Cité nationale de l'histoire de l'immigration

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Cité nationale de l'histoire
de l'immigration
Image illustrative de l'article Cité nationale de l'histoire de l'immigration
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil
75012 Paris
Coordonnées 48° 50′ 07″ N 2° 24′ 34″ E / 48.835253, 2.409306 ()48° 50′ 07″ Nord 2° 24′ 34″ Est / 48.835253, 2.409306 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 10 octobre 2007
Collections Histoire, arts et cultures de l’immigration
Superficie 16 000 m2
Informations visiteurs
Site web www.histoire-immigration.fr

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Cité nationale de l'histoirede l'immigration

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Cité nationale de l'histoirede l'immigration

La Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) est un musée de l'immigration français aménagé dans le palais de la Porte Dorée à l'est de Paris et ouvert au public en octobre 2007.

Selon ses statuts, la Cité nationale de l'histoire de l'immigration a notamment pour mission de « rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle ; contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France [1]».

La cité nationale de l’histoire de l’immigration est le seul musée national consacré à l’histoire et aux cultures de l’immigration en France. À travers l’exposition permanente Repères, la cité présente deux siècles de l’histoire de l’immigration sous un angle neuf en croisant les points de vue historique, anthropologique et artistique. En complément, la cité propose régulièrement une programmation artistique et culturelle : expositions temporaires, conférences, concerts, cinéma, théâtre, ateliers, etc.

Historique du projet[modifier | modifier le code]

Façade du musée.

Le projet de création d’un lieu consacré à l’histoire et aux cultures de l’immigration en France est une idée ancienne, défendue à de nombreuses reprises par les milieux associatifs et universitaires. En 1992, l'association pour un musée de l’immigration, créée à l’initiative d’historiens et de militants associatifs, la portait déjà explicitement. En 2001, Lionel Jospin, premier ministre, confiait une mission à Driss El Yazami, délégué général de l’association Génériques, et à Rémi Schwartz, maître de requêtes au Conseil d’État, pour examiner quelle forme pourrait revêtir un tel lieu. Le rapport issu de cette étude prônait la création d’un « centre national de l’histoire et des cultures de l’immigration ». Il avançait plusieurs propositions qui seront reprises par la suite dans les discussions sur la mise en œuvre du projet : un centre national et un réseau de partenaires, un lieu ouvert sur l’université, un musée ouvert au public, etc.

Annoncé dans le programme de Jacques Chirac de 2002, le projet d’une Cité nationale de l’histoire de l’immigration a été relancé dans le cadre plus large du comité interministériel à l'intégration du 10 avril 2003 : « Suite au constat, selon lequel les représentations de l’immigration et des immigrés, trop souvent négatives, sont porteuses d’attitudes discriminatoires, conscientes ou non, qui constituent des freins d’autant plus forts à l’intégration qu’elles peuvent parfois également être intériorisées par les immigrés eux-mêmes et leurs descendants, la modification en profondeur des attitudes individuelles et collectives et des comportements qu’elles génèrent est apparue dès lors comme une nécessité. »

Le comité interministériel à l’intégration a lancé dans ce but deux initiatives, l’une dans le but de faire connaître l’apport des immigrés, souvent ignoré, à la construction et à l’histoire de la France par la création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, l’autre agissant sur le reflet qu’en donnent au quotidien les médias, notamment la télévision, puissant constructeur d’images. Dans ce cadre, Jacques Toubon s’est vu confier la présidence et la mise en place d’une mission de préfiguration d’un « centre de ressources et de mémoire de l’immigration ». S’appuyant sur les moyens et les compétences de l’agence pour le développement des relations interculturelles (GIP ADRI), cette mission a mis en place les outils de réalisation d’une institution à vocation culturelle, sociale et pédagogique nouvelle, destinée à reconnaître et mettre en valeur la place des populations immigrées dans la construction de la France.

