Citadelle de Lille

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Citadelle de Lille
La porte royale
La porte royale
Présentation
Nom local Citadelle
Période ou style Château
Architecte Sébastien Vauban
Date de construction XVIIe siècle
Destination initiale Lille
Propriétaire État
Commune
Propriété privée
Établissement public
Destination actuelle Lille
Protection Logo monument historique Classé MH (2012)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Commune Lille
Localisation
Coordonnées 50° 38′ 28″ N 3° 02′ 40″ E / 50.641111, 3.044444 ()50° 38′ 28″ Nord 3° 02′ 40″ Est / 50.641111, 3.044444 ()  

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Citadelle de Lille

La citadelle de Lille est un ouvrage militaire bâti au XVIIe siècle pour la défense de Lille et dans le cadre du pré carré. Baptisée par Vauban lui-même la reine des citadelles[1], l'ouvrage militaire est remarquable par ses dimensions, la qualité de son architecture et son état de conservation actuel.

La citadelle a été classée monument historique en totalité par arrêté du 5 septembre 2012 après que différentes composantes ont été classées en 1914, 1921 et 1934[2].

Histoire militaire du site[modifier | modifier le code]

Un ouvrage militaire de premier ordre[modifier | modifier le code]

Cette reine des citadelles est la matrice de la plupart des citadelles conçues par Vauban. Établie sur la frontière de la Flandre, elle faisait partie d'une double ligne de places fortes entre Gravelines, Dunkerque et Maubeuge-Rocroi. Elle délimitait le fameux Pré carré, conçu par Vauban, comportant 28 villes fortifiées. Depuis Lille, Vauban a supervisé l'édification des nombreuses citadelles et canaux du Nord, lesquels ont structuré la frontière qui sépare toujours la France de la Belgique.

Lille est prise aux Espagnols par les troupes françaises au mois d’août 1667 et Louis XIV ordonne aussitôt la construction d'une forteresse. Le chevalier de Clerville et Vauban proposent des plans. Ceux de Vauban sont retenus par le roi. Les travaux sont engagés dès 1668 sous la direction du maître-maçon lillois Simon Vollant. En 1671, la citadelle est opérationnelle tandis que Vauban continue de façonner la ville en faisant naître, à proximité, un nouveau quartier autour de la rue Royale. La conception de la citadelle part d'une idée simple mais particulièrement efficace : pas un de ses murs ne peut être approché par l'ennemi sans que celui-ci ne se trouve sous le feu d'un mur voisin.

Le choix de l'implantation[modifier | modifier le code]

La Moyenne Deûle longeant l'esplanade et la citadelle (2012)

Le lieu de construction de la citadelle est choisi à l'ouest de la ville sur des terrains marécageux au confluent des rivières de la Deûle et du Bucquet. Ce choix privilégie l'utilisation des marais, de l'eau et de la boue comme moyen défensif naturel afin de rendre les conditions de siège les plus difficiles possibles pour l'ennemi assiégeant la ville. Grâce à un système d'écluses et de portes d'eau, les alentours de la citadelle pouvaient être inondés sur une hauteur de 55 cm et sur une superficie de 1 700 hectares[3]. Une large esplanade interdite à la construction lie la citadelle aux autres quartiers de la ville.

En 1750, un canal longeant l'esplanade a été percé en suivant les plans de Vauban[4].

L'organisation de la fortification bastionnée[modifier | modifier le code]

Étoile de Vauban, la citadelle de Lille

Les glacis, terrains en pente et à découvert, entourent la citadelle afin de rendre l'approche de l'ennemi délicate. La première ligne de défense de la citadelle est constituée par un avant-chemin-couvert, suivi parallèlement par le chemin couvert et entre les deux un avant-fossé. Afin de protéger l'avant-chemin-couvert, on trouve régulièrement une lunette (petite demi-lune) qui est située entre l'avant-chemin-couvert et le chemin couvert. Puis vient le fossé proprement dit, situé au pied des murailles de la citadelle avec les cinq demi-lunes situées devant chaque courtine. Chaque courtine est protégée par une tenaille, un mur en V ouvert en direction de l'extérieur, protégeant la base des escarpes contre les tirs.

