Adolphe Clément-Bayard

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Adolphe Clément-Bayard

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Adolphe Clément-Bayard

Nom de naissance Gustave Adolphe Clément
Naissance
Pierrefonds
Décès (à 72 ans)
Paris
Nationalité Française
Profession Industriel

Gustave Adolphe Clément-Bayard né le à Pierrefonds[1], Oise, mort à Paris le [1], est un industriel français et constructeur automobile de 1903 à 1922.

D'origine modeste, mais travailleur, perspicace et innovateur, il profite de l'émergence de l'industrie du cycle puis de l'automobile pour devenir l'un des plus grands industriels français du début du XXe siècle. Et ceci par ses talents d'entrepreneur, ses qualités de gestionnaire et ses paris industriels[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Bayard Clement Double Phaëton 1908

La fabrication de cycles puis d'automobiles[modifier | modifier le code]

Simple ouvrier serrurier, il gravit progressivement les échelons[2].

En 1878, il s'installe fabricant de vélocipèdes à Paris, au no 20 de la rue Brunel. Il occupe alors cinq ouvriers[1].

1903 poster Advertising Clement Cycles and Automobiles. (Musee Automobile de Reims).jpg

En 1890, il devient le premier fabricant de cycles français (devant Peugeot), et accessoirement, le représentant exclusif des pneus Dunlop pour cycles et automobiles en France, un pari industriel et commercial qui lui rapportera une fortune. Son atelier occupe alors tout le no 20 rue Brunel, une partie du no 18 et une partie de la maison située au no 27 de la rue Saint-Ferdinand, et il fait travailler quatre cents ouvriers[1].

En 1891, il acquiert la licence de fabrication du pneu Dunlop et le fabrique dans un nouvel atelier quai Michelet à Levallois ainsi qu'au no 11 rue Brunel.

Il achète à Tulle les bâtiments de l'ancienne manufacture d'armes et en fait une succursale de ses ateliers en Île-de-France.

Il fait construire le vélodrome de la Seine à Levallois.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1894. La même année, il embauche un coureur cycliste, Henri Desgrange, comme directeur sportif[2], les courses constituant une vitrine pour l'entreprise. Ce directeur sportif marquera l'histoire du sport en créant une décennie plus tard le Tour de France.

Le comte de Shrewsbury and Talbot

Il s'associe en 1896 avec Gladiator, fondé par Alexandre Darracq, et sort son premier véhicule sous le nom de Clément-Gladiator. Il crée à Mézières en 1895-1896 une fabrique de pièces détachées pour cycles et automobiles, l'usine La Macérienne[3], puis une autre usine sur le même terrain et une fonderie.

À partir de 1901, Adolphe Clément prend son essor au sein de la jeune industrie automobile en bâtissant une superbe usine à Levallois-Perret[4],[5] où il construit des voitures légères, économiques et endurantes, au moteur deux et quatre cylindres, placé à l'avant. Cette usine modèle de 30 000 mètres carrés est un projet préparé sur plusieurs années et alimenté par ses voyages aux États-Unis[1].

En 1903, Adolphe Clément se retire de la compagnie Gladiator et perd les droits d'utiliser le nom de Clément pour ses voitures et adopte celui de Bayard, choisi parce que la statue du chevalier Bayard — qui a sauvé la ville de Mézières en 1521 — était située en face de son usine de métallurgie (qui approvisionnait l'usine mère de Levallois-Perret). La reproduction de cette statue du chevalier Bayard devint l’emblème de la société. Mais aussi pour faire pendant aux Clément-Talbot anglaises (le premier comte Talbot étant également un chevalier de la même époque que le chevalier Bayard. Il fut tué à la bataille de Castillon, mettant fin à la guerre de Cent ans) fabriquées depuis 1903 en Angleterre de par son association avec le richissime comte de Shrewsbury and Talbot pour construire sous licence Outre-Manche les Clément françaises.

En 1904, il est nommé officier de la Légion d'honneur.

En 1909, il demande et obtient du Conseil d'État l'autorisation d'ajouter, pour lui et sa descendance, le nom de Bayard à celui de Clément, tant pour son nom de famille (pour lui et sa descendance) que pour sa marque qui devinrent ainsi officiellement Clément-Bayard.

La construction de dirigeables[modifier | modifier le code]

Le dirigeable Clément-Bayard no 2 en 1910 dans son hangar de Breuil.