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration a été officiellement lancée le 8 juillet 2004 par Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, devant près de 600 personnes proches du projet. Dans son discours, il annonce qu’elle sera hébergée dans un « lieu emblématique, central et prestigieux », le palais de la Porte Dorée, et dévoile, en s’appuyant sur le rapport[2] remis par Jacques Toubon, un projet ambitieux de musée largement ouvert au grand public et aux scolaires, conçu comme un point de repère national, un réseau d’acteurs, un lieu fédérateur d’initiatives déjà existantes, une vitrine de la culture vivante de l’immigration aujourd’hui. C’est également à cette occasion que le projet est baptisé « Cité nationale de l’histoire de l’immigration ». La cité va d'abord prendre la forme d'un groupement d'intérêt public (GIP) en 2005 pour ensuite devenir un établissement public administratif (EPA) en 2007. Luc Gruson qui a assuré la direction de l'ADRI depuis 1995, assure la direction de la mission de préfiguration, puis du GIP de préfiguration de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration jusqu'en 2007. Après trois années comme directeur général adjoint de l'établissement public, il redevient en 2010 le directeur général, succédant à Patricia Sitruk.

À partir du 1er janvier 2012[3], la Cité nationale de l'histoire de l'immigration et l’Aquarium de la Porte Dorée sont réunis dans un nouvel établissement culturel public de l’État, chargé de développer chacun des deux projets scientifiques et culturels qui le composent et de mettre en valeur l’ensemble patrimonial du Palais de la Porte Dorée.

Le site du musée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Palais de la Porte Dorée.
Repères : une salle d'exposition permanente

C'est le Palais de la Porte Dorée, construit à l'occasion de l'exposition coloniale internationale de 1931 par Albert Laprade, abrite le musée sur ses 16 000 m2. L'aménagement architectural a été confié à Patrick Bouchain.

Les présentations permanentes comportent 1 250 m2. Par ailleurs il est prévu un espace de 450 m2 pour des ateliers pédagogiques.

On y trouve également un auditorium, une médiathèque ainsi que le fameux aquarium tropical qui date de la création du bâtiment.

L'aménagement respecte la construction initiale puisque l'extérieur est classé et l'intérieur est inscrit à l'inventaire supplémentaire.

L'architecte en chef des monuments historiques, Jean-François Lagneau, a procédé à une réfection des toitures et des façades.

Le projet scientifique et culturel[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de son projet scientifique et culturel, l’établissement public de la Porte Dorée - Cité nationale de l'histoire de l'immigration a pour missions de :

  •  concevoir et gérer le musée national de l’Histoire et des Cultures de l’immigration, ensemble culturel original à caractère muséologique et scientifique, chargé de conserver et de présenter au public des collections représentatives de l’histoire, des arts et des cultures de l’immigration ;
  •  conserver, protéger et restaurer pour le compte de l’État les biens culturels inscrits sur l’inventaire du musée national de l’Histoire et des Cultures de l’immigration dont il a la garde et contribuer à l’enrichissement des collections nationales ;
  •  recueillir dans un centre de ressources les documents et informations de toute nature, portant sur l’histoire et les cultures de l’immigration ainsi que sur l’intégration des personnes qui en sont issues, y compris dans leurs dimensions économique, démographique, politique et sociale, et les diffuser, notamment par voie numérique, aux publics et aux professionnels ;
  •  développer et animer sur l’ensemble du territoire un réseau de partenaires, constitué notamment d’associations, de collectivités territoriales, d’institutions scientifiques et culturelles, d’entreprises et d’organisations syndicales poursuivant des objectifs similaires.

L'exposition permanente[modifier | modifier le code]

L'exposition permanente

L’exposition permanente Repères développe sur plus de 1 100 m2 deux siècles d’histoire de l’immigration. Le parti pris adopté est celui d’un parcours thématique prenant en compte la chronologie historique.