L'enceinte de la citadelle s'organise en un pentagone avec cinq bastions royaux disposés aux angles (Anjou, La Reine, Turenne, Le Dauphin et Le Roi), encadrant des courtines de 49 mètres. Les accès de la citadelle sont situés au centre des courtines et sont au nombre de cinq avec deux portes, Royale et Dauphine, et trois poternes : Saint- Georges (patron des arbalétriers), Saint-Sébastien (patron des archers) et Sainte-Barbe (patronne des canonniers)[5]. Au centre de la citadelle, les bâtiments s'organisent autour de la place d'armes de forme pentagonale.

L'ensemble des bâtiments présente un mélange harmonieux entre le style lillois (influencé par l'héritage des Pays-Bas espagnols) et le goût classique français ; façade intérieure de la porte Royale, pavillons pour le gouverneur et les officiers, église, ateliers, moulins, boulangeries, hôtelleries, et casemates contre les projectiles. La chapelle, qui possède une magnifique voûte de bois, est le premier édifice de style jésuite construit à Lille.

Autour de la place d'armes, les casernes forment un double rang destinés au logement des troupes, douze bâtiments de style lillois. Chaque édifice se termine par un pavillon qui était réservé au logement des officiers, les combles servant à abriter les domestiques.

L’arsenal, bâtiment en triple corps de logis dans lequel s'ouvre une porte encadrée de deux colonnes toscanes, est séparé de la cour centrale par un mur de briques. Les murs sont décorés de motifs royaux et du lion des Flandres.

C’est alors une véritable petite ville flamande du XVIIe siècle ; la population à l'abri des remparts représentait un millier de soldats plus les serviteurs, le gouverneur et des ouvriers.

L'entrée de la citadelle et la voie des combattants

Aujourd'hui soute à munitions, le bastion d'Anjou est l'un des plus importants de la citadelle. Il est muni d'un cavalier (observatoire pour les artilleurs). Les trois grandes galeries parallèles abritent encore deux fours construits au XVIIIe siècle.

Le rôle militaire de la citadelle[modifier | modifier le code]

La patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

La porte Royale[modifier | modifier le code]

La porte Royale

La porte Royale est fermée par un pont-levis à crémaillère ; c’est le principal accès de la forteresse. Elle fait face à la ville et ses dimensions sont de 14,20 mètres en largeur et 15,50 mètres en hauteur. La porte est couronnée d'une inscription à la gloire du Roi Soleil sur une plaque rectangulaire au-dessus du couloir d'entrée, écrite par le baron Michel-Ange Vuoerden, ancien bailli de Lille et chevalier du Conseil Souverain de Tournai dont la traduction est Lille, couronnement grandiose des victoires de Louis XIV, conquérant les provinces héritées par Marie-Thérèse, son épouse, et contrainte par lui-même, en neuf jours, à capituler, à l’étonnement de l’Univers, elle qui eût arrêté ou retardé longtemps l’élan de tout autre, a pu apprécier la sagesse et la bonté de Celui qu’elle avait reconnu invincible. Grâce à la protection de cette Citadelle érigée par la magnificience du Roi, déjà supérieure par ses richesses et le nombre de ses habitants aux autres cités de la Belgique catholique, elle ne le cède maintenant en rien à aucune d'elles pour la gloire de ses fortifications, seule chose qui lui manquait auparavant. Année 1670[6].

La porte est surmontée par un cartouche monumental avec des décorations soignées faites de trophées militaires anciens, de guirlandes, des armes de France aux trois fleurs de lys surmontées de la couronne royale et du cordon du Saint-Esprit. Sur le fronton est représenté le symbole du Roi Soleil.

La porte Dauphine[modifier | modifier le code]

La porte Dauphine

La porte Dauphine est la porte de secours de la Citadelle. Elle est tournée vers le Sud-Ouest, côté campagne, face à Lambersart. Elle était autrefois dotée d'un pont-levis. Au-dessus du passage central, le cartouche est décoré de guirlandes de feuillages et de trophées militaires. Sur le fronton est représenté le symbole du Roi Soleil entouré par des décorations représentant la Guerre et les Arts. Lors de la Révolution française, l'emblème astral personnifiant Louis XIV a été détruit et n'a été restauré qu'après la Seconde Guerre mondiale.

