Classe Akoula

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Caractères cyrilliques Cette page contient des caractères cyrilliques. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Classe Akoula
Chtchouka-B
Projet 971
Image illustrative de l'article Classe Akoula
Le K-322 Kashalot en surface le 1er janvier 1994 en mer Baltique.

Histoire
A servi dans Naval Ensign of the Soviet Union.svg Marine soviétique
Naval Ensign of Russia.svg Marine russe
Naval Ensign of India.svg Marine indienne
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin nucléaire d'attaque
Longueur 110,6 m
Maître-bau 13,6 m
Tirant d'eau 10,4 m
Déplacement 7 500 t (surface)
9 500 t (plongée)
Propulsion 1 réacteur à eau pressurisée OK-650
Puissance 47 600 ch
Vitesse 28 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 4 tubes de 21 po, 4 tubes de 25,6 po, 6 tubes externes de 21 po,
Missiles : S-10 Granat (SS-N-21), RPK-7 Vodopei (SS-N-16), 3M-54 Club
Autres caractéristiques
Équipage 85 hommes

Akoula (Акула signifiant requin en russe) est le code OTAN pour désigner un sous-marin nucléaire d'attaque soviétique. La dénomination russe est « Project 971 Chtchouka B » (Щука ou Chtchouka signifiant Esox ou brochet en russe). La classification OTAN (Akoula I, II, III) n'a pas d'équivalent en Russie car les projets 971 diffèrent tous les uns des autres. Il existe de nombreuses différences entre chaque sous-catégorie (par ex. 971, 971M, 971U, 971A...).

L'Akoula a été conçu en réaction aux sous-marins américains de classe Los Angeles. Il fut une refonte complète de la classe Alfa (déjà bien avancée pour son époque).

De 1985 (date du lancement du premier Akoula K-284 Akoula) à 1991, sept bâtiments interdirent l'accès au pôle nord avec leurs huit tubes lance-torpilles (4 tubes de 533 mm et 4 tubes de 650 mm)

Ils peuvent emporter un large choix de 38 armes comprenant des torpilles explosives (dont la Chkval), des torpilles à détection de sillage, des missiles mer-mer et des mines ainsi que des torpilles leurres, imitant grâce à un générateur sonique le bruit d'un sous-marin. Tous les Akula furent affectés à la flotte du Pacifique jusqu'en 1994. La marine soviétique puis marine russe donna naissance à 13 Akoula.

C'est l'un des sous-marins les plus perfectionnés de la marine russe. Au niveau des émissions sonores, il est réputé plus silencieux que le Los Angeles, au moins à faible vitesse.

Liste des bateaux[modifier | modifier le code]

Dessins des 4 versions du projet 971.
Chantier naval no 199 à Komsomolsk-sur-l'Amour
Numéro de série Numéro tactique Nom Traduction Mise en service
501 K-284 Акула (Akoula) Requin 30 décembre 1984
502 K-263 Дельфин (Deljfin) Dauphin 30 décembre 1987
513 K-322 Кашалот (Kachalot) Cachalot 30 décembre 1988
514 K-391 Кит (Kit) Baleine 29 décembre 1989
515 K-331 Нарвал (Narval) Narval 31 décembre 1990
516 K-419 Морж (Mors) Morse 31 décembre 1992
517 K-295 Дракон (Drakon) Dragon 17 juillet 1995
518 K-152 Нерпа (Nerpa) Phoque 2002
519 K-? n / a
520 K-? n / a
521 K-? n / a
Chantier naval no 402 à Severodvinsk
Numéro de série Numéro tactique Nom Traduction Mise en service
821 K-480 Ак Барс (Ak Bars) Ours 29 décembre 1989
822 K-317 Пантера (Pantera) Panthère 27 décembre 1990
831 K-461 Волк (Volk) Loup 29 décembre 1991
832 K-328 Леопард (Leopard) Léopard 30 décembre 1992
833 K-154 Тигр (Tigr) Tigre 29 décembre 1993
834 K-157 Вепрь (Veprj) Sanglier 25 novembre 1995
835 K-335 Гепард (Gepard) Guépard 04 décembre 2001
836 K-337 Кугуар (Kuguar) Couguar
837 K-333 Рысь (Risj) Lynx

Les K-337 et K-333 ne furent jamais achevés, ainsi que les trois derniers exemplaires du chantier naval no 199.

