 4 frégates à vocation anti-sous-marine et 6 frégates General Purpose nommé classe Bergamini[39].

Nom Version Construction Lancement Mise en service
F 590 Carlo Bergamini GP/LA 4 février 2008 16 juillet 2011 février 2013
F 591 Virginio Fasan ASW 12 mai 2009 31 mars 2012 août 2013
F 592 Carlo Margottini ASW 21 avril 2010 29 juin 2013 février 2014
F 593 Carabiniere ASW 6 avril 2011 février 2015
F 594 Alpino ASW 23 février 2012 février 2016
F 595 Luigi Rizzo GP/LA 6 septembre 2013 février 2017
F.. GP/LA
F.. GP/LA
F.. GP/LA
F.. GP/LA

Marine royale marocaine[modifier | modifier le code]

La Mohammed VI en construction à Lorient en mai 2013.
Nom Version Construction Lancement Mise en service
701 Mohammed VI ASM été 2008 14 septembre 2011 janvier 2014

Export[modifier | modifier le code]

  • Le Maroc, à l'issue d'un contrat de gré à gré signé le 22 octobre 2007, acquiert une FREMM en version ASM livrable en 2013 à la marine royale pour 470 millions d'euros la FREMM (formation de l'équipage comprise). DCNS a livré ce bâtiment aux autorités marocaines le 30 janvier 2014[40].
  • La marine algérienne réfléchit depuis 2006 à l'acquisition de 2 à 3 frégates neuves de 3 000-4 000 tonnes. Les classe Aquitaine[41],[42] y sont en compétition avec les classes MEKO-200 de TKMS ainsi que des bâtiments de fabrication russe[43].
    Le 28 mai 2008, le ministre des Affaires étrangères algérien Mourad Medelci annonce la signature d'un accord d’entraide avec la France en matière de défense, à l’occasion de la visite du Premier ministre français François Fillon. Il concerne la possible acquisition par l'Algérie de 4 FREMM (2 ASM et 2 AVT)[44],[45]. Finalement, l'accord est dénoncé et la Marine nationale algérienne, qui étudie depuis la possibilité d'acquisition de 6 FREMM ASM auprès de Fincantieri/Finmeccanica[42].
  • La marine grecque envisageait de louer 2 FREMM à la France avec option d'achat au bout de 5 ans[46] mais cette option a été abandonnée par la Grèce[réf. nécessaire].