S’ouvrant sur un dispositif cartographique, l’exposition Repères décrit les mouvements de population dans le monde, les migrations vers la France, ainsi que les lieux d’installation des migrants à l’intérieur du pays au tournant du XXe siècle, dans les années 1930, pendant les Trente Glorieuses et aujourd’hui. Des séquences interactives, regroupées en sept chapitres, concentrent des données sur les principales thématiques : Émigrer, Face à l’État, Terre d’accueil/France hostile, Ici et là-bas, Lieux de vie, Au travail, Enracinements, Sportifs, Diversité.

Le visiteur est convié à relier l’histoire collective aux histoires individuelles, à comprendre les raisons du départ, du choix de la France et à s’interroger sur les questions de l’habitat et du travail, les apports à la culture française à travers la langue, le sport, les religions et les arts... Un parcours sonore complète les documents d’archives, les objets exposés dans les vitrines, les images, les œuvres plastiques et photographiques. Il est accessible à partir d’un audioguide qui accompagne la visite.

Les collections[modifier | modifier le code]

Le musée national de la Cité a constitué une collection en constante évolution à partir de son installation permanente. Depuis 2005, le musée a acquis, entre autres, les œuvres d’Eduardo Arroyo, Kader Attia, Taysir Batniji, Gérald Bloncourt, Bruno Boudjelal, Mohamed Bourouissa, Robert Capa, Leonetto Cappiello, Roman Cieslewicz, Denis Darzacq, Honoré Daumier, Hamid Debarrah, Gilles Delmas, Ghazel, Olivier Jobard, Karim Kal, Bogdan Konopka, Florence Lazar, Thomas Mailaender, Malik Nejmi, Melik Ohanian, Rajak Ohanian, Mathieu Pernot, Bernard Plossu, Jacqueline Salmon, Chéri Samba, Zineb Sedira, Bruno Serralongue, David Seymour, Boris Taslitzky, Djamel Tatah, Barthélémy Toguo, Jacques Windenberger, Patrick Zachmann.

La galerie des dons[modifier | modifier le code]

Contigüe à l’exposition permanente « Repères », la galerie fait entrer à la cité des archives et objets liés à des parcours de vie[4]. Chaque visiteur peut contribuer à cette collection en faisant un don ou un prêt. Chaque objet est accompagné d’un témoignage. Ces histoires, photos ou objets souvent transmis de génération en génération sont exposés dans un ensemble de vitrines dont le contenu est renouvelé régulièrement.

Coût et budget[modifier | modifier le code]

La rénovation du Palais de la Porte Dorée, confiée à l'architecte Patrick Bouchain, a coûté 20 millions d’euros. Le budget annuel de l'établissement est d'environ 7 millions d’euros dont les recettes des entrées perçues par la Réunion des Musées nationaux (RMN) ne couvrent qu’une faible partie. Plus de 100 000 visiteurs sont venus en 2010 (365 000 pour l'ensemble du palais de la Porte Dorée qui abrite également un aquarium tropical), ce qui situe la cité nationale dans la moyenne des musées de sociétés de la région parisienne[5]. Une caractéristique de la fréquentation de ce musée, qui est ouvert depuis 2007, est l'importance des scolaires (qui représentent la moitié des groupes accueillis). En 2009, 80 % du public est entré gratuitement[note 1].

Confronté aux critiques concernant le budget de l'établissement et le peu d’entrées payantes, Luc Gruson, directeur général, se défendait ainsi : « L’immigration, ça n’est pas glamour. On doit innover dans notre rapport au public en tissant du lien avec les associations. [6]»

L’historien Pascal Blanchard, opposé au projet, commentait en mars 2010 : « C’est un musée fantôme à la dérive ! [7]»

La plateforme collaborative de la Cité Nationale de l'Histoire de l'immigration[modifier | modifier le code]

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration est une institution qui, dès sa création, a induit une dimension participative dans la constitution de ses collections, notamment par le biais d’appels à collectes, d’appels à dons. La cité a récemment réfléchi à créer une prolongation de cette dimension par le biais de son site internet sous la forme d’une plateforme participative. Elle n’est pas encore mise en ligne. Les utilisateurs pourront y laisser des contributions et participer à chacune des rubriques du site : participation au contenu, témoignages, commentaires, apports d’informations, etc. François Queré et Renaud Sagot ont présenté ce projet lors du séminaire de muséologie de l’Institution de Recherche et d’innovation le 14 février 2012[8].

