Clarinette de basset

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Clarinette de basset, probablement du XIXe siècle.

La clarinette de basset est une clarinette similaire à la clarinette ordinaire mais plus longue et avec des clés supplémentaires pour permettre de jouer plusieurs notes inférieures supplémentaires. Généralement, une clarinette de basset peut atteindre le do grave, par opposition à la clarinette standard en si bémol, et est le plus souvent un instrument transpositeur accordé en la, bien que des clarinettes de basset en ut et si bémol aient existé aussi[1]. Stephen Fox a fabriqué une « clarinette de basset / cor de basset en sol»[2]. Le cor de basset de même nom est aussi une clarinette pouvant descendre plus bas, mais est accordé dans une tonalité plus basse (typiquement fa); les cors de basset ont précédé, et sans doute inspiré la clarinette de basset.

La clarinette de basset a été notamment associée au nom du clarinettiste virtuose Anton Stadler (1753-1812), un contemporain et grand ami de Mozart. Mozart a écrit son Quintette avec clarinette en la majeur, K.581 et le Concerto pour clarinette en la majeur, K.622 pour cet instrument. Le concerto est en partie basé sur un fragment antérieur d'un Concerto pour cor de basset en sol, K.584b. L'air de la mezzo-soprano Sesto ( « Parto, ma tu ben mio » ) de l'acte I du dernier opéra de Mozart, La clemenza di Tito, est écrit également avec un accompagnement de clarinette de basset obligé.

Comme indiqué plus haut, une clarinette de basset est un clarinette en la avec une extension d'une tierce majeure vers le bas. Elle est en effet proche du cor de basset en fa ou en sol. À cause du concerto pour clarinette de Mozart, œuvre majeure, la clarinette de basset reste un instrument intéressant en dépit de son faible répertoire. Pour le concerto, l'extension doit être chromatique et la forme du cor de basset viennois n'est pas adaptée pour cela. Il a longtemps été difficile de savoir à quoi cet instrument pouvait ressembler. Dans une bibliothèque de Riga ont été trouvés en 1992 des programmes de concerts donnés par Anton Stadler en 1784. Sur deux de ces programmes, une gravure représente l'instrument de Stadler.

Franz Xaver Sussmayr a également écrit un mouvement de concerto pour clarinette de basset.

Le terme « clarinette de basset » était utilisé en 1796, mais peut à l'origine avoir fait référence au cor de basset[3].

Malgré l'enthousiasme de Stadler en faveur de la clarinette de basset, l'instrument n'est pas devenu un élément régulier de l'orchestre. Au cours du XIXe siècle et début du XXe siècle, seules quelques clarinettes de basset ont été produites, pour des exécutions de pièces de Mozart, et aucune autre musique n'a été écrite pour l'instrument. Cependant, à partir du milieu du XXe siècle, l'intérêt pour l'interprétation sur instruments originaux a amené la renaissance de la clarinette de basset. Quelques compositeurs modernes, parmi eux Bill Sweeney, Harrison Birtwistle, Alan Ray Hacker (en) et Franklin Stover, ont écrit des œuvres comportant la clarinette de basset. Le concerto pour clarinette (1988) de Joan Tower (en) est écrit pour être joué soit sur la clarinette de basset ou sur la clarinette normale. Plusieurs facteurs de clarinettes produisent maintenant des clarinettes de basset, ou des extensions inférieures qui permettent de convertir une clarinette standard en une clarinette de basset[4].

Interprètes[modifier | modifier le code]

Parmi les clarinettistes classiques qui ont enregistré des albums en utilisant la clarinette de basset, on trouve Sabine Meyer et David Shifrin. Le clarinettiste allemand Theo Jörgensmann joue du free jazz sur une clarinette de basset. La clarinettiste britannique Thea King (en) a enregistré à la fois le Quintette et le Concerto de Mozart sur une clarinette de basset pour Hyperion Records (en), couplés sur un seul CD. Michael Collins, qui a étudié avec Thea King, a enregistré le concerto de Mozart en jouant une clarinette de basset (Deutsche Grammophon, couplé avec une transcription pour clarinette du Concerto pour violon de Beethoven). Il était également le soliste accompagné par l'Orchestre symphonique de la Caroline du Nord le 10 avril 2008, lors de la première mondiale de Ornamental Air de Elena Kats-Chernin, une sorte de concerto pour clarinette de basset. Joy Farrall a également enregistré le concerto, le quintette et le trio de Mozart pour clarinette, alto et piano (BMG et Meridian) en jouant une clarinette de basset. Sur des instruments d'époque, la clarinettiste anglaise Jane Booth a enregistré le quintette avec le Quatuor Eybler (Analekta, 2010), enregistrement qui a reçu de nombreuses critiques élogieuses.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert R. Rice, The Clarinet in the Classical Period. Oxford: Oxford University Press, 2003.
  2. (en) Stephen Fox, « G clarinet, basset clarinet/basset horn » (consulté le 21-12-2013)
  3. (en) Albert R. Rice, The Clarinet In the Classical Period, Oxford, Oxford University Press,‎ 2003, p. 72–73
  4. Facteurs de clarinettes de basset: Buffet Crampon, Fox ([1]), Hüyng ([2]), Hammerschmidt ([3]), Leblanc, et Selmer ([4]). Parmi les fabricants d'extensions de basset, on trouve : Chadash, Fox ([5]), et Howarth ([6])