Accidents[modifier | modifier le code]

Le 8 novembre 2008 à h 30 GMT, un accident à bord du K-152 Nerpa alors en essais en mer du Japon/mer de l'Est avant son prêt à la Marine indienne[1], provoque la mort de 20 personnes et en blesse 22 autres, qui sont évacuées dans le territoire du Primorié. Le sous-marin a lui-même regagné le 9 novembre 2008 cette base de la Flotte du Pacifique, située à Bolchoï Kamen, à 150 km de Vladivostok, accompagné du navire de sauvetage Saïany. L'activation inopinée du système anti-incendie et la libération, selon certaines sources, de trichlorofluorométhane (fréon 11) toxique est à l'origine de l'accident, le plus important rencontré par la Marine russe depuis le naufrage du Koursk le 12 août 2000. Selon les autorités russes, le facteur humain est exclu[2], ce que démentent certains experts et vétérans en arguant que la surpopulation à bord du submersible (208 personnes disposant d'un masque à gaz au lieu de 73, dont 127 techniciens ou civils peu aguerris aux procédures d'urgence [3]) pourrait avoir été un élément déterminant dans l'accident[4]. La commission d'enquête [5] conclut à la responsabilité d'un marin, membre de l'équipage permanent du sous-marin[6], soupçonné d’avoir mal réglé le capteur de température[7]. Il est inculpé d'homicide involontaire. Cependant, des ingénieurs ayant construit le sous-marin indiquent que le système anti-incendie est trop complexe pour être déclenché par erreur par un membre d’équipage[8] et des matelots mettent en cause l'ordinateur de bord, qui aurait déjà déclenché inopinément en usine le système anti-incendie [9], comme des masques à gaz défectueux[10]. Enfin, l’usage de l’anglais dans les logiciels et les instructions affichées du système anti-incendie est évoqué comme facteur de l'accident[11]. Finalement, l'on apprend le 25 novembre 2008 des chantiers navals que le panneau de contrôle central du système anti-incendie est « mal fini » et « a déjà connu des problèmes » et que le système « Molibden-I » de contrôle centralisé du bâtiment lui-même « exige de sérieuses améliorations »[12]. Les essais en mer du Nerpa se poursuivront jusqu'en mars 2009 au plus tard[13] avec le même équipage à l'issue de l'enquête et des expertises techniques nécessaires[14]. Le 29 décembre 2011, il est officiellement remis a l'Inde pour une location de 10 ans d'un montant de 920 millions de dollars[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rajat Pandit, « Accident on Russian submarine meant for India kills 20 », The Times of India,‎ 9 novembre 2008 (lire en ligne)
  2. (fr) « Accident à bord d'un sous-marin russe : le facteur humain exclu », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 10 novembre 2008 (consulté le 10 novembre 2008)
  3. (en) Sergei L. Loiko, « False alarm blamed for Russian submarine deaths », Los Angeles Times,‎ 10 (lire en ligne)
  4. (en) « Experts : Human error factor in Russia sub accident », sur ap.org, Associated Press,‎ 10 novembre 2008 (consulté le 10 novembre 2008)
  5. (fr) « 20 morts à bord d'un sous-marin nucléaire russe », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 9 novembre 2008 (consulté le 9 novembre 2008)
  6. (fr) « Un matelot à l'origine de l'accident du Nerpa », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 13 novembre 2008 (consulté le 13 novembre 2008)
  7. (fr) « Accident du Nerpa: un capteur de température mal réglé », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 17 novembre 2008 (consulté le 18 novembre 2008)
  8. (en) Will Stewart, « Russia accused of cover-up over gassing of 20 sailors on nuclear submarine », sur dailymail.co.uk, Daily Mail,‎ 13 novembre 2008 (consulté le 14 novembre 2008)
  9. (fr) « Nerpa: les matelots incriminent l'ordinateur de bord », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 19 novembre 2008 (consulté le 19 novembre 2008)
  10. (fr) « Accident du sous-marin russe : fausse manœuvre d’un matelot », sur rtbf.be, RTBF,‎ 13 novembre 2008 (consulté le 25 novembre 2008)
  11. (ru) Svetlana Makounina, « La méconnaissance de l’anglais a causé la perte des marins russes », sur life.ru (consulté le 25 novembre 2008)
  12. (en) « Russian N-sub mishap: Navy sends fact-finding mission », sur timesnow.tv, Times Now TV,‎ 25 novembre 2008 (consulté le 26 novembre 2008)
  13. (fr) « Nerpa : achèvement des essais en mars 2009 au plus tard », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 21 novembre 2008 (consulté le 21 novembre 2008)
  14. (fr) « Nerpa : les tests du sous-marin se poursuivront », sur rian.ru, RIA Novosti,‎ 13 novembre 2008 (consulté le 13 novembre 2008)
  15. « La Russie a remis le sous-marin nucléaire d’attaque Nerpa à l’Inde », sur http://www.opex360.com/, OPEX360,‎ 31 décembre 2011 (consulté le 10 août 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]