La tentative de classement au patrimoine Unesco[modifier | modifier le code]

Corps de réaction rapide France, Citadelle de Lille

Une polémique apparut quand un réseau d'amateurs de l'œuvre de Vauban entreprit en 2006 de faire classer la citadelle de Lille à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (En 2008, 12 fortifications de cet architecte militaire ont été inscrites au Patrimoine Mondial, mai pas celle de Lille pourtant parfois qualifiée de Reine des citadelles en France[7].

Depuis juillet 2005, le site abrite le Corps de réaction rapide France, une structure de l'Otan. Il a semblé par trop difficile au propriétaire des lieux, l'Armée française, de concilier un tel classement avec la présence toujours active de militaires Cette fois, la légitimité des militaires, naturels et uniques destinataires d'une citadelle, ne se trouve pas contestée, bien que le classement à la liste de l'Unesco apparaisse beaucoup moins contraignant que celui aux Monuments historiques français. Les animateurs du Réseau des sites majeurs de Vauban ne désespèrent pas de convaincre, plus tard, le ministère de la Défense de permettre ce classement.

La fonction militaire contemporaine[modifier | modifier le code]

Alors que l'urbanisme de Lille se développe au fil des siècles dans la plupart des directions, la citadelle est restée la limite nord-ouest de la ville. Cette citadelle, dont le caractère exceptionnel a été reconnu par plusieurs classements à l'inventaire des monuments historiques des années 1910 aux années 1930, en étant constamment militarisée, a évité en grande partie son altération.

La caserne Boufflers[modifier | modifier le code]

Urbanisme moderne[modifier | modifier le code]

Le trafic automobile[modifier | modifier le code]

La pression automobile a constitué une menace certaine pour la citadelle. Comme toutes les villes de son importance, Lille fait face à une explosion du trafic routier dans la deuxième moitié du XXe siècle. La ville est ceinturée de boulevards périphériques, qui contournaient le glacis de la citadelle (façade de l'esplanade et avenue Léon-Jouhaux). Inévitablement, l'esplanade, à l'est de la citadelle, est annexée aux besoins du stationnement, le quartier voisin du Vieux-Lille étant un tissu de rues anciennes et étroites.

La conscience de ce gâchis apparaît plus tard. Au lieu d'être entourée d'un vaste poumon vert, nécessaire dans une ville aussi minérale que Lille, la citadelle devient peu à peu un espace urbain. L'arrivée en nombre d'écologistes au conseil municipal en 2001, permet le lancement d'un projet de réhabilitation de l'esplanade, comprenant une limitation et une meilleure organisation des surfaces ouvertes au stationnement, lequel devint payant. Il paraissait illusoire de restituer à la citadelle son glacis originel, libre de toute circulation automobile, sans engager la construction d'autres parkings que Lille n'avait plus la place d'accueillir.

La cohabitation stade-citadelle[modifier | modifier le code]

Une autre pression sur la citadelle prend la forme du sport de haut niveau. Dans les années 1970, le vieux stade Henri-Jooris, sur l'autre rive de la Deûle, doit être rasé pour permettre la mise au grand gabarit de la voie fluviale. La commune de Lille n'a alors plus beaucoup de terrain à offrir à son club de football. Le maire Pierre Mauroy choisit de transformer un petit stade d'athlétisme, au Nord-Est de la citadelle, en stade moderne de 25 000 places, le stade Grimonprez-Jooris. Rapidement la cohabitation n'apparaît pas fonctionnelle entre la citadelle, pas conçue pour être un lieu aisément accessible, et ce que devrait être un stade drainant des foules de piétons et d'automobilistes sur des temps très courts. Pendant 25 ans, le problème reste entier, faisant monter l'exaspération des habitants du quartier envahi par un stationnement anarchique et, des automobilistes bloqués dans les embouteillages après les matches.