D'autres prospects sont en cours de négociation avec l'Arabie saoudite (5 ou 6 unités), en compétition avec une version plus grande et plus puissamment armée de l'USS Freedom (LCS-1) (Littoral combat ship)[47], et d'autres marines du Moyen-Orient et d'Asie du Sud-Est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://articles.janes.com/articles/Janes-Naval-Weapon-Systems/SETIS-France.html
  2. a et b http://www.defense.gouv.fr/dga/votre_espace/presse/communiques/2009/commande_de_trois_fregates_multimissions_fremm
  3. « Trois nouvelles frégates pour la Marine nationale »,‎ 8 octobre 2009 (consulté le 17 octobre 2009)
  4. J. Gutierrez, F. Lelay, P. Hoarau, « Etude du vieillissement de composites verre résine en milieu marin » dans Actes de colloques no 15, communication no 33, Ifremer, Paris (1er décembre 1992) [lire en ligne]
  5. Jean-Louis Promé, « Les classes de frégates furtives Kang Ting, Al Riyadh et Formidable, une belle progéniture pour les La Fayette », dans Défense & Sécurité Internationale (ISSN 1772-788X), no 19 (octobre 2006)
  6. Évalués à 5,3 milliards d'euros pour 17 frégates soit, selon Jean-Marie Poimbœuf, PDG de DCNS, « 280 millions d'euros l'unité. »
  7. Selon le site de la DGA [lire en ligne]
  8. Selon le site Mer et Marine [lire en ligne]Rappelons que la MT-30 a été choisi pour le futur PA 2
  9. Jean-Louis Promé, « Les frégates multimissions Aquitaine et Bergamini : un succès franco-italien à confirmer », dans Technologie & Armement no 3, (ISSN 1953-5953) (octobre-décembre 2006)
  10. Le radar EMPAR est utilisé sur tous les nouveaux bâtiments de la Marina militare : le porte-aéronefs Cavour, les deux frégates Orizzonte et les FREMM. De son côté, l'Herakles des FREMM françaises se rajoute à l'inventaire de la Marine nationale, qui comprend déjà le Thales Arabel du porte-avions Charles de Gaulle et l'EMPAR des frégates Horizon. À noter que l'Herakles, moins cher à l'achat, aurait des performances moindres que l'EMPAR en matière de détection à basse altitude
  11. Selon Mer et Marine [lire en ligne]
  12. Réponse du 26 mai 2005 du ministre de la Défense français Michèle Alliot-Marie à la question écrite no 16688 du sénateur Didier Boulaud [lire en ligne]
  13. Cet abandon est confirmé le 2 novembre 2005 par le chef d'État-major de la Marine nationale
  14. Selon une dépêche Reuteurs du 15 septembre 2005 dans laquelle le PDG de DCNS Jean-Marie Poimbœuf déclare « J’espère que nous allons signer le contrat pour les frégates multi-missions le mois prochain »
  15. Commande de trois frégates multimissions (FREMM) sur le site officiel du Ministère français de la Défense
  16. Les frégates Aquitaine (Fremm) sont 66 % plus chères que prévu sur le blog de Jean-Dominique Merchet de Libération le 12 octobre 2009
  17. Selon le sénateur italien Giovanni Lorenzo Forcieri, les 400 millions d’euros sont réduits dans le budget provisoire italien 2006 à 250 millions par Giulio Tremonti, nouvellement nommé ministre des Finances tandis que le Sénat italien les refuse également
  18. Dépêche Reuteurs « L'Italie aurait trouvé les fonds nécessaires pour les frégates » [lire en ligne]
  19. Dépêche Reuters reprise par le site Mer et Marine [lire en ligne]
  20. Communiqué de presse de DCN du 17 novembre 2005 [lire en ligne]
  21. « La marine pourrait perdre deux frégates et DCN 4 millions d'heures de travail [lire en ligne] »
  22. Néanmoins, si les 18 bâtiments à remplacer représentent 48 000 tonnes, les 17 FREMM déplacent 97 750 tonnes avec un tiers d'équipage en moins
  23. Jean-Dominique Merchet, « L'Élysée tranche pour huit frégates Fremm », Libération, Paris [lire en ligne]
  24. Joseph Henrotin, « Quel dimensionnement pour la Marine nationale ? » (9 septembre 2007) [lire en ligne]
  25. Selon Mer et Marine [lire en ligne]
  26. « Toulon - Deuxième porte-avions : l'amiral Forissier ne fait pas de politique », dans Var Matin (19 mai 2008) [lire en ligne]
  27. (en) Pierre Tran, « Military Budget Law To Set French Priorities », sur defensenews.com, Defense News,‎ 8 septembre 2008 (consulté le 9 septembre 2008)
  28. Audition du ministre de la Défense français par la Commission des Affaires étrangères du Sénat (20 octobre 2008) [lire en ligne]
  29. (fr) « FREMM : Les noms de frégates réattribués à cause de la Bretagne », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ 2 avril 2009
  30. (fr) « FREMM : La frégate Aquitaine officiellement lancé le 4 mai à Lorient », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ 2 avril 2009
  31. http://www.defense.gouv.fr/marine/a-la-une/la-marine-receptionne-la-fremm-aquitaine/
  32. (fr) « FREMM : la première tôle de la frégate Normandie découpée en octobre », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ 15 septembre 2009 (consulté le 15 septembre 2009)
  33. (fr) [url=http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/09/28/fremm-er-fremm-normandie-dcns-fait-le-point-avant-euronaval.html]
  34. (fr) « DCNS lance la construction d'une quatrième frégate à Lorient », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ 13 décembre 2010
  35. (fr) « Mise à l’eau de la frégate Provence », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ 19 septembre 2013
  36. (fr) « DCNS achève avec succès une nouvelle phase d’essais en mer de la FREMM Aquitaine »,‎ lundi 30 novembre 2011
  37. (fr) « Mise à flot de la FREMM Languedoc, cinquième frégate multimission »,‎ lundi 13 juillet 2014
  38. (fr) « La frégate Normandie mise à flot »,‎ 19 octobre 2012
  39. http://www.analisidifesa.it/2012/11/modifiche-e-qualche-ritocco-per-le-fremm/
  40. « Le Maroc réceptionne le Mohammed VI », sur meretmarine.com,‎ 31 janvier 2014 (consulté le 31 janvier 2014)
  41. (fr) Yves Fromion, « Rapport sur les exportations de défense et de sécurité de la France », sur ladocumentationfrancaise.fr, Documentation française,‎ 23 juin 2006 (consulté le 28 décembre 2008)
  42. a et b (en)Boualam Ghimrassa, « Algeria and Italy in Major Arms Deal », Asharq al-Awsat,‎ 17 septembre 2009 (lire en ligne)
  43. (en) « Algeria Moves to First Place among Weapons Buyers », sur kommersant.com, Kommersant,‎ 29 mars 2007 (consulté le 28 décembre 2008)
  44. Selon Jean Guisnel, « Premiers détails sur la vente de quatre FREMM à l'Algérie », dans Le Point (7 mai 2008) [lire en ligne]
  45. Noureddine Khelassi, « Paris souhaite renforcer la coopération militaire avec Alger », dans La Tribune (21 juin 2008) [lire en ligne]
  46. La Grèce va louer "à bas prix" deux frégates à la France
  47. (fr) « Arabie saoudite : Ce que les Américains proposent face aux Français », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ 6 novembre 2008 (consulté le 6 novembre 2008)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Prézelin, Flottes de combat 2006, Éditions maritimes et d'outre-mer, Rennes, 2005 (ISBN 978-2737338793)
    Ouvrage de référence.
  • Michel Perchoc, Renaissance navale : Les nouveaux navires de surface français, Marines éditions, Brest, 2007 (ISBN 978-2915379907)
    Ouvrage utile.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]