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Une exposition temporaire en 2008
Cité nationale de l'histoire de l'immigration, détail d'affiche à l'entrée, exposition temporaire, 22 juin 2011.
Cité nationale de l'histoire de l'immigration, détail d'affiche à l'entrée, exposition temporaire, 22 juin 2011.

Des expositions temporaires accompagnées de conférences et de cycles de films sont organisées :

  • Reconstruire la nation. Les réfugiés arméniens au Proche-Orient et en France. 1917-1945 (16 octobre 2007-11 janvier 2008) ;
  • 1931, les étrangers au temps de l'Exposition coloniale (6 mai-7 septembre 2008) ;
  • À chacun ses étrangers (16 décembre 2008-19 avril 2009) ;
  • Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France (17 novembre 2009-18 avril 2010) ;
  • Allez la France ! Football et immigration, histoires croisées (25 mai 2010-2 janvier 2011) ;
  • Roman Cieslewicz. Zoom (1er février 2011-31 mai 2011) ;
  • Polonia. Les Polonais en France (2 mars 2011-28 août 2011) ;
  • J'ai deux amours (16 novembre 2011-24 juin 2012) ;
  • Migrants en Guyane. Photographies de Frédéric Piantoni (15 février-20 mai 2012).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au niveau national, 5 % des « musées de France » (musées reconnus par le ministère de la Culture) atteignent ou dépassent 100 000 visiteurs/an. À Paris intra-muros, la fréquentation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration est du même ordre de grandeur que par exemple le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (88 000 visiteurs) ou bien le musée de la cité de la Musique (125 000 visiteurs).[réf. nécessaire]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claude Blanc Chaléard, « Une Cité nationale pour l’histoire de l’immigration : genèses, enjeux, obstacles », Vingtième Siècle. Revue d’histoire (ISSN 0294-1759), no 92, octobre 2006 (ISBN 2-7246-3033-5) [présentation en ligne]
  • Maureen Murphy, Un palais pour une cité. Du musée des Colonies à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Réunion des musées nationaux, Paris, 2007, 64 p.  (ISBN 978-2-7118-5452-3)
  • « La Cité nationale de l’histoire de l’immigration : une collection en devenir », Hommes & Migrations (ISSN 1142-852X), no 1267, mai-juin 2007, p. 6-137 [présentation en ligne]
  • « La Cité nationale de l’histoire de l’immigration : quels publics ? », Hommes & Migrations (ISSN 1142-852X), numéro hors-série, octobre 2007, 137 p. 
  • « Le patrimoine culturel des migrants », Museum international, édition française (ISSN 1020-2226), no 233-234, mai 2007, p. 4-163 [présentation en ligne]
  • Luc Gruson, « Peut-on réconcilier diversité culturelle et cohésion nationale ? Le cas de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration » (communication pour le séminaire « La France et ses autres, nouveaux musées, nouvelles identités», 1er et 2 juin 2006) – article paru dans le no 3 des « Cahiers parisiens », The University of Chicago Center in Paris, Maison René Ginouvès, UP X Nanterre.
  • Luc Gruson, « La culture et les immigrés, 30 ans de « relations interculturelles » en France, depuis la création de l’agence pour le développement des relations interculturelles (ADRI) jusqu’à l’ouverture en 2007 à Paris de la Cité nationale de l'histoire de l’immigration », contribution pour le colloque de clôture de l’année européenne du dialogue interculturel (Centre Pompidou, octobre 2008, actes à paraître en 2009).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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