La question prend une nouvelle dimension au début des années 2000, lorsqu'il s'avère que le stade Grimonprez-Jooris n'est plus adapté aux besoins du football moderne. Le projet de rebâtir un nouveau stade d'une capacité de (33 000 places au lieu de 20 000) émerge. Les défenseurs de la citadelle attaquent en justice le permis de construire délivré par le maire de Lille, Martine Aubry. Les défenseurs du patrimoine invoquent à la fois la nécessité de préserver le monument historique, et les questions de sécurité. Malgré l'avis motivé de la commission nationale des monuments historiques en septembre 2002, et malgré les recommandations du commissaire du gouvernement, le tribunal administratif de Lille leur donne tort le 15 décembre 2004 et, la cour d'appel administrative de Douai donne raison aux défenseurs de la citadelle, le 7 juillet 2005 ; l'arrêt est confirmé par le Conseil d'État le 28 décembre 2005, mettant un terme à près de cinq ans de polémiques et de procédures. Le stade Grimonprez-Jooris, incongru dans le paysage, placé à cet endroit-là par improvisation, est finalement rasé en 2010.

La prairie qui se développe alors naturellement se transforme partiellement en mare. L'intérêt de cet espace s'avère très rapidement patrimonial en raison du développement d'une flore riche et remarquable dont les inventaires successifs soulignent l'intérêt.

La couronne de la citadelle[modifier | modifier le code]

Le pourtour de l'ouvrage militaire, la citadelle hors-les-murs, constitue un élément récréatif et paysager de première importance pour les habitants de la métropole.

Les activités familiales[modifier | modifier le code]

Une partie du parc est occupée par des jeux pour enfants, une zone d'accueil et le parc zoologique de Lille (gratuit). Un petit parc d'attractions existe à proximité de la Citadelle : Les Poussins.

Le bois de Boulogne[modifier | modifier le code]

La citadelle est entourée d'un espace boisé (60 hectares) appelé bois de Boulogne ou bois de la citadelle, comprenant des zones humides. Il est l'espace vert et de loisirs et détente le plus vaste de Lille, et intègre une multiplicité de micro-paysages grâce aux reliefs laissés par les travaux de fortification de Vauban. En 1929, selon le Grand hebdomadaire illustré de la région du Nord, durant la canicule, on vient y trouver un peu de fraicheur 1929 :L'été au Bois de la Deûle à Lille

Cet espace fait l'objet d’un important programme de restauration écologique depuis 2003, incluant la protection des vieux bois et de bois-mort pour leur richesse en invertébrés et champignons mais aussi de l'ensemble de la faune, et comme source d'alimentation pour de nombreuses espèces dont les pics présents dans le bois. Ces aménagements ont déjà permis le retour de nombreuses espèces animales et de champignons. C'est un des éléments importants de la trame verte de la communauté urbaine de Lille.

Le champs de Mars[modifier | modifier le code]

Anciennement terrain plat où se déroulaient promenades et exercices militaires (d'où l'appellation Mars, dieu romain de la guerre), le champs de Mars a été transformé en parking depuis plusieurs décennies. Disposant d'un parking relais (parking du champ de Mars), la zone est directement desservie par plusieurs lignes de bus dont la Citadine.

  • Esplanade

L'esplanade est un espace pédestre légèrement arboré entre le canal de la moyenne Deûle, la façade de l'Esplanade et le square Ramponneau (nom d'un café qui ouvrit en 1755). Il s'y trouve la statue du général François de Négrier.

Le canal de la Deûle[modifier | modifier le code]

Le canal de la Deûle est physiquement connecté aux berges des Bois-Blancs via les passerelles Ory et Soubise et aux berges de la Deûle vers la Belgique. Le canal bien qu'artificiel et très artificialisant constitue également un élément de la trame verte et bleue locale (corridor biologique pour certains poissons tels que les anguilles ou chauve-souris et pour certaines espèces trouvant abri dans ses berges).

