Clément Duval

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Clément Duval

Clément Duval (né en mars 1850 dans la Sarthe ; mort le 29 mars 1935 à New York) est un anarchiste illégaliste français, membre du groupe « La Panthère des Batignolles », partisan de la « propagande par le fait » et de la « reprise individuelle ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre du groupe anarchiste « La Panthère des Batignolles » , le 5 octobre 1886, Clément Duval cambriole, avec un complice nommé Turquais, un hôtel particulier, la rue de Monceau, appartenant à Mme Herbelin, qui l'habitait avec sa nièce, l'artiste peintre Madeleine Lemaire, dont Marcel Proust aimait les roses. Le 17 octobre 1886, lors de son arrestation chez un receleur, il poignarde le brigadier Rossignol, sans le tuer. Jugé le 11 janvier 1887, Clément Duval est condamné à mort puis gracié par le président de la République Jules Grévy.

Aux procès, Duval expliquera son acte en disant « qu'il défendait sa liberté » ; comme on lui reproche, outre le vol, d'avoir mis le feu à la maison, Duval dira qu'il ne voulait pas mettre le feu à la maison puisque les parasites (les propriétaires) n'y étaient pas, mais que son complice, Turquet (qui ne fut jamais arrêté), fou de rage de ne pas avoir trouvé ce qu'il cherchait, s'était vengé par le feu ; Duval refusera de prêter serment devant le tribunal ; tout le long du procès (que Duval appelle « la comédie »), Duval se réclamera de l'anarchisme ; le juge lui reprochera le vol, en disant que c'était pour son profit personnel que Duval avait cambriolé, Duval lui rétorquera que l'argent était destiné à l'anarchisme afin de financer des brochures, fabriquer des bombes, etc. Et que son acte n'était pas un vol, mais juste une restitution, et que voler des parasites qui exploitent et volent le prolétariat, donc le fait de piller ces requins n'est pas un vol mais justice ! Lorsqu'à la fin de son procès, on lui demanda ce qu'il avait à déclarer pour sa défense, Duval s'enflamma et fit un discours violent contre la bourgeoisie, les parasites, la société, mais on ne lui laissa pas le temps de parler, il fut évacué de force par six argousins, Duval continuait à hurler « Vive la révolution sociale, vive l'anarchie, je vous ferai tous sauter ! »[1].

Sa peine est ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité. Sa défense est assurée par Fernand Labori, jeune avocat commis d'office, qui sera plus tard le célèbre défenseur du capitaine Dreyfus.

Il est envoyé au bagne le 24 avril 1887, sur l'Ile du Salut, il y restera 14 ans, il tente plusieurs fois de s'en évader avant d'être transféré au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni. Pendant toutes ces années de passées au bagne, Clément Duval connaîtra pratiquement tous les anarchistes du bagne, l'italien Pini, Victor Cails, un anarchiste breton, Liars-Courtois, Meunier, Lepiez, Paridaen, Chévenet et GirierLorion.

Il parvient à s'en échapper le 14 avril 1901. Il trouve ensuite refuge en Guyane Anglaise et parvient à rejoindre New York. A New-York, chez les anarchistes italiens, une colonie nombreuse et solidaire, Duval fut accueilli en frère ; à plus de 50 ans, les pieds déformés, sous alimenté et usé par des années de souffrances, et, n'y voyant plus guère, le " père Duval " finira sa vie chez les italiens de Brooklyn.

Il rédige ses mémoires (Moi, Clément Duval, bagnard et anarchiste), avec l'aide de Luigi Galleani (son traducteur) ; un premier livre fut publié par " L'adunata dei refrattari " (une association d'anarchistes italiens new-yorkais), quelques extraits furent publiés par " L'Endehors " en France.

Duval meurt à 85 ans le 29 mars 1935. Marianne Enckell situe la naissance de Clément en mars 1850 dans la Sarthe. L’Éphéméride Anarchiste situe cette naissance au 11 mars 1850 à Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Clément Duval, Marianne Enckell, Moi Clément Duval : bagnard et anarchiste, Éditions de l'Atelier, coll. « La part des hommes », 1991, (ISBN 270822915X)
  • Thierry Lévy et Jean-Pierre Royer, Labori, un avocat.

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Notes et références[modifier | modifier le code]