Clémentine d'Orléans

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Clémentine d’Orléans — de son nom de naissance Marie Clémentine Léopoldine Caroline Clotilde d’Orléans —, dite « Mademoiselle de Beaujolais », est née le à Neuilly-sur-Seine, en France, et est décédée le à Vienne, en Autriche. C’est une fille du roi des Français Louis-Philippe Ier (maison capétienne d’Orléans) et un membre de la famille princière de Saxe-Cobourg.

Clémentine d'Orléans

Famille[modifier | modifier le code]

Clémentine d’Orléans est la dernière fille du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850) et de son épouse Marie-Amélie de Bourbon (1782-1866), princesse des Deux-Siciles.

Le 20 avril 1843, Clémentine d’Orléans épouse à Saint-Cloud le prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary (1818-1881), fils de Ferdinand de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1785-1851) et de la princesse hongroise Antoinette de Kohary (1797-1862). Le mariage n’est guère prestigieux, surtout si l’on considère l’ambition de Clémentine de devenir un jour reine. Mais Auguste est tout de même le frère du roi consort Ferdinand II du Portugal et de la duchesse de Nemours et sa mère est fabuleusement riche. Il est également le neveu de Léopold Ier de Belgique et le cousin germain du prince consort Albert du Royaume-Uni et de son épouse la reine Victoria.

Le couple a 5 enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de la princesse par Winterhalter.

La princesse Clémentine d’Orléans est une femme d’une grande beauté et le roi Charles X ne s’y trompe pas lorsqu’il déclare à son père, alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente : « Monsieur, si j’avais quarante ans de moins, votre fille serait reine de France ! ». Mais Clémentine est également une femme brillante dont la plus grande ambition est de devenir un jour reine. Pourtant –ou peut-être à cause de cela– son mariage n’est pas chose aisée d’autant que le père de Clémentine, le roi Louis-Philippe Ier, est longtemps considéré comme un usurpateur par la plupart des monarques européens.

C’est pourquoi, en 1843, la princesse se résigne à épouser, comme deux de ses frère et sœur, un prince de la maison de Saxe-Cobourg, le duc en Saxe Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary (1818-1881). Il faut dire qu’au XIXe siècle, selon une formule connue, les Saxe-Cobourg sont un peu le « haras de l’Europe » et que rien n’interdit à Clémentine d’espérer que son époux soit un jour élu souverain d’un nouveau pays…

En 1848, la princesse quitte la France avec son père et la plupart des membres de la famille royale. Elle s’installe d’abord en Angleterre puis part vivre à Cobourg et enfin à Vienne, où son mari est officier.

Au bout de quelques années, réalisant qu’elle ne sera jamais reine, l’ambitieuse Clémentine concentre tous ses efforts dans le mariage de ses enfants. Ayant échoué à marier son fils Auguste avec la princesse héritière du Brésil, Clémentine se lance dans l’installation de son fils préféré, le prince Ferdinand, sur un trône. Elle est en effet persuadée qu’en tant que descendant de Louis-Philippe et du roi-soleil, Ferdinand mérite plus qu’un autre de devenir roi ! C’est ainsi que, lorsque le prince Alexandre de Battenberg est chassé de Bulgarie en 1886, Clémentine mène une intense campagne de lobbying pour faire élire son fils à la tête du pays.

Remarquablement perspicace et douée pour la politique et la diplomatie, Clémentine est souvent envoyée comme émissaire auprès des autres cours européennes par son fils Ferdinand.

Extrêmement riche, Clémentine gagne la popularité des sujets de Ferdinand en leur distribuant son argent. Elle réalise ainsi une donation de quatre millions de francs qui permet la construction d’une voie ferrée reliant la Bulgarie au réseau ferroviaire européen. En 1899, sa belle-fille la reine Marie-Louise de Bulgarie meurt des suites d'un accouchement et Clémentine prend en charge l'éducation du prince héritier Boris, prince de Tirnovo.

Clémentine meurt presque sourde à Vienne, en 1907, à l’âge de 89 ans. Elle est enterrée à Cobourg et cette inscription est placée sur sa tombe : « fille de roi, pas devenue reine, mais mère de roi à présent ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Defrance, Olivier, La Médicis des Cobourg, Clémentine d'Orléans, Racine, Bruxelles, 2007.
  • Dimitroff, P., Clémentine d'Orléans, Princess Augustus of Saxe-Coburg - King-Maker inveterate, Sofia, 1997.
  • Teyssier, Arnaud, Les Enfants de Louis-Philippe et la France, Pygmalion, Paris, 2006.