Clérogamie

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Prêtre catholique de l'Est de la Roumanie avec sa famille.

La clérogamie est une pratique consistant en le concubinage ou le mariage des prêtres. Elle était exercée durant les premièrs siècles de l'Église catholique. En effet, nombreux étaient les membres du clergé vivant en couple. Le deuxième canon du concile de Carthage de 390 laisse supposer que la pratique était courante.

Ainsi on peut lire :

« Epigone, évêque de Bulle la Royale, dit : Dans un concile antérieur, on discuta de la règle de continence et de chasteté. Qu'on instruise donc [maintenant] avec plus de force les trois degrés qui, en vertu de leur consécration, sont tenus par la même obligation de chasteté, je veux dire l'évêque, le prêtre et le diacre, et qu'on leur enseigne à garder la pureté.

L'évêque Geneclius dit : Comme on l'a dit précédemment, il convient que les saints évêques et les prêtres de Dieu, ainsi que les lévites, c’est-à-dire ceux qui sont au service des sacrements divins, observent une continence parfaite, afin de pouvoir obtenir en toute simplicité ce qu'ils demandent à Dieu ; ce qu'enseignèrent les apôtres, et ce que l'antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder. A l'unanimité, les évêques déclarèrent : Il nous plaît à tous que l'évêque, le prêtre et le diacre, gardiens de la pureté, s'abstiennent avec leur épouse, afin qu'ils gardent une chasteté parfaite ceux qui sont au service de l'autel.»''

De fait, la clérogamie fut abolie parce qu'elle pouvait entraîner le nicolaïsme, mais aussi pour d'autres raisons sans doute plus importantes dans le choix des autorités catholiques. En effet, le prêtre est d'abord un homme censé être consacré à Dieu dans une véritable relation d'amour, parfois intime, se substituant de manière exclusive à l'amour "humain".

Le mariage impose aux prêtres un double devoir sacerdotal qui est souvent lu actuellement comme étant contradictoire avec son rôle de défenseur des sacrements et consécrateur du pain divin. Dans la vie sacramentelle, le sacerdoce est un sacrement différent du mariage dans ses motivations et pouvant apporter une satisfaction et un bien-être de la même façon, selon les défenseurs de l'obligation du célibat des prêtres, qui est la position officielle des hautes instances de la hiérarchie catholique.

Cependant, le nombre d'évêques, de prêtres, et de diacres mariés dans les premiers temps de l'Église posent naturellement la question d'une remise en cause du célibat en tant qu'obligation des ministres ordonnés du culte (à titre d'exemple, les Évêques Saint Chérémon, Saint Hilaire de Poitiers et Grégoire l'Ancien — qui se mariera après avoir reçu sa charge d'évêque, sera père de Grégoire de Nazianze, Docteur de l'Église, et l'ordonnera prêtre —, au IVe siècle, étaient mariés et pères de famille, tout en assumant leur charge de façon exemplaire et sainte. De même, dès l'origine de l'Église chrétienne la plus primitive, Saint Pierre, disciple et apôtre du Christ qui deviendra le premier pape, était un homme marié). Ajouté à cela, la possibilité de dispense pour les prêtres catholiques mariés issus des traditions protestantes et anglicanes (pasteurs mariés devenus prêtres catholiques) ne pose aucun problème et ne les empêche pas de vivre une vie d'hommes mariés, au service du Christ et de son Église, par la célébration des sacrements, tout autant que les prêtres célibataires[non neutre].

Notes et références[modifier | modifier le code]