À partir de 1908, Gustave Adolphe Clément, après avoir fait fortune, d'abord dans la fabrication de vélocipèdes et en tant qu'importateur des pneus Dunlop, puis en tant que constructeur automobile, se lance dans la construction de dirigeables dont il fait construire les enveloppes par la société Astra. Il construira plusieurs dirigeables sous le nom Clément-Bayard qui survolèrent le nord de la France, entre 1908 et la Première Guerre mondiale. Ainsi, le Clément-Bayard n°1 pour sa première longue excursion survolera entre autres Paris le 1er novembre 1908, lors d'un raid aérien Sartrouville-Compiègne aller-retour[6]. Le dirigeable Clément-Bayard-II fut le premier à traverser la Manche en parcourant 380 km en 6 heures, le 16 octobre 1910. L’entreprise Clément-Bayard construisit, dans ses usines de la Motte Trosly-Breuil, six dirigeables. Au début de la Première Guerre mondiale, sur les six des dirigeables de l’armée française, trois sont des Clément-Bayard[7].

Adolphe Clément, devenu Clément-Bayard, va subir un drame, la perte de son fils, Albert, le 17 mai 1907, au cours du Grand Prix de France. Très affecté par ce deuil, il quitte la direction de la société en 1914 qu'il confie à son second fils Maurice plus passionné par l'aviation.

Il est nommé commandeur de la Légion d'honneur en 1912.

Le 3 août 1915, la chambre des requêtes de la Cour de cassation rend un arrêt important sur le thème de l'abus du droit de propriété, arrêt communément appelé "Clément-Bayard".

La superbe usine de Levallois-Perret est vendue à Citroën en 1922, ce qui permettra à ce dernier de sortir sa première voiture vraiment populaire, la 5 CV, largement inspirée des voitures Clément-Bayard. Adolphe Clément-Bayard meurt d'une crise cardiaque au volant de sa voiture, en plein Paris, en se rendant à une réunion d'un conseil d'administration en 1928. Le cycle, l'automobile puis l'aviation : Adolphe Clément a révolutionné le monde de l'industrie. À sa mort, il résidait au no 35 avenue du Bois-de-Boulogne.

Il repose dans un mausolée avec quelques membres de sa famille dans le parc de son ancien domaine du Bois d'Aucourt près de Pierrefonds dans l'Oise.

Réalisations de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Principaux modèles d'automobiles[modifier | modifier le code]

  • 3 CV : Voiturette produite en 1898 équipée d'un moteur monocylindre de 326 cm3 et d'une puissance de 3 CV. L'usine s'appelait alors simplement Clément.
  • VCP-Panhard : produite en 1900, ce fut la première voiture estampillée Clément-Bayard. Avec une mécanique d'origine Panhard et Levassor, elle était équipée d'un moteur monocylindre de 765 cm3 et d'une puissance maximale de 3,5 CV.
  • 12 CV : la dénomination indiquait la puissance fiscale de cette voiture équipée d'un moteur quatre cylindres de 2 296 cm3 d'une puissance maximale de 16 CV à 1 200 tr/min. Cette voiture faisait partie des trois modèles lancés en 1903.
  • 2K : Héritière de la 12 CV, elle fut commercialisée en 1904, le moteur fut modifié afin d'atteindre la puissance de 20 CV.

Les dirigeables[modifier | modifier le code]

La marque Talbot[modifier | modifier le code]

Outre-manche, Adolphe Clément s'associa en 1902 avec Charles Chetwynd, comte de Shrewsbury and Talbot, président du British automobile commercial syndicate pour créer la Clement-Talbot limited dans le but de fabriquer au Royaume-Uni des automobiles exactement identiques à celles déjà produites en France sous le nom de Clément-Bayard (ceci afin d'échapper aux lourdes taxes d'importations). La production débuta dès 1903 sous l'appellation Clément-Talbot.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Notice no LH/549/39 », base Léonore, ministère français de la Culture
  2. a, b et c Livre en ligneJacques Lablaine, L'auto-vélo: le journal précurseur du Tour de France, éditions L'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-13605-2)
  3. La Macerienne sur le site de l'association pour le patrimoine industriel de Champagne-Ardenne
  4. L'usine de Levallois en construction, Alain Faure, Les Premiers banlieusards: aux origines des banlieues de Paris, 1860-1940, Éditions Créphis, 1991, (ISBN 2-907150-21-9)
  5. L'usine de Levallois sur le site Histoire industrielle et reconstitution virtuelle
  6. Carte de l'itinéraire suivi, Le Petit Parisien, Paris, 2 novembre 1908, quotidien (ISSN 09992707) [lire en ligne]
  7. Accès en ligne, Pierre Pascallon, Des dirigeables pour demain: Défense et sécurité nationale, éditions L'Harmattan, 2010, (ISBN 978-2-296-12812-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]