  • Écluse de la Barre
  • Écluse du Grand carré
  • Pont de la citadelle
  • Pont Napoléon (détruit en 1918 par l'armée allemande, et reconstruit en 2014)
  • Pont du Petit-Paradis : un pont-levis de la fin du XIXe siècle qui permet de traverser en voiture ou à pied le canal de la Moyenne Deûle (= Canal de l'Esplanade) tout en laissant la possibilité aux péniches de passer, lesquelles disparaitront avec la mise à grand gabarit de la Deûle à l'est du Bois de la Citadelle, ce qui enlève tout intérêt commercial à la Moyenne-Deûle.

Le patrimoine naturel de la citadelle[modifier | modifier le code]

Après avoir été une zone humide, l'espace se transforme en terrain militaire et en théâtre d'opérations avant de devenir ce que les élus et les médias qualifient de "poumon vert" de la ville. Chaque époque a laissé une trace dans la topographie ou les sols proposant divers biotopes (talus, fossés, glacis et milieux rupicoles, chemins couverts, etc.).

L’architecture de Vauban est pentagonale avec fossés, demi-lunes, tenailles, talus, etc. auxquels s'ajoutent au début du XIXe siècle, sept lunettes, cinq contre-gardes et le remblaiement du grand fossé. Fossés et murs de la citadelle présentent diverses orientations et milieux qui sont autant de paramètres qui nuancent la qualité des biotopes.

Les arbres étaient exclus du périmètre afin de ne pas entraver la vision des défenseurs, sauf sur le haut des remparts où des alignements d'arbres masquaient la fumée et, en cas de brèche dans les fortifications, chênes, tilleuls et ormes étaient abattus pour ralentir la progression des assaillants. Au début du XVIIIe siècle, les arbres sont abattus à plusieurs reprises par les assaillants sur l'esplanade. En 1750, le creusement du canal de la moyenne Deûle s’accompagne de plantation d’arbres et de mise en place de pelouses. Entre 1801 et 1803, la promenade de l’esplanade est étendue au champ de Mars et des peupliers sont plantés. Des ormes sont plantés sur les glacis à partir de 1834 afin d’empêcher un nouveau siège. Le bois de Boulogne est créé en 1863, le Jardin Vauban en 1870 et le bois de la Deûle en 1875[8],[9].

En 1880, le parc de la Citadelle est aménagé en parc de loisirs. Le parc a pris un aspect boisé et de nombreux arbres plantés en 1880 sont toujours présents. Des essences spontanées se sont implantées au gré de l'apport de graines par le vent et colonisent avec les arbustes les espaces ouverts. Les arbustes étaient abondants jusque dans les années 1990. Leur entière suppression a eu lieu pour des raisons de sécurité, transformant une nouvelle fois l'écosystème du parc urbain[10].

Au XXe siècle, le déclassement des terrains militaires de la citadelle s’opère progressivement au profit de lieux de promenade et de loisirs avec la création de chemins, de terrains de sport, d’un parking et du parc zoologique, modifiant profondément les écosystèmes en place. En 1937, un fossé des pêcheurs, avec une eau plus profonde, complète la fonction récréative à l’extérieur de la seconde enceinte. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le grand fossé entourant la citadelle est remblayé puis les jardins de la citadelle sont aménagés avec l’accord de l’Armée.

Réhabilitation et gestion[modifier | modifier le code]

La gestion actuelle vise à restaurer la qualité écologique des milieux. L'aménagement de gîtes pour les chauve-souris, les oiseaux et les insectes (préservation de bois morts et de chandelles - troncs maintenus debout - notamment), la plantation d'arbustes indigènes et d'herbacées, le maintien des berges par fascinage avec des branches de saule constituent des mesures de gestion et de réhabilitation.

En matière de gestion différenciée, un petit troupeau de moutons de Soay est utilisé pour la gestion restauratoire de la pelouse sommitale récemment restaurée des fortifications. Ce mouton, léger et rustique, très à l'aise sur les pentes remplace idéalement les engins mécaniques (écopastoralisme) et, tient aussi un rôle de corridor écologique ambulant en transportant des graines et propagules (pelage, tube digestif, sabots).

Le parc abrite aussi trois des quatre premiers lombriducs construits en France.

Flore[modifier | modifier le code]

La flore est assez diversifiée en raison de la présence de milieux variés et d'une histoire militaire et urbaine longue.

Sur les soubassements de grès et les parements de briques se développent en particulier la Rue-de-muraille (Asplenium ruta-muraria), le Pavot douteux (Papaver dubium), la Cymbalaire des murs (Cymbalaria muralis) et la remarquable Doradille noire (Asplenium adiantum-nigrum) caractéristique des falaises siliceuses.

Faune[modifier | modifier le code]

Le service des parcs et jardins de la ville de Lille a conduit plusieurs inventaires avec l'aide de bureaux d'études.

Les Chiroptères apprécient les milieux présentant plusieurs strates végétales et dépourvus d’éclairage (ce qui correspond aux choix de gestion mis en place) en en particulier les zones humides riches en insectes. Les chauves-souris de la citadelle sont installées dans les casemates (de conditions apparentées aux cavités naturelles) et dans les anfractuosités des remparts (érodées ou aménagées pour elles). Six espèces de chauve-souris, toutes protégées, sont présentes : le Murin de Daubenton (“Myotis daubentonii”) , le Murin à moustaches (“Myotis mystacinus”), l'Oreillard (ces trois premières sont vulnérables) et les pipistrelles (“Pipistrellus pipistrellus” et “Pipistrellus nathusii”, la Sérotine commune (“Eptesicus serotinus”). La présence de la Pipistrelle de Nathusius constitue une bonne indication d'une continuité écologique.

De nombreuses espèces d'oiseaux se sont installées dans les arbres, les cavités (remparts et bois morts), les milieux aquatiques, les roselières et les prairies humides. Des espèces communes d’oiseaux comme le Moineau domestique (“Passer domesticus”), le Canard colvert (“Anas platyrhynchos”), le Geai des chênes (“Garrulus glandarius”) sont présentes ; à la faveur des plans d'eau, les accompagnent le Martin pêcheur, le Grand cormoran (“Phalacrocorax carbo”), le Héron cendré (“Ardea cinerea”) et sur divers milieux le Goéland (“Larus canus”), ou encore, l'Accenteur mouchet (“Prunella modularis”), la Bergeronnette grise (“Motacilla alba”), le Chardonneret élégant (“Carduelis carduelis”), la Fauvette à tête noire (“Sylvia atricapilla”), la Fauvette grisette (“Sylvia communis”), le Grimpereau des jardins (“Certhia brachydactyla”), le Gobe-mouche gris (“Muscicapa striata”), le Martinet noir (“Apus apus”) et au sommet de la chaîne alimentaire, l'Epervier d'Europe (“Accipiter nisus”) et le Faucon crécerelle (“Falco tinnunculus”), etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Je prétends vous faire tomber d'accord avant votre départ que ce sera ici la reine des citadelles, à la prendre de toutes les manières. Vauban à Louvois, 1669
  2. « Notice no PA00107573 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. La route des villes fortes en Nord, Les étoiles de Vauban, François Hanscotte, p. 47, Les éditions du Huitième Jour
  4. La route des villes fortes en Nord, Les étoiles de Vauban, François Hanscotte, p. 55, Les éditions du Huitième Jour
  5. Lille, Portrait d'une cité, Paulette Legillon et Jacqueline Dion, p. 27, Editions Axial
  6. Les Monuments d'Hier dans le Lille d'Aujourd'hui, Carlos Bocquet, p. 23, Editions Publi-Nord, ISBN 2-902970-01-3
  7. Jean-Paul HÉMERY (Commissaire enquêteur ) écrit « La citadelle construite sur des plans de Vauban entre 1667 et 1670, pourtant qualifiée de “reine des citadelles”, a été exclue des sites proposés par la France pour le patrimoine mondial de l’UNESCO, à la demande de l’armée » in Enquête publique unique: Restructuration de la Citadelle de Lille - Secteur Champ de Mars et Plaine des Sports - Enquête conduite du 13 novembre au 13 décembre 2012 / Conclusions motivées du Commissaire Enquêteur Projet Champ de Mars (p 3/10, voir aussi page 8)
  8. Un peu d'Histoire et paysage, Ville de Lille, [1]
  9. P. Henry, 2000
  10. “Un peu d'Histoire et paysage”, Ville de Lille, [2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]